Ça chauffe à Kiev

En plein après-midi, un drone a provoqué un incendie dans le bureau (évidemment vide) du chef du SBU, Oleksandr Poklad, face à la cathédrale Sainte-Sophie au centre de Kiev. Zelensky a aussitôt dénoncé les Russes et ordonné à Poklad de riposter en « miroir » dès que possible.

Mais la Russie n’a pas revendiqué cet exploit, qui serait pourtant symboliquement fort de sa part. Et pour nombre d’Ukrainiens qui s’expriment sur les réseaux sociaux il s’agit clairement de la suite de la guerre entre le SBU (le service de sécurité qui dépend du ministère de l’Intérieur) et le GUR, la direction du renseignement militaire.

Car une fusillade a eu lieu dans une rue due Kiev mardi matin entre agents du SBU et agents du GUR. La guérilla a duré près de 24 heures et a fait officiellement trois blessés dans les rangs du GUR.

Il est donc au moins vraisemblable que ce soit un nouvel épisode de cet affrontement entre les deux services de renseignement. Une riposte du GUR, longtemps dirigé par Boudanov, fidèle des fidèles de Zelensky, aujourd’hui son chef de cabinet.

Selon des spécialistes ukrainiens le drone est venu de Kozyntsi, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Kiev.

Bellicistes délirants

La société germano-américaine Auterion et son « partenaire ukrainien » Airlogix ont lancé la production en série de plus de 5.000 drones de combat à longue portée pour l’Ukraine près de Munich. Le premier lot a déjà été fabriqué. Le contrat avec le gouvernement allemand doit être exécuté d’ici la mi-2027. Il s’élève à près de 300 millions d’euros, payés par le contribuable allemand.

La « coentreprise » espère d’autres contrats. Outre le site prétendument secret « près de Munich », les drones seront également fabriqués dans une usine en « Allemagne de l’Est ».

Il s’agit de deux modèles de drones, avec une portée de vol moyenne jusqu’à 1.500 km.

L’Allemagne se fait donc ouvertement responsable de frappes à l’intérieur de la Russie.

Réaction de l’ambassade de Russie en Allemagne :

« Berlin poursuit régulièrement le développement de ses propres missiles de précision à longue portée et de ses systèmes sans pilote. Les autorités allemandes justifient ces ambitions en affirmant que de telles capacités sont nécessaires pour compenser le manque d’armes nucléaires de la Bundeswehr. Les initiatives militaires allemandes constitueraient une menace directe pour la Russie si elles étaient mises en pratique. Les critiques de la militarisation incontrôlée de l’Allemagne ont raison de souligner que les emplacements de ces armes deviendront inévitablement des cibles militaires légitimes pour la Russie. »

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D’autre part Macron et Burnham, qui se sont rencontrés hier à Londres, ont convenu d’un plan pour créer des lignes de production en Ukraine afin d’assembler et de fabriquer localement des missiles de croisière à longue portée SCALP et Storm Shadow. Ceux-là même qui servent à tuer des civils dans les bus, dans les écoles et sur les marchés.

La persécution en Ukraine

Le monastère de Potchaïev avait jusqu’à la fin du mois d’août pour « prouver » qu’il n’a pas de liens avec l’Eglise orthodoxe russe. Le « Service d’Etat pour la politique ethnique et la liberté de conscience » lui donne finalement 60 jours de plus, à la demande des avocats du monastère.

Le « Service d’Etat pour la politique ethnique et la liberté de conscience » continue son examen des divers diocèses de l’Eglise orthodoxe ukrainienne pour déterminer s’ils ont des liens avec l’Eglise orthodoxe russe et ainsi pouvoir les poursuivre en justice afin de les interdire. Après avoir lancé une procédure judicaire contre le diocèse de Rovenky, il commence ce vendredi une enquête sur le diocèse de Balta.

Zelensky avait affirmé que l’Eglise orthodoxe ukrainienne aurait disparu à la fin de 2023…

(A propos de Balta on lit cette intéressante précision sur Wikipedia : « Au XIXe et au début du XXe siècle, la population de la ville comprenait une majorité de Juifs, des Russes et des Moldaves orthodoxes, des Polonais catholiques et des Russes vieux-croyants. » Pas la moindre mention d’ « Ukrainiens »…)

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La prochaine audience concernant l’interdiction de la métropole orthodoxe de Kiev est prévue pour le 10 septembre. (D’autre part la métropole de Kiev a engagé une procédure en dissolution du « Service d’Etat pour la politique ethnique et la liberté de conscience ».)

Leur Eglise

« Les personnes transgender. Sciences, théologies, pastorales ». C’est un livre du « philosophe » Damiano Migliorini (qui a déjà publié « Gender, philosophies, théologies : la complexité contre toute idéologie »). Avec des contributions de divers autres auteurs, réunies par Giuseppe Piva, « théologien » jésuite. Publié par une maison d’édition officiellement « catholique ».

La préface est du cardinal Domenico Battaglia, archevêque de Naples, qui se fait appeler « Mimmo ».

Le site LGBT New Way Ministries s’est empressé de traduire cette préface en anglais, « afin de lui donner une audience mondiale », sous le titre : « Personne n’est exclu du Cœur de Dieu ». Au centre de ce texte : « La fidélité est un mouvement dans l’Esprit, une recherche communautaire, une volonté de demeurer ancré dans le Christ tout en traversant des territoires encore inexplorés. C’est pourquoi l’objectif n’est pas d’adopter des positions hâtives, mais de mûrir grâce au dialogue, à la prière et à la profondeur spirituelle et théologique d’un discernement ecclésial large et partagé, respectueux des personnes et enraciné dans la vérité. »

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Le site katholish.de, site officiel de la conférence des évêques allemands, publie un article qui résume une interview parue dans le supplément religieux de Die Zeit sur un livre paru en mai dernier en Allemagne : « Entre délire et sagesse ». Livre et interview du couple de « théologiens catholiques » Simone et Claudia Paganini.

Les auteurs passent les personnages bibliques au crible du diagnostic psychiatrique. « D’Adam et Ève dans la Genèse jusqu’au visionnaire de l’Apocalypse, chaque livre contient des figures qui manifestent des signes de trouble psychologique », disent-ils. Par exemple, Moïse souffre de dépression. Job manifeste des symptômes de trouble obsessionnel compulsif. Mais le clou du spectacle psychiatrique est évidemment Jésus :

La Bible décrit Jésus comme ayant un penchant pour l’alcool. Sa réaction face aux marchands de bétail dans le Temple suggère un trouble du contrôle des impulsions. Simone Paganini fait remarquer : « Jésus est celui qui dit : « Si quelqu’un te frappe, tends l’autre joue. » Et puis, il entre dans le Temple, s’irrite de la présence des marchands de bétail et… boum, tout éclate. »

Ainsi s’exprime un « théologien catholique », sur le site officiel de l’Eglise catholique en Allemagne, sans autre réserve que de mettre un point d’interrogation à la fin du sur-titre : « Jésus avait-il un penchant pour l’alcool et un trouble du contrôle des impulsions? »