Toujours la Géorgie

Les Américains ont annoncé lundi de nouvelles sanctions contre la Géorgie, pour punir le gouvernement et le Parlement géorgiens d’avoir mis en place une loi sur l’influence étrangère. Autrement dit les Etats-Unis se dénoncent eux-mêmes comme ceux que vise la loi, comme ceux qui interfèrent dans les affaires géorgiennes.

Le prétexte, ce sont les manifestations contre cette loi. Les sanctions visent d’abord deux hauts fonctionnaires du ministère de l’Intérieur associés « à la répression brutale de manifestants pacifiques et d’opposants politiques ». Sic. Et en tout plus de 60 responsables subissent des restrictions en matière de visas.

Antony Blinken a ajouté : « Nous restons préoccupés par les violations des droits de l’homme et les actions antidémocratiques en Géorgie, et nous continuerons d’envisager des actions supplémentaires en réponse à ces violations. »

En clair, les élections du mois d’octobre seront l’occasion pour les Etats-Unis de refaire en Géorgie le coup de 2014 en Ukraine.

Mais le Premier ministre géorgien Irakli Kobakhidze n’a pas l’intention de laisser faire, comme il l’a déjà dit ouvertement. Et hier, à la sortie d’une réunion avec l’ambassadeur américain, il a dit qu’avec les nouvelles sanctions on arrive à « un point critique ». « Une autre décision de ce type entraînerait probablement une révision significative de la position de la Géorgie sur les relations entre la Géorgie et les États-Unis. »

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D’autre part, l’ancien Premier ministre géorgien Bidzina Ivanichvili, aujourd’hui président d’honneur du parti au pouvoir Rêve géorgien, a déclaré lors d’une réunion électorale à Gori, samedi dernier, que la Géorgie avait été coupable d’avoir fait la guerre à l’Ossétie du Sud en 2008, que le conflit avait été « provoqué par le régime criminel de Saakachvili » avec une aide « extérieure ». En clair : des Etats-Unis.

« Nous savions pertinemment qu’il s’agissait d’une provocation bien planifiée de l’extérieur contre les peuples géorgien et ossète, dont le but était de diviser notre unité, de détruire nos relations et de nous faire vivre dans des conditions de confrontation artificielle et sans fin. Nous trouverons certainement la force de nous excuser pour les flammes qui ont enveloppé nos frères et sœurs ossètes en 2008 sur ordre du Mouvement national traître. »

Cette déclaration n’est pas une surprise dans la mesure où le gouvernement géorgien a annoncé le mois dernier la constitution d’une commission parlementaire sur les événements de 2008, affirmant d’emblée que Saakachvili avait agi selon des instructions « venues de l’extérieur », ce qui constituait « une trahison bien planifiée ». Mais elle fait du bruit, suscitant la colère de l’opposition, et un vif intérêt en Ossétie du Sud, en Russie, et aussi en Abkhasie (l’autre territoire disputé).

(Pour la « communauté internationale », l’Ossétie du Sud fait partie intégrante de la Géorgie. Elle a proclamé son indépendance en 1992. En 2008 la Géorgie a lancé une opération militaire pour reconquérir le territoire. Mais elle s’est heurtée à l’armée russe qui l’a repoussée. C’était comme une préfiguration de l’Ukraine au Donbass. Le même Saakachvili, en 2014, sera à Kiev lors de la révolution de Maïdan et deviendra gouverneur d’Odessa… Il y aura aussi une certaine Eka Zgouladze, épouse Glucksmann – lequel était alors « conseiller spécial » de Saakachvili -, Géorgienne « première vice-ministre des Affaires intérieures de l’Ukraine » (sic) après avoir occupé le même poste en Géorgie…)

Commission russophobe

Ursule a donc présenté hier ses nouveaux commissaires, sous réserve qu’ils soient acceptés par le Parlement européen. Comme elle l’avait annoncé, comme elle l’avait décidé, il y a désormais un commissaire à la Défense. Ce qui est évidemment contraire aux traités européens, la défense étant du domaine des Etats membres. Mais qui se soucie encore des traités ? Pas ceux-là manifestement qui se piquent d’être les sourcilleux gardiens d’un état de droit que leur dictature bafoue en permanence.

Et le titulaire du poste est Andrius Kubilius, ancien Premier ministre lituanien, hystériquement russophobe et va-t-en guerre : « Nous n’investissons pas suffisamment dans la sécurité de l’Ukraine et dans notre propre défense », disait-il juste avant sa nomination.

On sait d’autre part que le « haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » va être Kaja Kallas, l’Estonienne qui a poussé la russophobie à son comble.

C’est donc une Commission européenne encore plus fanatiquement antirusse qui va se mettre en place. Pour renforcer le rideau de fer édifié par un Occident aussi délirant que décadent. Pour une UE toujours pire.

Géorgie anti-LGBT : et de trois

Le Parlement géorgien a adopté par 84 voix contre zéro (l’opposition a boycotté le scrutin), en troisième et dernière lecture, le paquet législatif anti-LGBT (c’est trois voix de plus que pour le vote en deuxième lecture).

L’ineffable Peter Stano, porte-parole de Borrell, n’a pas encore réagi. La dernière fois, il avait appelé la Géorgie à abandonner ce texte et déclaré que le processus d’adhésion du pays à l’UE était interrompu. Le Premier ministre géorgien avait répliqué que pour lui « l’Europe représente les valeurs traditionnelles, les valeurs chrétiennes, et si quelqu’un veut présenter l’Europe différemment, c’est catégoriquement inacceptable pour nous ».

Le texte adopté interdit les mariages autres que l’union d’un homme et d’une femme, l’adoption par des couples de même sexe ou des personnes qui s’identifient à un genre différent de leur sexe biologique, les procédures de « changement de sexe », les contenus à thème LGBT dans le secteur de l’éducation et dans les médias, l’organisation de réunions ou de manifestations dans le but de populariser le mariage homosexuel ou l’inceste. Et le 17 mai est déclaré Journée de la sainteté de la famille et du respect des parents.

Le texte va être transmis à la présidente, qui refusera de le signer. Mais le parti qui l’a fait voter a assez de députés pour passer outre ce veto, comme pour la loi sur l’influence étrangère.

A ce propos, lors d’un point de presse, le Premier ministre Irakli Kobakhidze a souligné que la situation en Ukraine est précisément le résultat des influences étrangères : « Les dirigeants ukrainiens ont été portés au pouvoir de l’extérieur, une première fois, puis une deuxième fois. Lorsque vous portez au pouvoir quelqu’un à partir de l’extérieur, vous devez assumer la responsabilité de la bonne évolution du pays. Mais quels sont les résultats ? Que s’est-il passé en Ukraine ? Les dirigeants ont été installés de l’extérieur et le pays est en ruines, avec des dizaines de milliers de morts. En 2003, les dirigeants géorgiens ont également été installés de l’extérieur avec l’aide d’organisations non gouvernementales, ce qui a entraîné un racket total des entreprises, des meurtres de personnes dans les rues, les prisons, etc. »

Addendum 18 septembre

C’est Borrell en personne qui a réagi:

Le Parlement géorgien a adopté des lois sur les « valeurs familiales et la protection des mineurs » qui porteront atteinte aux droits fondamentaux de la population et renforceront la discrimination et la stigmatisation. J’appelle la Géorgie à retirer cette législation, qui ne fera que faire dérailler le pays de son chemin vers l’UE.

Parité

Ce n’était pas un secret qu’il y avait de l’eau dans le gaz à la Commission européenne entre Ursule et le censeur en chef Thierry Breton, mais il paraissait acquis qu’il allait encore sévir cinq ans. L’annonce de sa « démission » ce matin a donc été une surprise. Comme je ne sais rien des derniers remugles du panier de crabes bruxellois, je n’en dirai donc rien. Mais immédiatement des voix se sont élevées pour qu’à sa place soit nommée une femme, afin de tendre vers la stupide et grotesque « parité » qu’Ursule a tant de mal à établir. Or, moins de trois heures plus tard (étrange célérité…), Macron annonçait que son remplaçant sera l’actuel gay démissionnaire du Quai d’Orsay.

Une insupportable claque à la nécessité de parité ? Que nenni. Macron a plusieurs longueurs d’avance sur l’idéologie obsolète de la parité homme-femme. Nous n’en sommes plus là. Sous le règne LGBT, l’idéal serait de nommer un trans, dans un sens ou dans l’autre, mais il n’en avait pas sous la main. Alors il a pris le blafard et triste petit gay qui devait trouver une porte de sortie.

Au moins le Séjourné séjournant à Bruxelles ne représentera plus la France, puisqu’il devra prêter serment, comme tous ses collègues, de ne pas défendre les intérêts de son pays.

Ça ne s’arrange pas…

Cela fait dix ans que la Russie a commencé son agression contre l’Ukraine. Les Ukrainiens ont vaillamment demandé la justice, la démocratie, et un avenir européen. La Russie a répondu par l’occupation illégale de la péninsule. C’est clair : la Crimée et Sébastopol sont l’Ukraine. L’Union européenne ne se fatiguera jamais de soutenir l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Ensemble, nous résisterons et nous vaincrons, unis que nous sommes dans notre engagement pour une Ukraine libre et démocratique. Slava Ukraini !