Saint Grégoire Barbarigo

Grégoire Barbarigo, né à Venise d’une famille très ancienne, obtint avec grands éloges les deux doctorats en droit à l’Université de Padoue. A l’âge de dix-neuf ans, il se rendit à Munster pour y assister aux pourparlers réglant les préliminaires de la paix de Westphalie, et, sur les conseils du légat pontifical Fabio Chigi, il décida d’entrer dans les ordres. Quand il fut prêtre, le même Chigi, devenu pape sous le nom d’Alexandre VII, le nomma d’abord évêque de Pergame ; puis, l’ayant associé au Collège des cardinaux, il le choisit pour le siège de Padoue. Dans l’exercice de sa charge épiscopale, il se proposa comme modèle saint Charles Borromée et, jusqu’à son dernier souffle, s’appuyant sur les avis et les décrets du saint concile de Trente, il travailla à extirper les vices et à propager les vertus, développa les séminaires de ces deux diocèses, il dota en particulier celui de Padoue d’une bibliothèque et d’une imprimerie, destinée notamment à publier des livres qu’il voulait répandre parmi les peuples du Proche-Orient. Il favorisa énergiquement l’enseignement catéchétique et parcourut avec ardeur chaque localité de son diocèse, en enseignant et en exhortant. Il se distingua par les œuvres de charité et par la sainteté de sa vie, il se montra si généreux envers les indigents et les pauvres qu’il alla jusqu’à distribuer pour leur venir en aide le mobilier de sa maison, ses vêtements et son lit. Enfin, après une courte maladie il s’endormit paisiblement dans le Seigneur le 18 juin 1697. Illustre par ses mérites et par ses vertus, il fut placé au nombre des bienheureux par Clément XIII et au nombre des saints par Jean XXIII.

Bréviaire

Le texte le plus intéressant que j’ai publié sur le dernier saint canonisé du missel de 1960 est sans doute celui-ci.

Sur la famille Barbarigo, voir ici. Et ci-dessous leur palais à Venise.

De la férie

A Tarse, en Cilicie, saint Cyr et sa mère Julitte, martyrs, sous l’empereur Dioclétien. Cyr, enfant de trois ans, voyant sa mère cruellement frappée à coups de nerf de bœuf, en présence du préfet Alexandre, pleurait sans vouloir s’apaiser : on l’assomma contre les marches du tribunal. Quant à Julitte, après une rude flagellation et d’atroces tourments, elle eut la tête tranchée, et parvint ainsi au terme de son martyre.

Telle est la troisième notice du martyrologe de ce jour. Malgré la grande popularité de ces saints au moyen âge (rien qu’en France il y a 43 localités qui portent le nom de saint Cyr, et davantage encore d’églises qui portent les deux noms de Cyr et Julitte, dont la cathédrale de Nevers), ils n’ont pas de fête dans le calendrier général latin.

Ils l’ont en revanche dans le calendrier byzantin, au 15 juillet. En Russie, saint Vladimir, fêté le même jour, leur fait de l’ombre au point de les occulter, mais les icônes de « saint Kirik et sainte Julitta » sont cependant courantes. Souvent très simples, comme celle-ci :

On trouve le même schéma dans cette icône ancienne, avec la vie des martyrs tout autour :

Et il y a la superbe fresque de Dionisios (1502) qui fait partie des 600 mètres carrés peints par maître Denys et son équipe au monastère de Ferapontov (Vologda).

La Très Sainte Trinité

La liturgie byzantine célèbre la Sainte Trinité le jour de la Pentecôte. Voici un document historique : le chant du doxastikon des vêpres, par Thrasyvoulos Stanitsas en la basilique de la Sainte-Trinité de Chalcédoine, en 1960.

Thrasyvoulos Stanitsas, né en 1910 à Constantinople, mort en 1987 à Athènes, fut le « protopsalte de la Grande Eglise » (premier chantre du patriarcat de Constantinople) de 1960 à 1964, date à laquelle il fut expulsé de Turquie.

Chalcédoine est aujourd’hui le quartier d’Istanbul appelé Kadikoï. Le diocèse, élevé au rang de métropole lors du Concile portant son nom (en 451), comptait encore 38 paroisses au début des années 1920. Les diverses mesures anti-grecques (la dernière en 1964) l’ont dépeuplé. Il reste le dernier diocèse dépendant du patriarcat de Constantinople en Asie mineure. Le « métropolite de Chalcédoine » porte un titre très prestigieux mais n’a plus qu’une poignée de fidèles. La basilique de la Sainte Trinité n’est ouverte que le dimanche matin.

La partition a été réalisée d’après le chant par Giorgios Dovoulos, professeur de musique byzantine et chantre lui-même. La voix aiguë qu’on entend et dont on se passerait volontiers est celle qui annonce le texte qui va être chanté, au fur et à mesure. Une vieille tradition grecque qui n’a plus guère de raison d’être depuis qu’il y a des livres…

Δόξα Πατρὶ καὶ Υἱῷ καὶ Ἁγίῳ Πνεύματι. Καὶ νῦν καὶ ἀεὶ καὶ εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων. Ἀμήν.

Δεῦτε λαοί, τὴν τρισυπόστατον Θεότητα προσκυνήσωμεν, Υἱὸν ἐν τῷ Πατρί, σὺν ἁγίῳ Πνεύματι· Πατὴρ γὰρ ἀχρόνως ἐγέννησεν Υἱόν, συναΐδιον καὶ σύνθρονον, καὶ Πνεῦμα ἅγιον ἦν ἐν τῷ Πατρί, σὺν Υἱῷ δοξαζόμενον, μία δύναμις, μία οὐσία, μία Θεότης, ἣν προσκυνοῦντες πάντες λέγομεν· Ἅγιος ὁ Θεός, ὁ τὰ πάντα δημιουργήσας δι’ Υἱοῦ, συνεργίᾳ τοῦ Ἁγίου Πνεύματος, Ἅγιος ἰσχυρός, δι’ οὗ τὸν Πατέρα ἐγνώκαμεν, καὶ τὸ Πνεῦμα τὸ Ἅγιον ἐπεδήμησεν ἐν κόσμῳ, Ἅγιος ἀθάνατος, τὸ Παράκλητον Πνεῦμα, τὸ ἐκ Πατρὸς ἐκπορευόμενον, καὶ ἐν Υἱῷ ἀναπαυόμενον, Τριὰς ἁγία, δόξα σοι.

Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Venez, tous les peuples, adorons en trois personnes l’unique Dieu: le Fils dans le Père avec le saint Esprit; car le Père engendre le Fils hors du temps, partageant même trône et même éternité, et l’Esprit saint est dans le Père, glorifié avec le Fils: une seule puissance, une seule divinité, un seul être devant qui nous tous, les fidèles, nous prosternons en disant: Saint Dieu qui as tout créé par le Fils avec le concours du saint Esprit, Saint fort par qui le Père nous fut révélé et par qui le Saint-Esprit en ce monde est venu; Saint immortel, Esprit consolateur qui procèdes du Père et reposes dans le Fils, Trinité sainte, gloire à toi.

Le lectionnaire de la néo-liturgie

L’un des principaux arguments des novateurs est que le « lectionnaire » est beaucoup plus fourni dans la néo-liturgie et donc que les fidèles bénéficient d’une plus grande quantité de lectures bibliques. Ce principe est d’abord anti-liturgique, car la liturgie n’est pas un enseignement biblique, c’est un culte que l’Eglise rend à Dieu. Ensuite, comme il était à prévoir, le texte biblique est abondamment censuré. On en a retiré ce qui ne convient pas à l’homme moderne, conformément aux principes explicitement affirmés par les fabricants, ce qui donne lieu à d’invraisemblables dentelles de textes pleins de trous, comme pour les psaumes de ce qui reste de l’office. Par exemple « Isaïe 61:1-3a.6a.8b-9 » ou « 2 Samuel 7:4-5a.12-14a.16 »… « a » et « b » (voire « c ») indiquent qu’on coupe le verset en deux (voire en trois), pour ne garder que ce qui convient à l’homme moderne.

Agnieszka Fromme, docteur en théologie, a étudié de près les différences entre les deux lectionnaires. Plusieurs de ses observations ont déjà été faites, mais son étude est systématique. Le blog New Liturgical Movement a publié l’article qui comporte le relevé qu’elle a fait. Ce relevé est précédé d’une longue introduction narrant l’histoire du lectionnaire et rappelant les fondements de la théologie catholique, et suivi d’une conclusion qui synthétise ses observations. On trouvera ci-dessous la traduction du relevé. Ce sera un nouveau chapitre de mon texte sur « la réforme liturgique, en quoi elle est irrecevable » (ci-contre, en haut de la colonne de droite).

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La persécution dans le Michigan

L’archevêque de Detroit, Mgr Weisenburger, interdit la messe traditionnelle à partir du 1er juillet dans la dizaine de paroisses où elle était célébrée. Comme de nombreux autres, il se conforme strictement à Traditionis Custodes et met fin aux dérogations qui avaient été accordées de manière provisoire.

La messe traditionnelle ne pourra plus être célébrée que dans une église de Détroit et dans trois chapelles situées au sud, au nord-ouest et au nord-est du diocèse. Le seul véritable sanctuaire sera l’église Saint-Joseph de Detroit tant que l’évêque y tolèrera l’Institut du Christ Roi…

Pour faire bonne mesure, l’archevêque interdit aussi que la messe moderne soit célébrée ad orientem, et il ordonne que les églises qui n’ont pas encore un autel indépendant en aient un dans les « 180 jours » (sic).

Donald Trump prône la liberté religieuse, mais pas l’archevêque de Detroit.