Samedi des Quatre Temps de septembre

Notre Seigneur et Rédempteur, dans son Évangile, s’adresse à nous tantôt par des paroles, tantôt par des faits ; quelquefois il parle d’une façon en paroles, d’une autre, en actions ; parfois il exprime la même chose en paroles qu’en actions. Vous avez en effet, mes frères, entendu parler de deux choses dans la lecture de l’Évangile : d’un figuier stérile, et d’une femme courbée : au sujet de l’un et de l’autre, notre piété doit s’exercer. Le Sauveur cite le figuier en forme de comparaison, il guérit la femme par un miracle visible aux yeux. Mais le figuier stérile signifie la même chose que la femme courbée, et le figuier qui obtient un délai la même chose que la femme redressée.

Que signifie le figuier, sinon la nature humaine ? Que signifie, que montre la femme courbée, si ce n’est la même nature ? Cette nature a été, et bien plantée comme le figuier, et bien créée comme la femme : mais tombée de son plein gré dans la faute, elle ne conserve pas le fruit des soins de son maître ni l’état de rectitude. Se jetant en effet vers le péché de sa volonté, elle a perdu la droiture parce qu’elle n’a pas voulu porter les fruits de l’obéissance. Elle, créée à l’image de Dieu, en ne persistant pas dans sa dignité, a dédaigné de conserver l’état dans lequel elle avait été plantée ou créée.

C’est pour la troisième fois que le maître de la vigne vient au figuier, parce qu’il a recherché le genre humain avant la loi, sous la loi, sous le règne de la grâce : en l’attendant, en l’avertissant, en le visitant. Il est venu avant la loi, parce que chacun, par son intelligence naturelle, a appris comment il devait agir à l’égard de son prochain. Il est venu sous la loi, parce qu’il a enseigné par des préceptes. Il est venu après la loi, par la grâce, parce qu’il a montré, en la faisant paraître, la présence de sa bonté. Et cependant il se plaint de n’avoir pas, en trois ans, trouvé de fruit, parce que la loi naturelle, qui nous est innée, ne corrige pas les esprits de certains hommes pervers, que les préceptes ne les instruisent pas, que les miracles de son incarnation ne les convertissent pas. Qu’est-ce qui est signifié par celui qui cultive la vigne, sinon l’ordre des supérieurs ? Eux qui, en dirigeant l’Église, s’occupent assurément de la vigne du Seigneur.

Saint Grégoire le Grand, sermon 31 sur les évangiles, leçon des matines.

Evangéliaire copte avec gloses arabes, 1250, bibliothèque de Fels (Institut catholique de Paris).

Grossi et Poutine

Rafael Grossi a déclaré à Radio Mitre (Argentine) que sa rencontre avec Vladimir Poutine avait été très « intense » et qu’ils ont parlé de « tout », pas seulement de sujets politiques. Ainsi, « nous avons parlé du tango et de la culture argentine. Et il m’a dit que nous avons un dirigeant très atypique ». Mais « ce qu’il a fait dans la sphère économique est très raisonnable ».

Grossi a qualifié sa rencontre avec Poutine de « doublement importante » car, d’une part, il a pu écouter Poutine et, d’autre part, il a transmis certains messages au dirigeant russe pour tenter d’éviter une nouvelle crise au Proche-Orient.

Bon sens slovaque

Le Parlement slovaque a adopté un amendement constitutionnel, à la majorité des deux tiers (90 députés), inscrivant dans la Constitution qu’il n’y a que deux sexes, masculin et féminin, et interdisant l’adoption aux « couples » de même sexe (le mariage ayant déjà été défini en 2014 comme l’union d’un homme et d’une femme »), ainsi que la GPA.

L’amendement, proposé par le parti social-démocrate de Robert Fico, affirme à cette occasion la souveraineté de la Slovaquie dans les « matières culturelles et éthiques ».

« La primauté de la loi de l’UE n’est pas négociable », a réagi le Commissaire européen chargé de la Démocratie, de la Justice et de l’Etat de droit.

Eh bien c’est le commissaire en charge de la défense de l’Etat de droit qui viole l’Etat de droit (sans surprise). Car les questions culturelles et éthiques relèvent des Etats de l’UE et non de Bruxelles.

Et les hauts cris des eurocrates et de la Commission de Venise n’y changent rien. Les prétendus « droits » LGBT n’en sont pas dans les traités européens.

Robert Fico est parfaitement fondé à justifier l’amendement en invoquant « les traditions, l’héritage culturel et spirituel de nos ancêtres » pour rétablir « le bon sens ». Il avait déjà souligné la nécessité de veiller à ce que « personne ne puisse se proclamer un hélicoptère, un chat ou un chien ».

Pologne : entretenir la psychose

Juste après avoir rouvert la frontière avec la Biélorussie, fermée depuis le 12, Varsovie « recommande » aux Polonais de « s’abstenir de toute visite en République de Biélorussie » et « appelle les citoyens polonais qui se trouvent actuellement en République de Biélorussie à quitter immédiatement son territoire ».

Parce que selon le gouvernement polonais la situation est tendue à la frontière, et à cause « d’arrestations arbitraires de citoyens polonais ».

Si la situation était tendue à la frontière on ne voit pas pourquoi elle a été rouverte, et pourquoi on incite les citoyens à la franchir dans le sens Biéorussie-Pologne…

Quant aux « arrestations arbitraires », c’est un fantasme de plus. Il y a eu UN Polonais arrêté en Biélorussie, le 4 septembre (donc avant l’épisode de fermeture et de réouverture de la frontière) : un jeune carme de Cracovie (en civil) trouvé en possession d’un document tamponné « Secret » sur les manœuvres russo-biélorusses qui allaient avoir lieu, et en compagnie d’un citoyen biélorusse auquel il aurait fait miroiter un salaire s’il livrait des informations selon les médias biélorusses.

Donald Tusk avait aussitôt dénoncé une « provocation » et déclaré : « Je ne suis pas certain encore de la nature de la visite de notre jésuite (sic) mais selon mes informations il y est allé voir un ami ou une connaissance. »

Quoi qu’il en soit s’il y avait eu d’autres arrestations « arbitraires » le gouvernement polonais nous l’aurait fait savoir.

(En revanche, les Polonais ont arrêté DEUX Biélorusses, accusés d’avoir fait voler un drone au-dessus du palais présidentiel.)