J’ai déjà évoqué plusieurs fois l’évangéliaire que l’empereur Henri II avait commandé à l’abbaye de Reichenau. Voici la dédicace (en lettres d’or) par laquelle l’empereur offre le livre aux apôtres Pierre et Paul, titulaires de la cathédrale de Bamberg.

Rex Heinricus ovans, fidei splendore coruscans,
Maximus imperio fruitur quo prosper avito,
Inter opum varias prono de pectore gazas
Obtulit hunc librum, divina lege refertum,
Plenus amore Dei, pius in donaria templi;
Ut sit perpetuum decus illic omne per aevum.
Princeps aeclesiae, caelestis claviger aulae,
Petre, cum Paulo gentis doctore benigno
Hunc tibi devotum prece fac super astra beatum
Cum Cunigunda, sibi conregnante serena.
Hoc Pater, hoc Natus, nec non et Spiritus almus
Annuat, aeternus semper Deus omnibus unus.
Le roi Henri, dans la joie, resplendissant de la splendeur de la foi, / très illustre héritier du règne de son aïeul qu’il exerce avec succès, / parmi les trésors variés de ses richesses, mû par son cœur bienveillant, / offre ce livre, rempli de la loi divine, / débordant de l’amour de Dieu, soucieux de faire don au temple, / afin qu’il y soit une gloire éternelle à travers les âges. / Prince de l’Église, détenteur des clés de la cour céleste, / Pierre, avec Paul, bienveillant maître des nations, / par ta prière, rends cet homme qui t’est dévoué béni au-delà des étoiles, / avec Cunégonde, sa sereine co-souveraine. / Que le Père, le Fils et l’Esprit bienveillant / approuvent cela, le seul Dieu éternel, toujours au-dessus de tout. »
Pierre et Paul sont présents au couronnement de l’empereur et de l’impératrice par le Christ lui-même :

En haut :
Tractando justum, discernite semper honestum.
Utile conveniat, consultum legis ut optat.
En agissant avec justice, discerne toujours ce qui est honorable ; / que ce qui est utile s’accorde avec ce qu’exige la loi.
En bas (ce sont les royaumes et les provinces qui apportent leur tribut) :
Solvimus ecce tibi, Rex, censum jure perenni.
Clemens esto tuis; nos reddimus ista quotannis.
Voici que nous nous acquittons, ô Roi, du tribut dû en vertu d’un droit perpétuel. Sois bienveillant envers les tiens ; nous t’offrons ce présent chaque année.
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• Voir aussi : La réforme liturgique condamnée d’avance par saint Henri.
