L’AFP informe que Donald Trump dit avoir éliminé un chef jihadiste au Nigeria :
« C’est la deuxième fois en cinq mois que le président américain lance une intervention de son armée au Nigeria, où il a dénoncé des supposées persécutions dont seraient victimes les chrétiens. Cette opération visait, cette fois, Abou-Bilal Al-Minuki, qu’il a présenté comme le numéro deux de l’EI dans le monde. »
L’information a été confirmée par l’armée nigériane, qui a présenté Abou Bilal Al-Minuki comme un « haut responsable de l’Etat islamique et l’un des terroristes les plus actifs au monde ».
Mais ce qui attire l’attention est le jugement de notre agence de presse d’Etat sur les « supposées persécutions dont seraient victimes les chrétiens ». Le Figaro n’hésite pas à le mettre en sous-titre, sans toutefois le « supposées ». Mais d’autres, comme Le Dauphiné libéré, mettent l’expression en entier. Le « supposées », et le conditionnel redondant.
Nos gazettes ne se contentent pas de reprendre la désinformation de l’AFP, elles en font leur sous-titre.
Quiconque suit un peu l’actualité africaine sait que ces persécutions sont réelles, et atroces, et permanentes. Le 11 mai, l’agence Fides titrait : « Plus de 100 morts, 98.000 personnes déplacées, 217 églises détruites dans le diocèse de Wukari. » Dans un seul diocèse.
Certes, les massacres au Nigeria mêlent des motifs ethniques. Particulièrement quand ce sont les bandes de « bergers » Peuls armés jusqu’aux dents qui peu à peu prennent les territoires des paysans nigérians. Mais il se trouve que les Peuls sont des musulmans fanatiques et que les paysans qu’ils tuent pour prendre leurs terres sont chrétiens. Il s’agit donc ouvertement de persécutions antichrétiennes, même si des musulmans sont des victimes collatérales…
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