Sainte Euphrosyne de Polotsk

Pourquoi une divine liturgie solennelle de près de trois heures, célébrée par le métropolite de Iekaterinbourg, au Nouveau monastère de Tikhvine de la ville ?

A cause de la venue des reliques de sainte Euphrosyne de Polotsk, qui parcourent la Russie à l’occasion du 920e anniversaire de celle qui a introduit le monachisme féminin en Russie. Et le monastère de Iekaterinbourg est l’un des plus importants monastères féminins de Russie.

Comme je l’avais déjà signalé, il a comme particularité que les moniales y chantent un chant byzantin en slavon, de toute beauté.

Les reliques vont y rester cinq jours, pendant lesquels des services de prière seront organisés de 11h à 17h.

(J’aimerais bien savoir ce qu’elles chantent pendant la communion du clergé, à partir de 1h41’45…)

L’ONU chez les BRICS

Voilà des images qui font grincer des dents, et pas seulement à Kiev. Poutine est tellement isolé que même le secrétaire général de l’ONU se rend à Kazan… Mais le bureau d’Antonio Guterrez fait savoir que les BRICS sont en passe de représenter la moitié de la population de la planète et qu’on ne peut donc pas les ignorer…

L’UE vole la Russie pour aider l’Ukraine

Le Parlement européen a approuvé ce matin, par 518 voix contre 56 et 61 abstentions, la proposition du Conseil du 9 octobre de prêter jusqu’à 35 milliards d’euros à l’Ukraine, somme qui sera remboursée par les profits générés par les avoirs russes gelés en Europe (censés rapporter entre 2,5 et 3 milliards par an).

Intéressante réaction de Kirill Logvinov, le représentant permanent de la Russie auprès de l’UE :

Il est évident que le Parlement, bien que dit “européen”, a pris une décision qui va à l’encontre des intérêts européens. Il est peu probable que ceux qui ont voté pour cette décision ne se rendent pas compte que les futures générations de contribuables européens devront en fin de compte payer la Russie pour ce vol.

L’Union européenne commet sciemment un crime économique à l’échelle mondiale. En faisant des sanctions illégitimes contre les actifs souverains d’un État étranger un instrument de sa politique étrangère, Bruxelles remet en cause le système financier international, porte un coup à l’euro en tant que monnaie de réserve et contribue à une grave détérioration du climat d’investissement dans l’UE. Tout cela confirme une fois de plus qu’il est temps de travailler à la formation d’une infrastructure financière stable et indépendante des caprices de l’Occident lors du sommet des BRICS à Kazan.

Tous les États du Sud et de l’Est de la planète l’ont bien compris : aujourd’hui, l’UE s’est estimée autorisée à geler les réserves de la Russie, et demain, tout autre pays qui ne voudra pas se soumettre au diktat de l’Occident pourra se retrouver à sa place.

Nous ne nous faisions pas d’illusions et nous n’en avons toujours pas : la bureaucratie européenne a déclenché une véritable guerre économique contre la Russie. L’expropriation des revenus des actifs russes “immobilisés” est l’une de ses nombreuses manifestations. Il s’agit de l’« ordre fondé sur des règles » en action. L’Ukraine n’est devenue pour l’Union européenne qu’un prétexte pour expérimenter un concept étranger à la majorité mondiale, visant à maintenir la domination occidentale.

Le roquet polonais

Le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski annonce qu’il ferme le consulat russe de Poznan et que son personnel doit quitter le pays… Avec un motif aussi flou que surréaliste :

« J’ai des informations selon lesquelles la Russie est derrière les tentatives de sabotage en Pologne et dans des pays alliés. J’ai donc pris la décision de retirer au consulat de la Fédération de Russie l’autorisation d’opérer à Poznan. Le séjour de ses employés sur le territoire de la Pologne sera reconnu comme indésirable. »

La Russie a aussitôt répondu à cet affront grotesque par la voix de Maria Zakharova :

« Nous donnerons une réponse douloureuse à toute nouvelle mesure hostile. »

N.B. Radoslaw Sikorski est diplômé d’Oxford où il était devenu citoyen britannique. En 1992 il était vice-ministre de la Défense de la Pologne, œuvrant pour l’intégration du pays dans l’OTAN. Sa femme est la journaliste américaine Anne Applebaum, qui vient de recevoir le « Prix de la Paix » des libraires allemands à Francfort pour son livre « Autocratie SARL, les dictateurs qui veulent diriger le monde ». En recevant le prix elle a lancé un appel à continuer d’envoyer des armes à l’Ukraine : « S’il existe ne serait-ce qu’une petite chance qu’une défaite militaire puisse aider à mettre fin à cet horrible culte de la violence en Russie, tout comme la défaite militaire a mis fin au culte de la violence en Allemagne, nous devons la saisir. » L’éloge d’Anne Applebaum a été prononcé par Irina Scherbakova, historienne russe qui vit en Allemagne au point que son nom est orthographié à l’allemande même dans ses livres traduits en français. Elle disait en octobre 2022, en recevant un prix en Belgique : « Si Poutine gagne cette fois-ci, il n’y aura plus aucun espoir ».

CNN reconnaît l’échec de l’Occident

CNN reconnaît aujourd’hui dans un grand article :

L’Occident veut que Poutine soit isolé. Le sommet majeur qu’il accueille montre qu’il est loin d’être seul.

Au cours de l’article on lit notamment :

C’est ce dernier message que M. Poutine – et son proche partenaire et plus puissant dirigeant des BRICS, M. Xi – diffuseront dans les jours à venir : c’est l’Occident qui est isolé dans le monde avec ses sanctions et ses alliances, tandis qu’une « majorité mondiale » de pays soutient leur tentative de défier le leadership mondial des États-Unis.

L’article se termine ainsi :

Aujourd’hui, même si les BRICS se sont à nouveau développés – et le Kremlin affirme que plus de 30 pays supplémentaires souhaitent les rejoindre ou coopérer avec eux – les lignes de fracture géopolitiques de plus en plus profondes compliquent l’identité et l’orientation des BRICS, selon les observateurs.

« La Chine et la Russie ont essentiellement tenté de faire passer le groupe du statut d’économies émergentes à celui d’expression de l’angoisse face à la domination occidentale », a déclaré Manoj Kewalramani, qui dirige les études indo-pacifiques au centre de recherche Takshashila Institution, dans la ville indienne de Bangalore.

Les nouveaux membres ou ceux qui aspirent à le devenir ne souhaitent peut-être pas choisir entre cette vision et l’Occident. Ils cherchent plutôt à développer leurs économies et à « s’engager de manière non idéologique et pragmatique », a-t-il déclaré.

On comprend que CNN veuille finir par une critique. Mais elle est complètement à côté de la plaque. Car précisément les pays qui rejoignent les BRICS le font parce que l’approche est pragmatique et non idéologique. Totalement non idéologique. C’est nouveau, et c’est la force de cette entreprise.

Addendum.

La BBC : « Il est clair que les tentatives d’isolement de la Russie ont échoué. Un élément important du message du Kremlin est que la Russie réussit avec les sanctions. »

ABC News : « La réunion de trois jours offre également à M. Poutine l’occasion de démontrer l’échec des tentatives américaines d’isoler la Russie en raison de ses actions en Ukraine. »