Mercredi des Quatre Temps de septembre

Monastère de Dečani, XIVe siècle.

Ce démoniaque, que le Seigneur guérit en descendant de la montagne, saint Marc dit qu’il était sourd et muet ; saint Matthieu, qu’il était lunatique. Il nous paraît l’image de ces hommes dont il est écrit : « L’insensé est changeant comme la lune » ; de ceux qui, ne demeurant jamais dans le même état, portés tantôt à tels vices et tantôt à tels autres, semblent croître et décroître. Ils sont muets, ne confessant pas la foi ; sourds, n’entendant pas, jusqu’à un certain point, la parole même de la vérité. Ils écument, quand leur sottise les rend sans consistance, comme l’eau. C’est en effet le propre des fous, des malades énervés et des gens hébétés, de laisser échapper de leur bouche l’écume salivaire. Ils grincent des dents, lorsqu’ils sont enflammés par la fureur de la colère ; ils se dessèchent, lorsqu’ils languissent dans la torpeur de l’oisiveté, et ils vivent sans énergie, n’étant soutenus par aucune des forces de la vertu.

Cette parole : « J’ai dit à vos disciples de la chasser, et ils ne l’ont pu », accuse indirectement les Apôtres, quoique l’impossibilité de guérir soit rapportée parfois, non point à la faiblesse de ceux qui sont appelés à procurer la guérison, mais à l’état de la foi en ceux qui demandent à être guéris, le Seigneur ayant prononcé cette parole : « Qu’il te soit fait selon ta foi. » Jésus s’adressant à la foule, s’écria : « O race incrédule, jusqu’à quand serai-je avec vous   Jusqu’à quand vous supporterai-je ? » Sa patience n’était ni lassée ni vaincue, car il est plein de bonté et de douceur lui qui, « semblable à l’agneau devant celui qui le tond, n’ouvrit pas la bouche », et n’éclata pas en paroles de colère ; mais, à la façon d’un médecin qui verrait son malade se conduire contrairement à ses prescriptions, le Sauveur semble dire : Jusqu’à quand viendrai-je en ta maison ? jusqu’à quel point perdrai-je les soins de mon art, car j’ordonne une chose et tu en fais une autre ?

« Il leur dit : Ce genre ne peut se chasser que par la prière et le jeûne. » En instruisant les Apôtres sur la manière dont le démon le plus méchant doit être chassé, Jésus-Christ nous donne à tous une règle de vie, afin que nous sachions que les tentations les plus fortes, provenant soit des esprits immondes, soit des hommes, doivent être vaincues par les jeûnes et les prières, et que la colère du Seigneur aussi, lorsqu’elle s’est allumée pour venger nos crimes, peut être apaisée par ce remède spécial. Or, le jeûne, en un sens général, consiste à s’abstenir non seulement des aliments, mais de tous les plaisirs charnels ; bien plus, à se défendre de toute affection au mal. Pareillement, la prière, en un sens général, ne s’entend pas seulement des paroles par lesquelles nous invoquons la clémence divine, mais aussi de tous les actes que nous accomplissons avec la dévotion de la foi pour servir notre Créateur.

Saint Bède le Vénérable, commentaire de saint Marc, III, 38, leçon des matines.

Moldavie

Maia Sandu a fait une déclaration solennelle à la télévision :

« Chers concitoyens, le danger est grand, mais notre force doit être encore plus grande. Soyons dignes de notre Moldavie. Ne la vendons pas à des voleurs et ne permettons pas à d’autres de la vendre. Dimanche, montrons à tous que la Moldavie n’est pas un bout de terre que l’on peut vendre ou acheter pour trois pièces d’argent, mais notre patrie sacrée. »

Normalement, le prix de la trahison, c’est 30 pièces d’argent, mais la Moldavie est tellement pauvre que trois suffisent bien.

Et elle a averti que « la victoire des forces pro-russes menacerait la souveraineté du pays et pourrait ouvrir la voie à une invasion russe de la région d’Odessa ». Sic. Elle a donc exhorté les Moldaves de la diaspora (celle qui est en Europe occidentale, évidemment, qui a permis sa réélection, pas celle de Russie) à voter en masse pour son parti.

Avant cette déclaration, elle a fait perquisitionner 250 maisons et arrêter 74 personnes, accusées d’avoir été payées par les Russes pour aller s’entraîner en Serbie et provoquer des émeutes après les élections…

Le chef du parti Șor et de la coalition Victoire est réfugié en Russie. Evguenia Gutsul, gouverneur de Gagaouzie et personnalité de la même coalition, est toujours en prison (pour irrégularité de comptes de campagne…).

Les troupes de l’OTAN veillent à la bonne marche de la démocratie à sens unique. Ci-dessous une photo de soldats français, prise dans une station-service à 70 km de la Transnistrie. (La Moldavie est théoriquement un Etat neutre qui ne fait partie de l’OTAN.)

Depuis trois ans les soldats de l’OTAN sont partout et indisposent de plus en plus la population. Il n’est pas exclu que la Sandu en fasse trop et que ses concitoyens utilisent mal leur bulletin de vote. Ce serait au grand dam de Macron, Merz et Tusk qui sont allés il y a trois semaines à Chisinau faire de la non-ingérence active au nom de l’UE…

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Exemple de la folie européiste russophobe, Siegfried Mureșan, député européen de Roumanie, PPE :

« Si la Moldavie gagne, l’Europe gagne. Si la Moldavie perd, nous perdons tous.

Dimanche, les Moldaves votent non seulement pour leur pays, mais pour la sécurité de toute l’UE. »

Leila Huissoud chante à l’église

Le 27 juillet dernier, Le Pays Roannais titrait sur Leila Huissoud qui a « enchanté les spectateurs présents à l’église de Marols » dans la Loire. Avec notamment une chanson intitulée « La vieille ». La donzelle se prend pour Brassens. Mais Brassens n’aurait jamais chanté cela dans une église. En outre la chanson n’est pas d’elle, elle a été écrite par l’ignoble Patrick Font en 1983.

Voici ce que les chaisières de Marols étaient enchantées d’entendre dans leur église (la vidéo est ici) :

J’ai pas besoin de vous dit-elle au médecin
En élevant vers lui son troisième verre de vin
Tandis que les vieillards autour de la pendule
Chantaient à quatre voix La grosse bite à Dudule
Et l’on vit ce spectacle ô combien ravissant
De 80 gâteux quittant l’établissement
Afin de ratisser les hospices du pays
Arrachant à la mort des moribonds surpris

J’ai pas besoin de vous, dit-elle au curé
Qui au chevet d’un vieux s’esquintait à prier
Vous voyez bien que ce cadavre n’est pas mort
S’il ne respire plus par contre il bande encore
Un petit coup de branlette le remettra sur pattes
Comme un coup de manivelle sur une vieille Juva 4
Le prêtre révulsé tombait les bras en croix
Il respirait encore, mais il ne bandait pas

Ce n’est pas la première fois que Leila Huissoud chante dans une église. Ni la dernière, puisqu’elle est programmée par exemple en juin 2026 à l’église Saint-Maurice de Lille, qui est l’église gothique du centre historique de la ville.

En Russie elle serait en prison. En France elle est bénie par l’Eglise.

Voici ce qu’elle écrit, elle, et il n’y a personne pour corriger ses fautes ni lui dire d’apprendre le français avant de se prendre pour Brassens :

La Fontaine était zoophile et Molière exilé fiscale
Quand les littéraires nous enfilent on sent mieux passé la morale
Maintenant plus besoin de subterfuge
Plus de fourmis et plus d’avare
Les cigales chantent le déluge mais n’engueule jamais l’arrosoir

Saint Lin

Sur saint Lin on a le témoignage de saint Irénée, et pas grand-chose de plus.

On fait mémoire de sainte Thècle. Voir ici, et .

Le martyrologe évoque aussi saint Constance, « mansionnaire » (sacristain) de l’église Saint-Etienne d’Ancône. Saint Grégoire le Grand en parle dans ses Dialogues (I, 5) :

Il y avait près de la ville d’Ancône une église du bienheureux martyr Etienne, à laquelle était attaché par office un homme vénérable nommé Constance ; le bruit de sa sainteté s’était répandu au loin. Plein de mépris pour les intérêts de la terre, il aspirait de tout son cœur aux seuls biens célestes. Un jour que l’huile manquait à l’église, et que le serviteur de Dieu n’avait absolument rien pour alimenter les lampes, il les remplit d’eau, y mit des mèches à l’ordinaire, puis il les alluma, et l’eau brûla dans les lampes absolument comme si c’eût été de l’huile. Considérez, mon cher Pierre, le mérite d’un homme qui, dans une nécessité extrême, a changé la nature d’un élément. (…)

Comme le bruit de sa sainteté avait retenti au loin, bien des personnes de diverses provinces désiraient ardemment de le voir. Un jour un paysan vint d’une contrée lointaine pour jouir de ce spectacle. A la même heure, le saint homme, monté sur un gradin de bois, s’occupait à raccommoder les lampes. Il avait une fort petite taille, un physique grêle et misérable. La personne qui était venue le voir cherchait à le reconnaître, et demandait instamment qu’on voulût bien le lui montrer. Ceux qui le connaissaient lui rendirent ce service. Mais comme les insensés jugent du mérite d’après les qualités extérieures, le villageois, à la vue d’un petit homme sans apparence, ne put se persuader que ce fût véritablement lui. La renommée et la vue d’un tel objet engageaient une sorte de lutte dans l’esprit du manant. Il ne pouvait s’imaginer que celui dont l’opinion lui avait tellement prôné la grandeur fût en réalité si petit à ses yeux. Sur de nombreuses assertions que c’était bien Constance lui-même, il le méprisa et le tourna en ridicule, en s’écriant : « J’ai cru, moi, que c’était un grand homme, et celui-là n’a rien de l’homme ! » A ces mots, le serviteur de Dieu quitte les lampes qu’il répare, descend avec un joyeux empressement, se jette, dans l’excès de sa charité, au cou du paysan, le serre étroitement dans ses bras, le couvre de baisers, et le remercie avec effusion de ce qu’il a si bien jugé de sa personne. « Vous êtes, lui dit-il, le seul qui ayez sur moi les yeux ouverts. » Jugez par là de l’humilité d’un homme qui paie par un surcroît de charité le mépris dont il est l’objet ! Les outrages que nous essuyons révèlent les sentiments de nos cœurs. Ordinairement l’orgueil se complaît dans les honneurs, et l’homme humble dans son propre mépris. Est-il méprisable aux yeux des autres, il se réjouit de voir leur jugement confirmer ses propres pensées.

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Il est remarquable que le miracle de la lampe s’est reproduit en 1875 au Liban. Le P. Charbel voulait prendre la suite de l’ermite qui venait de mourir. Le père abbé hésitait. Pour le mettre à l’épreuve il lui confie un travail « urgent ». Le P. Charbel s’y met aussitôt, mais voici la nuit qui arrive. Il demande aux serviteurs de mettre de l’huile dans sa lampe. Pour lui faire une farce et voir sa réaction, ils mettent de l’eau à la place de l’huile. Mais le P. Charbel allume sa lampe normalement, et elle continue de briller. Le serviteur qui avait mis l’eau court trouver le père abbé et confesse ce qu’il a fait. Le père abbé va inspecter la lampe, et il n’y a effectivement aucune trace d’huile. Alors il comprend qu’il doit laisser saint Charbel devenir ermite.

Cynisme sans limite

Le ministre israélien des Affaires étrangères déclare qu’Israël est « préoccupée » par la soi-disant violation de l’espace aérien estonien au-dessus de la Baltique par des avions russes se rendant à Kaliningrad. Car ces violations, qui s’ajoutent au « récent événement en Pologne » (les soi-disant drones russes), « peut menacer la stabilité et la paix dans la région ».

Parce que Israël s’y connaît en stabilité et en paix dans sa région… C’est obscène de condamner une éventuelle violation de quelques minutes quand Israël viole quotidiennement, depuis des décennies, l’espace aérien libanais et syrien, et fréquemment l’espace aérien jordanien et irakien, et l’espace aérien de l’Iran, du Qatar et du Yemen quand il va bombarder ces pays…