Ryan Wesley Routh

Le deuxième homme qui aurait voulu assassiner Donald Trump mais qui n’a pas eu le temps de tirer, celui-ci, s’appelle Ryan Wesley Routh. Son geste est clairement motivé par son soutien à l’Ukraine et sa conviction (très fondée) que Trump élu lâcherait Zelensky et sa clique.

Dès le 14 mars 2022 il s’envolait pour l’Ukraine, écrivant à Zelensky : « Je suis un Américain venant combattre avec vous en Ukraine. Je m’envole pour Cracovie et prendrai un quelconque moyen de transport pour Kiev pour vous rencontrer et combattre jusqu’à la mort. Nous devons inciter tout civil dans le monde à venir se joindre au combat, je serai un exemple. Attaquez Moscou maintenant. »

On le verra en effet beaucoup à Kiev, comme ici le 30 avril suivant : « S’il vous plaît, le monde, nous avons besoin de tout le monde ici, c’est le bien contre le mal », etc.

On le verra aussi dans un clip de soutien au bataillon nazi Azov au moment où celui-ci « défend » Marioupol, c’est-à-dire détruit la ville. Et il ne cessera de clamer qu’il veut faire venir toujours plus de mercenaires. En 2023 le New York Times lui donne la parole, et le mois dernier encore il appelait sur Facebook à rejoindre l’armée ukrainienne. Si bien que tant la « Légion internationale pour la défense de l’Ukraine » que le bataillon Azov démentent solennellement que Routh ait été l’un des leurs. Mais il ne l’a jamais prétendu : il leur a seulement fait une publicité soutenue depuis le début de la guerre…

Dmitri Medvedev remarque malicieusement :

Je me demande ce qui se passerait s’il s’avérait que le nouveau tireur ayant raté Trump, Routh, qui a recruté des mercenaires pour l’armée ukrainienne, a lui-même été engagé par le régime néo-nazi de Kiev pour cette tentative d’assassinat.

Un autre commentaire :

Ubukraine

Vitali Klitchko, le maire de Kiev, connu pour ses discours nationalistes et son soutien à l’Eglise du régime, candidat (non déclaré) à la succession de Zelensky, a fait tourner en un film à sa gloire et à la gloire de sa famille, diffusé sur Sky à partir de ce soir : en anglais « Klitschko, Plus qu’un combat », en allemand « Klitschko, Le plus dur combat », une coproduction anglo-allemande. Sur l’affiche on le voit sur un ring de boxe dans une ville dévastée, mais il était champion du monde de boxe il y a un quart de siècle, et il n’est allé au front qu’au tout début de la guerre, le temps d’être pris en photo.

Dans le film, les propos de ses fils interpellent quelque peu et ne collent pas vraiment avec l’affiche. Ainsi quand son fils Max, étudiant à l’université très privée de Amherst dans le Massachusetts (taux d’admission 7%, frais de scolarité du premier cycle 64.000$), dit que son souhait est de devenir basketteur professionnel aux Etats-Unis (il est déjà champion à Amhers), ou quand Yegor, étudiant à la prestigieuse London School of Economics, affirme : « Nous nous battons pour être heureux »… La fille quant à elle étudie la psychologie aux Pays-Bas…

(64.000$, c’est 2,6 millions de hryvnias ukrainiennes. Le salaire mensuel moyen en Ukraine est de 13.000 hryvnias, soit 314 dollars. Mais quand on aime on ne compte pas. Et de toute façon la plupart des enfants de la nomenklatura ukrainienne sont à l’étranger, où ils s’amusent bien, comme ils le montrent sans vergogne sur les réseaux sociaux.)

Ils ont reculé, bien sûr

Le Festival international du film de Toronto a annoncé « mettre en pause » la projection du documentaire Russians at war, avant la première qui devait avoir lieu aujourd’hui, en raison de « menaces significatives pour les opérations du festival et la sécurité du public ».

Vu d’ici, il est impossible de savoir si le Festival s’est simplement couché devant les ukronazis canadiens soutenus par le politiquement correct et devant l’oukase du soi-disant gouvernement ukrainien, ou si les menaces des ukronazis canadiens étaient de réelles annonces d’attaques violentes. Ou un mélange des deux.

Rappelons qu’il s’agit d’un film franco-canadien, et donc que le Festival international du film de Toronto refuse de projeter une œuvre très officiellement cofinancée par l’Etat canadien.

Telle est la censure. Celle, en fait, d’un documentaire qui a le tort d’être… un documentaire sur la guerre en Ukraine. Mais, et cela est très significatif, montrer la réalité telle qu’elle est, c’est considéré comme de la « propagande russe », même si c’est financé par la France et le Canada, pays dont les gouvernements sont parmi les plus russophobes de la planète.

J’apprends que Chrystia Freeland, vice-Premier ministre du Canada, y était allée de sa condamnation du film, déclarant qu’« il ne pouvait pas y avoir d’équivalence morale dans cette guerre » (alors que ce n’est pas du tout le sujet).

Chrystia Freeland est cette personne qui dès le début de la guerre en Ukraine manifestait avec une banderole bandériste, conformément à la tradition familiale, puisque son grand-père avait été le rédacteur en chef de la principale publication nazie en Ukraine avant de se réfugier au Canada.

Une découverte de LCI

« Ils partagent des informations sur les lieux fréquentés par les forces armées ukrainiennes, sur les infrastructures critiques et civiles qui se trouvent dans la ville », témoigne au micro de LCI le dénommé « Sud », chef d’une unité du SBU, les services secrets ukrainiens. « Les informations sont collectées et transférées à des responsables russes par le biais de WhatsApp, Telegram… et sont ensuite utilisées par l’ennemi pour mener des tirs » contre les positions ukrainiennes.

Ces « collaborateurs », comme les appellent les autorités ukrainiennes, sont recrutés au sein même de la population. Parmi celles et ceux qui n’ont pas les moyens de fuir la guerre. Certains d’entre eux reconnaissent d’ailleurs, auprès de nos reporters, leurs affinités avec les Russes. « J’ai beaucoup de proches qui vivent en Russie. C’est normal ici. Où que vous regardiez, tout le monde a de la famille là-bas, même s’ils ne veulent peut-être pas en parler », affirme une habitante de Pokrovsk. « Ici, je reçois une petite pension de retraite. C’est honteux », dénonce un autre. « Si les Russes augmentent ma pension, je les respecterai davantage. »

Une hostilité envers Kiev qui a surpris Salomon et Anna, deux médecins militaires arrivés sur place le mois dernier. « Nous sommes tous ici pour défendre le sol ukrainien. Bien sûr, ce serait plus facile si la population avait une attitude plus positive, mais tous ceux qui étaient pro-ukrainiens sont déjà partis », déplore Salomon. Pour se déplacer sans être repérés, ils prennent des précautions, comme s’habiller en civil.

« Certaines personnes prennent des photos. Il y a ceux qui appellent pour dire qui habite à tel ou tel endroit, d’autres signalent les voitures qui sont à l’arrêt. Ils sont nombreux, vraiment nombreux. C’est désagréable, très désagréable », assure Anna. « C’est dangereux. »

Après, LCI pourra faire la même chose à Slaviansk et à Kramatorsk, avant que ces deux dernières grandes villes du Donbass soient libérées. Il y avait déjà eu, dès 2022, des reportages de journalistes surpris de voir que les habitants du Donbass aident les Russes et non les soldats ukrainiens venus les « défendre »…