
Puisqu’on ne sait rien de saint Matthias en dehors de son élection au collège des apôtres après le suicide de Judas et qu’il était un disciple de la première heure, et que l’Eglise n’a validé aucune des « traditions » destinées à combler ce vide (voir toutefois ce que rapporte Clément d’Alexandrie), c’est l’occasion d’entendre l’hymne des vêpres des fêtes des apôtres. En voici la version ornée, du 1er mode, par les moniales d’Argentan en 1966. Traduction de Pierre Corneille.

Exsúltet cælum láudibus,
resúltet terra gáudiis:
Apostolórum glóriam
sacra canunt sollémnia.
Aux célestes concerts mêlons d’ici les nôtres,
Que la terre avec joie en puisse retentir :
L’Ange célèbre au ciel la gloire des apôtres,
C’est à nos voix d’y repartir.
Vos, sæcli justi júdices
et vera mundi lúmina,
votis precámur córdium,
audíte preces súpplicum.
Juges de l’univers, véritables lumières
Dont le monde éclairé bénit les sacrés feux,
C’est à vous que nos cœurs adressent leurs prières :
Recevez-en les humbles vœux.
Qui cælum verbo cláuditis
serásque eius sólvitis,
nos a peccátis ómnibus
sólvite jussu, quæsumus.
Les clefs du paradis sont en votre puissance,
Par vous sa porte s’ouvre, et se ferme par vous ;
D’un seul mot aux pécheurs vous rendez l’innocence :
Parlez, et nous sommes absous.
Quorum præcépto súbditur
salus et languor ómnium,
sanáte ægros móribus,
nos reddéntes virtútibus,
Sous quelque infirmité que les hommes languissent,
Votre ordre les guérit ou les laisse abattus :
Rendez aux bonnes mœurs, qui dans nous s’affaiblissent,
La sainte vigueur des vertus,
Ut, cum judex advénerit
Christus in fine sæculi,
nos sempitérni gáudii
fáciat esse cómpotes.
Afin que quand Dieu même en son lit de justice
Décidera du monde, et finira les temps,
Il prononce pour nous un arrêt si propice,
Qu’il nous laisse à jamais contents.
Deo Patri sit glória,
ejusque soli Fílio
cum Spíritu Paráclito
et nunc et in perpétuum. Amen.
Gloire au Père éternel ! Gloire au Fils ineffable !
Gloire toute pareille à l’Esprit tout divin,
Qui procédant des deux, et comme eux immuable,
Avec tous deux règne sans fin !


