La dictature française expulse Xenia Fedorova

Un arrêté ministériel d’expulsion a été remis à Xenia Fedorova. Au motif que « son comportement porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État » (sic) et que sa présence sur le territoire français « constitue pour ce motif une menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public ». Re-sic. Elle « s’inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » dans le but « de déstabiliser l’ordre public » en France. Re-re-sic.

Seule la propagande ukrainienne a droit de cité en France. Il est interdit d’entendre un autre son de cloche à la télévision française, y compris sur les chaînes privées.

Xenia Fedorova avait échappé au 21e paquet de sanctions, elle a été rattrapée par Laurent Nuñez, devenu ministre de la propagande en temps de guerre, alors que la France n’est pas en guerre.

Xenia Fedorova va « immédiatement former un recours », annonce son avocat.

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Addendum. Le communiqué commun de Lagardère et Canal +:

« Les groupes CANAL+ et Lagardère ont appris avec stupeur que l’une de leurs salariées, Mme Xenia Fedorova, qui intervient régulièrement sur CNEWS, Europe 1 et dans le JDNews, a fait l’objet d’un arrêté d’expulsion immédiate pris par le ministère de l’Intérieur.

Sans que chacun soit nécessairement tenu de partager l’ensemble des analyses ou des opinions exprimées par Mme Fedorova, les groupes CANAL+ et Lagardère considèrent que l’empêcher de participer au débat public et d’exprimer ses points de vue sur la situation française et internationale constituerait une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions.

Ils rappellent que notre démocratie et notre État de droit confèrent une valeur constitutionnelle à la liberté d’expression et à la liberté de la presse. L’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen dispose ainsi: « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement. »

Les groupes CANAL+ et Lagardère apportent leur plein soutien à Mme Fedorova face à cette décision.

La liberté d’expression ne se défend pas uniquement lorsque les opinions exprimées font consensus. Elle se défend précisément lorsqu’elles dérangent ou suscitent la contradiction, dès lors qu’elles s’inscrivent dans le débat démocratique, comme c’est le cas dans l’ensemble de nos médias. »

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Addendum 2: le ministre stupide.

Nuñez veut expulser Xenia Fedorova. Laquelle est russe. Mais avec ses sanctions l’UE a créé un nouveau rideau de fer, bien plus hermétique que celui des communistes, et il n’y a aucun vol vers la Russie…

L’Estonie néo-bolchevique

Le ministre estonien de l’Intérieur, Igor Taro (diplômé de l’université de Moscou) a demandé à la municipalité de Tallinn de résilier le contrat de bail de la cathédrale orthodoxe de la capitale, afin de « couper le flux financier vers l’organisation moscovite ». Non sans traiter le patriarche Cyrille de « criminel de guerre » (sic).

L’adjoint au maire de Tallinn, Tiit Terik, a fait remarquer : « Si nous agissons en tant qu’État de droit et respectons les accords, nous n’avons aucun motif juridique pour résilier le bail. »

Dans le débat que ces propos ont provoqué, certains demandent de détruire la cathédrale symbole de la « russification ». L’homme d’affaires Tiit Pruuli (célèbre en Estonie) propose quant à lui de transformer la cathédrale en musée de la religion. De vieux tropismes bolcheviques, sans doute.

Rappelons que « l’Etat de droit » estonien a promulgué une loi interdisant l’Eglise orthodoxe estonienne, le 27 juin dernier, malgré le double veto du président. Calquée sur la loi de persécution ukrainienne, elle donne jusqu’à fin décembre aux organisations religieuses de prouver qu’elles n’ont aucun lien avec un Etat mettant en péril la sécurité de l’Estonie.

A priori il suffit donc d’attendre le procès qui aura lieu. Mais évidemment l’exemple ukrainien n’est pas probant : aucun procès n’a encore abouti.

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Les russophobes estoniens sont très vexés que la cathédrale orthodoxe soit l’édifice le plus visité par les touristes à Tallinn, l’un des deux seuls cités par le Guide du Routard (l’autre est le Parlement, en face), qui en parle ainsi :

La Cathédrale Alexandre-Nevski, construite entre 1894 et 1900, est un chef-d’œuvre de l’architecture russe néo-byzantine. Son design imposant, avec ses dômes en bulbe caractéristiques et ses façades ornées de détails exquis, en fait l’une des attractions les plus emblématiques de Tallinn.

Emblématique de Tallinn. Sic…

Dégâts collatéraux…

Le tout nouveau Premier ministre moldave Vasile Tofan se plaint des frappes ukrainiennes contre la Russie, parce qu’elles affectent l’économie du pays :

Une série de perturbations de la chaîne d’approvisionnement a créé une situation difficile, notamment en ce qui concerne le diesel. Cette situation découle de la destruction de plusieurs terminaux à Novorossiysk, ce qui a limité les exportations de pétrole en provenance du Kazakhstan. Environ 80 % des exportations de pétrole kazakh transitent par Novorossiysk ; ce pétrole constitue la principale matière première de la raffinerie Petromidia, en Roumanie, qui est le plus grand producteur de diesel pour la Roumanie et notre région.

(Vasile Tofan, qui est aussi roumain, ancien directeur chez Philips aux Pays-Bas, diplômé de Harvard, travaillait depuis 2011 à la direction d’une banque d’investissement à Kiev…)

La persécution en Ukraine

Le « Service d’Etat pour la politique ethnique et la liberté de conscience » donne 30 jours à la laure de Potchaïev (l‘un des trois plus importants monastères d’Ukraine) pour apporter les preuves qu’elle n’a pas de liens avec Moscou.

Le monastère a déjà fait savoir à plusieurs reprises qu’il n’avait pas de liens avec Moscou puisqu’il dépend de l’Eglise orthodoxe ukrainienne qui est statutairement indépendante de l’Eglise orthodoxe russe.

Mais le 22 juillet le « Service d’Etat pour la politique ethnique et la liberté de conscience » a annoncé que le monastère de Potchaïev est « affilié à l’Eglise orthodoxe russe puisqu’il appartient à la métropole de Kiev dont il est déjà établi qu’elle est liée à Moscou.

Donc le monastère de Potchaïev ne pourra pas « prouver » qu’il n’a pas de liens avec Moscou, et la procédure judiciaire visant à l’interdire pourra commencer.

Il se trouve que ce même 22 juillet l’audience concernant l’interdiction de la laure des Grottes de Kiev a été une fois de plus reportée. Pas moins de 15 juges se sont déjà récusés. On n’arrive pas à trouver un juge qui restera dans l’histoire comme celui qui a chassé les moines d’un des plus hauts lieux d monde orthodoxe…

Saint Vladimir

Aujourd’hui en Russie c’est la fête de « saint Vladimir le Grand, égal aux apôtres : prince de Novgorod, grand prince de Kiev ». Le patriarche Cyrille a célébré la divine liturgie en la cathédrale de la Dormition du Kremlin de Moscou, où se trouvent les reliques du saint. Puis il y a eu la procession jusqu’à la statue de saint Vladimir (18 mètres) sur la place Borovitskaïa.

On remarque une petite litanie en arabe, à 16’36. C’est que hier a été célébrée la fête patronale (saint Gabriel) de la Représentation du patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche à Moscou, avec trois métropolites du patriarcat orthodoxe d’Antioche concélébrant avec le métropolite Antoine de Volokolamsk, président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou. Et voilà pour « l’isolement » du patriarcat de Moscou dans le monde orthodoxe…