L’hypocrisie « chrétienne » allemande

Le 15 juillet, Jens Spahn, le chef du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag, annonçait à la presse la « naissance de son fils », à savoir le fils de son « mari » obtenu par mère porteuse aux Etats-Unis.

Une pratique interdite en Allemagne, explicitement réprouvée par la CDU, et que le même Jens Spahn, en 2020, alors ministre de la Santé et dictateur covidiste, avait formellement rejetée lorsqu’elle avait été proposée par le parti libéral.

Dans un premier temps, le chancelier Merz a félicité les « nouveaux parents » et s’est dit heureux pour eux.

Mais la polémique est devenue telle que le même Merz a dû demander à Jens Spahn de démissionner, compte tenu de la campagne de presse qui enflait, Bild titrant : « C’est hypocrite, monsieur Spahn. »

Alors Jens Spahn a écrit une bafouille dans laquelle il dit notamment :

« Ces derniers jours, j’ai compris que mon bonheur personnel, qui consiste à fonder une famille avec mon mari et à devenir père, est incompatible avec ma fonction politique. »

On notera la formulation, ahurissante de la part de quelqu’un qui se prétend catholique.

En outre il a seulement démissionné de son poste de président du groupe CDU. Il reste pleinement député… et fier d’avoir eu un bébé par trafic d’êtres humains : « Une chose m’est apparue de plus en plus clairement ces derniers jours : ma famille est ce qui compte le plus pour moi. »

Saint Jérôme Emilien

Quatrième enfant de la noble famille déchue des Emiliani, comme tous les jeunes Vénitiens du XVI Jérôme rêvait de carrière militaire, aussi parce que c’était la plus rémunératrice. On sait très peu de choses sur sa vie avant l’enrôlement en 1509 ; cependant, on sait qu’â l’âge d’environ dix ans, son père se donna la mort.

La prison et la conversion

En 1511, lors du siège de Castelnuovo de Quero, au bord du Piave, il est fait prisonnier par l’ennemi, et l’expérience de la détention, même si elle n’a duré que trente jours, le transforme profondément. Dans la faim, la douleur, la peur pour sa vie, Jérôme retrouve les mots pour prier et adresse ses requêtes spécifiquement à la Vierge Marie, à laquelle il promet de se convertir en échange de la liberté. Une fois sorti de prison il trouve refuge à Trévise, mais il n’oublie pas le vœu fait à la Vierge Marie et, en se confiant à un prêtre et en commençant aussi à lire la Bible, il commence à changer son cœur.

Au service des derniers

La première occasion que Jérôme trouve pour mettre en pratique son nouvel être est l’épidémie de peste qui frappe Venise en 1528. Avec un groupe de volontaires il parcourt la ville pour porter réconfort aux malades, auxquels il consacre tous ses biens. Lui-même est contaminé par la maladie, mais il en guérit prodigieusement. Il commence ainsi son cheminement de charité qui sera toujours adressée aux plus besogneux, mais tout d’abord aux orphelins.

Consacrer sa vie aux orphelins

Quand son frère Luc meurt en laissant orphelins ses trois, neveux, Jérôme en prend la charge, et c’est là que naît l’intuitions de sa vie : créer une association qui s’occupe expressément des jeunes restés sans famille et se charge de leur instruction. C’est ainsi qu’en 1533 naît à Bergame la Compagnie des Serviteurs des Pauvres, engagés dans la défense des orphelins de guerre, les plus faibles et sans-défense parmi les derniers ; pour eux, Jérôme crée une école d’arts et métiers, à laquelle il adjoint l’enseignement du catéchisme suivant une méthode innovatrice à l’époque, qui avait comme programme fondamental prière et travail, les points cardinaux qui anoblissent l’homme.

La mort et la diffusion de l’œuvre

La Compagnie originelle deviendra ensuite Congrégation, jusqu’au moment où Pie V l’élèvera en 1568 au rang d’Ordre, dont les religieux seront appelés Clercs Réguliers de Somasque, du nom de la localité que l’archevêque de Milan avait confiée à Jérôme et d’où tout était parti. Dans le charisme des Somasques il y a la dévotion à Marie, vénérée comme « Mater orphanorum ». Cependant, Jérôme à ce moment était déjà mort de la peste en 1537. Canonisé en 1767, depuis 1928 il est le Saint Patron de la jeunesse abandonnée.

(Vatican News)

8e dimanche après la Pentecôte

L’alléluia par les moniales de l’abbaye d’Ozon en 1960.

Allelúia, allelúia. Magnus Dóminus, et laudábilis valde, in civitáte Dei, in monte sancto ejus. Allelúia.

Alléluia, alléluia. Le Seigneur est grand, et digne de toute louange, dans la cité de Dieu, sur sa sainte montagne. Alléluia.

Ces mêmes mots ont été entendus dans le verset du psaume de l’Introït. Ici, cependant, « nimis » est remplacé par « valde », et le mot « nostri » est omis. Plusieurs traductions des Écritures antérieures à saint Jérôme mentionnent ce « valde ». Dans l’introït, la contemplation de l’essence de Dieu élevait le chanteur vers des sommets resplendissants (secundum nomen tuum). De la même manière, la mélodie semble ici tenter de s’envoler vers les régions où Dieu réside (magnus Dominus). Il est rare que le septième mode s’aventure dans de tels envols. On s’attendrait à une conclusion sur la tonique avec « valde ». Au lieu de cela, cependant, le motif qui a ouvert le verset, et que l’on a déjà entendu sur l’Alléluia, est répété. Dans la deuxième phrase du verset, on retrouve une répétition du jubilus de l’Alléluia. Comme aucune conclusion ne suit pour l’instant, « Dei » présente une mélodie assez simple. Le chant syllabique sur « in monte sancto ejus » est lui aussi d’une frappante simplicité.

Dom Dominic Johner

A la Trinité-Saint-Serge

Aujourd’hui c’est la fête de saint Serge de Radonège, et donc une divine liturgie solennelle, avec le patriarche Cyrille, au monastère de Serguiev-Possad. Autre impressionnante démonstration de la sainte Russie. Et qui permet de vérifier que les chœurs de ce monastère sont toujours au sommet.

(On estime qu’hier à Iekaterinbourg il y avait 44.000 fidèles. Il me semble que c’est le double de l’an dernier.)