Sainte Monique

L’hymne de l’office des saintes femmes (non vierges non martyres), par des moniales bénédictines indéterminées, enregistrées à une date indéterminée, dans un disque 78 tours de la marque française SM, repris dans un coffret de quatre disques 33 tours de la marque américaine Everest.

Fortem viríli péctore
Laudémus omnes féminam,
Quæ sanctitátis glória
Ubíque fulget ínclita.

Hæc sancto amóre sáucia,
Dum mundi amórem nóxium
Horréscit, ad cæléstia
Iter perégit árduum.

Carnem domans ieiúniis,
Dulcíque mentem pábulo
Oratiónis nútriens,
Cæli potítur gáudiis.

Rex Christe, virtus fórtium,
Qui magna solus éfficis,
Huius precátu, quǽsumus,
Audi benígnus súpplices.

Deo Patri sit glória,
Eiúsque soli Fílio,
Cum Spíritu Paráclito,
Nunc, et per omne sǽculum.
Amen.

La femme forte au cœur viril
Louons-la tous ;
Elle resplendit partout
De la gloire remarquable de sa sainteté.

Celle-ci, blessée du saint amour,
Tandis qu’elle repousse le dangereux amour du monde,
Monte aux demeures célestes
Par un chemin escarpé.

Domptant sa chair par les jeûnes
Et nourrissant son âme
Par le doux aliment de l’oraison,
Elle obtient les joies du ciel.

Christ Roi, force des âmes courageuses,
Vous qui seul faites de grandes choses,
A sa prière, s’il vous plaît,
Ecoutez avec bonté nos supplications.

A Dieu le Père soit la gloire
Et à son Fils unique,
Avec l’Esprit Paraclet,
Maintenant et dans tous les siècles.
Amen.

4e dimanche après Pâques

La semaine dernière, les répons des matines n’étaient plus ceux de Pâques, mais ils étaient pris de l’Apocalypse, la lecture biblique du moment. A partir de ce dimanche, jusqu’à l’Ascension, ils sont constitués de versets de psaumes sans rapport direct avec les lectures, mais toujours ponctuées des alléluias de Pâques. Le premier est pris du psaume 136, « Sur les rives des fleuves de Babylone ». C’est la réponse des Hébreux exilés à ceux qui leur demandent de chanter des cantiques de Sion. Le psaume dit : « Si je t’oublie, Jérusalem ». Le répons omet le nom de la ville, ce qui laisse entendre que c’est Dieu que je ne dois pas oublier.

℟. Si oblítus fúero tui, allelúia, obliviscátur mei déxtera mea: * Adhǽreat lingua mea fáucibus meis, si non memínero tui, allelúia, allelúia.
℣. Super flúmina Babylónis illic sédimus et flévimus, dum recordarémur tui, Sion.
℟. Adhǽreat lingua mea fáucibus meis, si non memínero tui, allelúia, allelúia.

℟. Si jamais je t’oublie, alléluia, que ma main droite m’oublie : * Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens plus de toi, alléluia, alléluia.
℣. Auprès des fleuves de Babylone, nous sommes assis et nous pleurons, en nous souvenant de toi, ô Sion.
℟. Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens plus de toi, alléluia, alléluia.

Comme dans tous les répons anciens, le texte est pris du psautier romain, avec « obliviscatur » au lieu de « oblivioni detur » dans le psautier liturgique, le psautier dit « gallican », révisé par saint Jérôme. C’est ce dernier qui traduit correctement le grec, comme d’habitude. Le psautier romain dit « que ma main droite m’oublie ». Le véritable texte est : « que ma main droite s’oublie » (elle-même), « soit mise en oubli », comme précise le psautier liturgique. Saint Hilaire l’avait fait remarquer.

Je pense souvent au fait que la liturgie latine et la liturgie grecque (et slavonne, etc.) avaient exactement le même psautier, jusqu’à la révolution liturgique romaine qui l’a trafiqué et censuré, et cela alors qu’on prétendait s’engager à fond dans l’œcuménisme…

(On constate que sur cette édition récente de l’antiphonaire de Hartker il y a « obliviscatur me » et non « mei » comme dans les livres liturgiques habituels. Je ne sais pas si c’est l’éditeur qui a corrigé, mais de fait le psautier romain a « me » et non « mei ». – Le sens est le même, le verbe se construisant soit avec le génitif soit avec l’accusatif.)

Halte à la pilule abortive

Une bonne nouvelle pour la vie aux Etats-Unis : la cour d’appel du cinquième circuit a donné raison à la Louisiane qui contestait la prescription et la délivrance de la mifépristone sans consultation en personne. En clair : cette cour d’appel fédérale interdit la vente par correspondance de la pilule abortive dans tous les Etats où elle est interdite.

Les trois magistrats (deux nommés par Trump et un par Bush ont souligné que la politique permettant l’envoi de la pilule abortive par la poste facilitait « désormais près de 1.000 avortements illégaux par mois en Louisiane ».

On estime actuellement qu’environ deux tiers des avortements aux États-Unis sont pratiqués à l’aide de pilules.

Cette décision est « sans doute le plus grand recul en matière d’accès à l’avortement depuis l’arrêt rendu en 2022 par la Cour suprême annulant l’arrêt Roe v. Wade », a commenté Politico.

L’arrêt sera contesté devant la Cour suprême. Mais il y a toutes les chances qu’elle le confirme.

Une fake news de La Croix

Que nos gazettes païennes disent n’importe quoi sur la prétendue découverte de 42 pages de saint Paul, c’est normal, vu le degré actuel d’analphabétisme religieux. Mais quand La Croix ne relève pas le niveau (du moins dans son titre), c’est qu’il n’y a vraiment plus rien à sauver dans la presse.

Non, on n’a pas retrouvé 42 pages perdues du Nouveau Testament. Des chercheurs ont réussi à reconstituer 42 pages des épîtres de saint Paul qui manquaient dans le codex H (ou 015). Un manuscrit terriblement mutilé, partiellement conservé au Mont Athos, et dont il y a sept autres morceaux dispersés à Saint-Pétersbourg, Moscou, Kiev, Paris, Turin, mais qui est une des références pour l’établissement du texte. Il date du VIe siècle et c’est un « témoin constant de premier ordre », selon la terminologie de Nestle-Aland, pour huit épîtres de saint Paul et pour l’épître aux Hébreux.

On avait vu que certaines pages portaient des traces de la page opposée qui avait disparu. Des traces souvent presque invisibles. Mais les dernières techniques d’imagerie ont permis de « lire » ces traces, y compris celles qu’on ne voyait pas.

Les spécialistes verront si l’on y trouve d’intéressantes variantes. Mais en tout état de cause cela ne peut être que très marginal. Le codex H n’est que l’un des 33 « témoins constants de premier ordre » pour la première aux Corinthiens, dont voici les versets 19-22 du chapitre 10, retrouvés dans le fragment Coislin 202 conservé à Paris. C’est précisément la page qui précédait la première du manuscrit qui était lisible jusqu’à maintenant (à droite).

Saint Athanase

Doxastikon des laudes, par le moine Cyprien (1935-2007), du skite Sainte-Anne au Mont Athos, sur une mélodie de Jacob le protopsalte (portrait à 0’8). (Extrait de la collection Recueil de musique sacrée, Anthologie du Mont Athos, CD 13 et 14.)

Τὸ μέγα κλέος τῶν ἱερέων, Ἀθανάσιον τὸν ἀήττητον ἀριστέα, ἱεροπρεπῶς εὐφημήσωμεν· οὗτος γὰρ τῶν αἱρέσεων συγκόψας τὰς φάλαγγας, τῇ δυνάμει τοῦ Πνεύματος, τὰ τῆς ὀρθοδοξίας τρόπαια, ἀνεστήσατο καθ’ ὅλης τῆς οἰκουμένης, ἀριθμῶν εὐσεβῶς τὸ τῆς Τριάδος μυστήριον, διὰ τὴν τῶν προσώπων ἰδιότητα, καὶ πάλιν συνάπτων ἀσυγχύτως εἰς ἕν, διὰ τὴν τῆς οὐσίας ταυτότητα, καὶ χερουβικῶς θεολογῶν, πρεσβεύει ὑπὲρ τῶν ψυχῶν ἡμῶν.

Célébrons saintement la grande gloire des prêtres, Athanase, l’invincible prélat ; ayant mis en pièces les phalanges des hérésies par la puissance de l’Esprit, il érigea les trophées de l’orthodoxie par tout le monde habité, donnant le juste nombre au mystère de la sainte Trinité selon les personnes et leurs diverses propriétés et sans confusion les rassemblant dans l’unité à cause de leur identité substantielle ; avec les Chérubins il chante Dieu et il intercède auprès de lui pour nos âmes.