Le miracle ukrainien

« Nous avons franchi aujourd’hui une nouvelle étape importante dans le parcours de l’Ukraine vers l’adhésion à l’UE en ouvrant un autre volet de négociation clé, celui des relations extérieures », déclare Thomas Byrne, le ministre irlandais des Affaires européennes, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’UE.

Le premier volet avait été ouvert le 15 juin dernier. Sur les sujets suivants : État de droit, démocratie, lutte contre la corruption.

Autrement dit, en moins d’un mois, l’Union européenne a conclu que l’Ukraine remplissait les critères d’adhésion dans ces matières.

En bref, l’Ukraine, dont le président n’est plus président depuis le 20 mai 2024 (ça fait quand même plus de deux ans), où les partis d’opposition sont interdits, où les médias d’opposition sont interdits, où la langue russe, qui est la langue maternelle de la majorité de la population, est interdite, où 11 millions de livres ont été détruits pour le seul fait d’être écrits en russe, où l’Eglise orthodoxe historique est interdite, où la corruption atteint des sommets, où l’on ordonne des assassinats en Russie, en Espagne, ou à Monaco, ce pays-là a franchi allègrement le premier seuil de l’intégration dans l’UE : celui de l’État de droit, de la démocratie, de la lutte contre la corruption…

En fait cela donne une image précise de ce que les actuelles autorités de l’UE considèrent comme l’État de droit, la démocratie, la lutte contre la corruption… N’est-ce pas, Ursule ?

Les « menaces grandissantes » selon Amnesty

La branche britannique d’Amnesty International publie un rapport intitulé « Une menace grandissante : le mouvement anti-droits au Royaume-Uni ».

Et le lobby fait la liste de toutes les associations qui constituent une menace contre les « droits. »

Au total, ils répertorient 49 groupes « critiques envers le genre », 25 groupes pro-vie (dont 13 centres d’aide aux femmes en situation de grossesse difficile), 11 groupes classés sous l’étiquette « pratiques de conversion », 12 groupes de « politique/défense de la droite chrétienne », et une catégorie « Autres »., où l’on trouve notamment les publications Catholic Herald et Anglican Mainstream, ainsi que la Natural Family Planning Teachers’ Association. Amnesty n’oublie pas d’épingler aussi l’association féministe de gauche Labour Women’s Declaration, qui est hostile à l’idéologie transgenre…

En tout 117 organisations. Et bien sûr Amnesty ne se contente pas de les dénoncer, elle demande aux autorités britanniques d’agir, d’examiner leurs statuts, de les traquer de toutes les façons possibles, de les éliminer à la moindre faille.

Docteur Ubu et les trans

Une synthèse de 44 travaux de recherche relatifs à la « grossesse transmasculine », qui vient d’être publiée dans les Acta Obstetricia Et Gynecologica Scandinavica, indique qu’une minorité, « certes restreinte mais notable », de « personnes transmasculines » connaissent des grossesses (6% à 9%) et ont des enfants (4% à 9%).

Cette revue systématique a également mis en évidence des taux de fausses couches « potentiellement plus élevés » et « très peu de données » concernant les taux de dépression postnatale chez les personnes transmasculines ayant mené une grossesse à terme.

« Ce travail exhaustif a mis en évidence d’importantes lacunes dans les connaissances sur les grossesses chez les personnes transmasculines, déclare le Dr Catherine Meads, de l’université Anglia Ruskin au Royaume-Uni, auteur de l’étude. Il souligne la nécessité de mener davantage de recherches spécifiques aux personnes transmasculines, qui pourraient être conduites par des universitaires et des organismes de recherche en collaboration avec des personnes transmasculines ayant une expérience vécue. » « Les personnes transmasculines peuvent avoir des besoins en matière de contraception, d’avortement, de grossesse, de maternité et de gynécologie, et doivent être traitées avec respect par les services de santé. »

(Au cas où certains douteraient des évidences physiologiques, une « personne transmasculine » est tout simplement une femme qui « s’identifie » comme homme.)

Une homélie du patriarche Cyrille

Parfois il est bon de remettre les pendules à l’heure, face à ceux qui dénoncent un prétendu retour à la Russie soviétique. Voici donc l’homélie prononcée dimanche dernier par le patriarche Cyrille, en la fête des saints Pierre et Paul, en la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg. (à partir de 1h57).

Votre Éminence, Monseigneur le métropolite, Chers évêques, pères, frères et sœurs !

Je vous salue tous chaleureusement à l’occasion de cette grande fête pour la ville de Saint-Pétersbourg et, bien sûr, pour toute l’Église universelle ! Cette journée a toujours été célébrée particulièrement dans la capitale du nord de la Russie, car cette ville a reçu son nom en l’honneur du grand Apôtre Pierre et un culte spécial lui était adressé ici. Ce n’est pas un hasard si le premier empereur portait aussi le nom de Pierre. Bien sûr, à bien des égards, c’est le nom de l’empereur qui a conduit au fait que la capitale a été dédiée à la mémoire de l’apôtre Pierre.

Toutes ces circonstances liées à la naissance et au renforcement global de la vie ecclésiale ici, sur les rives du Neva, avec la création de la capitale du nord, constituent une page très importante dans notre histoire nationale et ecclésiastique, l’histoire de l’Église orthodoxe russe. Avec la permission de Dieu, c’est précisément en ce lieu que toutes les forces spirituelles du pays étaient concentrées. Bien que, peut-être, cela ne s’appliquait pas entièrement à la classe dirigeante et à l’intelligentsia de l’époque, le peuple était profondément croyant, dévoué à l’Église de Dieu. Les grands saints du XXe siècle y ont également prospéré – mère Xénie de Saint-Pétersbourg et le père Jean de Kronstadt. Ce n’est pas un hasard si cela a été le cas sur les rives de la Neva, et à l’époque même qui a précédé les épreuves les plus difficiles pour le pays et pour notre Église. Lorsque le pouvoir impie ici, à Saint-Pétersbourg, a pris le pouvoir sur tout le pays et a proclamé pour mission d’éradiquer la foi orthodoxe, beaucoup ont suivi alors la voie que les autorités leur avaient tracée – certains craignaient ce pouvoir, d’autres l’admiraient même. Et cette voie fut terrible. Ce n’était pas seulement une voie visant à la prospérité matérielle et culturelle du pays, mais elle avait pour but d’inculquer l’athéisme dans le cœur du peuple russe, ce qui contredisait toute notre histoire, les traditions de nos ancêtres, des pères, ascètes, soldats, scientifiques, et, dans une large mesure, même notre intelligentsia. Tout a été fait à l’encontre du chemin historique de notre peuple. Et toute cette souillure s’est concentrée ici, dans cette ville. C’est là qu’eut lieu un terrible bouleversement, appelé révolution ; ici commença à couler le sang innocent. C’est là que les dirigeants insensés ont posé pour tâche de bâtir une société de prospérité généralisée. Mais, comme nous le savons, rien n’en est sorti.

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Saint Bonaventure

Début du chapitre II de son Explication des cérémonies de la Sainte Messe.

Le nom de messe vient de mittere, envoyer, et il exprime l’ambassade établie entre Dieu et les hommes. Dieu nous envoie Jésus-Christ, son Fils, sur l’autel, et l’Eglise fidèle envoie à son tour ce même Seigneur à son Père afin qu’il intercède pour les pécheurs.

Au commencement de la messe, le prêtre fait l’aveu de ses fautes ; car, bien qu’il soit l’envoyé et le légat des fidèles, il doit cependant savoir qu’il est pécheur et s’accuser de ses péchés, selon cette parole du Sage : « Le juste commence par s’accuser soi-même. » Cette confession marque aussi que Jésus-Christ est mort pour nos péchés, lui qui était juste pour les injustes, afin de nous offrir à Dieu. Et le Seigneur, parlant en la personne des pécheurs au livre des Psaumes, dit : « Le cri de mes péchés est cause que le salut est bien éloigné de moi. » Comme s’il eut voulu dire : Les péchés de mon peuple ne me permettent pas de vivre; mais il faut que je meure pour les pécheurs, et que je les offre à mon Père en les lui réconciliant.

Après la confession, le prêtre s’étant approché de l’autel, le baise, indiquant ainsi que par l’Incarnation et la Passion de Jésus-Christ, le salut et la paix ont été annoncés aux Juifs et aux Gentils convertis à la foi. Les Juifs sont désignés par le côté droit de l’autel, et les nations, par le côté gauche On commence la messe au côté droit parce que c’est de la race des Juifs que le Seigneur a pris notre humanité ; car la bienheureuse vierge Marie, qui a conçu Jésus-Christ par l’opération de l’Esprit-Saint, descendait de David.

Enfin le chœur ou le prêtre commence l’introït que tous les clercs doivent chanter debout et avec accord, car le mot chœur veut dire concorde, union. On répète l’introït, et par là on exprime le désir des anciens Pères en la personne desquels Isaïe a parlé ainsi de l’Incarnation du Sauveur si ardemment désirée par les Patriarches et les Prophètes : « O Dieu ! si vous vouliez ouvrir les cieux et en descendre ! » Le Seigneur écouta enfin ces soupirs : il vint en ce monde, selon cette parole du Psaume : « Je me lèverai maintenant à cause de la misère de ceux qui sont sans secours, et à cause du gémissement des pauvres, dit le Seigneur. »

L’introït est chanté deux fois pour nous marquer que celui qui devait venir serait à la fois Dieu et homme en une seule personne. Au milieu on y loue la sainte Trinité par le verset : Gloria Patri, etc., pour nous rappeler que Jésus-Christ étant né de la Vierge, a paru en ce monde afin de nous annoncer la foi en la Trinité, et qu’ensuite il s’est élevé de cette terre pour entrer de nouveau au ciel. Beaucoup de saints ont marché sur ses traces. Bien que venus au monde par la naissance commune à tous les hommes, bien qu’enfants de la nature humaine par leurs parents selon la chair, par la foi à la sainte Trinité, ils ont pris une naissance nouvelle dans le baptême ou dans l’effusion de leur sang pour Jésus-Christ, et ils sont entrés dans la société des anges.

Ainsi l’on chante neuf fois Kyrie eleïson parce que la dixième drachme, qui est notre nature et qui était perdue, a été réunie par l’Incarnation de Jésus-Christ aux neuf chœurs des anges.

Lorsque nous chantons le Kyrie, nous provoquons la miséricorde de notre Dieu et nous le conjurons de prendre pitié de nous. Par ces mots : Kyrie eleïson, nous nous écrions : Seigneur Dieu le Père, ayez pitié de nous. Les suivants : Christe eleïson, signifient : Jésus, fils de David, ayez pitié de nous. Et ces derniers : Kyrie eleison, veulent dire : Esprit-Saint, ayez pitié de nous. Le mot grec a la signification que nous venons d’exprimer. L’Eglise catholique semble donc s’écrier : « Père saint qui avez envoyé votre Fils afin qu’il naquît de la Vierge, ayez pitié de nous, et réunissez-nous aux neuf chœurs des anges. Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, qui avez daigné naître de la vierge Marie, ayez pitié de nous. Esprit-Saint, qui avez rempli Marie de votre grâce lorsqu’elle conçut le Sauveur, ayez pitié de nous. » C’est ainsi que par ces mots Kyrie eleïson, Christe eleïson, nous invoquons la Trinité.