Jeudi de la deuxième semaine de carême

Dans la parabole évangélique de la messe de ce jour, il y a un pauvre qui s’appelle Lazare, et un riche qui n’a pas de nom. Parce que le riche, c’est moi. Comme le souligne la liturgie, par l’antienne du Benedictus, le matin :

Fili, recordáre quia recepísti bona in vita tua, et Lázarus simíliter mala.
Fils, souviens-toi que pendant ta vie, tu as reçu les biens, de même que Lazare les maux.

Et par l’antienne du Magnificat, le soir :

Dives ille guttam aquæ pétiit, qui micas panis Lázaro negávit.
Ce riche demanda une goutte d’eau à Lazare, lui qui lui avait refusé quelques miettes de pains.

Cette assimilation au riche est accentuée par le « Fili ». Et la mélodie le souligne, par cet appel de clairon sol-do, et l’insistance sur « souviens-toi ». Dans la parabole, c’est Abraham qui dit « mon fils » au riche. Dans la liturgie, c’est Dieu qui m’appelle son « fils », et qui m’avertit de ne pas continuer à vivre comme le riche de la parabole.

Dans l’antienne du Magnificat il y a aussi une accentuation. Plus forte encore : le texte glose le texte évangélique pour dire que je refuse des miettes de pain à Lazare. Mais le riche n’a rien refusé, il a seulement ignoré le pauvre. C’est que, l’ignorer, c’est le mépriser, c’est le rejeter. Et c’est le riche qui, au final, sera rejeté. Dans l’enfer.

Et le pauvre s’appelle Lazare. Parce que le riche demande que celui-ci ressuscite pour aller avertir ses frères qu’ils doivent changer de vie. Et parce que les pharisiens se moquent de Jésus et ne cessent de lui demander des signes. Or Abraham ne va pas ressusciter Lazare, mais Jésus va bel et bien le faire : il va ressusciter Lazare, le frère de Marthe et Marie (qui, par symbolisme croisé, est riche, celui-là, un bon riche). Et par la résurrection de Lazare, il va prouver que le riche de la parabole a tort, et les pharisiens avec lui. Abraham dit au riche : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne croiront pas quand bien même quelqu’un ressusciterait des morts. » Or Lazare est effectivement ressuscité des morts. Et les pharisiens (et les grands prêtres), non seulement n’ont pas cru, mais ont condamné à mort celui qui venait de ressusciter un mort…

Un petit bout de Grand Israël

Après une nouvelle campagne de frappes massives (plus de 250 en 24 heures) sur le sud du Liban, le sud de Beyrouth et la Bekaa, le porte-parole arabophone de l’armée israélienne appelle tous les habitants du sud du Liban à partir au nord du fleuve Litani.

Israël a l’intention d’annexer ce territoire, officiellement pour constituer une zone tampon face au Hezbollah. Mais étendre le territoire israélien jusqu’au Litani est une vieille revendication, et c’est une première étape dans l’établissement du Grand Israël. (Tandis que la « zone tampon » en Syrie s’agrandit discrètement.)

Pete Hegseth

Extraits de son discours au Pentagone sur la guerre contre l’Iran :

Ils sont finis, et ils le savent. Du moins ils vont le savoir très vite. L'Amérique est en train de gagner - de manière décisive, dévastatrice et sans pitié.
Ce combat n'a jamais été conçu pour être loyal, et il ne l'est pas. Nous les frappons alors qu'ils sont à terre.
Les hauts dirigeants iraniens sont morts. Les membres du soi-disant conseil de gouvernement qui aurait pu choisir un successeur sont morts, disparus ou retranchés dans des bunkers. Les généraux, les officiers de rang intermédiaire et les soldats ne peuvent ni communiquer ni parler.
Hier soir, nous avons coulé leur navire amiral, le Soleimani. On dirait que le président américain l'a eu deux fois.
Le chef de l'unité qui a tenté d'assassiner Trump a été traqué et tué. L'Iran a tenté de tuer Trump, et c'est Trump qui a eu le dernier mot.
À notre partenaire indéfectible, Israël : votre mission est menée avec une habileté inégalée et une détermination sans faille. Combattre aux côtés d'un allié aussi compétent est un véritable multiplicateur de force et une bouffée d'air frais.

Cette propagande de guerre insensée, avec fantasmes et faux scoop, multiplie les saillies qui devraient être considérées comme des ignominies par quelqu’un qui se proclame chrétien évangélique et a tatouée sur la poitrine une croix de Jérusalem.

Il disait en novembre 2024 : « Je suis un néoconservateur en voie de guérison depuis six ans. Nous avons agi de manière insensée à travers le monde. »

La rechute est brutale.

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Et des trumpistes amers ressortent l’une des grandes promesses électorales de Donald : « Moi président je vous garantis qu’il n’y aura pas de guerre avec l’Iran. »

Rétorsion slovaque

Puisque le gouvernement ukrainien n’a toujours pas rouvert l’oléoduc Amitié, le gouvernement slovaque demande à SEPS (la compagnie d’Etat de production et de fourniture d’électricité) de mettre fin immédiatement au contrat avec Ukrenergo sur la fourniture d’urgence d’électricité à l’Ukraine.

(La Hongrie et la Slovaquie ont déjà suspendu les livraisons de gazole à l’Ukraine. La Hongrie ne veut pas suspendre la fourniture d’électricité pour ne pas pénaliser les Ukrainiens ethniquement hongrois.)

Merz répète le mantra stupide

A l’issue de son entretien avec Donald Trump, Friedrich Merz a redit une fois de plus que les Européens n’accepteront pas un accord de paix sur l’Ukraine dont ils seraient exclus, alors que c’est évidemment ce qui va se passer, et les Européens seront bien obligés de l’accepter…

« Aujourd’hui, le géant russe se trouve dans une situation précaire. C’est pourquoi nous voulons trouver des solutions ici, mais aussi des solutions qui impliquent les Européens. Nous ne sommes pas prêts à accepter un accord discuté derrière notre dos. Ce n’est que lorsque Washington fera à nouveau pression sur la Russie que le président Poutine sera également prêt à faire des concessions. J’ai plaidé en faveur d’un élargissement des négociations entre les États-Unis, l’Ukraine et la Russie afin d’y inclure les Européens. Et sans nous, l’UE et nos partenaires proches – j’inclus explicitement la Grande-Bretagne ici –, cela ne fonctionnera pas. »