Jeudi de Pentecôte

℟. Advénit ignis divínus, non combúrens sed illúminans, non consúmens sed lucens: et invénit corda discipulórum receptácula munda: * Et tríbuit eis charísmatum dona, allelúia, allelúia.
℣. Invénit eos concórdes caritáte, et collustrávit eos inúndans grátia Deitátis.
℟. Et tríbuit eis charísmatum dona, allelúia, allelúia.

℟. Il descendit un feu divin, ne brûlant pas, mais illuminant, ne consumant pas, mais éclairant : et il trouva dans les cœurs des disciples de purs réceptacles : * Et il leur accorda ses dons et ses grâces, alléluia, alléluia.
℣. Il les a trouvés unis par la charité, et il les a tous éclairés par l’effusion de la grâce divine.
℟. Et il leur accorda ses dons et ses grâces, alléluia, alléluia.

On voit tout de suite que le texte de ce répons ne vient pas de la Sainte Ecriture, même modifiée, mais d’un commentaire patristique. Il vient de ce qui est dans la patrologie de Migne le 186e « sermon supposé » de saint Augustin (sur 317 !) dont l’auteur est « incertain », le 5e de six sermons sur la Pentecôte. Assurément les deux phrases reprises de ce (bref) sermon ne sont pas indignes de saint Augustin, et méritent d’avoir été reprises dans la liturgie.

Le texte a été légèrement modifié. Le texte du sermon a « Invenit cordium receptacula munda » : il trouva les réceptacles purs des cœurs (sous-entendu des apôtres dont il est question auparavant), et il y a « gratis » (gratuitement) au lieu de « eis » (à eux).

Advenit ignis divinus, non comburens, sed illuminans; non consumens, sed lucens. Invenit cordium receptacula munda; et tribuit gratis charismatum dona.

(Certains disent qu’il y a d’abord eu le répons, qui a été ensuite utilisé par un prédicateur inconnu.)

L’enregistrement suivant fait entendre ce répons en plain chant interprété de façon moderne, avec le verset à deux voix (organum), de Léonin, maître de chant de Notre-Dame de Paris autour de 1200, « inventeur de la polyphonie ». Ce verset est interprété selon les conceptions actuelles, qui à mon sens en disent plus sur les fantasmes des musicologues que sur la musique médiévale. Mais ça donne une idée de ce qu’on pouvait entendre à Notre-Dame peu après sa consécration.

Menaces ukrainiennes contre la Biélorussie

Les Ukrainiens multiplient les provocations contre la Biélorussie. Hier, le commandant des drones Robet Brodi a fait savoir qu’il dressait une liste de cibles en Biélorussie et qu’il y avait déjà 500 cibles sur sa liste.

Et Svetlana Tikhanovskaïa, qui se pavane (à nos frais) à Vilnius comme « présidente » du « gouvernement biélorusse en exil », a été accueillie en grande pompe à Kiev. Elle a tenu un meeting avec Zelensky qui a ironisé : « Récemment, Loukachenko a déclaré qu’il était temps pour les présidents ukrainien et biélorusse de se rencontrer. Curieusement, Loukachenko l’a dit, et c’est Tikhanovskaïa qui est venue. »

Mesquinerie russophobe bulgare

La fédération internationale de gymnastique ayant permis aux athlètes russes de concourir sous leur drapeau et avec leur hymne national, l’équipe russe devait se rendre hier en Bulgarie pour le championnat d’Europe. Mais les autorités bulgares ont interdit qu’un avion russe se pose à Sofia. Les athlètes ont donc dû passer par Istanbul et prendre un avion turc…

Provocation russophobe tchèque

Le métropolite Hilarion, ancien président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, a été arrêté dimanche sur la route alors qu’il venait de célébrer la divine liturgie en l’imposante église russe de Karlovy Vary (Carlsbad), où il a été « exilé » fin 2024 après avoir été destitué de son poste de métropolite de Budapest et de Hongrie par le synode de l’Eglise russe pour « incompatibilités entre son mode de vie et les exigences monastiques ».

Des policiers ont fait arrêter le véhicule, ont aussitôt ouvert le coffre et y ont « découvert une substance blanche illicite ». Ils n’ont fouillé ni l’habitacle, ni le métropolite, ni le chauffeur. Les deux hommes ont été mis en garde à vue.

Hier ils ont été remis en liberté sans aucune inculpation ni contrainte…

Les avocats du métropolite n’entendent pas en rester là. « Les éléments déterminants pour la défense restent les circonstances du signalement anonyme ayant conduit à l’arrêt du véhicule, l’origine des objets trouvés, l’accès au véhicule avant le départ, la procédure de fouille, la saisie et la manipulation des prétendues preuves. »

Le métropolite Hilarion a exprimé sa gratitude au patriarche Cyrille ainsi qu’au ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie pour leur soutien.

Le ministère russe des Affaires étrangères avait convoqué le représentant de l’ambassadeur tchèque, auquel il avait remis une protestation ferme contre une démarche « infondée » et des accusations « absurdes ».

Maria Zakharova a déclaré que la Russie considère l’ensemble de l’opération comme une provocation délibérée visant à discréditer le métropolite Hilarion et, avec lui, l’orthodoxie tout entière, qui fait l’objet d’attaques en République tchèque. La partie russe exige donc instamment « la cessation des persécutions à l’encontre des représentants de l’Église orthodoxe russe en Tchéquie ».

Un jésuite blasphémateur

Le prêtre jésuite Nicholas Leeper se prend pour un artiste et sa dernière production est une collection de fausses icônes byzantines tellement ignobles que l’archidiocèse de New York en a annulé in extremis l’exposition qui devait se tenir au Sheen Center, dédié au « dialogue entre la foi et la culture contemporaine ». (C’est du moins ce qu’on suppose, en l’absence de toute déclaration et de toute explication.)

L’exposition, qui s’intitule « Le crépuscule des idoles » (sic, en référence à Nietzsche, sic) a trouvé refuge dans la chapelle Sainte-Marie de la paroisse Saint-François-Xavier de New York, lieu de résidence de l’artiste.

Les « œuvres » de Nicholas Leeper sont un mélange de (vieux) pop art et de vielles publicités, sous forme d’icônes byzantines. Quand on sait comment les icônes ont été définies par le septième concile œcuménique, et comment les orientaux les considèrent encore aujourd’hui (à savoir ce que la théologie latine appelle des sacramentaux, et des fenêtres sur le Ciel), on peut comprendre que l’Eglise catholique est une fois de plus un sujet d’horreur pour les orthodoxes, en ce temps de soi-disant œcuménisme.

Parmi les pièces maîtresses de l’exposition, la plus blasphématoire : « La Vierge à l’enfant (Tomatokos) », où l’enfant Jésus est donc une conserve de tomate. Le mot Tomatokos se moque du mot Theotokos, Mère de Dieu, littéralement « génitrice de Dieu », défini au concile d’Ephèse.

En dessous, « La Vierge à l’enfant (la plus pure protection) », faisant allusion à la protection de la Mère de Dieu, surtout célébrée chez les slaves (Pokrov), protection qui est donc de la poudre de talc.

L’une des plus immondes « icônes » du jésuite est intitulée « La Visitation », comme l’indiquent les inscriptions en grec, avec « Sainte Elisabeth » en gros caractères, et l’abréviation pour « Mère de Dieu ». Toutes deux (qui sont enceintes) font de la publicité pour les cigarettes…

A gauche, Nicholas Leeper, en col romain, pendant la présentation à la presse. A droite, « Madonna del Parto (Il était une fois… à Bethléem) » : la Sainte Vierge enceinte sous les traits de Sharon Tate. Au centre : « La Crucifixion (le baiser est meilleur avec un pansement). » Cette reprise d’une publicité est plus stupidement grotesque que blasphématoire, mais les orientaux voient tout de suite sur la croix les trois lettres sacrées qui indiquent le Christ (Celui qui Est). Quant au pansement il mélange le grec et le latin…

A gauche, « Saint Abraham (les trois étrangers) », reprenant de façon particulièrement laide la publicité Coca-Cola, Abraham en Père Noël et les trois « étrangers » (selon la tradition patristique et dans l’iconographie russe les trois Personnes de la Sainte Trinité), trois bouteilles de soda… A droite, « Judith décapitant Holopherne » (sic), avec une inscription grecque très approximative (Judith s’écrit : ΙΟΥΔΙΘ).

Ici un autre prêtre en admiration devant deux œuvres de son collègue : en haut « L’appel de Lévy » (saint Matthieu), en dessous… « L’Annonciation »…

L’exposition se termine le 29 mai. Jour de la « 33e messe des ministères LGBT+ ». (La paroisse a non seulement un ministère catholique gay et un ministère catholique lesbien, mais aussi un ministère « sexe migrant ».)