Saint Thomas de Villeneuve

Murillo, vers 1678, Musée de Séville.

Fils de meuniers castillans, on l’envoya étudier à l’université d’Alcala, où il fut nommé professeur dès qu’il eut terminé ses études. Puis il devient professeur à l’université de Salamanque. Mais bientôt il se fit ermite de saint Augustin, et il devint provincial de l’ordre.

Charles Quint, qui lui avait donné le titre de chapelain royal, voulut le faire archevêque de Grenade, mais il refusa. Il fut ensuite contraint d’accepter l’archevêché de Valence. Il quitta sa cellule en pleurant et se rendit dans la ville à pied. Au moment de son arrivée, la pluie tomba en abondance après une longue période de sécheresse. Ses chanoines lui offrirent quatre mille ducats pour son ameublement. Il les fit distribuer aux pauvres.

Surnommé “l’aumônier” en raison de ses œuvres de charité (et béatifié par Paul V sous le nom de “bienheureux Thomas l’Aumônier”), il dépensait ainsi tous ses revenus, au point qu’il mourut sur un lit que lui prêta celui à qui il l’avait donné. Convoqué au Concile de Trente, il ne put s’y rendre à cause de sa santé ; mais il invita les évêques de sa province à se réunir auprès de lui et leur remit ses travaux après en avoir discuté avec eux. Par ses écrits ascétiques et mystiques, il est l’un des grands représentants de l’Ecole spirituelle espagnole du XVIe siècle. Il nous reste de nombreux sermons de lui. Deux extraits ici et .

Il a été canonisé par le pape Alexandre VII, le 1er novembre 1658. À cette occasion l’église paroissiale de Castel Gandolfo a été restaurée et lui a été dédiée.

15e dimanche après la Pentecôte

Le « maître de la Passion de Darmstadt », vers 1445.

La péricope évangélique de ce dimanche est véritablement unique.

La scène se passe à Naïm. C’est la seule fois, dans toute la Bible, que cette ville est mentionnée.

Jésus ressuscite le fils unique d’une veuve. Saint Luc est le seul évangéliste à raconter cet épisode.

Il est aussi le seul à appeler Jésus « le Seigneur » (avec l’article défini, en grec : ho Kyrios) avant la Résurrection, et c’est donc ici la première fois : à propos d’une résurrection. Jusque-là, quand saint Luc disait « le Seigneur », il parlait de Dieu. Jésus qui ressuscite un mort est donc Dieu, et annonce sa propre résurrection.

Et c’est la seule fois que Jésus accomplit un miracle sans qu’on le lui demande et sans que quiconque en tire une leçon.

Ce pur geste de compassion renvoie à la résurrection d’un enfant par Elie.  Les deux épisodes se terminent exactement par la même phrase : « Et il le donna à sa mère. »

C’est pourquoi les témoins disent : « Un grand prophète s’est levé parmi nous. » Et ils sont « saisis de crainte ». Car ce grand prophète est « le Seigneur », Dieu lui-même, qui a « visité son peuple », comme disent également les témoins, avec les mots de Zacharie dans le Benedictus

Au monastère de Pühtitsa

Le monastère de Pühtitsa est un monastère féminin en Estonie, le seul monastère orthodoxe du pays, en pleine campagne, non loin de la frontière russe. Il compte aujourd’hui 96 moniales, et il est très menacé par la loi d’interdiction de l’Eglise orthodoxe, parce qu’il dépend directement du patriarche de Moscou, et qu’il est donc spécialement accusé de répandre la propagande de Poutine, alors que les moniales ne disent jamais un mot de politique (d’autant que la seule qui s’exprime est l’abbesse). Il est donc mis au ban de la société et risque de disparaître sous les coups de la persécution estonienne, alors que même les bolcheviques ne l’avaient pas fermé.

Le monastère met souvent en ligne sa très belle liturgie. Voici celle de ce matin. La divine liturgie proprement dite commence à 1h32.

1h48 : le trisagion.

2h11 : hymne des chérubins

2h25’55 : Sanctus

2h30 : un très joli mégalynaire (hymne à la Mère de Dieu après la consécration).

On a l’impression qu’il n’y a personne, mais les moniales ne se montrent pas. Il y a quelques fidèles, comme on le voit dès le début de la divine liturgie à partir de 1h50 : ils vont se confesser dans le coin en bas à gauche. Et il y a une douzaine de personnes qui vont communier.

La persécution en Ukraine

Quelque 14 journalistes orthodoxes sont sous le coup de poursuites du SBU. Quatre d’entre eux viennent d’être inculpés. Ils sont accusés « d’avoir créé et dirigé une organisation criminelle, d’avoir violé l’égalité des citoyens sur la base de leurs croyances religieuses, de trahison envers l’État et d’avoir justifié l’agression armée de la Russie ». Il s’agit du directeur, du rédacteur en chef, de l’organisateur et d’un journaliste de la chaîne « Premier Cosaque ».

Les dix autres sont des journalistes de l’Union des journalistes orthodoxes ukrainiens. Les deux organes sont accusés de « diffuser la rhétorique pro-russe de l’Église orthodoxe ukrainienne » et de « critiquer les dirigeants militaires et politiques de l’Ukraine ».

Six journalistes de cette Union sont déjà en prison depuis mars 2024.

Leur seul crime est en fait de donner des informations fiables au jour le jour sur la persécution de l’Eglise orthodoxe ukrainienne.

Les deux médias ont vu leur hébergement bloqué en Ukraine par le Service national des communications spéciales et de la protection de l’information. Le ministère ukrainien de la Transformation numérique cherche également à les interdire au niveau international sur les réseaux sociaux, notamment YouTube et Telegram.

L’Eglise LGBT

Léon XIV a annoncé officiellement, en inaugurant le village Laudato Si’ de Castel Gandolfo, le 5 septembre, que le restaurant du village sera une succursale du groupe Phil Stefani de Chicago, comme prévu par François.

Le chef sera Art Smith, cuisinier de diverses stars américaines.

Art Smith était un des invités de Léon XIV le 18 mai au Vatican. En publiant la photo ci-dessus, il écrivait : « J’ai eu l’incroyable honneur d’assister à l’investiture du Pape Léon XIV au Vatican – une expérience vraiment inoubliable. »

Art Smith est un militant LGBT de longue date. Il est « marié » à Jesus Salgueiro qui se présente ainsi sur sa page Instagram : « Artiste aimant la vie et remerciant Dieu pour toutes ses bénédictions. » Jesus Salgueiro était avec son « mari » le 18 mai au Vatican, et il a écrit : « Bénédiction du Pape Léon, quel honneur d’être au premier rang pour son couronnement. »

« Nous avons été le premier couple de même sexe de l’histoire du diocèse de Chicago à faire baptiser nos enfants à la cathédrale, dit Art Smith. Le pape François, Sa Sainteté, a envoyé une bénédiction manuscrite personnelle à chaque enfant lors de leur baptême. » Ils ont été baptisés par le recteur de la cathédrale, Mgr Dan Mayall.

Art Smith et Jesus Salgueiro ont été intronisés au Chicago LGBT Hall of Fame (Panthéon LGBT de Chicago) en 2006. On peut y lire ceci :

« Tout au long de sa carrière, Smith a participé et contribué à de nombreuses collectes de fonds pour des organisations caritatives, au sein et en dehors des communautés LGBT, notamment le concours culinaire de célébrités sponsorisé par Gender PAC au profit du Center on Halsted. »

[GenderPAC est une organisation de défense des droits LGBT basée à Washington ; le Center on Halsted est le centre communautaire LGBT de Chicago.]

« Salgueiro crée des rendus éblouissants de plaques d’égout provenant de villes du monde entier ; il considère son art comme “une expression d’amour”. »

« Les deux hommes voyagent ensemble pour enseigner la cuisine et l’art à des enfants du monde entier, partageant leur amour et leurs talents dans des endroits aussi divers que l’Afrique du Sud, la Croatie et Los Angeles. »

Art Smith raconte :

« Mon mari, Jesus Salgueiro, et moi-même ne sommes pas étrangers à l’égalité. Nous avons accueilli Equality Illinois, nous nous sommes attaqués à Chick-fil-A, et lorsque Barilla s’est montré méchant, je l’ai dénoncé publiquement et j’ai déclaré que je ne servirais pas de pâtes Barilla dans mes restaurants. En 2013, j’ai commencé à organiser le Big Gay Ice Cream Social au South Beach Wine & Food Festival… C’était le tout premier événement LGBT de leur histoire. Et lorsque Equality a commencé à se développer, j’ai organisé 101 mariages gays, une cérémonie de mariage collective pour les couples LGBT. »

Voilà qui ouvre des perspectives pour les animations du restaurant du village écolo de Castel Gandolfo.

*

Le P. James Martin S.J., qui a oublié d’être idiot, souligne que la réponse de Léon XIV sur la question LGBT n’est pas du tout que la doctrine de l’Eglise ne peut pas changer, mais qu’avant de penser à changer la doctrine il faut changer les attitudes :

« Le Saint-Père a 100% raison quand il dit qu’avant quoi que ce soit d’autre il faut changer les attitudes ».

De fait, le pape a dit :

« Les gens veulent que la doctrine de l’Église change, veulent que les attitudes changent. Je pense que nous devons changer les attitudes avant même d’envisager de changer ce que dit l’Église sur une question donnée. (…) Je trouve très improbable, en tout cas dans un avenir proche, que la doctrine de l’Église en matière de sexualité et de mariage change. »

Au sujet de l’ordination des femmes au diaconat :

« Pour l’instant, je n’ai pas l’intention de changer l’enseignement de l’Église sur ce sujet. »

C’était la pensée de François : on lance des processus, et on verra ce qui se passera. Les processus sont muris et développés par la synodalité (que Léon XIV vient précisément de louanger). Il n’y a plus de doctrine catholique immuable. Tout peut changer, il suffit de travailler à ce qu’émerge un consensus.