Une alerte de l’Église orthodoxe russe hors frontières

Ci-après le communiqué publié hier par le Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe hors frontières exprimant son inquiétude face à la résurgence en Russie d’une idéologie néo-soviétique. L’histoire de cette Eglise (aujourd’hui réconciliée avec le patriarcat de Moscou) implique une très vive sensibilité à tout ce qui peut paraître un retour à l’ère soviétique. C’est évidemment exclu, mais elle a raison d’attirer l’attention sur des manifestations de mémoire quelque peu déplacées (en dehors mêmes des célébrations du 80e anniversaire de la victoire et de ses inévitables débordements néo-staliniens).

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Russie : davantage de cliniques pro-vie

Lors d’une conférence de presse, le père Feodor Loukian, président de la Commission patriarcale pour la protection de la famille, de la maternité et de l’enfance, a fait savoir que désormais 686 cliniques privées refusent de pratiquer des avortements, soit une hausse de 28,9% en un an.

Le prêtre a également souligné que des mesures visant à soutenir les initiatives de l’Église concernant les restrictions en matière d’avortement ont été adoptées dans 87 régions du pays. « Mais nous aimerions beaucoup que les responsables régionaux qui n’ont pas encore rejoint cette initiative y participent, car ils devront ensuite rendre compte au président des taux de natalité dans leur région… »

De plus en plus de demandes émanant des administrations de tout le pays demandent que cette question soit résolue au niveau fédéral.

« Toutes les mesures – juridiques, organisationnelles et restrictives – doivent poursuivre un seul objectif : chaque enfant que le Seigneur envoie ici doit naître dans notre pays, car personne n’est superflu aux yeux de Dieu. »

Haro sur la Géorgie (encore)

Les deux fanatiques greluches de la dictature eurocratique Kaja Kallas et Marta Kos ont pondu un communiqué commun pour condamner la Géorgie, au prétexte que la loi sur les agents étrangers, déjà maintes fois vilipendée, entre en vigueur aujourd’hui. Or c’est tout simplement une loi de bon sens (calquée sur la loi américaine analogue) qui oblige toute entité représentant un pays, organisation ou parti étrangers à déclarer ses activités aux autorités.

C’est une loi de transparence démocratique. Mais pour les furies européistes elle « marque un sérieux revers pour la démocratie dans le pays » et « constitue une nouvelle mesure agressive des autorités géorgiennes visant à réprimer la dissidence, restreindre les libertés et réduire encore davantage l’espace dont disposent les militants, la société civile et les médias indépendants », menaçant « l’existence même des fondements démocratiques de la Géorgie et l’avenir de ses citoyens dans une société libre et ouverte » Sic.

Le Conseil européen, poursuit le communiqué, a déjà dit que « cette ligne de conduite compromettait la voie de la Géorgie vers l’UE », et d’ailleurs le processus d’adhésion est « suspendu ». « L’UE est prête à envisager le retour de la Géorgie sur la voie de l’adhésion à l’UE si les autorités prennent des mesures crédibles pour inverser le recul démocratique. »

Les eurocrates s’énervent parce que, alors que l’Arménie, théoriquement candidate à l’UE, se tourne de plus en plus vers la Russie (son président était à Moscou le 9 mai), il pourrait bientôt en être de même de la Géorgie, pays qui n’a pourtant plus de relations diplomatiques officielles avec Moscou depuis 2008.

Avant-hier, le président de la commission des Affaires étrangères du Conseil de la Fédération de Russie (Sénat), Grigory Karassine, a déclaré (on notera la différence de ton, qui ne peut laisser indifférents les Géorgiens) :

« Nous serions heureux de rétablir nos relations diplomatiques. Pour des raisons historiques, nous disposons actuellement d’une section à l’ambassade de Suisse à Tbilissi, composée de nos diplomates. Son nom correspond à celui de la section à l’ambassade de Suisse à Moscou, qui représente les intérêts de la Géorgie. Elle est composée de diplomates géorgiens. En d’autres termes, les relations dans leur ensemble deviennent plus actives. Nous pensons que ces dernières années, l’élite politique et les dirigeants politiques géorgiens ont considérablement mûri. La Géorgie est désormais pleinement engagée dans une approche responsable. Elle ne veut plus se battre pour les intérêts d’autrui. Cela trouve un écho favorable dans l’opinion publique russe. Et lentement mais sûrement, le tourisme se redresse et les visiteurs géorgiens commencent à arriver en Russie. »

Les croix ne doivent pas disparaître

Ces derniers mois sur les réseaux sociaux russes de nombreuses personnes dénonçaient le fait que de plus en plus de publicités, de dépliants divers et variés, utilisant des photos d’églises et de monastères, supprimaient les croix, comme les publicitaires occidentaux le font depuis plusieurs années « au nom du respect de la diversité ». Cela a été vu jusque sur un billet de banque.

Le Parlement russe s’est emparé de l’affaire le 25 mai, introduisant une proposition de loi visant à rendre obligatoire l’utilisation des symboles religieux des principales confessions traditionnelles comme partie intégrante des images des édifices religieux. Les images d’églises sans croix dans les médias, sur Internet, dans le commerce, sur les panneaux officiels, dans la publicité, les annonces et sur les enseignes seront considérées comme une offense aux sentiments des croyants, punie d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison.

L’abbesse Ksenia Tchernega, qui dirige le département juridique du Patriarcat orthodoxe russe, avait appelé en avril à l’introduction d’une interdiction légale des images d’églises sans symboles religieux. Le 21 mai, lors du Forum juridique international de Saint-Pétersbourg, elle avait annoncé qu’un projet de loi à cet effet serait présenté prochainement. « La question se pose de savoir s’il est acceptable de représenter les coupoles des églises orthodoxes sur des affiches, des annonces, des publicités, des billets de banque ou, par exemple, sur les logos des entités fédérées de la Fédération de Russie sans croix. À notre avis, cela est inacceptable », avait-elle dit. C’est ce jour-là que le blason de la Russie avait retrouvé ses croix sur le site de la présidence…

Lavrov et l’Ukraine

Les gazettes qui font état du refus de Serguei Lavrov de mener des négociations avec l’Ukraine au Vatican ne citent que le début de son propos, parce qu’elles refusent de connaître la situation ukrainienne, notamment en matière religieuse.

Serguei Lavrov s’exprimait dans le cadre d’une conférence intitulée « Les terres historiques du sud de la Russie : identité nationale et autodétermination des peuples ».

Au sujet de la proposition du Vatican (appuyée par Donald Trump), il a dit qu’il était contre « le gaspillage d’efforts pour élaborer des options qui ne sont pas tout à fait réalistes ». Parce que le Vatican n’est pas le lieu pour évoquer les causes profondes du conflit, ce qui doit être au cœur du règlement de paix, comme le répètent sans cesse les dirigeants russes :

« Imaginer le Vatican comme lieu de négociations : je dirais que c’est un peu inélégant, que des pays orthodoxes aillent discuter de questions liées à l’élimination des causes profondes sur un sol catholique. »

Car, a-t-il souligné, l’une de ces causes profondes est la persécution permanente de l’Eglise orthodoxe ukrainienne et la volonté acharnée du régime de Kiev d’éradiquer cette Eglise.

Or le Vatican est lié à l’Eglise grecque-catholique ukrainienne, qui soutient l’Eglise du pouvoir contre l’Eglise orthodoxe dont elle approuve ouvertement l’interdiction.

Il résulte du propos de Lavrov (c’était déjà le cas dans son discours du 20 mai) que les Russes n’admettront pas et ne permettront pas la suppression de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, et il le dit au moment même où commence concrètement le processus.