Vendredi de la première semaine après l’octave de Pâques

Chaque jour au Benedictus (Laudes) et au Magnificat (vêpres) la liturgie reprend un des éléments de la liturgie pascale. Voici les antiennes des jours de cette semaine où il n’y a pas de fête d’un saint.

Mercredi

Ego sum vitis vera, * allelúia: et vos pálmites veri, allelúia.

Je suis la vraie vigne, * alléluia : et vous les vrais sarments, alléluia.

Quia vidísti me, * Thoma, credidísti: beáti qui non vidérunt, et credidérunt, allelúia.

Parce que tu M’as vu, * Thomas, tu as cru : bienheureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru, alléluia.

Jeudi

Ardens est cor meum, * desídero vidére Dóminum meum: quæro, et non invénio, ubi posuérunt eum, allelúia, allelúia.

Mon cœur est brûlant ; * je désire voir mon Seigneur. Je cherche et ne trouve pas où ils L’ont mis, alléluia, alléluia.

Misi dígitum meum * in fixúras clavórum, et manum meam in latus eius, et dixi: Dóminus meus, et Deus meus, allelúia.

J’ai mis mon doigt * dans l’empreinte des clous et ma main dans son côté et j’ai dit : mon Seigneur et mon Dieu, alléluia.

Vendredi

Venérunt ad monuméntum * María Magdaléne, et áltera María, vidére sepúlcrum, allelúia.

Marie-Madeleine et l’autre Marie * vinrent au monument pour voir le sépulcre, alléluia.

Post dies octo * jánuis clausis ingréssus Dóminus dixit eis: Pax vobis, allelúia, allelúia.

Huit jours après, le Seigneur étant entré, les portes closes, leur dit : paix à vous, alléluia.

Jeudi dans la première semaine après l’octave de Pâques

Le premier répons des matines vient de la lecture biblique du moment : les Actes des apôtres. Le corps du répons est la première partie du verset 33 du chapitre 4. Le verset est la deuxième partie du verset 31.

℟. Virtúte magna reddébant Apóstoli * Testimónium resurrectiónis Jesu Christi Dómini nostri, allelúia, allelúia.
℣. Repléti quidem Spíritu Sancto loquebántur cum fidúcia verbum Dei.
℟. Testimónium resurrectiónis Jesu Christi Dómini nostri, allelúia, allelúia.

℟. Avec une grande puissance, les Apôtres rendaient * Témoignage à la résurrection de Jésus-Christ Notre Seigneur, alléluia, alléluia.
℣. Remplis de l’Esprit-Saint, ils prêchaient avec assurance la parole de Dieu.
℟. Témoignage à la résurrection de Jésus-Christ Notre Seigneur, alléluia, alléluia.

Mercredi de la première semaine après l’octave de Pâques

L’hymne des laudes au temps pascal.

Aurora lucis rutilat,
Cælum laudibus intonat,
Mundus exultans jubilat,
Gemens infernus ululat,

Cum rex ille fortissimus,
Mortis confractis viribus,
Pede conculcans tartara
Solvit a pœna miseros.

Ille, qui clausus lapide
Custoditur sub milite,
Triumphans pompa nobili,
Victor surgit de funere.

Solutis jam gemitibus
Et inferni doloribus,
Quia surrexit Dominus,
Resplendens clamat angelus.

Quæsumus, Auctor omnium,
In hoc Paschali gaudio,
Ab omni mortis impetu
Tuum defende populum.

Gloria tibi, Domine,
Qui surrexisti a mortuis,
Cum Patre et Sancto Spiritu,
In sempiterna sæcula. Amen.

L’aurore éclate de lumière
le ciel résonne de louanges
le monde exulte d’allégresse
l’Enfer gémit et se lamente.

Car notre roi si valeureux
a brisé les forces de la mort
foulant de son pied les Enfers
il libère les malheureux.

Lui, que les soldats vigilants
gardaient enfermé sous la pierre,
il triomphe en noble cortège,
et surgit vainqueur du trépas.

Il a mis fin dans les enfers
à toutes plaintes et douleurs.
L’ange resplendissant proclame
la résurrection du Seigneur.

Nous te le demandons, créateur de tout,
dans cette joie pascale,
de tous les assauts de la mort
défends ton peuple.

Gloire à toi, Seigneur,
qui est ressuscité des morts,
avec le Père et le Saint-Esprit,
dans les siècles éternels. Amen.

Saint Justin

Icône de Camelia Munteanu, Bucarest, 2007. Sur le phylactère la première réplique de saint Justin lors de son interrogatoire : « Nul ne peut être condamné pour obéir aux commandements de notre Sauveur Jésus-Christ. »

Le Créateur de l’univers n’a pas de nom, parce qu’il est non engendré. Recevoir un nom suppose en effet quelqu’un de plus ancien qui donne ce nom. Ces mots Père, Dieu, Créateur, Seigneur et Maître ne sont pas des noms, mais des appellations motivées par ses bienfaits et ses actions.

Son Fils, le seul qui soit appelé proprement Fils, le Verbe existant avec lui et engendré avant la création, lorsque au commencement, il fit et ordonna par lui toutes choses, est appelé Christ, parce qu’il est oint et que Dieu a tout ordonné par lui. Ce nom même a une signification mystérieuse, de même que le mot Dieu n’est pas un nom, mais une approximation naturelle à l’homme pour désigner une chose inexplicable.

Jésus est un nom qui signifie homme et sauveur. Nous l’avons dit antérieurement, le Christ s’est fait homme, il naquit par la volonté de Dieu le Père pour le salut des croyants et la ruine des démons. Vous pouvez vous en convaincre par ce qui se passe sous vos yeux. Il y a dans tout le monde et dans votre ville nombre de démoniaques, que ni adjurations, ni enchantements, ni philtres n’ont pu guérir. Nos chrétiens, les adjurant au nom de Jésus-Christ crucifié sous Ponce-Pilate, en ont guéri et en guérissent encore aujourd’hui beaucoup, en maîtrisant et chassant des hommes les démons qui les possèdent.

Extrait de sa « deuxième apologie » (vers 155-160), traduction Louis Pautigny.

Saint Herménégilde

L’Apothéose de saint Herménégilde est un tableau de Francisco de Herrera l’Ancien (1620-1624). Le prince martyr est représenté en miles Christi, soldat du Christ. Il brandit le crucifix autour duquel est écrit « ERAT » : « Qui crucifixus erat Deus », chante le Salve festa dies : « celui qui a été crucifié était Dieu », et c’est pour avoir confessé cela qu’il a été emprisonné et tué par son père le roi arien : à sa droite et à sa gauche, les chaînes et la hache.

En bas à gauche saint Léandre, évêque de Séville, grand ami de saint Grégoire le Grand. Il protège le jeune Récarède, le frère d’Herménégilde, qui deviendra le roi catholique. A droite saint Isidore, frère et successeur de saint Léandre, qui contemple la gloire d’Herménégilde et maintient à terre le roi arien vaincu par la foi de son fils martyr.

Le témoignage qui fait autorité est évidemment celui de saint Grégoire le Grand. Mais ce texte n’est pas conforme à la nouvelle religion (celle de « l’homme d’aujourd’hui ® »), puisque la sainteté d’Herménégilde est mise en relation, et deux fois, avec le mépris du monde. Comme toutes les oraisons qui opposent le mépris des choses qui passent et la recherche des réalités éternelles, celle de la fête de saint Herménégilde a été supprimée, conformément au dogme promulgué par dom Antoine Dumas en 1966.

Deus, qui beátum Hermenegíldum Mártyrem tuum cælésti regno terrénum postpónere docuísti : da, quǽsumus, nobis ; ejus exémplo cadúca despícere atque ætérna sectári.

Dieu, qui avez appris au bienheureux Herménégilde, votre Martyr, à mettre la royauté terrestre au-dessous de la royauté du ciel, accordez-nous, nous vous en supplions, de mépriser à son exemple les biens périssables, et de rechercher les biens éternels.