Russophobie aigüe

En mars dernier, le président de la Biennale de Venise, Pietrangelo Buttafuoco, avait décidé que la Russie pourrait y participer. Ce qui avait suscité la condamnation unanime de l’établissement politico-culturel, depuis le gouvernement de Meloni annonçant qu’il enverrait des inspecteurs pour vérifier que ⁠la manifestation ne viole pas les sanctions, jusqu’à la Commission européenne menaçant de supprimer sa subvention de 2 millions d’euros.

Hier, alors que s’ouvraient les journées réservées à la presse, Buttafuoco a déclaré :

« Ce monde né de ‌la Révolution française, des Lumières et de la laïcité s’est transformé en son exact opposé : un laboratoire d’intolérance, où l’on réclame la censure, la fermeture et l’exclusion. La Biennale n’est pas un tribunal ; c’est ‌un jardin de paix. Nous ne pouvons pas fermer, nous ne pouvons pas ⁠boycotter comme réponse automatique. Nous pouvons et devons discuter. »

On pourrait donc croire que ce valeureux défenseur de la liberté rappelait avec fermeté que la Russie allait participer pleinement. Mais ce n’est pas du tout le cas : le pavillon russe n’est ouvert que pendant les jours de pré-ouverture réservés à la presse. Après, il sera fermé, et l’on ne pourra voir que des vidéos projetées sur le mur…

C’est que le « monde né de ‌la Révolution française, des Lumières et de la laïcité » n’a jamais été et n’est pas du tout un monde de liberté, n’en déplaise à M. Buttafuoco… qui en fait la démonstration.

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Cela dit, la Biennale de Venise est depuis longtemps le rendez-vous de toute la chienlit culturelle occidentale, une vitrine de la décadence la plus extrême et du n’importe quoi érigé en chef-d’œuvre. Un exemple parmi tant d’autres : devant le pavillon autrichien, la « performeuse et chorégraphe » Florentina Holzinger se pend la tête en bas dans une cloche, son corps nu remplaçant le battant. À l’intérieur, elle a « créé une vision dystopique de nos systèmes hydriques » : entièrement nue, elle tourne en rond sur un jet-ski « pour dénoncer la catastrophe écologique engendrée par le tourisme de masse » ; un groupe de performeurs (nus) escalade une immense girouette, « symbole de la force de l’action collective »; et un « performeur » (en combinaison)  vit dans une station d’épuration reconstituée, alimentée par les fluides corporels du public ». Sic. Le pavillon décrit comment « le système de recyclage en circuit fermé sert de métaphore crue à une vie vécue dans les rebuts des autres – un reflet viscéral d’un ordre mondial où les populations vulnérables et des nations entières sont reléguées aux poubelles des puissants ».

Il est vrai que si des Russes venaient y montrer de l’art, ça ferait tache…

Parabole

Dans le cadre des réjouissances populaires suite à la victoire du PSG en demi-finale de Ligue des champions (à Munich), les supporters en liesse ont saccagé l’exposition de photographies de Yann Arthus-Bertrand sur la place de la Concorde.

Exposition intitulée « Vivre ensemble »…

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D’autre part les émeutes se sont soldées par 23 policiers blessés et 127 interpellations. Mais ça c’est la tradition.

Le naufrage irlandais

Dans un pays de tradition catholique on continue de se marier à l’église, même si on ne croit plus en rien. Mais en Irlande, en 2024, le nombre de mariages civils a dépassé le nombre de mariages catholiques : 6.743 contre 6.425.

Le nombre total de mariages a baissé de 7,7% entre 2014 et 2024, le nombre des mariages catholiques de 51%…

En 1972 l’Irlande pouvait se targuer d’un taux de 91% de « catholiques pratiquants » (qui vont à la messe au moins une fois par mois). Taux descendu à 81% en 1990, puis qui a dégringolé à 48% en 2006, à 24% juste avant le covid, tandis que 41% d’entre eux disent ne pas être retournés à la messe après la dictature covidienne…

En Irlande comme en France, on croit que la hausse des fameux « baptêmes d’adultes » va changer la donne…

Un sommet woke

Les gazettes américaines célèbrent un événement « historique » : pour la première fois un homme noir déguisé en femme, paralysé, en fauteuil roulant, participe au gala du MET (Metropolitan Museum of Art, New York) célébrant « l’art du costume ».

Aaron Rose Philip, dit « Aariana », est la « première femme transgenre noire tétraplégique à signer avec une grande agence de mannequins »…

Une première à Santorin

Pour la première fois, hier, la fête de sainte Irène de Thessalonique, patronne de la célèbre île grecque de Santorin, a pu être célébrée de façon grandiose et toute la journée, parce que par décret présidentiel datant de septembre dernier, le 5 mai est désormais jour férié sur l’île.

La journée a commencé par une divine liturgie solennelle célébrée par le métropolite Amphilochios de Thira. Dans l’après-midi a eu lieu un spectacle dans la cour de la cathédrale, en présence des autorités religieuses et civiles, et le soir un concert de Sokratis Charis.

Le nom de Santorin (en grec comme en italien Santorini) vient de sainte Irène. Les premiers Occidentaux, sans doute des croisés italiens, à venir sur l’île avaient débarqué dans une baie où il y avait une église dédiée à sainte Irène, Irini en grec. Ils avaient appelé l’île « Santa Irini », qui au fil du temps est devenue Santorini pour tout le monde, alors que son nom est Thira, et que c’est son nom officiel depuis l’indépendance de la Grèce.