La Crimée ukrainienne ?

Le philosophe ukrainien Sergueï Datsyouk fut un militant du Maïdan. Mais dans la dernière vidéo du journaliste Alexandr Chelest sur YouTube, il explique que les Ukrainiens doivent accepter la réalité et ne pas vivre dans des fantasmes : l’Ukraine ne retrouvera pas ses frontières de 1991, pas même celles de 2014 ou de 2022. (On peut remarquer que l’échange se fait en russe, comme dans toutes les vidéos de ce journaliste ukrainien de Kiev…) Sur internet on trouve un très intéressant article en anglais de Sergueï Datsyouk intitulé « Les illusions européennes de l’Ukraine », publié en décembre dernier par « Russia in global affairs ».

De toute façon, quoi qu’il en soit de l’issue de la guerre, il n’y aura pas d’Ukraine comme elle était avant, même l’Ukraine entre 2014 et 2022. Et cela veut dire qu’il y aura un autre Etat, confirmé par référendum, avec une Constitution modifiée, parce que nous avons besoin de résoudre cette question. A cet égard, les contours de l’identité (territoriale) sont également contenus dans la Constitution. Jusqu’à ce que cette identité soit modifiée, toutes les cartes sans la Crimée sont anticonstitutionnelles. Cela veut dire qu’un sérieux conflit se prépare. Nous devrons dire que le blanc est noir :

— La Crimée est ukrainienne !

— Ah oui ? Alors pourquoi vous n’y allez pas ?

— Parce qu’elle est occupée.

— Cela veut dire qu’elle n’est pas ukrainienne.

— Non, elle est temporairement occupée.

— Mais pour combien de temps ?

Et cette personne doit réaliser si dans le cours de sa vie elle verra une Crimée désoccupée ou non. Telle est la question, parce que les contours de l’identité territoriale sont très fragiles. Ils ne sont confirmés par rien sinon par la mémoire et le désir. Or ce sont des choses très fragiles. Vouloir est une bonne chose mais ce que veut quelqu’un importe peu. De même ce dont je me souviens. Je me souviens aussi de l’Union soviétique. Et je veux que revienne ma jeunesse… Alors quoi…

Il y a cent ans à Kiev

L’Académie théologique de Kiev, qui est aussi le séminaire de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, organise le 17 octobre sa XVIe conférence internationale, qui sera dédiée au 100e anniversaire de la fermeture « définitive » de l’Académie de théologie de Kiev par les autorités soviétiques.

« La première fermeture de l’Académie a eu lieu en avril 1919, lorsque le pouvoir soviétique était temporairement établi à Kiev. Toutefois, en août de la même année, les troupes bolcheviques ont quitté Kiev et l’Académie a repris ses activités. En février 1920, le pouvoir soviétique s’installe définitivement à Kiev. Après cela, l’Académie a réussi à se faire enregistrer en vertu de la loi soviétique en tant qu’établissement d’enseignement privé sous le nom d’Académie théologique orthodoxe de Kiev. Sous cette forme, elle a pu exister jusqu’en 1924, date à laquelle elle a finalement été liquidée par les autorités soviétiques. »

La conférence prévoit d’accorder une attention particulière aux dernières années d’existence de l’Académie, dans la période pré-révolutionnaire et post-révolutionnaire, ainsi que d’examiner les parcours de vie des professeurs et des diplômés de l’Académie pendant l’ère soviétique.

Nul doute qu’il y aura là des enseignements pour aujourd’hui, alors que les prétendues autorités ukrainiennes viennent à leur tour d’interdire l’Eglise orthodoxe, cent ans plus tard…

Déjà l’Académie a été chassée l’an dernier de la laure des Grottes de Kiev, qui était sa résidence historique, et a dû se réfugier dans un monastère de Kiev.

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Malgré le vote définitif de l’interdiction de l’Eglise orthodoxe ukrainienne (qui reste à concrétiser, et ce ne sera pas le plus facile…), la situation n’est pas bonne pour l’Eglise du pouvoir. Ses sbires continuent certes de prendre des églises par la violence (encore trois depuis le début du mois), mais ensuite la plupart de ces églises restent vides, et le patriarcat de Constantinople commence à critiquer ouvertement les violences, après la visite en août de trois délégués qui ont vu la réalité des choses. En outre une lettre de Bartolomée, datant de l’an dernier et gardée secrète, a fait surface : le patriarche demandait à l’Eglise du pouvoir de ne pas apporter à ses statuts des modifications qui « pourraient menacer l’unité de l’orthodoxie en Ukraine ». Si c’était le cas, le patriarche pourrait dénoncer le « tomos » et renvoyer ainsi cette Eglise au néant. Bartolomée, trompé par Porochenko, croyait que les prêtres, les moines et les fidèles orthodoxes allaient passer en masse à la nouvelle Eglise. Mais cela ne s’est pas passé. Parmi les centaines de moines, un seul a fait défection. Un prêtre qui était passé à l’Eglise de Bartolomée-Porochenko et qui est revenu à l’Eglise orthodoxe ukrainienne soulignait récemment qu’il n’y a pas eu une seule tonsure monastique dans cette Eglise depuis sa création en 2018. Pas une seule. Mais s’il n’y a pas de moines il n’y a pas d’évêques, et s’il n’y a pas d’évêques il n’y a pas d’Eglise…

Les ukronazis canadiens

Vendredi prochain doit être projeté en première au Festival du film de Toronto le documentaire Russians at war, d’Anastasia Trofimova, qui a été dénoncé par le soi-disant gouvernement ukrainien lorsqu’il a été projeté à la Mostra de Venise.

Le Congrès ukrainien canadien (qui représente, dit-il, 1,4 million de personnes) appelle à une manifestation ce jour devant le cinéma et exige que le film soit retiré. Parce que selon cette organisation créée par les nazis ukrainiens réfugiés au Canada après la guerre, cette coproduction franco-canadienne est un film de propagande russe.

Il ne se rendent même pas compte de l’absurdité de la chose : la France et le Canada qui financeraient la propagande de guerre russe…

Le problème pour eux est que Anastasia Trofimova a filmé ce qu’elle a vu, et que ça ne correspond pas à la propagande ukrainienne. Elle n’a pas vu de monstres, mais des soldats ordinaires. Elle n’a pas vu de crimes de guerre, mais des combats…

En bref la réalité n’est pas une « guerre d’agression génocidaire » menée par une armée russe « qui viole, torture, assassine et déshumanise les Ukrainiens », « qui tue, viole et torture les Ukrainiens depuis dix ans », comme le prétend le Congrès ukrainien canadien, qui se donne même le ridicule d’accuser la réalisatrice d’avoir violé les frontières de l’Ukraine…

On va voir si le Festival du Film de Toronto résiste ou non à cet assaut des toujours aussi virulents descendants des nazis ukrainiens.

Les sanctions, ça marche

Les avoirs en or de la Russie ont atteint un niveau record de 188,8 milliards de dollars. Pour la première fois depuis près de 25 ans, l’or représente désormais plus de 30% des réserves internationales du pays.

Les fondations ont toujours été posées sur l’or.

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La Russie a augmenté ses achats quotidiens d’or de 601 % ce mois-ci et pratiquera bientôt le troc avec la Chine afin de contourner la surveillance du système financier occidental.

Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour voir où cela nous mène.

Réveillez-vous !

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A propos du troc, Serguei Lavrov a en effet déclaré il y a une semaine à l’Institut des Relations internationales de Moscou :

« Près de 95% des échanges avec la Chine se font en roubles et en yuans. Je ne vois pas la nécessité d’un système de troc avec la Chine à ce stade, bien qu’il n’y ait rien de mal à cela. Si c’est pratique et que cela vous permet de ne pas dépendre des transferts bancaires, que les États-Unis et leurs alliés tentent de supprimer par tous les moyens possibles, alors pourquoi pas. »

Ubukraine

Dmytro Kortchynsky est le président du parti ukrainien Fraternité, qui se définit ainsi : « Parti de Jésus-Christ, Réseau national chrétien – communauté chrétienne révolutionnaire » (logo rouge). En 2014 il avait fondé le « bataillon Sainte Marie » pour combattre les séparatistes du Donbass (logo vert).

Il déclare :

« Au nom de la survie de la nation, il est nécessaire d’interdire non seulement aux hommes astreints au service militaire de partir, mais aussi aux enfants. Nous comprenons que les enfants qui sont partis ne reviendront pas en Ukraine. Ils ne sont pas élevés par des Ukrainiens. Si quelqu’un ne comprend pas qu’il doit aimer l’Ukraine, alors nous l’obligerons à aimer l’Ukraine, qu’il le veuille ou non. Nous vous obligerons à rester ici, nous vous obligerons à vous battre ici ou à soutenir le front. Les enfants ukrainiens ne doivent pas entendre le polonais ou l’allemand lorsqu’ils communiquent. Ils doivent grandir au son de la sirène d’alerte aérienne. Ils doivent grandir ici, en Ukraine, et haïr leurs ennemis. Ils doivent assister aux funérailles de nos héros et à celles des victimes civiles. Ils doivent comprendre que la responsabilité de l’Ukraine leur incombera très bientôt, lorsque les générations précédentes mourront. »

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Sur les réseaux de propagande ukrainienne : « Comment un F-16 abat un shahed ».

Les images viennent du jeu vidéo Digital Combat Simulator.

Et c’est un peu étrange de faire du F-16 un chasseur de drones…

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Les archives du Canada devaient publier à la fin de ce mois la liste (en totalité ou en partie) des 900 noms de criminels de guerre nazis qui se sont réfugiés dans le pays après la Seconde Guerre mondiale. Mais des consultations à huis clos ont eu lieu sur l’opportunité de divulguer les données, et les autorités hésitent. On sait que des représentants de la diaspora ukrainienne ont participé à ces consultations, mais il n’y avait pas de descendants de victimes de l’Holocauste : ce sont eux qui insistent pour que la liste soit rendue publique. Par conséquent, on ne sait toujours pas si la liste sera divulguée ou non.

La photo est celle de Himmler passant en revue la division SS Galicie, photo toujours actuellement utilisée sur les affiches incitant les jeunes Ukrainiens à rejoindre l’armée…