Les saints Innocents

Nous célébrons aujourd’hui, mes très chers frères, la fête de ces enfants que l’Évangile nous dit avoir été tués par l’ordre du cruel roi Hérode. Que la terre se livre donc aux transports de la joie, elle qui est la mère féconde de ces célestes soldats et qui enfante de tels prodiges. Certes, ce tyran impie n’aurait jamais pu être aussi utile à ces bienheureux enfants par son affection, qu’il leur a été utile par sa haine. Car, comme le manifeste la sainte solennité de ce jour, autant l’iniquité a abondé contre ces bienheureux enfants, autant se sont répandues sur eux les grâces et les bénédictions célestes.

Tu es heureuse, ô Bethléem, terre de Juda, toi qui as subi la cruauté du roi Hérode dans le meurtre de tes fils, car tu as en même temps mérité d’offrir à Dieu une blanche multitude de paisibles enfants. C’est avec raison que nous célébrons la fête de ces Martyrs. Le monde, en les faisant naître à la vie éternelle, les a rendus plus heureux que n’avaient fait leurs mères en les enfantant pour la terre, puisqu’ils ont été trouvés dignes d’une vie sans fin presque avant d’avoir pu faire usage de la vie présente.

Les autres Martyrs ont eu une mort précieuse : leur gloire est dans la confession du nom de Jésus-Christ ; mais la gloire de ceux-ci est dans la consommation même de leur vie. Car, dès les prémices de leur jeune existence, la mort qui a mis fin à leur vie présente, leur a valu d’entrer aussitôt en possession de la gloire. Ceux que l’impiété d’Hérode a arrachés du sein de leurs mères les allaitant encore, sont appelés à juste titre les fleurs des Martyrs : fleurs écloses au milieu du froid de l’infidélité, premiers tendres bourgeons de l’Église, que le frimas de la persécution est venu dessécher.

Mártyrum flores, quos in médio frígore infidelitátis exórtos, velut primas erumpéntes Ecclésiæ gemmas, quædam persecutiónis.

Saint Augustin, leçons des matines.

Saint Etienne : le Seigneur censuré

Hier c’était la fête de saint Etienne. Pour l’occasion, le site New Liturgical Movement, sous la signature très compétente de Gregory Dipippo, a fait remarquer que dans la liturgie ambrosienne l’évangile du jour n’est pas le même que dans le rite romain, et que c’est la seule fois dans l’octave de la Nativité. Le choix ambrosien est triplement expliqué par saint Ambroise lui-même, ce qui est quasiment une preuve que c’est bien lui qui a choisi cette péricope (celle du didrachme trouvé par saint Pierre dans la bouche du poisson).

Gregory Dipippo fait remarquer aussi que la réforme liturgique « romaine » a choisi un autre épisode de l’évangile, et que l’épisode traditionnel depuis toujours dans le rite romain, non seulement a été enlevé de la fête, mais a carrément disparu du lectionnaire. Voici cet évangile. Il a été supprimé parce qu’il ne correspond pas à la sensibilité de l’homme d’aujourd’hui. Le Seigneur est censuré pour propos non conformes. Et il faudrait qu’on accepte cela sans rien dire…

En ce temps-là, Jésus disait aux Scribes et aux Pharisiens : Voici que moi-même je vous envoie des prophètes, des sages et des docteurs : et vous tuerez les uns, et vous crucifierez les autres, vous en flagellerez dans vos synagogues, vous en persécuterez de ville en ville, afin que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang du juste Abel jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le sanctuaire et l’autel. En vérité, je vous le dis, tout cela viendra sur cette génération. Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés ! Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! Voici que votre maison va vous être laissée déserte. Car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais que vous n’ayez dit : »Béni celui qui vient au nom du Seigneur ! ».

(Dans le commentaire de l’évangile, 7e leçon des matines, saint Jérôme dit en parlant des prophètes, des sages et des docteurs : « parmi eux, Étienne fut lapidé, Paul tué, Pierre crucifié, et les disciples flagellés ».)

Saint Jean

Le mégalynaire de saint Jean, par le clergé du diocèse de Kirovograd de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, et par les séminaristes de Saratov (Russie) en concert.

Величаем тя, апостоле Христов и Евангелисте Иоанне Богослове, и чтем болезни и труды твоя, имиже трудился еси во благовестии Христове.

Nous te magnifions, Apôtre du Christ, évangéliste saint Jean, vénérant les épreuves et les douleurs que tu as souffertes pour annoncer l’évangile du Christ.

Saint Etienne

Monastère de saint Denys, Athos, 1547.

L’antienne de communion, par la schola de la Chapelle du Palais impérial de Vienne.

Vídeo cœlos apértos, et Jesum stantem a dextris virtútis Dei : Dómine Jesu, accipe spíritum meum, et ne státuas illis hoc peccátum.

Je vois les cieux ouverts et Jésus debout à la droite du Dieu tout puissant : Seigneur Jésus, accueille mon âme et ne leur tiens pas rigueur de ce péché.

La Vierge aujourd’hui

Kondakion de la Nativité, par le Chœur byzantin de Grèce.

Ἡ Παρθένος σήμερον, τὸν ὑπερούσιον τίκτει, καὶ ἡ γῆ τὸ Σπήλαιον, τῷ ἀπροσίτῳ προσάγει. Ἄγγελοι μετὰ Ποιμένων δοξολογοῦσι. Μάγοι δὲ μετὰ ἀστέρος ὁδοιποροῦσι· δι’ ἡμᾶς γὰρ ἐγεννήθη, Παιδίον νέον, ὁ πρὸ αἰώνων Θεός.

La Vierge aujourd’hui met au monde le Supersubstantiel et la terre offre une grotte à l’Inaccessible. Les anges avec les bergers chantent sa gloire. Les mages avec l’étoile font route, car pour nous est né un Enfant nouveau-né, Dieu d’avant les siècles.