De la férie

L’antienne du Benedictus rappelle un des événements de Pâques, l’antienne du Magnificat annonce la venue du Saint-Esprit à la Pentecôte.

Obtulérunt discípuli * Dómino partem piscis assi, et favum mellis, allelúia, allelúia.

Les disciples présentèrent au Seigneur un morceau de poisson rôti et un rayon de miel, alléluia, alléluia.

Non enim loquétur * a semetípso: sed quæcúmque áudiet, loquétur: et quæ ventúra sunt, annuntiábit vobis, allelúia.

En effet il ne parlera pas de Lui-même, mais tout ce qu’Il aura entendu, Il le dira et Il vous annoncera les choses à venir, alléluia.

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Dans le martyrologe de ce jour, en quatrième position :

In Córsica sanctæ Júliæ Vírginis, quæ crucis supplício coronáta est.

En Corse, sainte Julie vierge, qui, par le supplice de la croix, obtint la couronne de gloire.

Selon la tradition locale on lui coupa les seins qui furent jetés dans les rochers, il en jaillit une double source qui ne tarit jamais, la Fontaine des Mamelles, où viennent boire notamment les mères qui allaitent.

De la férie

L’hymne des matines au temps pascal, par les moniales d’Ozon en 1960.

Rex sempitérne Dómine,
Rerum Creátor ómnium,
Qui eras ante sǽcula
Semper cum Patre Fílius:

Roi éternel, Seigneur, Créateur de toutes choses, qui étais avant les siècles, Fils toujours avec le Père.

Qui mundi in primórdio
Adam plásmasti hóminem:
Cui tuæ imágini
Vultum dedísti símilem.

Toi qui au commencement du monde as façonné Adam en homme, à qui tu as donné un visage semblable à ton image.

Quem diábolus déceperat,
Hostis humáni géneris,
Cuius tu formam córporis
Assúmere dignátus es:

Lui que trompa le diable, l’ennemi du genre humain, lui dont tu as daigné assumer la forme de son corps.

Ut hóminem redímeres,
Quem ante iam plasmáveras:
Et nos Deo coniúngeres,
Per carnis contubérnium.

Afin de racheter l’homme que tu avais façonné auparavant, et nous unir à Dieu par le commerce de la chair.

Quem éditum ex Vírgine
Pavéscit omnis ánima:
Per quem et nos resúrgere
Devóta mente crédimus.

Toi qui enfanté de la Vierge nourrit toute âme, par qui nous croyons en esprit de piété que nous aussi nous ressusciterons.

Qui nobis in Baptísmate
Donásti indulgéntiam,
Qui tenebámur vínculis
Ligáti consciéntiæ.

Toi qui nous as donné l’indulgence dans le baptême, à nous qui étions tenus ligotés par les liens de la conscience.

Qui Crucem propter hóminem
Suscípere dignátus es:
Dedísti tuum sánguinem
Nostræ salútis prétium.

Toi qui as daigné porter la croix pour l’homme ; tu as donné ton sang comme prix de notre salut.

Quǽsumus Auctor ómnium,
In hoc Pascháli gáudio,
Ab omni mortis ímpetu
Tuum defénde pópulum.

Nous te demandons, Auteur de tout, dans cette joie pascale, défends ton peuple de tout assaut de mort.

Glória tibi Dómine,
Qui surrexísti a mórtuis,
Cum Patre et Sancto Spíritu,
In sempitérna sǽcula. Amen.

Gloire à toi, Seigneur, qui es ressuscité des morts, avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles éternels. Amen.

Leur guerre contre la tradition

Voici le texte de la lettre envoyée aux évêques français par Mgr Jordy et Mgr Lebrun, le 6 mai dernier, leur demandant l’application stricte du diktat de François contre la messe traditionnelle pendant tout le prochain pèlerinage de Notre Dame de Chrétienté à la Pentecôte. Ainsi, les prêtres doivent demander l’autorisation à l’évêque du diocèse où ils se trouvent, donc chaque fois que le pèlerinage change de diocèse, et à condition qu’ils aient été ordonnés avant le diktat de François (puisque pour les autres l’évêque doit demander au pape…). Et les prêtres qui participent au pèlerinage doivent pouvoir célébrer la messe de Paul VI, ce qui est contraire à la nature même du pèlerinage.

(Les incurables bisounours ont salué l’élection du cardinal Aveline comme président de la conférence épiscopale parce que soi-disant il serait bienveillant envers la liturgie traditionnelle. Or il a forcément donné son aval à la lettre de Jordy-Lebrun. On sait aussi qu’il a appuyé la décision de l’archevêque de Lyon d’interdire la messe traditionnelle lors d’un pèlerinage à Fourvière.)

Chers frères évêques,

Faisant suite à des questions posées par l’évêque de Chartres et certains autres évêques à propos du pèlerinage de Chrétienté, le Dicastère pour le culte divin et la discipline des sacrements a transmis à la présidence de la Conférence des évêques de France, par une lettre du cardinal Roche datée du 8 avril dernier, les informations suivantes qu’il souhaite que les évêques fassent connaître :

1/ Seulement l’évêque diocésain, en tant que modérateur, promoteur et gardien de toute la vie liturgique dans l’Église particulière qui lui est confiée, a l’autorité nécessaire pour réglementer les célébrations liturgiques dans son propre diocèse (cf. Christus Dominus 15). Il est très important que tous sachent que seul l’évêque diocésain a cette autorité. Par conséquent, il est de sa compétence exclusive d’autoriser l’utilisation du Missale Romanum de 1962 dans son diocèse, en suivant les indications du Siège apostolique.

Une organisation, laïque ou ecclésiale, peut certainement convoquer et organiser un pèlerinage, mais n’a aucune autorité en ce qui regarde la liturgie.

De même, les prêtres de la FSSP, selon le Décret particulier qui leur a été donné, savent qu’ils doivent obtenir le consentement des évêques des différents diocèses où ils se trouvent, pour utiliser les livres liturgiques antérieurs à la réforme lorsqu’ils célèbrent les sacrements en dehors de leurs maisons.

2/ Comme la faculté de célébrer en utilisant le Missel romain de 1962 accordée par l’évêque diocésain ne vaut que pour le territoire de son diocèse, il appartient à l’évêque de chaque diocèse qui sera traversé par le Pèlerinage de Chartres, de donner la faculté de célébrer la messe avec le Missale Romanum de 1962 sur le territoire de son diocèse aux prêtres qui ont été ordonnés avant le 16 juillet 2021, date de publication du Motu Proprio Traditionis Custodes ; pour ceux qui ont été ordonnés après cette date, l’évêque doit demander la licence au Siège Apostolique.

3/ Contrairement à ce qui a été demandé par l’organisation du Pèlerinage dans les « Informations pratiques pour les prêtres, religieux, séminaristes et religieuses participant au pèlerinage » à la page 5, durant le pèlerinage tous les prêtres célébreront le sacrement de la Pénitence selon le Rituel réformé par le Concile.

4/ À tous les prêtres doit être offerte la possibilité réelle de célébrer la Messe selon le Missel romain renouvelé par décret du saint Concile œcuménique Vatican II.

Nous vous invitons à faire écho à ces informations selon les moyens que vous trouverez opportuns.

Mgr Lebrun et moi-même restons à votre disposition pour toutes informations complémentaires.

Mgr Vincent Jordy
Archevêque de Tours

Mgr Dominique Lebrun
Archevêque de Rouen

Le credo de Nicée-Constantinople

Pour honorer le 1700e anniversaire du concile de Nicée (qui commença le 20 mai 325), j’ai décidé d’apprendre le « symbole de Nicée-Constantinople » en grec. J’y ai été incité par le fait d’avoir sous la main la nouvelle édition des divines liturgies byzantines publiées par DEISIS, et aussi parce que lors des célébrations pascales je l’ai entendu à plusieurs reprises, lors des offices que je suivais sur internet, retransmis en direct d’Athènes : ce qui m’a permis de constater que ces offices étaient intégralement en grec biblique, y compris l’épître et l’évangile.

Je me suis rendu compte d’abord que je ne connaissais pas du tout le texte grec, alors que je connais un certain nombre de textes grecs de la liturgie byzantine : c’est tout simplement qu’à Saint-Julien-le-Pauvre, que j’ai fréquentée pendant près de trente ans, on le disait toujours en français.

La première approche est surprenante, car on se trouve face à une cascade de participes substantivés à l’accusatif, dont plusieurs avec l’article. C’était certes courant en grec ancien, mais ça ne correspond à rien en français et sonne donc quelque peu exotique. Littéralement « (je crois dans) le du Père né avant tous les siècles », « le pour nous les hommes et pour notre salut descendu des cieux »…

Et quand on arrive au Saint-Esprit, c’est « le du Père procédant ». ἐκπορευόμενον. (Ekporèvoménon.)

C’est le fameux verbe qui est devenu le terme technique pour désigner la procession du Saint-Esprit. Et seulement elle. Les latins, du haut de leur arrogance, n’ont jamais seulement essayé de comprendre qu’un Grec qui répète tous les jours « τὸ ἐκ τοῦ Πατρὸς ἐκπορευόμενον », et qui sait que ce verbe ne s’applique qu’au Saint-Esprit provenant du Père, ne peut pas admettre qu’on ajoute le « Filioque ». Parce que l’expression « qui procède – ἐκπορευόμενον – du (Père et du) Fils » ne se trouve chez aucun père de l’Eglise, dans aucun texte des sept conciles, et même est explicitement niée à partir de saint Jean Damascène. En fait, quand on lit les pères grecs, on voit que c’est le mouvement même de la pensée qui est étranger à toute idée d’une procession du Père et du Fils « comme d’un seul principe ».

Le texte grec du Credo fait prendre conscience du parallèle qui est fait entre le Fils et le Saint-Esprit.

Le Saint-Esprit est dit

τὸ ἐκ τοῦ πατρὸς ἐκπορευόμενον
(to ek tou patros ekporevomenon)

ce qui répond exactement à ce qui est dit du Fils :

τὸν ἐκ τοῦ πατρὸς γεννηθέντα
(ton ek tou patros gennithenda)

Littéralement, de même que le Fils est « le du Père né », le Saint-Esprit est « le du Père procédant ». Il n’y a pas de place pour « et du Fils ».

Or l’expression indiquant l’origine du Saint-Esprit a été ajoutée par le concile de Constantinople. Le parallélisme a donc été voulu.

C’est sans doute ce que le pape Léon III avait compris et avait voulu manifester lorsque, résistant à Charlemagne qu’il avait couronné et à ses théologiens, il fit apposer à Saint-Pierre de Rome, en 809, deux plaques d’argent où était gravé le Credo en latin et en grec, tous deux se terminant par : « Moi Léon, j’ai posé ces plaques par amour et pour la sauvegarde de la foi orthodoxe. »

N.B. L’Eglise latine dit célébrer le 17e centenaire du concile de Nicée. Mais dans sa néo-liturgie le Credo de Nicée-Constantinople est optionnel et donc très rarement dit. En revanche dans la liturgie byzantine il est dit à chaque messe (y compris en semaine), ainsi qu’aux complies, et il fait partie des prières usuelles du fidèle.

Saint Bernardin de Sienne

Saint Bernardin de Sienne par Sano di Pietro, après 1450, Musée national des Abruzzes (L’Aquila). « Manifestavi nomen tuum ominibus ». J’ai manifesté ton nom aux hommes. Dans la bouche de saint Bernardin, c’est le nom de Jésus. Mais la citation est celle de Jésus parlant de son Père.

Extrait de la recension de Un prédicateur populaire dans l’Italie de la Renaissance. Saint Bernardin de Sienne (1380-1444), de Paul Thureau-Dangin, par Noël Valois (1896).