Un lecteur m’a envoyé dimanche un lien vers un article d’un prêtre de la curie, Romano Tommasi, sur le Filioque.
Cela commence par un très long développement censé réfuter l’argument des orthodoxes disant que le concile d’Ephèse a interdit d’ajouter quoi que ce soit au Credo de Nicée-Constantinople. Cet argument est faible, car toute l’histoire de l’Eglise, comme toute l’histoire profane, est pleine d’interdits de ce genre qui ne sont jamais respectés. Mais l’interminable et inutile démonstration du P. Tommasi se retourne contre lui. Il souligne que le Credo arménien a fait des ajouts. En effet. Mais ils ne modifient en rien la foi exprimée par le Credo, contrairement au Filioque. Et quand il déclare : « Aujourd’hui les orientaux orthodoxes (les Eglises miaphysites ou non chalcédoniennes) ont toutes des Credo qui vont au-delà de la stricte règle du concile d’Ephèse », il fait frauduleusement des « Eglises miaphysites ou non chalcédoniennes » des Eglises orthodoxes alors que les orthodoxes ne les reconnaissent pas comme telles, et la vraie conclusion est que toutes les Eglises catholiques (Rome, Constantinople, Antioche, Jérusalem, Alexandrie) avaient le même Credo de Nicée-Constantinople, inchangé, jusqu’à ce que Rome le change.
Ägidius Zsifkovics, évêque d’Eisenstadt (Autriche), a traversé la nef de l’église de Neckenmarkt en trottinette, pour conférer la confirmation à 25 adolescents. Il a expliqué :
« J’ai essayé d’adapter le sermon au monde d’aujourd’hui. On m’a dit que les enfants d’ici se déplaçaient beaucoup en trottinette. Je voulais simplement aller à leur rencontre là où ils se trouvent et essayer de leur expliquer le Saint-Esprit en utilisant ce moyen de transport moderne. »
Moyen de transport moderne… La trottinette… Passons… Mais où est le rapport avec le Saint-Esprit ?
Ägidius Zsifkovics a exprimé son espoir que l’Église apporte son soutien aux jeunes tout en restant « crédible ».
Ce n’est pas avec un évêque faisant le clown sur une trottinette que l’Eglise sera crédible…
Le prêtre jésuite Nicholas Leeper se prend pour un artiste et sa dernière production est une collection de fausses icônes byzantines tellement ignobles que l’archidiocèse de New York en a annulé in extremis l’exposition qui devait se tenir au Sheen Center, dédié au « dialogue entre la foi et la culture contemporaine ». (C’est du moins ce qu’on suppose, en l’absence de toute déclaration et de toute explication.)
L’exposition, qui s’intitule « Le crépuscule des idoles » (sic, en référence à Nietzsche, sic) a trouvé refuge dans la chapelle Sainte-Marie de la paroisse Saint-François-Xavier de New York, lieu de résidence de l’artiste.
Les « œuvres » de Nicholas Leeper sont un mélange de (vieux) pop art et de vielles publicités, sous forme d’icônes byzantines. Quand on sait comment les icônes ont été définies par le septième concile œcuménique, et comment les orientaux les considèrent encore aujourd’hui (à savoir ce que la théologie latine appelle des sacramentaux, et des fenêtres sur le Ciel), on peut comprendre que l’Eglise catholique est une fois de plus un sujet d’horreur pour les orthodoxes, en ce temps de soi-disant œcuménisme.
Parmi les pièces maîtresses de l’exposition, la plus blasphématoire : « La Vierge à l’enfant (Tomatokos) », où l’enfant Jésus est donc une conserve de tomate. Le mot Tomatokos se moque du mot Theotokos, Mère de Dieu, littéralement « génitrice de Dieu », défini au concile d’Ephèse.
En dessous, « La Vierge à l’enfant (la plus pure protection) », faisant allusion à la protection de la Mère de Dieu, surtout célébrée chez les slaves (Pokrov), protection qui est donc de la poudre de talc.
L’une des plus immondes « icônes » du jésuite est intitulée « La Visitation », comme l’indiquent les inscriptions en grec, avec « Sainte Elisabeth » en gros caractères, et l’abréviation pour « Mère de Dieu ». Toutes deux (qui sont enceintes) font de la publicité pour les cigarettes…
A gauche, Nicholas Leeper, en col romain, pendant la présentation à la presse. A droite, « Madonna del Parto (Il était une fois… à Bethléem) » : la Sainte Vierge enceinte sous les traits de Sharon Tate. Au centre : « La Crucifixion (le baiser est meilleur avec un pansement). » Cette reprise d’une publicité est plus stupidement grotesque que blasphématoire, mais les orientaux voient tout de suite sur la croix les trois lettres sacrées qui indiquent le Christ (Celui qui Est). Quant au pansement il mélange le grec et le latin…
A gauche, « Saint Abraham (les trois étrangers) », reprenant de façon particulièrement laide la publicité Coca-Cola, Abraham en Père Noël et les trois « étrangers » (selon la tradition patristique et dans l’iconographie russe les trois Personnes de la Sainte Trinité), trois bouteilles de soda… A droite, « Judith décapitant Holopherne » (sic), avec une inscription grecque très approximative (Judith s’écrit : ΙΟΥΔΙΘ).
Ici un autre prêtre en admiration devant deux œuvres de son collègue : en haut « L’appel de Lévy » (saint Matthieu), en dessous… « L’Annonciation »…
L’exposition se termine le 29 mai. Jour de la « 33e messe des ministères LGBT+ ». (La paroisse a non seulement un ministère catholique gay et un ministère catholique lesbien, mais aussi un ministère « sexe migrant ».)
Ce fut une première historique, hier, que la présentation d’une encyclique pontificale par une personne qui n’est pas membre de l’Eglise et qui se revendique comme athée. (Faut-il souligner qu’il ne s’agissait pas d’un colloque universitaire, mais de la présentation d’un document du magistère…)
LifeSiteNew a trouvé sa présentation sur le site Sentientism.info. Le site des « sentientistes », à savoir de ceux qui ne font de différences entre les « individus sentients », à savoir les êtres qui ressentent des sensations (en bref tous les vertébrés mais pas seulement : le poulpe aussi, etc.) :
Il est végan éthique et athée, ce qui implique qu’il a une vision du monde sentiocentrée et naturaliste.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, le « végan éthique » est celui dont le véganisme est une philosophie de vie, par distinction avec celui qui n’est végan que pour des raisons environnementales.
Chris Olah est donc clairement antichrétien, donc particulièrement anticatholique. En 2010 il appuyait le mouvement demandant l’interdiction de la venue du pape en Grande-Bretagne, et l’année suivante il appuyait le mouvement demandant que le pape soit poursuivi pour crimes contre l’humanité.
Mais sans doute y a-t-il une différence entre Benoît XVI et Léon XIV, puisque le même Chris Olah est désormais un collaborateur du Saint-Siège…
Voici donc la première encyclique de Léon XIV. Magnifica humanitas : une leçon de morale humaniste sur l’intelligence artificielle. Présentée notamment par Christopher Olah, cofondateur d’une des principales entreprises d’IA, ouvertement athée, que le pape a publiquement remercié pour sa présence et sa contribution. Et sa future collaboration, car l’Eglise va continuer à travailler avec Olah afin de « trouver une voie pour l’humanité à l’ère de l’IA »…
Autres contributeurs, l’immonde Tucho, naturellement, qui est toujours le préfet du dicastère pour la doctrine de la foi, Anna Rowlands, qu’on voit sur la photo à coté d’Olah, professeur·e (voir son carton) de théologie politique et éthique théologique des migrations humaines (sic), qui a contribué à la rédaction de Fratelli tutti de François, d’où le couplet hors sujet de l’encyclique sur les migrants… Et aussi le cardinal jésuite et bergoglien Michael Czerny, préfet du dicastère pour le service du développement humain intégral, et Leocadie Lushombo, professeur·e de théologie politique et pensée sociale catholique, qui collaborait déjà avec François…
Bref, il faut utiliser l’intelligence artificielle de façon morale et respectueuse de « l’humain ».
Le monde va acquiescer : il est très bien, ce pape. Puis tout le monde va oublier. Et l’Eglise de Rome va continuer sa dérive maçonnico-pachamamesque…