Tous les jours les réseaux sociaux publient des vidéos de la mobilisation forcée en Ukraine : un groupe de militaires kidnappe un homme dans la rue et le jettent dans un fourgon, direction le front. C’est généralement très violent, l’homme qui résiste étant roué de coups, y compris dans la tête, parfois il y a une résistance collective quand il y a des témoins, et le 8 juillet il y a même une véritable émeute à Lvov.
On sait que la mobilisation forcée touche aussi les prêtres. Elle est alors doublement illégale. D’abord parce que l’armée n’a pas le droit de kidnapper les gens dans la rue, ensuite parce que les prêtres n’ont pas le droit de porter des armes et ne sont donc pas mobilisables.
Il n’y avait pas de preuve de cette mobilisation jusqu’ici, systématiquement niée par le pouvoir (comme l’était l’autre encore récemment). Mais hier il y a eu une vidéo du kidnapping du recteur de l’église Saint-Jean-l’Aumônier de Loutsk, pris par les mains et les pieds et balancé dans le fourgon comme un sac de pommes de terre.

L’avocat de l’Eglise orthodoxe ukrainienne s’est saisi de l’affaire et va poursuivre l’armée devant la justice.
Le diocèse de Volodymyr-Volynskyï a déclaré que 18 de ses clercs avaient été enrôlés. Les autres diocèses n’ont pas donné de chiffre. Mais si la situation est globalement la même partout, on arrive à près de 700 prêtres et diacres envoyés à l’abattoir.
Naturellement, il s’agit exclusivement de clercs de l’Eglise orthodoxe ukrainienne. Ceux de l’Eglise du pouvoir et ceux de l’Eglise grecque-catholique ne sont pas concernés. Car c’est aussi une façon de combattre les « prêtres moscovites ».
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