Céléruss ? Evidemment non

Ils n’ont rien dit quand la dictature ukrainienne a prétendument « interdit » l’Eglise orthodoxe ukrainienne. Ils n’ont rien dit quand la dictature ukrainienne a résilié le prétendu « bail » des moines des Grottes de Kiev. Ils n’ont rien quand la dictature ukrainienne a envoyé aux moines un « avis d’expulsion ». Ils n’ont rien dit quand la dictature ukrainienne a interdit aux fidèles l’accès au monastère et quand elle envoyait ses sbires les attaquer. Ils n’ont rien dit quand la dictature ukrainienne a volé aux moines toute la partie haute (dont la cathédrale de la Dormition), les confinant à la partie basse. Ils n’ont rien dit quand l’abbé du monastère, le métropolite Paul, a été jeté en prison sans motif, maintenu en prison sans motif, puis assigné à résidence (où il est toujours). Ils n’ont évidemment rien dit quand la dictature ukrainienne a profané les églises de la partie haute du monastère, avec des spectacles inconvenants ou des cours de cuisine…

Mais ils hurlent aujourd’hui que les Russes ont incendié la cathédrale de la Dormition.

La seule idée que les Russes aient pu porter atteinte si peu que ce soit à un des sites les plus sacrés du monde orthodoxe, un des hauts lieux de l’orthodoxie russe, est complètement absurde.

Il y a eu des frappes importantes sur Kiev la nuit dernière. Des frappes de missiles et de drones. Sur des cibles précises. Les églises ne sont pas des cibles. Si le toit de la cathédrale de la Dormition a pris feu, c’est à cause de la chute d’un débris de missile antimissile ukrainien, comme on l’a déjà vu souvent. Et ce n’est pas une hypothèse. Une vidéo ukrainienne prise cette nuit montre précisément un missile Patriot en flamme chutant sur un quartier de Kiev après avoir heurté un missile russe. On ne peut pas affirmer qu’il s’agit de celui-là, mais c’est la preuve que c’est encore arrivé la nuit dernière.

De la férie

La liturgie byzantine célèbre les prophètes de l’Ancien Testament. Le 14 juin c’est Elisée, le 15 c’est Amos. Les tropaires de vêpres chantent ceci :

La lumière de l’Esprit a trouvé, Prophète, dans la pureté de ton cœur un miroir resplendissant de clarté ; elle a fait luire sur le monde l’éclat de la connaissance de Dieu et figura d’avance les images des mystères divins et la grâce que tous les hommes devaient recevoir.

Toi la bouche de Dieu, tu repris sans ambages les artisans d’impiété, leur promettant l’inéluctable et fatal jugement, Prophète bienheureux, te conformant aux décrets de la justice et aux sentences de Dieu ; aussi, nous qui voyons tes sages oracles réalisés, nous te chantons des louanges méritées.

Dieu fit de toi, Prophète bienheureux, l’initié de ses ineffables jugements ; tu éclairas et illuminas les nations, Amos, et tu annonças la Trinité ; c’est pourquoi nous glorifions ton illustre souvenir. Délivre donc de tout malheur tous ceux qui t’acclament et te célèbrent avec foi.

« Tu annonças la Trinité » ? Voici ce que dit saint Jérôme dans son commentaire d’Amos :

« J’ai éloigné de vous la pluie trois mois avant la moisson ; j’ai fait pleuvoir sur une ville et je n’ai pas fait pleuvoir sur une autre ville ; une partie a été arrosée, et l’autre, sur laquelle je n’ai pas répandu la pluie, a été desséchée. Deux et trois villes sont venues vers une ville pour y boire de l’eau, et elles n’ont pas été désaltérées. Et pourtant, vous n’êtes pas revenus à moi, dit le Seigneur. » (Amos, 4) (…) Je n’ai pas seulement envoyé l’agacement des dents dans toutes vos villes, et la disette du pain dans toutes vos demeures ; j’ai éloigné de vous, trois mois avant la moisson, la pluie, celle qu’on appelle sérotine, et qui est des plus nécessaires au sol altéré de la Palestine ; en sorte que, lorsque le blé en herbe poussait l’épi, en engendrait le grain, l’excès de la sécheresse le desséchait. Le texte vise ici l’époque printanière de la fin d’avril, après laquelle il reste à courir trois mois jusqu’à la moisson du froment, mai, juin, juillet. (…)  Dieu donc a éloigné d’eux la pluie, afin qu’ils endurent, non seulement la privation du pain, mais aussi celle de la boisson et les ardeurs de la soif. Et, en effet, dans ce pays où je vis maintenant, sauf quelques maigres sources, il n’y a que de l’eau de citerne, et si la colère divine arrête les pluies, la soif est encore plus à craindre que la famine. C’est ce qui arriva, rapporte l’Écriture, au temps du prophète Élie, pendant trois ans et six mois. Et pour qu’on ne puisse croire que le fait arriverait aux villes et à leurs habitants par suite d’une loi de la nature, du cours des astres et du changement des saisons, Dieu annonce qu’il fera pleuvoir sur une ville et ses environs, tandis qu’il suspendra la pluie sur une autre, en sorte que deux ou trois villes aillent vers une seule, et qu’elles n’y puissent pourtant se rassasier de boire. Cela ayant été fait, non comme châtiment, mais comme correction, le Seigneur les réprimande ainsi de persister dans leur crime : Et pourtant, vous n’êtes pas revenus vers moi. Pareillement, le Seigneur éloigne des hérétiques ou arrête loin d’eux toutes les pluies spirituelles et toute rosée de la divine sagesse ; il commande à ses nuées de ne pas répandre leur pluie sur eux, trois mois avant la moisson ou la vendange, afin qu’ils ne puissent parvenir aux fruits du mystère de la Trinité. « 

(Dans le calendrier byzantin on commémore aussi aujourd’hui saint Jérôme. Et saint Augustin.)

Saint Vladimir Elizarov

Le métropolite Eugène de Iekaterinbourg a célébré ce matin une divine liturgie en l’honneur de saint Vladimir Elizarov en l’église-mémorial « Sur le sang » (construite sur le lieu du martyre de la famille impériale russe). Son icône a été portée en procession autour de l’église, avec celle de la famille impériale et celle de la Mère de Dieu de Tabyn protectrice des Cosaques, et bénie (à partir de 2h30).

Vladimir Elizarov a été canonisé par l’Eglise orthodoxe russe le 14 mai dernier. Resté gardien de l’église de l’Ascension après la fermeture du monastère de la Montagne Blanche de Mikhailovsky Zavod, il fut arrêté en janvier 1930 parce qu’il s’opposait à la fermeture de l’église. Condamné à mort le 16 février, il fut fusillé le 20 et jeté dans une fosse commune près de Iekaterinbourg.

Ceci à l’attention de ceux qui voient la Russie redevenir soviétique…

3e dimanche après la Pentecôte

Réspice in me et miserére mei, Dómine : quóniam únicus et pauper sum ego : vide humilitátem meam et labórem meum : et dimítte ómnia peccáta mea, Deus meus. Ad te, Dómine, levávi ánimam meam : Deus meus, in te confído, non erubéscam.
Ad te, Dómine, levávi ánimam meam : Deus meus, in te confído, non erubéscam.
Gloria Patri…

Jetez un regard sur moi et ayez pitié de moi, Seigneur, parce que je suis seul et pauvre, voyez mon humiliation et mon labeur et pardonnez-moi tous mes péchés.
Vers vous, Seigneur, j’ai élevé mon âme, ô mon Dieu, en vous je me confie, je ne serai pas confondu.
Gloire au Père…

Voici cet introït du 3e dimanche après la Pentecôte chanté par les moines de Triors, avec un très long commentaire de Radio Espérance. Il est amusant d’entendre : « Internet peut être vu comme un grand ennemi de l’humanité, un infanticide invisible, irresponsable, et qui fait des ravages à la vitesse grand V. » L’auteur ne paraît pas se rendre compte que sans internet on ne pourrait pas l’entendre…

Le commentaire du chant commence à 15’13. Il eût été bon de mettre la partition, pour que l’auditeur puisse suivre ce qui est dit de la mélodie, et qui est très pertinent. La voici.

La censure judiciaire

Le tribunal correctionnel d’Angers a condamné Jean-Eudes Gannat à à trois mois de prison avec sursis pour « injure » et « provocation à la haine raciale ».

Ce qui est en cause est cette très brève vidéo de novembre 2025 où il montrait des « migrants » afghans installés près d’un supermarché. Accompagnée de cette légende : « Marre de vivre avec les cousins des Talibans jusqu’au fin fond de nos campagnes. »

Quelques heures après la publication de cette vidéo sur TikTok, Jean-Eudes Gannat était placé en garde à vue, puis mis en examen, jugé en mai, condamné le 10 juin. Car ses propos constituent « une atteinte à la tolérance, à la paix sociale et à l’ordre public », dans un contexte où « les agressions racistes et xénophobes se multiplient ». Sic.

SOS Racisme et la Ligue des droits de l’Homme, qui s’étaient constituées parties civiles, ont obtenu des dommages et intérêts. Les cinq Afghans qu’on voyait sur la vidéo ont chacun obtenu 800 euros.

Le 22 mars dernier, Jean-Eudes Gannat a obtenu 21,72% des suffrages aux municipales de Segré-en-Anjou.

Comme le souligne Breizh Info, « c’est donc un élu légitimement mandaté par ses concitoyens qui est condamné pour avoir exprimé publiquement ce que des millions de Français pensent en privé ».

Jean-Eudes Gannat fait appel.