Saint Augustin

L’hymne des vêpres dans les divers ordres qui se réclament de saint Augustin (office du XIIe siècle). D’abord par un chantre anonyme sur la « mélodie grégorienne de la tradition augustinienne », puis par Giovanni Vianini sur un « alius tonus ad libitum », mais je ne trouve pas d’interprétation sur la mélodie de l’antiphonaire dominicain, que donne Gregobase.

Magne Pater Augustine,
preces nostras suscipe.
et per eas Conditori
nos unire sátage,
atque rege gregem tuum
summum decus Proesulum.

O notre illustre Père Augustin, accueillez nos prières. Par elles, à notre Créateur employez-vous à nous unir, et dirigez votre troupeau, ô vous la gloire de l’épiscopat.

Amatorem paupertatis
te collaudant páuperes :
assertorem veritatis
amant veri judices :
frangis nobis favos mellis,
de scripturis disserens.

C’est l’amant de la pauvreté qu’en vous fêtent les pauvres : c’est le défenseur de la vérité que chérissent les juges véritables : vous rompez pour nous des rayons de miel en commentant les Ecritures.

Quae obscura prius erant,
nobis plana faciens ;
tu de verbis Salvatoris
dulcem panem cónficis,
et propinas potum vitae
de psalmorum néctare.

Les passages auparavant obscurs, vous les aplanissez pour nous ; vous, avec les paroles du Sauveur, vous pétrissez un pain savoureux, et vous composez un breuvage de vie avec le nectar des psaumes.

Tu de vita monachorum
sanctam scribis regulam,
quam qui amant, et sequuntur,
viam tenent regiam,
atque tuo sancto ductu
redeunt ad patriam.

Pour la conduite de vos moines, vous rédigez une règle sainte, par laquelle ceux qui l’aiment et la suivent tiennent une voie royale, et, sous votre sainte direction, ils regagnent la Patrie.

Regi regum salus, vita,
Decus et imperium,
Trinitati laus et honor
sit per omne saeculum,
quae concives nos adscribat
supernorum civium.
Amen.

Au Roi des rois, salut, vie, gloire et empire ; qu’à la Trinité louange et honneur soient pour tous les siècles, qu’Elle daigne nous inscrire au nombre des citoyens de la Cité d’en-haut.
Amen.

Et puis, insolite et touchant, sur une musique du Frère Niño Andrade OSA, par les « Enfants d’Adéodat » et le chœur des jeunes de Baseco (Manille) :

La « légitimité de la réforme liturgique »

Le salon Beige a publié hier matin un texte intéressant de François Savy sur la question de la légitimité de la nouvelle messe. Il relève que le mot avait été utilisé dans l’indult de 1984 permettant la célébration de l’ancienne messe à condition de ne pas mettre en doute « la légitimité et la rectitude doctrinale » de la nouvelle messe.

Il remarque ensuite que le mot n’est pas repris dans le protocole d’accord de 1988 entre Mgr Lefebvre et le Saint-Siège, et qu’il faudra attendre l’instruction d’application du motu proprio Summorum Pontificum pour le retrouver, 23 ans après. Il ajoute que, interrogée sur ce mot, la commission Ecclesia Dei avait répondu que c’était un synonyme de licéité.

Mais le mot est revenu dans le motu proprio Traditionis Custodes, et dans le contexte il prend une signification bien différente. Il ne s’agit plus de reconnaître la licéité et la validité de la nouvelle messe, mais « la validité et la légitimité de la réforme liturgique ».

Il est remarquable que ce même mercredi matin, Léon XIV donnait son point de vue sur la question, dans le sens de François. Cela a été relevé par dom Alcuin Reid dans un autre texte publié dans le Salon Beige.

« La réforme liturgique promue par le Concile Vatican II est ainsi fermement enracinée dans la tradition vivante de l’Église », a dit le pape. Dom Alcuin Reid commente :

Son « ainsi » sous-entend que les exigences de Sacrosanctum Concilium n° 23, selon lesquelles « il ne doit y avoir d’innovations que si le bien de l’Église l’exige véritablement et certainement ; et il faut veiller à ce que toute forme nouvelle adoptée découle organiquement des formes déjà existantes », ont été respectées.

S’il en était ainsi, la réforme liturgique serait clairement légitime.

Mais il n’en est pas ainsi. Le pape ment quand il prétend que la réforme liturgique a respecté les exigences de Sacrosanctum Concilium et se trouve ainsi enracinée dans la Tradition.

Car il se trouve que les artisans de cette réforme et ceux qui la combattent sont d’accord (avec un certain Joseph Ratzinger, du reste) pour dire qu’il y a eu rupture et non continuité. Ceux-là s’en sont vantés, ceux-ci ne cessent de le déplorer et de le dénoncer. Un témoin clef fut le P. Luykx, qui était un militant du mouvement liturgique, et pour cela nommé membre des commissions chargées de la réforme liturgique, et a écrit un livre pour expliquer que cette réforme n’était pas du tout dans la ligne du mouvement liturgique ni de ce que demandait Vatican II. Au point qu’il se fit grec-catholique pour ne pas avoir à célébrer la nouvelle messe…

La nouvelle messe est licite puisque promulguée par l’autorité, elle est valide quand elle est célébrée par un prêtre selon les livres liturgiques officiels, mais la réforme liturgique n’est pas légitime : elle est en rupture avec la tradition et n’a donc pas la légitimité de la tradition.

N.B. Comme le remarque un lecteur, il est tout à fait possible que le pape ne mente pas, mais qu’il ne sache pas de quoi il parle.

Représailles

En représailles (quasi quotidiennes) des attaques ukrainiennes contre les entrepôts des géants russes du commerce en ligne, les frappes russes de ce matin ont détruit des infrastructures dans neuf régions d’Ukraine (selon les gazettes ukrainiennes elles-mêmes).

La plus spectaculaire et signifiante a été la destruction d’un entrepôt et centre logistique de Roshen, l’empire de confiserie et de chocolat de Petro Porochenko, près de Kiev.

Il n’y a eu ni morts ni blessés, c’est pourquoi vous n’avez pas entendu le chœur des pleureuses. Mais la presse ukrainienne accuse le coup.

Quelque chose me dit que les Ukrainiens vont amèrement regretter leurs attaques contre Wildberries et Ozon, dont l’imbécile Stubb affirme qu’elles vont faire plier Poutine…

Hypocrites

Cette photo montre un match de foot entre deux équipes de Gaza. Elle était exposée dans le cadre du festival Deauville Sport Images. Elle a été subrepticement enlevée et remplacée. Ce qui « fait polémique ».

Le cabinet du maire, interrogé par l’AFP, reconnaît que la photo « illustrait pleinement l’esprit de l’exposition : montrer que le sport existe partout », y compris dans les « lieux et les circonstances les plus dramatiques ».

La municipalité s’empresse d’ajouter qu’elle n’a subi « aucune pression », et qu’elle a pris la décision de retrait « dans un seul souci d’apaisement ». Sic.

Il n’y a pas un mot, dans la dépêche de l’AFP, ni donc dans les gazettes qui la reproduisent, sur la spécificité de Deauville : deux synagogues, un centre communautaire Habad-Loubavitch, une loge du B’nai Brith nommée Deauville-Jérusalem, des commerces casher, une boulangerie spécialisée dans les pains de chabbat…

Ubukraine

Hier, l’audience concernant la haute laure des Grottes de Kiev a été une nouvelle fois (ou comme d’habitude, doit-on dire) « reportée ». Cette fois parce que le tribunal a fait droit à l’avocat des moines concernant des violations de procédure.

Le directeur de la « Réserve nationale des ”Grottes de Kiev” », Maksym Ostarenko, est une nouvelle fois furieux. Le procès dure depuis 2023 et depuis janvier 2024 il n’a pas avancé d’un pouce. Il fait remarquer que si par hasard l’Eglise orthodoxe ukrainienne gagne son procès, « le métropolite Paul retournera officier dans la cathédrale ».

Effectivement, c’est ahurissant, n’est-ce pas. Si les moines gagnent, l’abbé du monastère, le métropolite Paul (actuellement en résidence surveillée loin de ses moines) pourra célébrer les offices dans SA cathédrale. Cette cathédrale qui est non seulement celle de son monastère, mais celle qu’il a reconstruite lui-même sans aucune aide de l’Etat ukrainien après l’indépendance, quand il est devenu abbé de ce monastère en ruine…

Et cette cathédrale redeviendra ce qu’elle a toujours été avant le bolchevisme, un lieu de culte, et non un espace pour divers événements profanes comme elle l’est depuis qu’elle a été volée aux moines. C’est cela qui est insupportable pour la clique au pouvoir à Kiev.