La rencontre hier entre responsables russes et américains à Istanbul avait pour but principal de normaliser les relations diplomatiques entre les deux pays.
Aujourd’hui, Steve Witkoff, l’envoyé spécial du président des Etats-Unis, est de nouveau en Russie. En fin de matinée il a rencontré Kirill Dmitriev à Saint-Pétersbourg. Il rencontre une nouvelle fois Vladimir Poutine cet après-midi. (Dmitriev était l’envoyé de Poutine à Washington le 3 avril.)
*
L’ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine, Bridget Brink, démissionne. C’est une amie de Victoria Nuland et elle n’est plus en phase avec la nouvelle politique américaine… et elle ne peut plus distribuer l’argent de l’USAID à ses clients…
« En ce qui concerne l’utilisation des avoirs russes gelés, nous sommes en train de négocier avec les 27 États membres. Et nous nous préparons, car il y a certains risques et nous discutons de la manière de les atténuer. Et certains pays s’y opposent fermement. »
Maria Zakharova :
« Il me semble que c’est une occasion unique d’analyser un crime non pas après qu’il a été commis, mais pendant sa planification et son développement. Les criminologues, les psychologues et les physionomistes ont une chance incroyable d’étudier la motivation et le cours de la pensée criminelle pratiquement en temps réel. »
Le représentant permanent de la Russie auprès des Nations Unies à Genève, Guennady Gatilov, déclare à une télévision russe :
« En ce qui concerne les États-Unis et la délégation américaine ici, à Genève, on peut constater certains progrès dans le fait que la délégation américaine a cessé de soutenir les décisions ou les projets de décisions russophobes approuvés par divers organes du système des Nations unies. »
Il a précisé que lors d’un récent vote à l’Organisation internationale du travail (OIT), les États-Unis, qui faisaient auparavant partie des partisans des initiatives antirusses, se sont abstenus, ce qui, selon Gatinov, était « plutôt symptomatique ».
Les changements qui se produisent sur la scène internationale en général et dans les relations entre la Russie et les États-Unis en particulier « ne seront pas perdus » et « ne peuvent qu’avoir un impact sur l’atmosphère » dans les enceintes internationales, a-t-il ajouté.
Et de nouvelles discussions russo-américaines ont eu lieu ce jour à Istanbul.
Kirill Dmitriev, encore interdit d’entrée sur le territoire américain il y a quelques jours, en conférence de presse devant la Maison Blanche…
Kirill Dmitriev, PDG du Fonds russe d’investissement direct et nommé par Vladimir Poutine le 23 février dernier envoyé présidentiel pour l’investissement étranger et la coopération économique, vient de passer deux jours à Washington, invité par le gouvernement américain qui a dû pour cela annuler les sanctions à son encontre…
« La Russie et les États-Unis ont fait trois pas en avant au cours des deux derniers jours », a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse. De nombreux acteurs tentent de perturber le dialogue entre Moscou et Washington, et des divergences subsistent entre la Russie et les États-Unis, mais les deux parties « s’efforcent de les surmonter ».
Dmitriev a affirmé que les préoccupations et la position de Moscou sont entendues par Washington. Lors de la série de réunions, il a été question non seulement de diplomatie, mais aussi d’affaires : la coopération dans l’Arctique et dans le domaine des terres rares ainsi que la reprise des liaisons aériennes entre les États-Unis et la Russie. « Les entreprises américaines se montrent prêtes à occuper les marchés laissés vacants en Russie par les entreprises européennes », a-t-il dit aussi.
Le dialogue entre la Russie et les Etats-Unis, qui a été « complètement détruit sous l’administration Biden, est crucial pour le monde entier ». Son rétablissement sera un processus « complexe et progressif », mais « la vraie compréhension de la position russe ouvre de nouvelles opportunités pour une coopération constructive, notamment dans le domaine des investissements économiques. »
En 2022, la firme Danone avait vertueusement quitté la Russie pour protester contre la guerre en Ukraine et accompagner les sanctions occidentales qui allaient détruire l’économie russe. C’était pourtant son deuxième marché, juste après la France.
L’entreprise russe qui a repris les actifs de Danone s’appelle Vie et nutrition. L’année dernière elle a fait 7 milliards de roubles d’investissements et lancé 30 nouveaux produits. La production a progressé de 20,6% et ses revenus de 21,6%, à plus de 140 milliards de roubles (1,5 milliard d’euros).
En 2023, Le Monde osait titrer : « Comment le piège russe s’est refermé sur Danone, Le Point :« Comment Poutine a fait main basse sur le géant français », Les Echos tonnaient : « Moscou prend brutalement le contrôle de la filiale russe de Danone ». C’est ce qu’on appelle encore chez nous « l’information ».