Les 7 frères martyrs

Cathédrale Saint-Samson de Dol-de-Bretagne.

La leçon des matines est le début de l’homélie de saint Grégoire le Grand pour la fête de la mère des martyrs, sainte Félicité. J’ai donné ce texte en 2023, la suite en 2024. En voici la fin.

Considérons cette femme, mes frères, et considérons ce que nous pèserons en face d’elle, nous qui sommes virils par le corps. Souvent, quand nous nous proposons de faire du bien, il suffit d’un mot, même insignifiant, jailli à notre encontre de la bouche d’un moqueur, pour que notre résolution d’agir fléchisse aussitôt, et que, démontés, nous reculions. Voici qu’en de nombreux cas, des paroles nous retiennent d’accomplir une bonne œuvre, alors que même les tortures n’ont pu fléchir Félicité dans ses saintes résolutions. Nous, nous sommes arrêtés par le souffle léger d’un mot méchant ; elle, c’est par le glaive qu’elle s’est élancée vers le Royaume, négligeant comme néant ce qui s’opposait à sa résolution. Nous, nous ne voulons pas nous conformer aux commandements du Seigneur en faisant l’aumône de nos biens, même si nous en avons trop ; elle, non seulement elle a apporté à Dieu sa fortune, mais elle a donné aussi pour lui sa propre chair. Nous, quand nous perdons nos enfants par la volonté divine, nous pleurons sans pouvoir être consolés ; elle, elle les aurait pleurés comme morts si elle ne les avait pas offerts.

Lorsque viendra le Juge rigoureux pour le terrible examen, que pourrons-nous dire, nous les hommes, à la vue de la gloire de cette femme ? En quoi la faiblesse de leur cœur excusera-t-elle les hommes, quand on leur montrera cette femme qui, outre le monde, a vaincu son sexe ? Suivons donc, frères très chers, la voie austère et rude du Rédempteur : la pratique des vertus l’a si bien aplanie que des femmes prennent plaisir à l’emprunter. Méprisons tous les biens de la vie présente ; ils sont sans valeur, puisqu’ils peuvent passer. Ayons honte d’aimer ce que nous sommes assurés de perdre très vite. Ne nous laissons pas dominer par l’amour des choses terrestres, ni enfler par l’orgueil, ni déchirer par la colère, ni souiller par la luxure, ni consumer par l’envie.

C’est pour l’amour de nous, frères très chers, que notre Rédempteur est mort ; apprenons aussi à nous vaincre nous-mêmes pour l’amour de lui. Si nous savons le faire parfaitement, non seulement nous échapperons au châtiment qui nous menace, mais nous recevrons la récompense de la gloire avec les martyrs. Car bien que nous ne soyons pas persécutés, la paix connaît elle aussi son genre de martyre : même si nous n’offrons pas au fer notre tête en chair et en os, nous portons pourtant le glaive spirituel en notre âme pour y mettre à mort les désirs charnels. Que Dieu nous vienne en aide…

On notera « Méprisons tous les biens de la vie présente ». Despiciamus cuncta præsentia. C’est un lieu commun de la prédication des pères de l’Eglise, mais c’est banni de la néo-liturgie. Toutes les oraisons qui le disaient ont été supprimées ou modifiées. C’est un des éléments qui montrent que la néo-liturgie n’est pas catholique.

Ewa Zajączkowska-Hernik sur Myrotvorets

Ewa Zajączkowska-Hernik rejoint le chef de cabinet du président polonais sur le site Myrotvorets, les « ennemis de l’Ukraine » à éliminer. Sa réaction :

Je viens d’apprendre qu’après mon intervention au Parlement européen, au cours de laquelle j’ai condamné les génocidaires de l’UPA, je me suis retrouvée sur le site Myrotvorets – une liste des « ennemis de l’Ukraine » tenue par les services ukrainiens.

Il est très intéressant de constater que le site ukrainien tient une liste de patriotes polonais à éliminer. Si l’on s’y retrouve pour avoir dénoncé les meurtres barbares d’innocents Polonais commis par les troupes ukrainiennes de l’UPA, cela montre bien ce qui les motive et quelles « valeurs » ils défendent. Ils se trahissent eux-mêmes. Pourquoi le ministère polonais des Affaires étrangères ne réagit-il pas et ne prend-il pas la défense des diplomates polonais ? Pourquoi tolère-t-il ces méthodes ignobles de harcèlement et d’intimidation ? Il s’agit là d’un acte flagrant d’hostilité envers la Pologne.

Et c’est un tel État que l’Union européenne souhaite accueillir au plus vite dans ses rangs ? Vous plaisantez. L’Ukraine, qui brandit comme étendard l’idéologie criminelle du bandérisme et une corruption effrénée, ne devra jamais avoir sa place au sein de la Communauté.

Si certains pensent que je vais me laisser intimider par ce genre de « publications », je les félicite pour leur optimisme et j’ai un message à leur adresser : je ne reculerai pas d’un pouce pour défendre la raison d’État polonaise et la mémoire des victimes du génocide de Volhynie. Vous pouvez ajouter cela dans la description de la page.

A Novo-Tikhvine

J’ai déjà parlé plusieurs fois du monastère de Novo-Tikhvine à Iekaterinbourg. Mais aujourd’hui c’est la fête de l’icône de la Mère de Dieu de Tikhvine, donc du monastère (une centaine de religieuses), avec une divine liturgie solennelle célébrée par le métropolite, de nombreux autres évêques et prêtres, suivie de la procession de l’icône (à 2h50). Avec toujours ce chant sublime des moniales, chant byzantin épuré sur le texte slavon (particulièrement sublime est leur chant du Is polla eti Despota – qui est quant à lui traditionnellement en grec, à 47’05 – l’évêque qui donne la bénédiction est le métropolite Alexis de Tcheliabinsk -, et l’hymne des chérubins, à 1h19).

En prime l’arrivée du métropolite Eugène, sur un tapis rouge interminable…

Et le constat que la cathédrale est pleine de fidèles, un jeudi matin.

La dictature hongroise

Comme il l’avait annoncé, le Premier ministre hongrois Peter Magyar a présenté au Parlement, samedi, le « 17e amendement » à la Constitution, qui comporte en fait 12 mesures visant à en finir avec l’ère Orban. La plus spectaculaire est celle qui proclame la « fin du mandat de l’actuel président ». Sic : on inscrit dans la Constitution la fin du mandat de l’actuel président. C’est Ubu en Hongrie. Or cette mesure délirante va être votée, puisque Peter Magyar a la majorité des deux tiers. Bien que le nouveau gouvernement soit bien vu de toutes les forces de la décadence, même Amnesty International trouve que « ce n’est pas acceptable ».

Le président, Tamas Sulyok, a fait savoir hier qu’il rejetterait cet amendement :

« Une situation où le président en exercice d’un pays est destitué de ses fonctions uniquement pour des raisons politiques est sans précédent en Europe. Il convient notamment de noter que la procédure en question a manifestement été conçue pour une personne en particulier et intégrée dans les dispositions finales d’un amendement constitutionnel, ce qui constitue une violation flagrante des garanties assurant l’autonomie de la présidence. »

Mais l’amendement sera de nouveau voté, et Tamas Sulyok devra se soumettre. Aux applaudissements de la dictature européenne.

Parmi les autres mesures il y a aussi la limite d’âge de 70 ans pour les juges de la Cour constitutionnelle, ce qui permet de se débarrasser de son président.

D’autre part, la télévision d’Etat s’est livrée mardi à un sketch anti-Orban du plus bel effet : elle a interrompu ses programmes pendant ^près de quatre heures, et un écran noir est apparu, avec ce texte :

« Les médias de service public ne doivent pas mentir. Nous vous présentons nos excuses pour avoir fait exactement cela pendant de nombreuses années. Les médias de service public font actuellement l’objet d’une réforme afin qu’à l’avenir, ils soient indépendants et dignes de confiance. La diffusion des informations est temporairement suspendue. Restez avec nous ! »

Naturellement, Peter Magyar a salué cette décision, comme si c’était celle de la télévision, la qualifiant de « journée historique ».

Mais même le site Euractiv qui lui est tout dévoué n’est pas dupe, mettant comme illustration le dit écran noir avec en incrustation le Big Brother hongrois…

La persécution estonienne

La loi visant à interdire l’Eglise orthodoxe estonienne est entrée en vigueur le 27 juin dernier. Le ministère de l’Intérieur lui fait savoir qu’elle a six mois pour nommer un nouveau métropolite et couper ses liens avec le patriarcat de Moscou. Si ce n’est pas fait d’ici le 28 décembre l’Eglise sera dissoute.