Comme il l’avait annoncé, le Premier ministre hongrois Peter Magyar a présenté au Parlement, samedi, le « 17e amendement » à la Constitution, qui comporte en fait 12 mesures visant à en finir avec l’ère Orban. La plus spectaculaire est celle qui proclame la « fin du mandat de l’actuel président ». Sic : on inscrit dans la Constitution la fin du mandat de l’actuel président. C’est Ubu en Hongrie. Or cette mesure délirante va être votée, puisque Peter Magyar a la majorité des deux tiers. Bien que le nouveau gouvernement soit bien vu de toutes les forces de la décadence, même Amnesty International trouve que « ce n’est pas acceptable ».
Le président, Tamas Sulyok, a fait savoir hier qu’il rejetterait cet amendement :
« Une situation où le président en exercice d’un pays est destitué de ses fonctions uniquement pour des raisons politiques est sans précédent en Europe. Il convient notamment de noter que la procédure en question a manifestement été conçue pour une personne en particulier et intégrée dans les dispositions finales d’un amendement constitutionnel, ce qui constitue une violation flagrante des garanties assurant l’autonomie de la présidence. »
Mais l’amendement sera de nouveau voté, et Tamas Sulyok devra se soumettre. Aux applaudissements de la dictature européenne.
Parmi les autres mesures il y a aussi la limite d’âge de 70 ans pour les juges de la Cour constitutionnelle, ce qui permet de se débarrasser de son président.
D’autre part, la télévision d’Etat s’est livrée mardi à un sketch anti-Orban du plus bel effet : elle a interrompu ses programmes pendant ^près de quatre heures, et un écran noir est apparu, avec ce texte :
« Les médias de service public ne doivent pas mentir. Nous vous présentons nos excuses pour avoir fait exactement cela pendant de nombreuses années. Les médias de service public font actuellement l’objet d’une réforme afin qu’à l’avenir, ils soient indépendants et dignes de confiance. La diffusion des informations est temporairement suspendue. Restez avec nous ! »
Naturellement, Peter Magyar a salué cette décision, comme si c’était celle de la télévision, la qualifiant de « journée historique ».
Mais même le site Euractiv qui lui est tout dévoué n’est pas dupe, mettant comme illustration le dit écran noir avec en incrustation le Big Brother hongrois…

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C’est une banale procédure talmudique. Le problème, c’est son extension partout sur cette planète.
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