Saint Pierre Célestin

La date de naissance de Pietro Angeleri, fils de pauvres paysans, va de 1209 à 1221 selon les sources. Il se fit ermite sur le mont Morrone, d’où le nom qu’on lui donna aussi de « Pietro del Morrone » ou « Pierre de Moron ». Sa réputation de grande sainteté lui attira des disciples, et il créa une branche bénédictine qui prit ensuite le nom de Célestins. Puis il se retira dans un autre ermitage. En juillet 1294 les cardinaux allèrent le chercher pour le faire pape. Il y avait 27 mois que le siège apostolique était vacant, et les cardinaux avaient fini par se dire qu’un saint ferait l’affaire. Pietro fut donc sacré évêque et couronné pape, sous le nom de Célestin V, malgré sa volonté. Il n’était pas du tout préparé à une telle tâche, et il fut effrayé par les intrigues politiques qui se tramaient à Rome. Au bout de cinq mois il démissionna et retourna à sa chère solitude.

On a raconté que le cardinal Caetani l’avait forcé à démissionner pour prendre sa place, et fait mettre en prison, où il mourut, et certains ajoutent : empoisonné. Le cardinal Caetani devint en effet son successeur sous le nom de Boniface VIII. Mais le reste relève de la légende noire. Plusieurs témoignages d’époque le prouvent, dont celui de Pétrarque :

« Je reviens à Célestin, dont l’abdication, joyeuse et spontanée, montre combien son élévation lui avait été pénible et forcée. J’ai entendu des personnes qui avaient été témoins, rapporter qu’il s’enfuit avec tant de joie et qu’il laissa apercevoir dans ses yeux et sur son visage des marques si sensibles de son contentement intérieur, quand il se retira du consistoire, libre et rendu à lui-même, qu’on eût dit non seulement qu’il venait de briser un joug qui pesait sur ses épaules, mais de retirer sa tête de dessous la hache fatale ; un éclat angélique brillait sur tout son extérieur. »

Il est établi que le cardinal Caetani avait conseillé dans un premier temps à Célestin V de ne pas démissionner, puis, comme le pape le voulait absolument, lui avait demandé de faire avaliser sa démission par le collège des cardinaux (d’où le consistoire dont parle Pétrarque).

De fait, Boniface VIII fit enfermer son prédécesseur dans la tour d’un château fort. Mais c’était pour éviter un schisme ourdi par des gens qui se réclamaient abusivement de Célestin V. On peut certes reprocher à Boniface VIII d’avoir confiné le saint dans une pièce très étroite. Mais quelques jours avant sa mort (le 12 mai 1296), il dira : « Je n’ai jamais eu de cellule où l’on put aussi bien prier. »

Célestin V fut canonisé dès 1313 par Clément V en Avignon. « Sancti Petri, confessoris, olim Celestini, papæ » : saint Pierre, confesseur, anciennement Célestin, pape. La fête de « saint Pierre Célestin, pape », fut instituée en 1668.

En Bretagne c’est la fête de saint Yves. Voir ici et , et le plus célèbre cantique.

Dimanche de la Samaritaine

Dans la liturgie byzantine, ce dimanche est celui de la Samaritaine. Voici le doxastikon des vêpres, dans l’interprétation flamboyante de Mère Mariam Skorda.

Παρὰ τὸ φρέαρ τοῦ Ἰακώβ, εὑρὼν ὁ Ἰησοῦς τὴν Σαμαρείτιδα, αἰτεῖ ὕδωρ παρ’ αὐτῆς ὁ νέφεσι καλύπτων τὴν γῆν. Ὢ τοῦ θαύματος! ὁ τοῖς Χερουβὶμ ἐποχούμενος, πόρνῃ γυναικὶ διελέγετο, ὕδωρ αἰτῶν, ὁ ἐν ὕδασι τὴν γῆν κρεμάσας, ὕδωρ ζητῶν, ὁ πηγὰς καὶ λίμνας ὑδάτων ἐκχέων, θέλων ἑλκῦσαι ὄντως αὐτήν, τὴν θηρευομένην ὑπὸ τοῦ πολεμήτορος ἐχθροῦ, καὶ ποτίσασθαι ὕδωρ ζωῆς, τὴν φλεγομένην ἐν τοῖς ἀτοπήσασι δεινῶς, ὡς μόνος εὔσπλαγχνος καὶ φιλάνθρωπος.

Près du puits de Jacob / Jésus, trouvant la Samaritaine, lui demande de l’eau, / lui qui couvre la terre de nuées ! / Merveille, celui qui chevauche les Chérubins / converse avec une femme dépravée ; / il demande de l’eau, celui qui suspendit la terre sur les eaux, / il cherche de l’eau, celui qui remplit les sources et les étangs ; / mais en vérité il désire sauver la pécheresse du filet de l’ennemi, / l’abreuver d’eau vive pour éteindre les flammes de ses passions, / dans son unique bonté et son amour pour les hommes.

4e dimanche après Pâques

La liturgie de ce dimanche est très proche de celle de dimanche dernier : l’évangile évoque la tristesse des apôtres, il y a une semaine parce que Jésus leur annonce son Ascension, aujourd’hui parce qu’il annonce la Pentecôte, quand il ne sera plus là. Or tout cela baigne dans les chants de la joie pascale, joie de la Résurrection qui est début et prémices des joies éternelles.

La collecte, qui est une des plus belles de l’année par le rythme de son parallélisme final et de ses assonances, nous fait demander qu’au milieu des mundanas varietates, de tout ce qui change tout le temps en ce monde (dont parle aussi saint Jacques au début de l’épître), nos cœurs soient fixés là où sont les vraies joies :

ibi nostra fixa sint corda
ubi vera sunt gaudia.

La joie s’installe dès l’introït : Cantate Domino canticum novum alleluia. Et l’on peut mettre deux points après canticum novum : ce chant nouveau que nous chantons au Seigneur, c’est « Alléluia ».

Par les moines du Barroux en 1994 :

Cantáte Dómino cánticum novum, allelúia : quia mirabília fecit Dóminus, allelúia : ante conspéctum géntium revelávit justítiam suam, allelúia, allelúia, allelúia.
Salvávit sibi déxtera eius : et bráchium sanctum ejus.

Chantez au Seigneur un cantique nouveau, alléluia ; car le Seigneur a opéré des merveilles, alléluia, Il a révélé sa justice aux yeux des nations, alléluia, alléluia, alléluia.
Sa droite et son saint bras l’ont fait triompher.

Saint Pascal Baylon

Apud Villam Regálem, in Hispánia, sancti Paschális, ex Ordine Minórum, Confessóris, miræ innocéntiæ et pæniténtiæ viri; quem Leo Papa Décimus tértius cæléstem eucharisticórum Cœtuum et Societátum a sanctíssima Eucharístia Patrónum declarávit.

A Vila-Real, en Espagne, saint Pascal, de l’Ordre des Frères Mineurs, confesseur, homme d’une innocence et d’une pénitence admirables. Le pape Léon XIII l’a déclaré patron céleste des congrès eucharistiques et des confréries du Très Saint Sacrement.

Le martyrologe dit aussi :

Eódem die sanctæ Restitútæ, Vírginis et Mártyris; quæ, in Africa, Valeriáno imperánte, a Próculo Júdice várie torta, et in navículam pice et stupa refértam, ut in mari comburerétur, impósita, tandem, cum in incensóres, immísso igne, flamma converterétur, in oratióne spíritum Deo réddidit. Ipsíus corpus cum eádem navícula, Dei nutu, ad Ænáriam ínsulam, prope Neápolim, in Campánia, devéctum est, et a Christiánis magna veneratióne suscéptum; ac póstmodum in ejus honórem Constantínus Magnus Basílicam in ipsa urbe Neápoli erigéndam curávit.

Le même jour, sainte Restitute, vierge et martyre. Sous l’empereur Valérien, elle fut tourmentée de bien des manières en Afrique par le juge Procule, puis exposée sur la mer dans une barque pleine de poix et d’étoupes, pour être brûlée au milieu des eaux; mais quand on y eut mis le feu, les flammes se retournèrent contre ceux qui les avaient allumées, et Restitute, en priant, rendit son âme à Dieu. Son corps, avec la barque, aborda miraculeusement à l’île d’Enaria (aujourd’hui Ischia), près de Naples, en Campanie, et les Chrétiens le reçurent avec de grandes marques de piété. Dans la suite, Constantin le Grand fit bâtir à Naples une basilique en son honneur.

La basilique :

La Mère de Dieu entre saint Janvier et sainte Restitute (1322) :

Le baptistère (IVe siècle) :

En attendant Léon…

Pour le moment la dictature de François poursuit son œuvre. A Valence, l’évêque éjecte la Fraternité Saint-Pierre et annonce que la messe traditionnelle sera célébrée par un prêtre diocésain (en attendant d’être supprimée ?), et « le catéchisme sera assuré en présence d’un prêtre de la paroisse », c’est-à-dire sous surveillance permanente… Et à Montélimar le catéchisme « sera totalement organisé par la paroisse Notre Dame du Rhône et sous l’autorité du curé ». Le collet se resserre. Là où on tolère encore la messe on supprime tout le reste, conformément aux ordres de François.