Les croix sont de retour

Un certain nombre de Russes qui ont de bons yeux ou une loupe avaient remarqué que le tout petit blason russe du bandeau du site du président de la Russie n’avait pas de croix mais des losanges (esquissant des diamants héraldiques). Il y avait eu une campagne sur internet pour le déplorer. Hier le blason a retrouvé ses quatre croix : celles des couronnes et celle du globe.

La Russie isolée…

En voyant hier des extraits de l’intervention de Dmitri Medvedev au XIIIe Forum juridique international de Saint-Pétersbourg, je me disais qu’il y avait là vraiment beaucoup de monde pour une réunion sur un tel thème.

De fait, il y avait plus de 5.600 participants, venant de quelque 80 pays, a déclaré l’organisateur de l’événement, Anton Kobyakov, conseiller du président russe, à l’issue du Forum.

« Il s’agit de présidents et de juges de cours constitutionnelles et suprêmes étrangères, de procureurs généraux, de personnalités du monde juridique. Tout cela confirme l’intérêt unique que suscite la juridiction russe. »

Et cela notamment pour des partenariats à long terme. Anton Kobyakov a souligné l’importance de l’intérêt des pays étrangers pour le Forum juridique de Saint-Pétersbourg dans un contexte où les organisations internationales, y compris l’ONU, sont remises en question.

Léon XIV porte une croix… orthodoxe russe

La croix pectorale qu’arborait ces derniers jours Léon XIV est une croix… orthodoxe russe. Cela a été remarqué par des internautes ukrainiens, et confirmé par l’archevêque Jonas d’Oboukhiv, vicaire du diocèse de Kiev de l’Eglise orthodoxe ukrainienne sur sa page Facebook.

Cette croix fut la première croix pectorale russe d’allure « latine » (« à quatre pointes », disent les orientaux, alors que les croix byzantines sont « à six pointes »). Elle a été instituée par le tsar Paul Ier le 18 décembre 1797, comme distinction du Saint-Synode aux prêtres méritants.

Le tsar donna au Saint-Synode le choix entre quatre inscriptions au revers. Le Saint-Synode choisit celle qui était une paraphrase de la première épître de saint Paul à Timothée ch. 4 v. 12 : « Sois un modèle fidèle en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté. »

L’inscription est donc, en dessous du monogramme du tsar : « Au prêtre qui donne l’exemple par sa parole et sa vie fidèles ».

En dessous il est écrit : « Etabli pendant le pieux règne du Grand Souverain Empereur Paul Ier en 1797 », et plus bas : « 18 décembre ».

Il se trouve que cette croix a été instituée alors que Paul Ier venait de se déclarer protecteur de l’Ordre de Malte à l’invitation du grand-maître Ferdinand von Hompesch. (L’Ordre avait été aboli en France par la Révolution, et à partir d’août 1797 quelque 90% de ses revenus provenaient de Russie.)

Toutefois, la croix authentique, en argent, comporte deux poinçons (en bas), qu’on ne voit pas sur celle du pape. Il n’est donc pas certain qu’elle comporte les inscriptions du revers. Mais elle a bel et bien l’inscription І.Н.Ц.І., en slavon, et non INRI.

Le rouble superstar

Selon Bloomberg, le rouble russe est devenu à la mi-avril la monnaie la plus performante au monde, avec depuis le début de l’année une hausse de 38 % face au dollar. Une performance qui dépasse même celle de l’or.

D’après les analystes cités par Bloomberg, cette envolée du rouble s’explique par une conjonction de facteurs internes et externes. D’un côté, la Banque centrale de Russie maintient des taux d’intérêt élevés, attirant ainsi des flux d’investissement vers les actifs libellés en roubles. Cette politique monétaire restrictive vise à contenir l’inflation tout en consolidant la stabilité financière du pays. De l’autre, les États-Unis voient leur devise fragilisée par une montée des tensions commerciales.

Autrement dit, les sanctions ça marche. De mieux en mieux.