Saint Gaétan de Thiène

Cette statue représente la vision de saint Gaétan de Thiène la nuit de Noël 1517, érigée sur le lieu-même : la « grotte de la Nativité » de la basilique Sainte-Marie-Majeure, où se trouve la relique de la Crèche. Voici une traduction d’un extrait de sa lettre du 28 janvier 1518 où il relate la vision à Sœur Laura Mignani, sa « Révérende Mère dans le Christ ».

Chaque jour, je saisis Celui qui me crie : « Apprenez de moi que je suis humble… » et pourtant je demeure arrogant ; je saisis la Lumière et le Chemin qui me disent : « Suis-moi », et pourtant je reste attaché au monde ; je saisis ce feu ardent qui me dit : « Je suis venu apporter le feu et le glaive… » et pourtant je demeure froid, paresseux et attaché aux affections de cette vie misérable. Et pourtant, l’infinie patience paternelle me supporte, alors que je ne peux supporter la moindre adversité pour l’amour de mon Seigneur. Pourtant, depuis tant d’années, je supporte volontiers les blessures mortelles continuellement infligées à ma pauvre âme ; je me suis montré indulgent et prévenant envers la chair, le monde et l’Ennemi. Il est grand temps, Révérende Mère dans le Christ, que je livre une guerre totale à ces trois ennemis implacables et pernicieux, et que j’en triomphe avec l’aide de la Croix. Toutefois, bien que je le désire ardemment, je ne peux — ou plutôt, je ne veux — renoncer à mon moi négatif ni rechercher le mépris d’autrui, à moins que ma Maîtresse Marie ne me l’accorde d’abord.

Elle a le pouvoir de l’accorder et a déjà manifesté son affection pour moi par ses dons abondants ; mais elle n’aura rien fait si elle ne m’accorde pas aussi ce don-là. Elle le sait bien, elle qui a dit : « Il a regardé la bassesse de sa servante. » Je suis ingrat ; je ne veux pas la servir ; je la fuis — je l’avoue. Pourtant, il est juste que ce ne soit pas ma volonté qui s’accomplisse, mais la sienne. Je sais qu’Elle veut que les ministres de Son doux et maintenant petit Jésus soient comme elle : humbles.

Pourquoi ne l’opère-t-elle pas aussi en moi ? C’est son honneur, c’est son désir, et cela relève de son pouvoir. Elle m’a aimé, nourri et vêtu. Pourquoi m’abandonne-t-elle maintenant ? Crie, Mère ! Supplie ton Étoile et Maîtresse afin que moi, sa créature, je devienne humble et petit. Quel feu est assez ardent pour ne pas s’éteindre bientôt s’il n’est recouvert d’une épaisse couche de cendres ? Que mes sentiments, mon corps et mon cœur deviennent cendres ; que mon âme glacée devienne un feu. Je peux l’espérer si ma Maîtresse et Étoile est sollicitée par toi et reçoit des assurances et des promesses à mon sujet. Si elle m’accorde ce que je désire ardemment, je ne la quitterai jamais, pas plus que je ne quitterai son vieil Époux ou le petit Jésus : en Égypte, au désert et à travers toutes ses autres tribulations, jusqu’à la Croix et la mise au tombeau je serai avec elle.

Audacieux comme je l’étais, à l’heure de son très saint enfantement, je me trouvais à l’intérieur même de la Crèche matérielle et très sainte ; j’étais encouragé par le bienheureux Jérôme — mon père et grand amant de la Crèche — dont les restes reposent à l’entrée même de cette Crèche… et, avec une certaine confiance accordée par le Vieillard, j’ai reçu des mains de la jeune Vierge timide cet Enfant tendre, chair et vêtement du Verbe éternel. Mon cœur était dur, croyez-moi ; car s’il n’a pas fondu à ce moment-là, c’est qu’il est manifestement fait de diamant — tant pis !

Il en alla de même pour moi lors de la Circoncision, et pourtant, malgré tout, mes sens demeurent incirconcis.

Le même phénomène s’est reproduit à l’Épiphanie ; pourtant, mes présents ne sont que rebuts, puanteur infecte et grossièreté. À peine cinq jours s’étaient écoulés que je me retrouvais au même endroit — et avec eux, au Temple — pour entendre le doux cantique du vieillard Siméon et les paroles rudes et amères de cette prophétie bien connue. Moi, Mère dans le Christ, dès ce jour et à chaque instant, j’offre et offrirai toujours votre nom — aussi longtemps que ce me sera accordé d’En-Haut, non par mes propres mérites, mais par les mérites de la Passion victorieuse du Christ.

La Transfiguration du Seigneur

Novgorod, XVIe siècle.

La 9e ode des matines, version d’Athanasios Karamanis, par Savvas Eliades, protopsalte de l’église Saint-Dimitri de Kilkis. (Les cinq premiers tropaires sont du canon de Côme le Moine, les quatre autres du canon de saint Jean Damascène).

« Ὁ τόκος σου ἄφθορος ἐδείχθη, Θεὸς ἐκ λαγόνων σου προῆλθε, σαρκοφόρος, ὃς ὤφθη ἐπὶ γῆς, καὶ τοῖς ἀνθρώποις συνανεστράφη, σὲ Θεοτόκε· διὸ πάντες μεγαλύνομεν ».

« Immortel s’est révélé celui que tu as mis au monde et Dieu lui-même a voulu sortir de ton sein : revêtu de notre chair, il a paru sur la terre pour converser avec les hommes. Ô Mère de Dieu, d’un seul cœur nous te magnifions. »

Σύντρομοι καινῇ φωτοχυσίᾳ, ἀθρόως οἱ Μαθηταὶ ἐλλαμφθέντες, πρὸς ἀλλήλους ἑώρων, καὶ πρηνεῖς εἰς γῆν καταπεσόντες, σοὶ τῷ Δεσπότῃ τῶν ἁπάντων προσεκύνησαν.

Saisis de frayeur commune devant la clarté nouvelle qui les illuminait, les Disciples, se regardant l’un l’autre et s’inclinant jusqu’à terre en leur effroi, Maître de l’univers, se prosternèrent devant toi.

Ἦχος ἐκ νεφέλης ἀνεπέμπετο, θεόκτυπος βεβαιῶν τὸ θαῦμα· ὁ Πατὴρ γὰρ τῶν φώτων. Οὗτός ἐστιν Υἱὸς ὁ ἀγαπητός μου, τοῖς Ἀποστόλοις ἀνεβόα, οὗ ἀκούετε.

Confirmant la merveille, la voix de Dieu retentit depuis la nuée ; car le Père des lumières s’adressa aux Apôtres disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le.

Καινὰ κατιδόντες καὶ παράδοξα, φωνῆς πατρικῆς ἐνωτισθέντες, ἐν Θαβὼρ οἱ τοῦ Λόγου ὑπηρέται, ἐκμαγεῖον τοῦ ἀρχετύπου. Οὗτος ὑπάρχει ἀνεβόων ὁ Σωτὴρ ἡμῶν.

Voyant ce prodige étrange et nouveau, puis entendant la voix du Père sur le Thabor, les serviteurs du Verbe divin s’écrièrent : Voici l’empreinte de l’original, voici vraiment notre Sauveur.

Εἰκὼν ἀπαράλλακτε τοῦ Ὄντος, ἀκίνητε σφραγὶς ἀναλλοίωτε, Υἱὲ Λόγε σοφία καὶ βραχίων, δεξιὰ Ὑψίστου σθένος, σὲ ἀνυμνοῦμεν, σὺν Πατρί τε καὶ τῷ Πνεύματι.

Fidèle image de Celui qui est, marque immuable et sans changement, Fils et Verbe, sagesse et bras, force de la droite du Très-Haut, nous te chantons avec le Père et l’Esprit.

«Ἔφριξε πᾶσα ἀκοή, τὴν ἀπόρρητον Θεοῦ συγκατάβασιν, ὅπως ὁ Ὕψιστος, ἑκὼν κατῆλθε μέχρι καὶ σώματος, Παρθενικῆς ἀπὸ γαστρός, γενόμενος ἄνθρωπος· διὸ τήν Ἄχραντον, Θεοτόκον οἱ πιστοὶ μεγαλύνομεν ».

« Toute oreille fut saisie d’étonnement devant l’ineffable condescendance de Dieu ; car le Très-Haut a bien voulu descendre dans un corps et devenir un homme dans le sein virginal ; pure Mère de Dieu, nous les fidèles, nous te magnifions. »

Ἵνα σου δείξῃς ἐμφανῶς, τὴν ἀπόρρητον δευτέραν κατάβασιν, ὅπως ὁ Ὑψιστος Θεός, ὀφθήσῃ ἑστὼς ἐν μέσῳ θεῶν, τοῖς Ἀποστόλοις ἐν Θαβώρ, Μωσεῖ σὺν Ἠλίᾳ τε, ἀρρήτως ἔλαμψας· διὸ πάντες σε Χριστὲ μεγαλύνομεν.

Afin de nous montrer clairement, Dieu très-haut, ce que sera ton ineffable et second avènement et pour nous faire voir que tu surpasses tous les dieux, tu resplendis devant tes Apôtres au Thabor avec Moïse et Elie ; c’est pourquoi tous ensemble nous te magnifions.

Δεῦτέ μοι πείθεσθε λαοί, ἀναβάντες εἰς τὸ ὄρος τὸ Ἅγιον, τὸ ἐπουράνιον ἀΰλως στῶμεν ἐν πόλει ζῶντος Θεοῦ, καὶ ἐποπτεύσωμεν νοῒ Θεότητα ἄϋλον, Πατρὸς καὶ Πνεύματος, ἐν Υἱῷ μονογενεῖ ἀπαστράπτουσαν.

Peuples, venez et suivez-moi, montons sur la sainte montagne, vers le ciel, tenons-nous en esprit dans la cité du Dieu vivant et contemplons la divinité immatérielle du Père et de l’Esprit qui dans le Fils unique resplendit de clarté.

Ἔθελξας πόθῳ με Χριστέ, καὶ ἠλλοίωσας τῷ θείῳ σου ἔρωτι, ἀλλὰ κατάφλεξον, πυρὶ ἀΰλω τὰς ἁμαρτίας μου, καὶ ἐμπλησθῆναι τῆς ἐν σοὶ τρυφῆς καταξίωσον, ἵνα τὰς δύο σκιρτῶν, μεγαλύνω ἀγαθὲ παρουσίας σου.

Ô Christ, tu m’as transformé par le charme de ton amour ; au feu immatériel brûle donc mes péchés, fais que je sois comblé de tes délices, afin que dans l’exultation, Dieu de tendresse, je magnifie tes deux avènements.

Dédicace de Sainte-Marie-aux-Neiges

Il s’agit de Sainte-Marie-Majeure, la basilique mariale de Rome, dite aussi basilique libérienne du nom du pape Libère qui construisit le premier édifice, ou Sainte-Marie de la Crèche en raison de la relique de la crèche de Bethléem qui s’y trouve. La grande mosaïque de l’abside, le Couronnement de la Vierge, a été réalisée en 1295 d’après le carton du franciscain Jacopo Torriti.

A gauche Saint François, saint Pierre, saint Paul et en petit le commanditaire le pape Nicolas IV :

A droite saint Jean Baptiste, saint Jacques, saint Antoine, et en petit le mécène cardinal Jacopo Colonna :

En dessous à gauche la Nativité :

A droite l’adoration des mages :

Au milieu la Dormition :

Saint Dominique

L’alléluia de la messe dominicaine de saint Dominique, interprété par Stefan Ansinger O.P. et Pier Giorgio Galassi O.P. en la chapelle du Rosaire de la basilique dominicaine Saints Jean et Paul de Venise.

Alleluia, alleluia. ℣.  Pie Pater Dominice, tuorum memor operum, sta coram summo Judice pro tuo coetu pauperum.

Saint Père Dominique, souviens-toi de tes œuvres et intercède devant le grand Juge pour l’assemblée de tes pauvres.

De la férie

Le martyrologe commence ainsi :

Philíppis, in Macedónia, sanctæ Lydiæ purpuráriæ, quæ, prædicánte ibídem sancto Paulo Apóstolo, ut beátus Lucas in Actibus Apostolórum refert, ómnium prima crédidit Evangélio.

A Philippes, en Macédoine, sainte Lydie, marchande de pourpre. Comme nous l’apprend saint Luc dans les Actes des Apôtres, elle fut la première dans cette ville, à croire à l’évangile, quand l’apôtre saint Paul y vint prêcher.

L’apolytikion, par Petros Gaïtanos :

Τὸν Θεὸν σεβομένη διανοίας εὐθύτητι, τὸ τῆς χάριτος φέγγος διὰ Παύλου εἰσδέδεξαι, καὶ πρώτη ἐν Φιλίπποις τῷ Χριστῷ, ἐπίστευσας, θεόφρον, πανοικεί· διὰ τοῦτό σε τιμῶμεν ᾀσματικῶς, Λυδία Φιλιππησία. Δόξα τῷ εὐδοκήσαντι ἐν σοί, δόξα τῷ σὲ καταυγάσαντι, δόξα τῷ χορηγοῦντι διὰ σοῦ, ἡμῖν τὰ κρείττονα.

Avec une foi droite, tu as reçu la lumière de la grâce par Paul, et tu as été la première à Philippes à croire au Christ, craignant Dieu avec toute ta maison. Pour cela, nous t’honorons par des hymnes, Lydie de Philippe. Gloire à celui qui t’a agréée, gloire à celui qui t’a fait resplendir, gloire à celui qui, par toi, nous a procuré le meilleur.

Le baptistère de sainte Lydie :

« Il se situe à 15 kilomètres de la ville de Kavala, tout près du site archéologique de Philippes. Là, sur les rives du Zygaktis, se trouve l’endroit où l’apôtre Paul baptisa Lydie, la première chrétienne d’Europe. Aujourd’hui, le baptistère est ouvert et accueille mariages et baptêmes. Chaque année, le 20 mai, jour de la fête de sainte Lydie de Philippes, des baptêmes sont célébrés à l’endroit même où elle fut baptisée. »