De la férie

Le premier nommé au martyrologe est Moïse, qui est honoré ce même jour dans la liturgie byzantine. Mais la liturgie latine ne célèbre pas les saints de l’Ancien Testament (à l’exception des Maccabées).

La notice la plus longue est celle-ci :

A Chalon-sur-Saône, en Gaule, saint Marcel martyr. Sous l’empereur Antonin, il fut invité par le gouverneur Prisque à un festin profane, mais, témoignant de l’horreur pour les repas de ce genre, il reprocha librement à ceux qui y prenaient part de rendre un culte aux idoles; alors, par une cruauté inouïe, le gouverneur le fit enterrer jusqu’à la ceinture. Marcel demeura trois jours dans cet état, ne cessant de louer Dieu, jusqu’à ce qu’il lui eût rendu son âme sans tache.

On lit sur le site Tourisme et loisirs du diocèse d’Autun-Chalon-Macon :

Marcel serait venu d’Asie Mineure avec Irénée qui avait été disciple de saint Polycarpe de Smyrne (aujourd’hui Izmir en Turquie) qui avait été lui-même disciple de saint Jean l’Apôtre. Avec eux se trouvaient d’autres chrétiens dont Valérien.

A cette époque (177 après Jésus-Christ) l’empereur Marc Aurèle dirigeait l’empire de Rome. Il était parmi les grands persécuteurs des chrétiens et nombreux sont les martyrs qui moururent sous son règne.

Après avoir parcouru la Méditerranée d’est en ouest, Marcel, Valérien et Irénée remontent la vallée du Rhône en prêchant la Parole de Dieu. On retrouve leur histoire dans des documents qui rapportent entre autres faits marquants les Martyrs de Lyon dans l’amphithéâtre des 3 Gaules dont les ruines sont visitables à la Croix-Rousse à Lyon. Saint Pothin, évêque de Lyon et sainte Blandine connurent le martyre en ce lieu, saint Irénée avait été envoyé à Rome pour consulter l’évêque.

Selon la légende Marcel et Valérien échappèrent aux persécutions grâce à un ange qui les aurait libérés. Marcel et Valérien continuèrent leur pieuse progression vers le nord par la vallée de la Saône. Valérien connut le martyre à Tournus où une partie (la crypte) de l’abbaye Saint Philibert lui est dédicacée.

Marcel continua sa mission d’évangélisation vers le nord mais, à proximité de Chalon, lui aussi est arrêté et invité à renier sa foi. Il refuse de participer à un banquet païen et à un sacrifice aux dieux de l’empire romain. Le gouverneur Priscus le condamne à être écartelé entre les branches d’un arbre, flagellé et enfin immergé à mi-corps dans un puits où il agonise pendant 3 jours.

Un premier oratoire fut érigé probablement à l’endroit même où mourut saint Marcel. Plus tard une basilique fut élevée à la demande du roi Gontran, petit-fils de Clovis. Au IXe siècle la Bourgogne subit les invasions des Normands. En 979 le comte Geoffroy de Chalon remet les hommes et les bâtiments de Saint Marcel à l’abbaye de Cluny (fondée en 910). L’église de Saint-Marcel devient donc un prieuré clunisien et le restera jusqu’au XVIIIe siècle.

Quelques photos de l’église Saint-Marcel de Saint-Marcel (Chalon-sur-Saône). On voit le reliquaire de saint Marcel, et l’inscription rappelant que deux papes ont visité cette église.

Le matamore de Kiev et la réponse russe

Zelensky a averti avant-hier que « le ciel russe est désormais réservé aux drones, et non à l’aviation civile, tant que la guerre dure », et a donc averti les compagnies aériennes que « le ciel russe devient totalement dangereux » et qu’elles doivent suspendre leurs vols. En bref il affirme que l’Ukraine se lance dans le terrorisme aérien, comme l’a aussitôt souligné Poutine.

Hier, Boudanov a renchéri : « Les drones et les missiles ukrainiens domineront le ciel russe tant que l’agression se poursuivra. »

Aujourd’hui, l’agence fédérale russe du transport aérien (Rosaviatsiya) fait savoir de façon laconique :

« Aucune demande officielle de ce type n’a été adressée à Rosaviatsiya, ce qui signifie que tout va bien ; les liaisons aériennes n’ont été suspendues avec aucun des 37 pays. »

Sviatogorsk

Vladimir Poutine a annoncé hier au détour d’une conférence de presse la libération de Sviatogorsk, dans la région de Donetsk, par les troupes russes qui étaient aux portes de la ville depuis longtemps. C’est aussi ce que disent nombre d’observateurs russes. Pour l’heure il n’y a pas eu de déclaration officielle du ministère russe de la Défense.

Je le signale parce que j’ai souvent évoqué le monastère de Sviatogorsk, l’un des trois plus grands monastères « ukrainiens ». Or le monastère se trouve au sud-ouest, sur l’autre rive de la rivière Donets, et le pont entre la ville et le monastère a été détruit. Donc dans l’immédiat il n’est pas libéré.

Néanmoins j’apprends que les Russes ont ouvert une enquête sur l’assassinat du moine Barsanuphe par des nazis ukrainiens sous uniforme des forces spéciales. (Assassinat qui n’a suscité AUCUNE condamnation dans la classe politico-médiatique ukrainienne.)

Petit roquet penaud

Le ministre estonien de la Défense Hanno Pevkur démissionne, parce qu’il s’est fait avoir par des escrocs indiens.

Il avait conclu un accord de production de 70 millions d’euros (de la fameuse Facilité européenne pour la paix) d’obus pour l’Ukraine avec une entreprise indienne… qui n’avait jamais produit d’obus. Naturellement, il n’a jamais reçu le moindre obus.

L’Estonie attaque maintenant le contrat devant la Cour européenne d’arbitrage (bonne chance…), et la Commission européenne examine si l’Estonie doit rembourser les 70 millions…

Addendum

La compagnie indienne mise en cause, Datasel, affirme que c’est l’Estonie qui l’a escroquée, et elle porte plainte. Elle dit qu’elle a livré pour 59 millions d’euros de munitions et que l’Estonie a alors rompu le contrat…

Pirates norvégiens aux ordres de l’Ukraine

La Norvège a saisi le navire russe Professeur Moltchanov dans le port de Barentsburg sur l’île du Spitzberg. A la demande de l’Ukraine, soi-disant en application d’un jugement de 2023 ordonnant à la Russie de verser 4,22 milliards de dollars à l’entreprise ukrainienne Naftogaz en compensation de ses biens expropriés par la Russie en Crimée en 2014.

L’équipage et les passagers sont en détention jusqu’à ce qu’il soit statué sur leur sort.

L’archipel du Svalbard auquel appartient l’île du Spitzberg est sous souveraineté norvégienne, mais Barentsburg est un village peuplé de Russes.

On notera la mesquinerie qui consiste à arraisonner un bateau russe dans un port norvégien de fait russe. Un bateau qui fut un navire de recherche océanographique et qui est aujourd’hui un navire de croisière exploité par la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, donc sans aucun rapport avec Naftogaz ou d’éventuelles expropriations en Crimée.