Il y a longtemps que des « théologiens » nient le péché originel. Mais c’est la première fois semble-t-il qu’un théologien le fait dans l’Osservatore Romano. (Dans l’édition du 4 juillet dernier.)
Naturellement, puisqu’il faut être de son temps, il s’agit d’une théologienne, Marinella Perroni, qui a été pendant dix ans présidente de la Coordination des théologiennes italiennes (donc réservée aux femmes), spécialiste des « études de genre », versions féministes, dans ce qu’on appelait autrefois la Sainte Ecriture.
Elle affirme tranquillement : « Dans l’ancien mythe biblique communément appelé la Chute, il n’y a ni diable, ni puissance divine à laquelle les êtres humains soient soumis. » Le récit ne parle que de la « contradiction » selon laquelle « être de Dieu, être choisi par Dieu, ne signifie pas être comme Dieu. Et c’est là que réside la tension inépuisable entre l’humanité et le divin – il n’y a pas de péché. »
Et il ne peut pas y avoir de péché puisque le récit biblique est le premier discours théologique féministe, sur le désir d’être comme Dieu :
« Il est tout à fait beau de voir que, dans l’Éden, la femme endosse le rôle de celle qui a le courage de s’engager dans ce désir, d’en revendiquer le droit et d’en discuter les limites, afin de contribuer à définir cette frontière infranchissable qui sépare les humains de Dieu, sans aucune possibilité de négociation. »
Le problème est que s’il n’y a pas de péché il n’y a pas non plus d’incarnation rédemptrice. Bref il n’y a plus de christianisme.


