En Géorgie

Compte rendu d’une interview du Premier ministre de Géorgie Irakli Kobakhidze sur Imedi TV au lendemain des grandioses funérailles du patriarche Elie II.

Le Premier ministre géorgien, Irakli Kobakhidze, a déclaré mercredi que les traditions chrétiennes profondément enracinées de la Géorgie et ses 1.700 ans d’histoire vouaient à l’échec toute tentative visant à imposer ce qu’il a qualifié de « fausses idéologies » à la place du christianisme.

Dans son interview accordée à Imedi TV, M. Kobakhidze a souligné que la Géorgie est un pays qui se distingue par sa culture et son héritage chrétiens, et a insisté sur l’importance de renforcer la foi et les valeurs religieuses au sein de la société.

Il a ajouté que les récents événements dans le pays démontrent que les campagnes visant à répandre la haine et à saper l’Église n’ont pas abouti, affirmant que ces efforts comprenaient des attaques ciblées contre l’Église, le clergé et le patriarche, mais qu’ils ont finalement échoué à atteindre leurs objectifs.

« Outre la haine, ils ont tenté d’imposer une fausse idéologie à notre population, et cela s’est traduit en partie par une lutte directe contre l’Église, notamment par des campagnes menées contre l’Église, contre le patriarche personnellement et contre le clergé. Ces campagnes ont été vaincues ces derniers jours, et tout ce que nous avons vu ces derniers jours en était l’expression. Ces derniers jours ont été un signe clair non seulement pour nous, mais pour tous ceux qui observent l’évolution de la situation dans notre pays. Ils montrent que la haine ne peut vaincre l’amour, et qu’aucune fausse idéologie ne peut l’emporter sur le christianisme en Géorgie », a déclaré le Premier ministre.

M. Kobakhidze a en outre fait valoir que ces campagnes étaient délibérées et s’inscrivaient dans une tendance mondiale plus large visant à remettre en cause l’autorité, y compris celle des institutions religieuses. Il a souligné que l’Église géorgienne et le patriarche jouissaient depuis longtemps d’une grande confiance auprès du public, ce qui en faisait des cibles privilégiées.

« Toute tentative d’introduire de fausses idéologies en Géorgie à la place du christianisme est vouée à l’échec. Je reviendrai une fois encore sur ces campagnes. Elles étaient délibérées et avaient un objectif précis ; en général, elles visent les autorités. Cette idéologie se caractérise, partout dans le monde, par le refus de toute autorité. Vous savez qu’au fil des ans, et jusqu’à ce jour, le patriarche et l’Église mère ont joui d’une autorité exceptionnelle, ce qui explique précisément pourquoi l’Église et le clergé figuraient parmi les cibles principales de ces campagnes. En fin de compte, cependant, nous avons tous constaté que le succès de telles campagnes est absolument impossible dans notre pays. Mais cela ne signifie pas que nous ne devons pas rester prudents et vigilants. Tout doit être mis en œuvre pour que notre société grandisse encore davantage dans la foi, que les valeurs chrétiennes soient renforcées dans notre pays et que l’Église soit encore plus forte. En fin de compte, tout cela signifie le renforcement et la consolidation de notre État », a-t-il conclu.

La dérive

Le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg, ancien rapporteur du synode synodal, précise sa pensée sur l’ordination sacerdotale des femmes :

« Je ne peux pas imaginer, à long terme, comment l’Église pourrait subsister si la moitié du peuple de Dieu souffrait de ne pas avoir accès au ministère ordonné. (…) J’ai également appris, en tant qu’évêque, que ce n’est pas seulement une revendication de quelques associations de femmes de gauche. »

C’était lors d’un symposium, à Bonn, le 19 mars, intitulé « Synodalité et Praedicate Evangelium – deux éléments fondamentaux de la réforme de l’Église du pape François ».

En 2020 il disait : « Je ne sais vraiment pas. Mais j’y suis ouvert. Il est clair, cependant, que la situation actuelle n’est pas suffisante. »

Aujourd’hui il sait que la moitié féminine du peuple de Dieu doit avoir accès au sacerdoce. Toutefois il constate que c’est une revendication occidentale, et qu’il faudra encore du temps pour que cette question soit abordée de la même manière dans toutes les cultures…

Le même jour, l’évêque d’Anvers, Mgr Johan Bonny, annonçait dans une lettre pastorale son intention d’ordonner prêtres des hommes mariés d’ici 2028 (donc de façon ouvertement illicite). Cela n’est pas passé inaperçu dans la presse, mais on n’a pas remarqué qu’il était aussi question de l’ordination des femmes, même si c’est de façon moins brutale que chez Hollerich : « Un point difficile reste la demande de rendre le sacrement de l’ordre accessible aux femmes, à commencer par l’ordination diaconale. »

Ce matin, le pape s’est fendu d’un long message « à la Très Révérende et Très Honorable Dame Sarah Mullally, Archevêque de Cantorbery » à l’occasion de son « intronisation », hier. Le baratin de congratulation et d’éloge du dialogue œcuménique (avec recours deux fois à Paul VI et deux fois à François) se termine ainsi :

« Avec ces sentiments fraternels, j’invoque sur vous les bénédictions de Dieu Tout-Puissant alors que vous assumez vos hautes responsabilités. Que le Saint-Esprit descende sur vous et rende fructueux votre service du Seigneur. »

Il n’y a nulle part la moindre allusion au fait que, quoi qu’on pense des ordinations anglicanes, une femme ne peut pas être archevêque. Quant à l’appel au Saint-Esprit pour que cette imposture soit fructueuse…

Et les Géorgiens insistent…

A la suite des obsèques du patriarche Elie II de Géorgie, le métropolite qui assure l’intérim, en compagnie de six autres métropolites, du secrétaire du patriarche, et du responsable du service des relations publiques du patriarcat, a reçu la délégation de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, puis a publié un communiqué remerciant l’Eglise orthodoxe ukrainienne de son assistance fraternelle.

C’est comme une deuxième claque au patriarche Bartholomée, pour qui la seule Eglise orthodoxe d’Ukraine est celle qu’il a fabriquée avec Porochenko et la CIA, et qui n’était pas invitée aux obsèques qu’il présidait.

A ce propos, le protodiacre et ancien député Vadim Novinsky, qui faisait partie de la délégation ukrainienne au Phanar, lors de la constitution de l’Eglise Porochenko, a déclaré hier que le patriarche s’était appuyé sur des données manifestement fausses concernant la situation en Ukraine : « D’après ses informations, 40 % des Ukrainiens soutiennent la création d’une nouvelle structure, tandis que notre Église canonique ne recueille que 15 % de soutien. Je lui ai dit : Ce n’est pas vrai, c’est un mensonge. On vous donne des informations erronées. » De plus, le patriarche Bartholomée affirmait que 30 évêques de l’Église orthodoxe ukrainienne seraient prêts à participer au concile d’unification, ce qui représentait à ce moment-là environ un tiers de l’épiscopat. « Encore une fois, ce n’est pas vrai. On vous trompe ou vous nous trompez », avait répondu Vadim Novinsky, qui ajoute : « Lorsque nous étions chez lui, il a promis – je l’ai entendu de mes propres oreilles – qu’ils ne feraient pas de mal à l’Église orthodoxe ukrainienne. “Nous ne prendrons pas de mesures irréfléchies et injustifiées. Nous ne ferons pas de mal à l’Église d’Ukraine.” Mais il a rompu ses promesses, il ne les a pas tenues. » Ainsi, la responsabilité de toutes les conséquences incombe au patriarche : « Ce sang qui coule – celui de nos fidèles qui défendent nos églises, de nos prêtres, de nos fidèles, de nos évêques – tout ce sang est sur ses mains. »

La phrase du jour

« “C’est toujours Poutine” derrière chaque crise migratoire de l’UE », titre le Financial Times, citant le commissaire européen aux migrations Magnus Brunner.

La phrase exacte : « It’s always Putin who is involved in those big migration movements ». « C’est toujours Poutine qui est impliqué dans ces grands mouvements migratoires. »

La Syrie, c’est Poutine, la Libye, c’est Poutine, et s’il y a une vague de migrants iraniens, ce sera la faute de Poutine.

Sic. Le fanstasme russophobe aigu atteint des sommets. Et il n’y a pas de traitement.

France pourrie

Le CESE (l’ancien Conseil économique et social, devenu CESE par adjonction de l’écologie) se penche demain (le jour de l’Annonciation…) sur la question : « Comment défendre nos principes démocratiques face aux stratégies anti-genre ? » Sera présenté un projet de résolution intitulée « Consolider et organiser la défense de nos principes démocratiques face aux stratégies anti-genre » :

« Depuis plus de vingt ans, les mouvements anti-genre se développent et gagnent en visibilité et en impact. Prônant une vision inégalitaire et restrictive de l’organisation sociale et des rapports entre les individus, ils déploient une conception conservatrice et hiérarchisée des rôles sociaux. Initialement perçus comme marginaux, ces discours ont progressivement trouvé des relais plus larges, médiatiquement et politiquement. »

Extraits de la suite du texte :

« En Europe, les mouvements anti-genre sont principalement financés par certains réseaux intégristes d’obédience chrétienne et partagent un principe : les règles religieuses priment sur les règles démocratiques. Si ces positions ne peuvent être assimilées aux convictions ou aux pratiques des fidèles dans leur ensemble, ces mouvements s’inscrivent dans un contexte plus large de montée des discours conservateurs portant sur les normes sociales, familiales et de genre. »

« Plus d’1 milliard de dollars (sic), c’est le montant mobilisé en 5 ans en Europe par les mouvements anti-genre pour renforcer leur présence, élargir et structurer des réseaux, développer des stratégies d’influence et accroître ainsi leur audience dans le débat public. »

« Loin d’être un simple courant d’opinion, les mouvements anti-genre sont devenus de véritables écosystèmes avec une stratégie d’action coordonnée au niveau international qui disposent d’une force de frappe financière sans précédent. »