Le cas Georgescu

Interrogé sur le refus du Bureau électoral roumain de valider la candidature de Calin Georgescu à la présidentielle, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a répondu : « Bien sûr, honnêtement si l’on appelle un chat un chat, toute élection organisée sans lui n’aurait aucune légitimité. Dans ce cas, la Roumanie choisirait la voie du mépris de la démocratie en tant que telle. » Quant aux accusations selon lesquelles Georgescu aurait des liens avec le Russie, « c’est un non-sens, ce sont des accusations sans aucun fondement. D’ailleurs, Georgescu est également impressionné par Trump et les idées trumpistes. »

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Robert Fico a publié un long texte sur X :

LA COMMISSION EUROPÉNNE DOIT PRENDRE POSITION SUR LES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES EN ROUMANIE. SOIT M. GEORGESCU A RAISON SOIT LES AUTORITÉS ROUMAINES ONT RAISON. SI LA COMMISSION RESTE SILENCIEUSE, COMME ELLE L’A FAIT DANS LE CAS DE LA SLOVAQUIE EN 2020-2023, ELLE ENFONCERA UN NOUVEAU CLOU DANS LE CERCUEIL DU MANQUE DE FIABILITÉ DE L’ENSEMBLE DE L’UE.

Je respecte le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays. Comme le gouvernement voulait me mettre en prison sans raison en 2020-2023 en tant que chef de l’opposition, afin que je ne puisse pas faire de politique, je suis très sensible à des cas similaires. La Commission européenne de l’époque et les commissaires concernés (en particulier le commissaire Reynders) se moquaient éperdument de la Slovaquie. Ils avaient un gouvernement obéissant et personne ne se souciait des droits du chef de l’opposition et de la nature de la démocratie en Slovaquie.

En Roumanie, après que M. Georgescu, un candidat prétendument de droite et pro-russe, a remporté de manière surprenante le premier tour des élections présidentielles, la Cour constitutionnelle a décidé de les annuler. Le candidat a été accusé de diverses infractions pénales et la commission électorale lui a interdit de se représenter. Georgescu a fait appel auprès de la Cour constitutionnelle, mais probablement sans aucune chance de succès.

Je ne sais pas où se trouve la vérité. Mais je sais que si l’UE veut sauver la face, elle devrait demander ce qui se passe. Lorsque nous avons voulu faire passer un amendement au code pénal dans ce pays, la CE s’est déchaînée.

En Roumanie, on soupçonne qu’il s’agit d’un cas similaire au nôtre, et tout le monde se tait. Parce qu’un candidat à la présidence a une opinion différente de celle qui est obligatoire, il doit être écarté ?  Il ne s’agit pas seulement d’une question nationale. Il s’agit de la démocratie et du visage de l’UE.

La Commission européenne doit prendre position sur les élections présidentielles en Roumanie. Et en assumer la responsabilité. Si M. Georgescu est pénalisé simplement parce qu’il a une opinion différente, il doit bénéficier d’une protection européenne. Si la Commission européenne est convaincue que les autorités roumaines font ce qu’il faut, elle doit les défendre. La seule chose que la CE ne peut pas faire est de rester silencieuse. Sinon, elle crée un dangereux précédent : dans une compétition démocratique libre, il sera possible d’écarter un candidat retenu simplement parce qu’il n’est pas dans la ligne en raison de ses opinions divergentes.

Pschitt…

Dans le baratin du communiqué final du conseil européen extraordinaire d’urgence réuni hier en raison de l’imminente et terrifiante menace russe, il n’y a… rien.

Aucune décision. La seule mention d’un chiffre se trouve ici :

Le Conseil européen prend note de l’intention de la Commission de présenter une proposition relative à un nouvel instrument de l’UE visant à accorder aux États membres des prêts soutenus par le budget de l’Union à hauteur de 150 milliards d’euros, et invite le Conseil à examiner cette proposition de toute urgence.

Le Conseil prend note d’une proposition de la Commission… et s’invite lui-même à l’examiner…

Autrement dit, comme d’habitude, mais bien plus que d’habitude, tous les discours avant et après le Conseil sont du bidon, du vent. A commencer par la rodomontade d’Ursule sur les « 800 milliards » et sa recette pour les trouver…

Ce Conseil n’a même pas pu renouveler son soutien à l’Ukraine, en raison de l’opposition de Viktor Orban à tout nouvel engagement de dépenses militaires… Le communiqué renvoie seulement à un texte en annexe, signé par 26 Etats.

Routine démocratique

En Autriche, puisque la strèmdroate a gagné les élections et a le plus grand nombre de députés, la droite, la gauche et les libéraux se sont unis pour gouverner ensemble. Ils ont mis exactement cinq mois pour y arriver, et ce n’est pas encore sûr, mais il faut ce qu’il faut quand on est confronté au danger d’une politique qui pourrait remettre le pays sur les rails.

En Allemagne la strèmedroate n’a pas gagné les élections mais le résultat est le même : il faut que la droite et la gauche s’unissent (là-bas les libéraux viennent de disparaître) pour constituer une majorité…

Des majorités forcément vouées à ne pouvoir rien faire. Mais puisque c’est Bruxelles qui décide…

Au Parlement européen

Le député européen polonais Grzegorz Braun a encore mis un peu d’animation dans l’hémicycle, mercredi. Alors que les députés étaient appelés à observer une minute de silence pour « les victimes de l’Holocauste », il a crié : « Prions pour les victimes du génocide juif à Gaza ». Puis 12 secondes plus tard, il a crié : « Merci beaucoup. Merci à tous d’avoir prié pour les victimes du génocide juif à Gaza. » Et il s’est fait expulser. Trop tard… Il a alors ajouté : « Toutes les victimes sont égales, mais certaines sont plus égales que d’autres. »

Plus bas que le fond ?

Le Financial Times nous apprenait hier que Kaja Kallas compte proposer, pour le prochain paquet de sanctions contre la Russie, le 22 février, troisième anniversaire de la guerre en Ukraine, l’interdiction de l’exportation de consoles de jeux (PlayStation, Xbox, etc.).

L’information a été répercutée partout ce matin, très sérieusement. Car, selon la même Kallas, les Russes se servent de ces consoles « pour piloter les drones ».

Evidemment, ça change des puces de machines à laver. Mais c’est encore plus grotesque. Pour la bonne raison que, premièrement, les constructeurs de jeux vidéo ont arrêté leurs exportations vers la Russie dès le début de la guerre, et que, deuxièmement, ces consoles sont presque toutes fabriquées en Chine, et commercialisées éventuellement du Japon ou des Etats-Unis, mais d’aucun pays de l’UE.

En bref on interdirait l’exportation de produits que nous ne fabriquons pas et que nous ne commercialisons pas. Là ça dépasse toutes les débilités kalassiennes connues. On croyait avoir touché le fond, mais on continue de creuser. Dans l’hilarité mondiale qui devient un hennissement cosmique.

Au point qu’on se demande si ce n’est pas une blague (anti-UE) du Financial Times, bien que ce ne soit pas le style du journal.

Au fait, UE ou pas UE, arrêt ou non des exportations des constructeurs, on trouve comme on veut en Russie ces consoles de jeux (comme le reste)… Et elles ne sont même pas réquisitionnées par l’armée (pas plus que les machines à laver, ni même les pelles).

Et ce n’est certainement pas la ridicule Kallas, qui ridiculise toute l’UE, qui y changera quelque chose…