Saint Ubald

Sur saint Ubald :

• Comment saint Ubald (1129-1160), né à Gubbio, chanoine de Gubbio, évêque de Gubbio, mort à Gubbio, est devenu saint Thiébaut de Thann, en Alsace.

• La « fête des cierges » à Gubbio, qui a son pendant dans les trois « sapins » de Thann.

• Pour tout savoir sur la question : ici.

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La deuxième notice du martyrologe évoque saint Pérégrin, ou Pèlerin, d’Auxerre.

Antisiodóri pássio sancti Peregríni, qui fuit primus ejúsdem civitátis Epíscopus. Hic, a beáto Xysto Papa Secúndo in Gállias, una cum áliis Cléricis, missus, ibi, Evangélicæ prædicatiónis múnere expléto, capitáli senténtia damnátus corónam méruit sempitérnam.

« A Auxerre, la passion de saint Pérégrin, premier évêque de cette ville. Envoyé dans les Gaules par le bienheureux pape Sixte II, avec d’autres clercs, il s’y acquitta du ministère de la prédication évangélique, fut condamné à la peine capitale et mérita ainsi la couronne immortelle. »

Il serait mort le 16 mai 304 ou 305, lors de la grande persécution de Dioclétien. Il aurait alors évangélisé la région pendant plus de 45 ans. Il figure au 16 mai également dans le calendrier de l’Eglise orthodoxe roumaine pour la France.

Saint Sixte II envoyant saint Pèlerin en France, avec sacre et martyre de saint Pèlerin (Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 50 f.377v)

Saint Jean-Baptiste de la Salle

Méditation pour le 3e dimanche après Pâques

Jésus-Christ dit, dans l’Évangile de ce jour (Jn 16, 20), que le monde sera dans la joie, et que les serviteurs de Dieu seront pour un temps dans la tristesse, mais que leur tristesse se changera en joie. C’est ce qui vous donne lieu de considérer la différence qu’il y a entre la joie des gens du monde et celle des serviteurs de Dieu. La joie du monde sera courte, celle des serviteurs de Dieu n’aura point de fin : c’est ce qui paraît par les paroles du saint Évangile.

Le mondain, dit Jésus-Christ, sera dans la joie : mais combien de temps ? Tout au plus autant qu’il sera au monde : mais dès qu’il cessera d’être au monde, c’est-à-dire après cette vie, sa joie cessera, et la tristesse qui lui succédera sera éternelle.

Pour ce qui est de la joie des serviteurs de Dieu, elle sera telle que personne, dit Jésus-Christ (Jn 16, 22), ne la leur pourra ravir : s’ils ont de la peine et des sujets de tristesse, ce n’est que pour un peu de temps (Jn 16, 16), la joie qui succédera à leurs peines n’aura point de fin.

Malheur à ceux qui pensent qu’à se contenter en ce monde, car ce contentement sera peu durable !

Une seconde différence qu’il y a entre la joie des gens du monde et celle des serviteurs de Dieu, c’est que celle des premiers n’est que superficielle, au lieu que celle des seconds est très solide. Cette différence se fait sentir dans les paroles de Jésus-Christ (Jn 16, 20) : Le monde sera dans la joie ; à l’égard des serviteurs de Dieu, ce sera leur cœur qui se réjouira (Jn 16, 22) ; ce qui nous marque que la joie des uns n’est qu’apparence : c’est le monde qui n’a que le faste et l’apparence. Mais quand les serviteurs de Dieu sont dans la joie, c’est leur cœur qui se réjouit, qui étant le soutien de la vie de l’homme parce qu’il est en eux le dernier vivant, leur joie, selon l’application de Notre Seigneur, est très solide et n’est pas facilement sujette à l’altération, parce qu’elle est fondée sur ce qui soutient en eux la vie de la grâce, qui est l’amour de Dieu et la communication avec Dieu, par le moyen de l’oraison et par l’usage des sacrements. C’est ce qui fait que, Dieu soutenant et entretenant leur joie, elle est solidement fondée, étant fondée en Dieu.

Votre joie est solide, si vous vous réjouissez au milieu des souffrances et de toutes les peines les plus sensibles ; mais si vous faites consister votre joie à jouir des plaisirs des sens, ah ! qu’il est bien vrai qu’elle n’a rien que de superficiel, puisqu’elle est de la nature même de son objet, qui n’est qu’un bien fragile et périssable !

Il y a encore une différence bien considérable entre la joie des gens du monde et celle des serviteurs de Dieu : la joie des premiers est toute extérieure, et celle des derniers est intérieure, parce qu’elle est dans le cœur.

C’est ce qui fait que, dans les mondains, la moindre peine trouble leur joie et les jette dans l’abattement ; au lieu que la joie des serviteurs de Dieu étant au-dedans d’eux-mêmes, rien de ce qui est au-dehors n’est capable de leur nuire, parce que rien de ce qui est au-dehors ne peut pénétrer jusqu’au fond du cœur, qui n’a de communication au-dehors qu’autant qu’il se laisse prévenir par les sens. Et comme la joie des justes est causée par l’amour de Dieu qui est au fond de leur cœur, et que cet amour a pour objet un bien inaltérable, immuable et éternel, il s’ensuit qu’ils ne peuvent être troublés dans la possession de ce délicieux contentement, pendant que la charité unira leurs âmes à Dieu.

De la férie

L’hymne des laudes au temps pascal. Les quatre premières strophes sont le début d’une hymne ambrosienne qui a été découpée en trois parties. La deuxième partie, Tristes erant apostoli, et la troisième, Claro paschali gaudio, sont devenues les hymnes de l’office des apôtres au temps pascal.

Traduction aussi littérale que possible pour ceux qui voudraient se faire une petite leçon de latin. J’ai déjà publié aussi la traduction de Michel de Marolles, de Pierre Corneille, de Lemaistre de Sacy.

Auróra lucis rútilat,
cælum resúltat láudibus,
mundus exsúltans júbilat,
gemens inférnus úlulat:

L’aurore de la Lumière rutile
Le ciel résonne de louanges
Le monde exultant jubile
L’enfer gémissant hulule

Cum rex ille fortíssimus,
mortis confráctis víribus,
pede concúlcans tártara
solvit a pœna míseros.

Quand ce Roi très fort
Ayant brisé les puissances de la mort
Foulant du pied le tartare
Délivre les malheureux de leur peine.

Ille, qui clausus lápide
custodítur sub mílite,
triúmphans pompa nóbili,
victor surgit de fúnere.

Lui qui enfermé par une pierre
est gardé par des soldats
Triomphant en noble pompe
Vainqueur il surgit du tombeau.

Solútis jam gemítibus
et inférni dolóribus,
quia surréxit Dóminus,
respléndens clamat Angelus.

Sont maintenant anéantis les gémissements
et les douleurs des enfers
Puisqu’il est ressuscité le Seigneur
Clame l’ange resplendissant.

Quǽsumus, Auctor ómnium,
in hoc pascháli gáudio,
ab omni mortis ímpetu
tuum defénde pópulum.

Nous te demandons, auteur de toutes choses
Dans cette joie pascale
De tout assaut de mort
Défends ton peuple.

Glória tibi, Dómine,
qui surrexísti a mórtuis,
cum Patre, et Sancto Spíritu,
in sempitérna sǽcula. Amen.

Gloire à toi Seigneur
Qui es ressuscité des morts
Avec le Père et le Saint-Esprit
Dans les siècles éternels. Amen.

Saint Robert Bellarmin

L’échelle du ciel, premier degré (début du chapitre).

Désirez-vous sincèrement de vous élever à Dieu ? Commencez par apprendre à vous connaître vous-même. Chacun de nous est la créature et l’image de Dieu, et rien ne nous intéresse autant que nous-mêmes. C’est dans ce sens que Tobie a dit : Veillez sur vous, attende tibi (Tob. 4. 13), paroles qui ont fourni à S. Basile la matière d’un savant discours. Celui qui s’examinera attentivement et considèrera ce qui se passe en lui-même y trouvera comme un abrégé de l’univers, d’où il pourra sans peine s’élever à la connaissance du créateur de toutes choses.

Mais il n’est ici question que de l’examen de quatre causes générales, savoir : quel est mon créateur, de quelle matière il m’a formé, quelle forme il m’a donnée, et pour quelle fin il m’a créé. Si je cherche à connaître mon créateur, je ne trouve que Dieu ; si je désire connaître la matière dont il m’a formé, je rencontre le néant ; d’où je conclus que tout ce qui est en moi est l’œuvre de Dieu et lui appartient tout entier. Si j’examine la forme, je vois que je suis créé à l’image de Dieu ; si je veux savoir pourquoi Dieu m’a créé, je ne puis douter que ce ne soit pour le posséder et pour être heureux de son propre bonheur. C’est pourquoi je comprends que j’ai des liaisons et des rapports si intimes avec Dieu, qu’il est lui-même mon créateur, l’auteur de ma vie, mon père, mon modèle, ma béatitude et mon tout. Et si je le comprends bien, comment pourrai-je ne pas le chercher avec ardeur ? ne pas penser à lui ? ne pas soupirer après lui ? ne pas désirer de le voir et de le posséder ? Ou plutôt ne devrais-je pas gémir sur les épaisses ténèbres de mon cœur, qui pendant si longtemps n’a désiré, n’a cherché rien moins que ce Dieu qui est cependant mon unique ressource ?

Mais entrons dans un plus long détail. Je vous en conjure, dites, ô mon âme, qui vous a tirée de ce néant où vous étiez plongée naguère ? Ce ne sont pas certainement vos parents ; s’ils ont engendré votre corps, vous savez que ce qui est né de la chair n’est que chair : Quod natum est ex carne, caro est. Mais vous êtes une substance spirituelle. Ce n’est ni le ciel, ni la terre, ni les astres qui vous ont produite. Ces choses sont corporelles et vous êtes spirituelle. Ce ne sont pas non plus les anges, ni aucune autre créature spirituelle, car vous n’avez été formée d’aucune matière, mais tirée du néant, et il n’y a que la toute-puissance de Dieu qui de rien puisse faire quelque chose. C’est donc lui seul qui, sans coopérateur, sans le ministère de qui que ce soit, vous a créée quand il l’a voulu, de ses propres mains, qui sont son intelligence et sa volonté. Mais peut-être ce n’est pas Dieu qui produit votre corps, peut-être le devez-vous à quelque être créé ; Dieu aura formé votre âme, et vous devez votre corps à vos parents ? Vous vous trompez, c’est Dieu qui en est l’auteur : il est le véritable architecte et le père non seulement de votre âme, mais encore de votre corps ; vos parents n’ont été employés en cela que comme les derniers manœuvres le sont dans la construction d’un édifice ; vous appartenez entièrement à Dieu. En effet si vos parents avoient eu par eux-mêmes le pouvoir de former votre corps, ils connaîtraient le nombre des muscles, des veines, des nerfs, des os qui en composent la structure, et plusieurs autres merveilles qu’on y admire ; cependant ils ignorent, à moins qu’ils ne l’aient appris par l’anatomie. Bien plus, lorsque le corps est malade, qu’un membre se dessèche, ou qu’il est amputé, ils pourraient le rétablir, si c’était eux qui l’eussent formé, de même que l’horloger répare sa montre et l’architecte restaure l’édifice qu’il a construit. Mais vos parents ne peuvent rien de semblable. Que dirons-nous de l’union de l’âme avec le corps, de l’esprit avec la matière, de ces deux substances qui n’ont entre elles aucune ressemblance, aucune proportion, et qui sont néanmoins unies par des liens si forts, qu’elles ne font qu’une même substance ? N’est-ce pas là évidemment l’ouvrage d’une puissance infinie ? C’est donc au seul auteur des grandes merveilles, Qui facit mirabilia magna solus (Ps. 135), qu’il faut attribuer la création et l’union de l’âme avec le corps.

L’Esprit-Saint parlait donc par la bouche de Moïse, lorsque celui-ci disait aux Hébreux : N’est-ce pas Dieu qui est votre père, qui vous a possédés comme son héritage, qui vous a faits et qui vous a créés (Deut. 36. 6.). Le S. homme Job nous enseigne la même vérité (10. 11). Vous m’avez, dit-il à Dieu, vous m’avez revêtu de peau et de chair, vous m’avez affermi et soutenu par les os et des nerfs ; cette vérité est confirmée par le Prophète Royal (Ps. 118) : Vos mains, dit-il, s’adressant à Dieu, vos mains m’ont fait et m’ont formé et fortifié ; c’est vous (Ps. 138) qui m’avez formé et qui avez mis la main sur moi pour me tirer du néant. La mère des Machabées disait aussi à ses enfants (Mach. 7) : Je ne sais comment vous avez été formés dans mon sein, car ce n’est pas moi qui vous ai donné l’esprit, l’âme et la vie, ni qui ai joint vos membres pour en faire un corps ; mais c’est le créateur du monde qui a formé l’homme dans sa naissance. Jésus-Christ lui-même nous dit (Math. 23) : N’appelez personne votre père sur la terre, car vous n’avez qu’un seul père, qui est dans les cieux.

Courage donc, ô mon âme ! si Dieu est votre créateur, s’il est votre père, votre appui, votre nourricier ; si tout votre être, tout ce que vous avez est de lui, et vient de lui ; si tout ce que vous espérez, vous ne l’attendez que de lui, pourquoi ne pas vous glorifier d’un tel père ? pourquoi ne pas l’aimer de tout votre cœur ? pourquoi ne pas mépriser, pour l’amour de lui, tout ce qui est terrestre ? pourquoi vous laisser dominer par de vains désirs ? Elevez vers lui vos regards, et, ayant un père si puissant dans le Ciel, ne craignez point d’ennemis sur la terre. Imitez la confiance et l’amour de David (Ps. 118), lorsqu’il disait : Je vous appartiens, ô mon Dieu, sauvez-moi. O mon âme! si vous considériez comment l’Eternel, le Tout-Puissant, qui n’a nul besoin de vos biens, qui ne perd rien en vous perdant, veut cependant arrêter continuellement sur vous ses regards et daigne vous aimer, vous protéger, vous diriger, vous favoriser comme si vous étiez pour lui un trésor précieux, certainement vous mettriez en lui toute votre confiance; vous le craindriez comme votre Seigneur, vous l’aimeriez comme votre Père ; et les biens ni les maux de cette vie, quelque grands qu’ils fussent, ne sauraient vous séparer de son amour.

Saints Nérée, Achille et Domitille, et Pancrace

Sainte Domitille, Flavie Domitille, était de la famille des empereurs Flaviens : Vespasien, Titus et Domitien. Nérée et Achille étaient ses serviteurs. Pancrace fait l’objet de la deuxième notice du martyrologe de ce jour.

La collecte de cette fête est très belle et profonde dans sa concision toute romaine :

Semper nos, Dómine, Mártyrum tuórum Nérei, Achillei, Domitíllæ atque Pancrátii fóveat, quǽsumus, beáta sollémnitas : et tuo dignos reddat obséquio.

Que toujours, nous vous en supplions, Seigneur, l’heureuse fête de vos Martyrs Nérée, Achillée, Domitille et Pancrace nous soutienne, et nous rende dignes de votre service.

Le mot obsequium veut dire « service » dans le latin tardif, mais il est toujours chargé de ses significations premières et fait donc référence à l’attitude de déférence et d’obéissance des serviteurs de Domitille, et de Domitille elle-même, quoique de race impériale, envers le Seigneur. Nous demandons que cette « bienheureuse solennité des martyrs » nous encourage (sens premier de foveat : nous « réchauffe ») afin que nous devenions dignes de servir Dieu comme il le veut.