L’évangile de ce dimanche est celui du bon Samaritain. Mais la leçon des matines (commentaire de saint Bède) insiste sur le début du texte : « En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le dis, beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu. »
Heureux les yeux, non des scribes et des pharisiens qui peuvent voir seulement le corps du Seigneur, mais ces yeux-là qui peuvent reconnaître ses mystères dont il est dit : « Et tu les as révélés aux tout petits. » Heureux les yeux des tout petits à qui le Fils daigne se révéler avec son Père.
Abraham exulta de voir le jour du Christ. Il l’a vu et s’est réjoui. Isaïe aussi et Michée et bien d’autres prophètes ont vu la gloire du Seigneur et c’est pourquoi on les appelle voyants. Cependant tous ceux-ci, en guettant et saluant de loin, ont vu au moyen d’un miroir, confusément. Mais les Apôtres qui avaient le Seigneur parmi eux, qui ont pris leur repas avec lui, et qui n’avaient qu’à demander pour apprendre de lui tout ce qu’ils voulaient savoir, n’avaient pas besoin de l’enseignement des anges ou de divers genres de visions.
Ceux que Luc désigne lorsqu’il parle de « beaucoup de prophètes et de rois », Matthieu les appelle plus clairement « prophètes et justes ». Car, en effet, ils sont de grands rois, eux qui ne consentent pas à succomber aux mouvements de leurs tentations, mais savent royalement les maîtriser. (Ipsi sunt enim reges magni; quia tentatiónum suárum mótibus non consentiéndo succúmbere, sed regéndo præésse novérunt.)
Mais voici qu’un docteur de la loi se leva pour le mettre à l’épreuve, en disant : Maître, que dois-je faire pour posséder la vie éternelle ? Il me semble que ce docteur de la loi qui voulait mettre le Seigneur à l’épreuve en le questionnant au sujet de la vie éternelle, a pris occasion pour ce faire des paroles mêmes du Seigneur : « Réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. » Mais par sa question même il proclama combien est vraie cette parole du Seigneur louant son Père « d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout petits ».
Saint Bède, Sur saint Luc, livre III chapitre 43.
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Saint Bède, comme Jésus l’a dit à un obtus opposant pharisien, Sciammaï, qui voyait en Jésus un suppot de Satan : la bassesse, l’orgueil, la dissimulation empêchent de voir la Gloire de Dieu et de comprendre Sa Parole (rapporté par M Valtorta, pour moi, sainte)
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