Les soldats de l’armée la plus morale du monde pillent les maisons des Libanais comme ils avaient pillé les maisons de Gaza, en toute impunité, au vu et au su de leurs supérieurs. Un article de L’Orient le Jour.
Des soldats et commandants israéliens ont reconnu qu’outre les démolitions systématiques dans les villages du Liban-Sud occupés par Israël, les troupes se prêtent à des actes de pillages généralisés de biens civils, sans qu’aucune mesure disciplinaire ne soit prise à l’encontre des militaires, rapporte jeudi le quotidien israélien Haaretz.
Aussi bien des soldats réguliers que des réservistes emporteraient avec eux de grandes quantités de biens civils provenant de domiciles et d’entreprises de la zone occupée par l’armée israélienne, où les destructions de maisons et quartiers entiers visent à établir une « zone tampon », selon des militaires déployés sur le terrain, affirme le journal de gauche. D’après leurs témoignages, les vols de motos, de téléviseurs, de tableaux, de canapés ou encore de tapis sont devenus monnaie courante. Les commandants supérieurs et subalternes sont informés de ces pratiques, mais n’agissent pas pour y mettre fin.
Des soldats ont indiqué que même les commandants qui condamnent cette pratique ne prennent pas de mesures disciplinaires pour l’arrêter. « Lorsqu’il n’y a pas de sanction, le message est clair », critique le Haaretz. Contactée à ce sujet, l’armée a affirmé qu’elle prenait des mesures disciplinaires et pénales lorsque cela s’avérait nécessaire, et que la police militaire effectue des contrôles « au passage frontalier nord lors de la sortie des combats ». Cependant, le quotidien souligne que certains des points de contrôle de police militaire, initialement installés pour éviter les pillages aux points de sortie du territoire libanais, ont été supprimés, et qu’aucun point de contrôle n’a été placé à d’autres sorties.
L’armée israélienne occupe près de 50 villages du Liban-Sud, dans une bande d’entre huit et dix kilomètres de profondeur, qu’elle envisage de transformer en « zone tampon » désertée de ses habitants.
Ce phénomène de pillage avait déjà été observé et signalé lors de la guerre de Gaza. L’Euro-Med Human Rights Monitor avait notamment documenté un pillage massif et systématique de domiciles et d’entreprises palestiniennes à Gaza par les forces israéliennes, estimant les vols d’argent liquide, d’or et de biens précieux à plusieurs dizaines de millions de dollars. Des témoignages et des images diffusées sur les réseaux sociaux avaient alors montré des soldats emportant des effets personnels, détruisant des biens et rasant des habitations lors de perquisitions.
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