La liturgie traditionnelle latine a été démolie au moment où l’on faisait de l’œcuménisme un axe important de la doctrine post-conciliaire. Or le psautier latin et le psautier grec étaient quasiment identiques, le psautier latin étant une traduction du psautier grec. Il y avait là un élément important d’unité, les psaumes étant véritablement le socle de la liturgie. Mais on a détruit cela allègrement. On a « oublié » que le sacro-saint Concile imposait de dire l’office en latin (Sacrosanctum Concilium 101), on a imposé des « traductions » en langue vulgaire faites sur une nouvelle traduction latine (la « Néo-Vulgate »), on a censuré de nombreux versets et même supprimé plusieurs psaumes, et on a détruit le rythme liturgique, étendant le chant des psaumes de l’office sur quatre semaines, ce qui ne correspond à rien dans les traditions d’orient et d’occident.
Réfléchissant à cela, je me suis mis à comparer mot à mot les psaumes latins et grecs. Je suppose que cela a déjà été fait, mais je n’ai rien trouvé. Alors je l’ai fait pour moi-même, et voici le fruit de ce travail. On constatera que les différences entre les deux psautiers sont minimes. Surtout une fois qu’on a remarqué que le texte grec est souvent celui de l’Alexandrinus, alors que le texte latin est traduit d’un texte grec d’une autre tradition. La traduction latine est assez souvent d’une étonnante précision. Par exemple, dès le premier psaume, διεξόδους est traduit par « decursus », alors qu’il n’était pas nécessaire de traduire le préfixe grec : si l’on veut respecter cette traduction, en français on doit dire (le long du) « décours » (des eaux), alors que « cours » suffit. Tout au long du psautier latin on a « salutare », qui traduit exactement le grec σωτήριον. A priori le mot veut dire « moyen de salut », mais dans la Septante il veut le plus souvent dire simplement le salut. Donc aussi « salutare » dans le psautier latin.
Lorsque les versions liturgiques grecque et latine diffèrent, je suis allé voir ce qu’il en était dans les autres versions dont je dispose (voir ci-dessous).
Je ne fais pas état de certaines différences qui n’en sont pas. On sait que l’hébreu met des conjonctions de coordination partout, que le grec en garde beaucoup, le latin nettement moins. Je ne signale donc jamais la présence ou l’absence de καὶ : « et ». Ni de ce qu’il advient de la particule δὴ : elle souligne légèrement ce qui est dit et elle n’est pas traduite en latin, sauf dans le psaume 117 où il y a trois fois de suite εἰπάτω δὴ, traduit par « dicat nunc » : que dise maintenant. Dans le même psaume on retrouve δὴ deux fois non traduit. La meilleure « traduction » serait un point d’exclamation. Il en est de même pour le verbe « être » qui est sous-entendu quand il n’est pas écrit.
Je ne signale pas quand deux mots sont intervertis (le ciel et la terre, la terre et le ciel) ni quand un mot est au singulier dans une langue et que son équivalent exact est au pluriel dans l’autre langue, si le mot au pluriel doit être pris pour un collectif, comme cela se voit à l’évidence à la fin du psaume 50, où le grec ἀναφορὰν (oblation) est traduit par un pluriel latin : oblationes.
Je ne considère pas non plus comme une différence le fait de mettre un synonyme pour éviter une répétition. Pas davantage quand tous les témoins montrent que tel mot latin traduit tel mot grec mais que les dictionnaires ne sont que partiellement d’accord. Cela est reporté à une autre étude que je ferai si Dieu veut.
Pour éviter de fastidieuses répétitions, voici les abréviations utilisées :
G : texte du psautier liturgique grec, tel que publié par la « Diaconie apostolique de l’Eglise de Grèce », 16e édition 2024.
GI : autre version liturgique des paumes grecs qu’on trouve sur internet.
L : texte du psautier latin (dit « psautier gallican » pour le différencier du vieux « psautier romain »), celui de la Vulgate sixto-clémentine, celui des bréviaires traditionnels.
Rahlfs : c’est l’édition de la Septante par Alfred Rahlfs, revue par Albert Hanhart, 2006. (Pour les psaumes elle se fonde essentiellement sur les trois principaux codex : Vaticanus, Sinaiticus, Alexandrinus.)
VL : versions latines anciennes, avant la Vulgate (« Vetus latina »), selon Bibliorum sacrorum latinae versiones antiquae, du bénédictin Pierre Sabatier, publié en 1743. On a fait plus exhaustif depuis, mais ces trois volumes se trouvent sur internet.
Enfin j’ai consulté en permanence la Vulgate de Stuttgart, où le texte des psaumes a été établi selon les seuls manuscrits bilingues (grec-latin) ou trilingues (hébreu-grec-latin).
La numérotation des versets n’est pas toujours la même pour les psaumes en grec et en latin, d’où en ce cas la double numérotation.
Quand je dis « le grec », ce sont toutes les versions grecques désignées ci-dessus ; quand je dis « le latin », ce sont toutes les versions latines désignées ci-dessus.
PSAUME 4
Verset 2
G : Ἐν τῷ ἐπικαλεῖσθαί με εἰσήκουσάς μου ὁ θεὸς.
« Quand j’invoquais, Dieu tu m’as exaucé. »
L : Cum invocarem exaudivit me Deus.
« Quand je l’invoquais, Dieu m’a exaucé. »
Rahlfs a, comme L, la troisième personne : εἰσήκουσέν, et ne donne pas de variante. Mais de nombreuses VL, et un manuscrit de la Vulgate de Stuttgart, ont la deuxième personne : « exaudisti ».
PSAUME 5
Verset 4/5
G : τὸ πρωὶ παραστήσομαί σοι καὶ ἐπόψει με.
« Au matin je me tiendrai devant toi, et il me verra. »
L : Mane astabo tibi et videbo.
« Au matin je me tiendrai devant toi, et je verrai. »
Rahlfs a ἐπόψομαι, à la première personne, sans complément, comme L. La variante ἐπόψει με se trouve dans l’Alexandrinus.
PSAUME 6
Versets 9-10
Dans les deux versets L dit : exaudivit Dominus : « Dieu m’a exaucé ».
G a la première fois εἰσήκουσε, et la deuxième fois le verbe sans le préfixe : ἤκουσε : Le Seigneur m’a entendu. Ce texte est celui de l’Alexandrinus.
PSAUME 7
Verset 7
G : τῶν ἐχθρῶν σου.
« de tes ennemis ».
L : inimicorum meorum.
« de mes ennemis ».
Rahlfs : « de mes ennemis ». Quelques VL ont inimicorum tuorum, comme G.
Verset 12
G : μὴ ὀργὴν ἐπάγων καθ ἑκάστην ἡμέραν.
« Il (Dieu) ne se mettra pas en colère tous les jours. »
L : Numquid irascitur per singulos dies ?
« Est-ce qu’il (Dieu) se mettra en colère tous les jours ? »
La particule μὴ peut être négative ou interrogative. Dans G c’est la négation, dans L l’interrogation (mais la réponse, sous-entendue, est évidemment non, donc le sens est le même). Certains anciens psautiers latins disent comme G.
PSAUME 9
Verset 6
G : τὸ ὄνομα αὐτῶν ἐξήλειψας.
« Tu as effacé son nom. »
Renvoie au mot qui précède immédiatement : l’impie.
L : Nomen eorum delesti.
« Tu as effacé leurs noms. »
Renvoie aux nations (« gentes »).
Rahlfs dit comme L (τὸ ὄνομα αὐτῶν : leurs noms) et ne donne pas de variante.
Verset 15/16
G : ἀγαλλιασόμεθα.
« Nous exulterons. »
L : Exsultabo.
« J’exulterai. »
Rahlfs et GI ont la première personne comme L.
Verset 33
G : ἀνάστηθι, Κύριε ὁ θεός μου.
« Lève-toi, Seigneur mon Dieu. »
L : Exsurge Domine Deus.
« Lève-toi, Seigneur Dieu. »
Le pronom possessif se trouve dans l’Alexandrinus, et dans plusieurs VL.
Verset 37
G : Κύριος βασιλεύσ.
« Le Seigneur (est) roi (pour l’éternité). »
L : Dominus regnabit.
« Le Seigneur règnera. »
Le Sinaiticus, et GI, disent comme L : βασιλεύσει Κύριος.
Verset 38
G : εἰσήκουσας Κύριε.
« Tu as exaucé, Seigneur. »
L : Exaudivit Dominus.
« Le Seigneur a exaucé. »
Rahlfs et GI disent comme L : εἰσήκουσεν Κύριος. Le psautier de Milan dit comme G : exaudisti.
PSAUME 10
Verset 4
G : ὅτι ἃ κατηρτίσω, αὐτοὶ καθεῖλον.
« Parce que ce que tu as réalisé, ceux-là l’ont détruit. »
L : quoniam quæ perfecisti destruxerunt.
« Parce que ce que tu as réalisé ils l’ont détruit. »
αὐτοὶ, ceux-là, n’est pas traduit en latin : c’est une variante de l’Alexandrinus. Certaines VL ont « ipsi ».
PSAUME 11
Verset 3
G : χείλη δόλια ἐν καρδίᾳ καὶ ἐν καρδίᾳ ἐλάλησαν κακά.
« Leurs lèvres trompeuses dans un cœur et un cœur ont dit de mauvaises choses. »
L : labia dolosa, in corde et corde locuti sunt.
« Leurs lèvres trompeuses dans un cœur et un cœur ont parlé. »
κακά à la fin du verset est une variante de l’Alexandrinus.
De nombreuses VL cumulent les deux : « in corde et corde locuti sunt mala ».
Verset 8
G : σύ, Κύριε, φυλάξαις ἡμᾶς καὶ διατηρήσαις ἡμᾶς.
L : Tu, Domine, servabis nos, et custodies nos.
« Toi, Seigneur, tu nous conserveras, et tu nous garderas. »
Les deux verbes grecs sont à l’aoriste optatif. C’est intraduisible sans paraphrase. A priori la traduction la plus proche serait l’impératif, mais le latin met le futur. Or Rahlfs a déjà le futur (sans indiquer de variante).
Verset 9
G : ἐπολυώρησας τοὺς υἱοὺς τῶν ἀνθρώπων.
« Tu as attaché du prix aux fils des hommes – tu as pris soin des fils des hommes. »
L : multiplicasti filios hominum.
« Tu as multiplié les fils des hommes. »
Et je ne vois aucune variante, ni en grec, ni en latin. Sans doute le latin a-t-il compris « multiplier » parce qu’il y a πολυ dans le grec, et que ce mot veut souvent dire beaucoup. Mais ici il veut dire grand (πολυ-ὤρα : grand soin). Du moins selon les dictionnaires modernes…
PSAUME 12
Verset 2
G : ὀδύνας ἐν καρδίᾳ μου ἡμέρας καὶ νυχτός.
« Des afflictions dans mon cœur jour et nuit. »
L : dolorem in corde meo per diem.
« La douleur dans mon cœur pendant le jour. »
« et nuit » est une variante de l’Alexandrinus.
PSAUME 13
La liturgie latine a après le verset 3 une série de versets non numérotés qui sont une citation de l’épître de saint Paul aux Romains (3, 13-18), mosaïque de versets d’autres psaumes mais aussi d’Isaïe. Cet ajout se trouve déjà dans plusieurs Bibles grecques, mais pas dans l’Alexandrinus, ni (donc) dans le psautier liturgique grec.
Verset 5/6
G : ὁ θεὸς ἐν γενεᾷ δικαίων.
« Dieu est dans la génération des justes. »
L : Dominus in generatione justa est.
« Le Seigneur est dans la génération qui est juste. »
Rahlfs a γενεᾷ δικαίᾷ, comme L. Le δικαίων de G est dans l’Alexandrinus.
Verset 6, suite
G : ὁ δέ Κύριος ἐλπὶς αὐτοῦ ἐστιν.
« Mais le Seigneur est son espérance. »
L : quoniam Dominus spes ejus est.
« Parce que le Seigneur est son espérance. »
δέ peut se traduire ici par « or », mais pas par « parce que ». Rahlfs a ὅτι, « parce que ».
PSAUME 15
Verset 3
G : τοῖς ἁγίοις τοῖς ἐν τῇ γῇ αὐτοῦ ἐθαυμάστωσεν ὁ Κύριος πάντα τὰ θελήματα αὐτοῦ ἐν αὐτοῖς.
« Aux saints qui sont sur sa terre le Seigneur a magnifié toutes ses volontés en eux. »
L : sanctis qui sunt in terra ejus mirificavit omnes voluntates meas in eis.
« Aux saints qui sont sur sa terre il a magnifié toutes mes volontés en eux (ou sur eux, ou parmi eux). »
Rahlfs n’a pas « le Seigneur » mais a « ses volontés » : (τοῖς ἁγίοις τοῖς ἐν τῇ γῇ αὐτοῦ ἐθαυμάστωσεν πάντα τὰ θελήματα αὐτοῦ ἐν αὐτοῖς), et il ne donne pas de variante. Le « mes volontés » du texte latin ne se trouve donc dans aucun des trois manuscrits de référence de Rahlfs ni dans la tradition byzantine.
Saint Paulin de Nole avait demandé à saint Augustin des éclaircissements sur diverses expressions de la Sainte Ecriture, dont ce verset, et il citait « voluntates suas ». Saint Augustin lui explique le verset, mais il ajoute que dans les meilleurs codex on a « voluntates meas ». C’est cette version qu’on trouve dans ses Commentaires des psaumes, et qu’on retrouve aussi dans la Vulgate.
Le fait est que « voluntates suas » est plus facile à comprendre dans le contexte. « Voluntates meas » ne se comprend que si c’est le Christ seul qui parle, et qui parle donc du Père qui a magnifié les volontés du Fils dans les saints.
PSAUME 16
Verset 8
G : φύλαξόν με Κύριε ὡς κόραν ὀφθαλμοῦ.
« Garde-moi, Seigneur, comme la pupille de l’œil. »
L : custodi me ut pupillam oculi.
« Garde-moi comme la pupille de l’œil. »
Κύριε, « Seigneur », ne se trouve ni dans Rahlfs ni dans les VL.
Verset 14
G : ἐχορτάσθησαν ὑείων.
« Ils sont rassasiés de porc. »
L : saturati sunt filiis.
« Ils sont rassasiés de fils. »
Les VL ont également la viande de porc (porcina).
Rahlfs : ἐχορτάσθησαν υἱῶν : « Ils sont rassasiés de fils. » En note : on trouve ὑείων (viandes de porc) dans le Vaticanus et le Sinaiticus. (Mais « fils » dans l’Alexandrinus que le psautier liturgique grec suit pourtant volontiers.) GI a υἱῶν (fils) avec une note disant qu’on trouve aussi ὑείων. Il se trouve que les deux mots se prononcent quasiment de la même façon, hormis l’accent : hyion, hiion. Dans le contexte il s’agit des impies qui me persécutent. S’ils mangent du porc ils sont rendus plus infames que s’ils ont une famille nombreuse…
Cela dit en hébreu les deux mots ne se ressemblent pas. Et saint Jérôme traduit « fils ».
PSAUME 18
Verset 6
G : ἀγαλλιάσεται ὡς γίγας δραμεῖν ὁδὸν αὐτοῦ.
L : Exsultavit ut gigas ad currendam viam.
« Il a tressailli de joie comme un géant pour courir dans sa voie. »
L omet de traduire αὐτοῦ, « sa » (voie), qui est sous-entendu. Mais plusieurs anciennes versions latines (et quatre manuscrits de la Vulgate) avaient le mot.
PSAUME 19
Versets 5 et 6
L omet deux fois de traduire Κύριος, le Seigneur, qui se trouve dans l’Alexandrinus, et dans de nombreuses VL (« Dominus »), et dans certains manuscrits de la Vulgate pour ce qui est du premier.
Verset 6
G : ἀγαλλιασόμεθα ἐπὶ τῷ σωτηρίῳ σου.
L : Lætabimur in salutari tuo.
« Nous nous réjouirons de ton salut. »
GI et Rahlfs ont : ἐν τῷ σωτηρίῳ σου.
ἐπὶ : « sur » vient de l’Alexandrinus. La même expression se trouve au début du psaume suivant : ἐπὶ τῷ σωτηρίῳ, et là tout le monde sera d’accord. L : super salutare tuum. (Cela dit, in peut aussi se traduire par « sur ».)
Verset 8
G : μεγαλυνθησόμεθα.
« Nous magnifierons » (magnificabimur).
G a le même verbe qu’au verset 6. C’est aussi le cas de nombreuses VL. Mais L, cette fois, a « invocabimus » : « nous invoquerons ». Le Sinaiticus a : αγαλλιάσομεθα, « nous nous réjouirons », comme… saint Augustin : « exsultabimus ».
PSAUME 20
Verset 10
G : ce verset commence par ὅτι (parce que).
L omet ce mot, comme le Sinaiticus.
Ensuite G a : εἰς κλίβανον : « dans un four ».
L : ut clibanum : « comme un four ».
Rahlfs a comme L (sans donner de variante) : θήσεις αὐτοὺς ὡς κλίβανον.
(εἰς et ὡς peuvent être confondus.)
PSAUME 21
Verset 21
L : Erue a framea, Deus, animam meam.
« Arrache de l’épée, ô Dieu, mon âme. »
G, GI, Rahlfs, et plusieurs anciennes versions latines, n’ont pas « Dieu ».
Verset 24/25
G : φοβηθήτω δή ἀπ’αὐτοῦ τὸ σπέρμα Ισραηλ.
« Que désormais le craigne la race d’Israël. »
L : Timeat eum omne semen Israel.
« Que toute la race d’Israël le craigne. »
Dans GI, Rahlfs : φοβηθήτωσαν αὐτὸν ἅπαν τὸ σπέρμα Ισραηλ : le verbe est au pluriel mais le sens est le même que dans L.
Verset 26
G : παρὰ σοῦ ὁ ἔπαινός μου ἐν ἐκκλησίᾳ μεγάλῃ ἐξομολογήσομαι σοι τὰς εὐχάς μου ἀποδώσω ἐνώπιον τῶν φοβουμένων αὐτόν.
L : Apud te laus mea in ecclesia magna ; vota mea reddam in conspectu timentium eum.
« A toi ma louange dans la grande église, j’acquitterai mes vœux en présence de ceux qui craignent. »
G ajoute en incise entre les deux propositions : « je te confesserai ». Certaines VL l’ont : « confitebor tibi ».
Verset 32
G : καὶ ἀναγγελοῦσιν τὴν δικαιοσύνην αὐτοῦ.
« Et on annoncera sa justice. »
L : et annuntiabunt cæli justitiam ejus.
« Et les cieux annonceront sa justice. »
Ni G, ni Rahlfs, ni la Vulgate de Stuttgart, ni certaines VL n’ont le mot « cieux ».
PSAUME 23
Verset 6
G : αὕτη ἡ γενεὰ ζητούντων τὸν Κύριον, ζητούντων τὸ πρόσωπον τοῦ Θεοῦ ᾿Ιακώβ
« C’est la génération qui cherche le Seigneur, qui cherche la face du Dieu de Jacob. »
L : Hæc est generatio quærentium eum, quærentium faciem Dei Jacob.
« C’est la génération qui le cherche, qui cherche la face du Dieu de Jacob. »
Rahlfs n’a pas τὸν Κύριον, mais αὐτόν, comme le latin « eum » (lui). Plusieurs VL ont comme le grec liturgique « Dominum », le Seigneur.
PSAUME 24
Verset 2
G : μὴ καταισχυνθείην εἰς τὸν αἰῶνα.
« Que je ne sois pas confondu éternellement. »
L : non erubescam.
« Que je n’aie pas à rougir. »
Ni Rahlfs, ni GI, ni VL, ni L n’ont εἰς τὸν αἰῶνα (« éternellement »).
Verset 3/4
G : αἰσχυνθήτωσαν οἱ ἀνομοῦντες.
L : Confundantur omnes iniqua agentes.
« Que soient confondus (tous) ceux qui font l’iniquité. »
Saint Jérôme dit que πάντες (tous) ne se trouve ni dans le grec ni dans l’hébreu, mais selon Rahlfs il se trouve dans l’Alexandrinus. Donc la Septante de saint Jérôme n’était pas l’Alexandrinus…
PSAUME 25
Verset 7
G : τοῦ ἀκοῦσαί με φωνῆς αἰνέσεώς σου.
L : ut audiam vocem laudis.
« Pour que j’entende la voix de ta louange », dit G. Le possessif absent de L ne se trouve pas non plus dans Rahlfs, mais il figure dans plusieurs VL.
Verset 11
G : λύτρωσαί με, Κύριε, καὶ ἐλέησόν με.
L : Redime me, et miserere mei.
« Rachète-moi (Seigneur), et aie pitié de moi. »
Le Κύριε de G se trouve dans l’Alexandrinus. Sabatier fait remarquer que l’introït du lundi après le 2e dimanche de carême le chante aussi : « Redime me, Domine, et miserere mei. »
PSAUME 26
Verset 4
G : τὸν ναὸν τὸν ἅγιον αὐτοῦ.
L : templum ejus.
« Son saint temple », dit G. « Son temple », dit L. « Saint » se trouve dans l’Alexandrinus, et dans certaines VL.
Verset 5
G : ἐν ἡμέρᾳ κακῶν μου.
L : in die malorum.
« Au jour de (mes) malheurs. »
Rahlfs dit comme G, et certaines VL.
Verset 6
G : καὶ νῦν ἰδοὺ ὕψωσεν τὴν κεφαλήν μου.
L : et nunc exaltavit caput meum.
Et maintenant il a élevé ma tête.
L ne traduit pas ἰδοὺ : « voici ». Plusieurs VL l’ont (« ecce »).
PSAUME 27
Verset 4
G : δὸς αὐτοῖς, Κύριε.
L : Da illis.
Donne-leur, (Seigneur).
« Seigneur » ne se trouve que dans G et GI.
PSAUME 29
Verset 8
G : ἀπέστρεψας δὲ τὸ πρόσωπόν σου.
L : avertisti faciem tuam a me.
« Tu as détourné ta face. »
L ajoute : de moi. (Certaines VL et certains manuscrits de la Vulgate n’ont pas cet ajout.)
PSAUME 30
Verset 2
G : Ἐπὶ σοί, Κύριε, ἤλπισα, μὴ καταισχυνθείην εἰς τὸν αἰῶνα· ἐν τῇ δικαιοσύνῃ σου ῥῦσαί με καὶ ἐξελοῦ με.
L : In te, Domine, speravi ; non confundar in æternum : in justitia tua libera me
« En toi Seigneur j’ai espéré, que je ne sois pas confondu éternellement ; en ta justice délivre-moi, et arrache-moi. »
καὶ ἐξελοῦ με n’est pas traduit dans L et ne se trouve pas dans le Sinaiticus. L’expression a été ajoutée par imitation du début du psaume 70. Elle se trouve dans plusieurs VL.
Verset 5
Il finit par Κύριε dans G : cela vient de l’Alexandrinus.
Verset 6
G : εἰς χεῖράς σου παραθήσομαι τὸ πνεῦμά μου.
L : In manus tuas commendo spiritum meum.
« Entre tes mains je remets mon esprit. »
G : « je remettrai ». Plusieurs manuscrits de la Vulgate ont également le futur : « commendabo » (mais aucune VL répertoriée par Sabatier).
Dans les psaumes, le futur est souvent utilisé pour renforcer l’idée de présent : Confitebor tibi, Diligam te, Exalatabo te…
Verset 15
G : ἐγὼ δὲ ἐπὶ σοὶ, Κύριε, ἤλπισα.
L : Ego autem in te speravi, Domine.
« Mais moi c’est en toi que j’ai espéré, Seigneur. »
G met Κύριε avant le verbe, comme l’Alexandrinus.
PSAUME 31
Verset 2
G : μακάριος ἀνήρ, (…) οὐδέ ἐστιν ἐν τῷ στόματι αὐτοῦ δόλος.
L : Beatus vir (…) nec est in spiritu ejus dolus.
« Bienheureux l’homme (…) qui n’a pas de fraude en sa bouche » (G), « en son esprit » (L).
Plusieurs VL ont comme le grec « en sa bouche » (« in ore »).
Verset 5
G : τὴν ἀνομίαν μου ἐγνώρισα καὶ τὴν ἁμαρτίαν μου οὐκ ἐκάλυψα.
« J’ai fait connaître mon iniquité, et je n’ai pas caché mon péché. »
L : Delictum meum cognitum tibi feci, et injustitiam meam non abscondi.
« Je t’ai fait connaître mon péché, et je n’ai pas caché mon injustice. »
Certains manuscrits de la Vulgate n’ont pas « tibi ». (D’autre part G intervertit les deux noms, comme dans l’Alexandrinus.)
PSAUME 32
Verset 5
G : ἀγαπᾷ ἐλεημοσύνην καὶ κρίσιν ὁ Κύριος.
L : Diligit misericordiam et judicium.
« Il aime la miséricorde et le jugement, (le Seigneur). »
ὁ Κύριος se trouve dans l’Alexandrinus, dans aucune de mes autres références grecques ou latines.
Verset 18
L a « et in eis » (et en ceux qui) entre les deux stiques. Cela ne figure pas en grec, ni dans plusieurs manuscrits de la Vulgate, mais plusieurs VL l’ont.
PSAUME 34
Verset 10
G : Κύριε, Κύριε.
L : Domine.
La répétition se trouve dans l’Alexandrinus.
Verset 11
G : ἀναστάντες μοι.
L : Surgentes.
« Se sont élevés », devant moi, dit G. Ce mot n’est pas dans Rahlfs.
Verset 20
G : ἐπ ὀργὴν δόλους διελογίζοντο
« Avec colère ils méditaient des tromperies. »
L : in iracundia terræ loquentes dolos cogitabant.
« Parlant dans la colère de la terre (?) ils méditaient des tromperies. »
Les VL traduisent le texte grec. Le texte latin est bizarre, avec ce « terrae » que Glaire traduit de façon peu convaincante « dans le pays ».
Verset 23
G : ἐξεγέρθητι, Κύριε.
L : Exsurge.
« Lève-toi, (Seigneur). » Les VL et certains manuscrits de la Vulgate ont « Domine ».
PSAUME 36
Verset 18
G : γινώσκει Κύριος τὰς ὁδοὺς τῶν ἀμώμων.
« Le Seigneur connaît les voies des hommes immaculés. »
L : Novit Dominus dies immaculatorum.
« Le Seigneur connaît les jours des hommes immaculés. »
La plupart des VL ont « vias immaculatorum », comme le grec. C’est ainsi que saint Jérôme citait le psaume dans son commentaire d’Isaïe. Mais dans sa traduction des psaumes d’après l’hébreu il a mis « dies » (ou « diem », selon les manuscrits).
Verset 23
G : καὶ τὴν ὁδὸν αὐτοῦ θελήσει σφόδρα.
L : et viam ejus volet.
« Et il favorisera sa voie. » « Beaucoup », dit G : c’est dans l’Alexandrinus.
Verset 26
G : ὅλην τὴν ἡμέραν ἐλεεῖ καὶ δανείζει ὁ δίκαιος.
L : Tota die miseretur et commodat.
« Tout le jour il est compatissant et il prête. »
G précise qu’il s’agit du « juste », comme indiqué dans le verset précédent. C’est dans l’Alexandrinus.
Verset 28
G : ἄνομοι δὲ ἐκδιωχθήσονται.
« Les injustes seront chassés. »
L : injusti punientur.
« Les injustes seront punis. »
Le Vaticanus et le Sinaiticus ont εκδικηθήσονται : seront punis.
(δὲ n’est pas traduit, mais ce n’est pas nécessaire.)
PSAUME 37
Verset 13
G : δολιότητας ὅλην τὴν ἡμέραν ἐμελέτησαν.
« Ils ont médité des tromperies tout le jour. »
L : dolos tota die meditabantur
« Ils méditaient des tromperies tout le jour. »
PSAUME 39
Verset 7
G : θυσίαν καὶ προσφορὰν οὐκ ἠθέλησας, σῶμα δὲ κατηρτίσω μοι.
« Tu n’as voulu ni sacrifice ni oblation ; mais tu m’as disposé un corps. »
L : Sacrificium et oblationem noluisti ; aures autem perfecisti mihi.
« Tu n’as voulu ni sacrifice ni oblation ; mais tu m’as disposé des oreilles. »
L’épitre aux Hébreux (10,5) cite ce verset exactement comme ci-dessus. Et la Vulgate traduit : « Hostiam et oblationem noluisti: corpus autem aptasti mihi. »
Toutes les versions grecques des psaumes ont « un corps ». Rahlfs écrit pourtant : « des oreilles », avec comme seule référence… le « psautier gallican », donc le psautier latin que nous suivons. La plupart des VL citées par Sabatier ont « corpus ».
L’explication, tout de même plus qu’étrange, est que la citation de l’épitre aux Hébreux est erronée et que toutes les éditions de la Septante que nous avons ont recopié cette erreur dans le psaume. Preuve en est que dans l’hébreu il y a bien « oreilles »… Dans l’hébreu qu’avait saint Jérôme, et dont il a donc imposé le texte à la Vulgate… et au texte grec de Rahlfs. Mais on sait que le texte hébreu de la Bible qu’avait saint Jérôme à la fin du IVe siècle, avait déjà été retouché par les rabbins. Et quoi de plus tentant que de supprimer cette trop évidente prophétie de l’Incarnation ?
Hébreux 10, 4-10 : « Car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs enlève les péchés. C’est pourquoi le Christ entrant dans le monde, dit : Tu n’as pas voulu de sacrifice ni d’oblation, mais tu m’as disposé un corps ; les holocaustes et les sacrifices pour le péché ne t’ont pas plu. Alors j’ai dit : Voici, je viens, selon qu’il est écrit de moi dans en tête du livre, pour faire, ô Dieu, ta volonté. Après avoir dit d’abord : Tu n’as pas voulu de sacrifices et d’offrandes, non plus que les holocaustes et les sacrifices pour le péché, et tu n’as pas agréé ces choses qu’on offre selon la loi, alors il dit : Voici, je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté. Il abolit ainsi la première chose pour établir la seconde. C’est en vertu de cette volonté que nous avons été sanctifiés par l’oblation du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes. »
Verset 9
G : ἐν μέσῳ τῆς κοιλίας μου.
« Au milieu de mon ventre. »
L : in medio cordis mei.
« Au milieu de mon cœur. »
Le Vaticanus aussi a le mot « cœur » : καρδία.
Mais κοιλία doit être pris au sens d’entrailles, au figuré : ta loi est au milieu de mon cœur, de mes entrailles.
Verset 10
G : εὐηγγελισάμην δικαιοσύνην.
L : Annuntiavi justitiam tuam.
« J’ai annoncé ta justice. »
Le grec n’a pas le possessif, mais il le sous-entend (après « ta loi »), de même que plusieurs manuscrits de la Vulgate.
Verset 12
G : τὸ ἔλεός σου καὶ ἡ ἀλήθειά σου διαπαντὸς ἀντιλάβοιντό μου.
L : misericordia tua et veritas tua semper susceperunt me.
« Ta miséricorde et ta vérité m’ont toujours soutenu. »
Le verbe grec est à l’optatif, donc le grec dit plutôt : « Que ta miséricorde et ta vérité me soutiennent toujours. » Mais c’est une particularité de l’Alexandrinus.
Verset 17
G : ἀγαλλιάσθωσαν καὶ εὐφρανθήτωσαν ἐπὶ σοὶ πάντες οἱ ζητοῦντές σε, Κύριε.
L : Exsultent et lætentur super te omnes quærentes te.
« Qu’ils tressaillent en vous d’allégresse et de joie, tous ceux qui te cherchent, Seigneur. »
L n’a pas « Seigneur ». Mais il y avait « Domine » dans les VL.
Verset 18
G : Κύριος φροντιεῖ μου.
« Le Seigneur se souciera de moi. »
L : Dominus sollicitus est mei.
« Le Seigneur se soucie de moi. »
Saint Augustin avait le futur : « curam habebit mei ».
PSAUME 40
Verset 3
G : μὴ παραδῷ αὐτὸν εἰς χεῖρας ἐχθρῶν αὐτοῦ.
« Il ne le livre pas aux mains de ses ennemis. »
L : non tradat eum in animam inimicorum ejus.
« Il ne le livre pas à l’âme de ses ennemis. »
Plusieurs VL ont « mains » comme G. Mais les trois traducteurs du texte hébreu au IIe siècle : Symmaque, Théodotion, Aquila (puis saint Jérôme) ont « âme ». Le sens est le même, mais il est plus fort et plus spirituel avec âme.
PSAUME 41
Verset 6
L : quoniam adhuc confitebor illi.
« Parce que je le confesserai encore. »
G n’a pas « encore ». Les VL non plus. Certains manuscrits de la Vulgate non plus.
Verset 11
L : exprobraverunt mihi qui tribulant me inimici mei,
« Mes ennemis qui me persécutent m’accablent de leurs reproches. »
G n’a pas « qui me persécutent ». C’est une particularité de l’Alexandrinus. Les autres codex… n’ont pas « mes ennemis ».
PSAUME 44
Verset 4
G : δυνατέ.
Puissant.
L : potentissime.
Très puissant.
Verset 5
G : ὁδηγήσει με θαυμαστῶς ἡ δεξιά σου.
« Ta droite me conduira merveilleusement. »
L : deducet te mirabiliter dextera tua.
« Ta droite te conduira merveilleusement. »
Rahlfs a comme L. GI aussi. Le « me » de G paraît donc isolé.
Verset 12/13
G : καὶ προσκυνήσεις αὐτῷ.
« Et tu l’adoreras. »
Ajout de G (qui ne se trouve pas dans Rahlfs) avant « l’adoreront » (et adorabunt eum) dont le sujet est « les filles de Tyr » :
καὶ προσκυνήσεις αὐτῷ. καὶ προσκυνήσουσιν αὐτῷ θυγατέρες Τύρου.
GI n’a que le verbe à la deuxième personne, et « fille de Tyr » au singulier (ce qu’on trouve aussi dans certaines VL).
Verset 14
L : omnis gloria ejus.
« Toute sa gloire. »
G n’a pas l’équivalent de « ejus », certaines VL non plus.
Verset 18
G : μνησθήσομαι.
« Je me souviendrai. »
L : memores erunt.
« Ils se souviendront. »
Certaines VL et les manuscrits de référence de la Vulgate de Stuttgart ont la première personne.
PSAUME 46
Verset 10
G : ὅτι τοῦ θεοῦ οἱ κραταιοὶ τῆς γῆς, σφόδρα ἐπήρθησαν.
« Parce que les puissants de la terre sont de Dieu, ils ont été hautement élevés. »
L : quoniam dii fortes terræ vehementer elevati sunt.
« Parce que les dieux forts de la terre ont été hautement élevés. »
A la place du pluriel « dii », certains manuscrits de la Vulgate ont « dei fortes » : « les forts de Dieu », la VL de Saint-Germain a « Deo fortes », ce qui correspond au grec.
PSAUME 47
Verset 10
G : ἐν μέσῳ τοῦ λαοῦ σου.
« Au milieu de ton peuple. »
L : in medio templi tui.
« Au milieu de ton temple. »
En grec il n’y a qu’une lettre de différence entre peuple et temple : λαοῦ, ναοῦ. Les codex de référence de Rahlfs ont tous λαοῦ, le peuple, mais il a corrigé en ναοῦ, le temple, d’après le « psautier gallican ». Saint Jérôme traduisant d’après l’hébreu dit aussi « templi », ce qu’on également la majorité des VL.
PSAUME 48
Verset 15
A la fin de ce verset G a : ἐξώσθησαν, ils sont chassés, rejetés. Ce mot vient de l’Alexandrinus.
PSAUME 49
Verset 10
G : τὰ θηρία τοῦ ἀγροῦ.
« Les bêtes des champs. »
L : feræ silvarum.
« Les bêtes des forêts. »
Les champs de G sont une spécificité de l’Alexandrinus.
Verset 15
G : ἐν ἡμέρᾳ θλίψεώς σου.
« Au jour de ta tribulation. »
L : in die tribulationis.
« Au jour de la tribulation. »
« σου » est dans l’Alexandrinus.
Verset 21
Il se termine dans G par « τὰς ἁμαρτίας σου » : « tes péchés ». Ce n’est pas dans Rahlfs, mais on le trouve traduit dans plusieurs VL.
Verset 23
G : καὶ ἐκεῖ ὁδός, ᾗ δείξω αὐτῷ τὸ σωτήριόν μου.
« Telle est la voie où je lui montrerai mon salut. »
L : et illic iter quo ostendam illi salutare Dei.
« Telle est la voie où je lui montrerai le salut de Dieu. »
Rahlfs a : « le salut de Dieu », comme L. Certaines VL ont « mon salut », comme G…
PSAUME 51
Versets 3-4
G : Τί ἐγκαυχᾷ ἐν κακίᾳ, ὁ δυνατός, ἀνομίαν ὅλην τὴν ἡμέραν ; (4) ἀδικίαν ἐλογίσατο ἡ γλῶσσά σου.
« Pourquoi glorifies-tu dans le mal, toi qui es puissant, l’iniquité tout le jour ? Ta langue a médité l’injustice. »
L : Quid gloriaris in malitia, qui potens es in iniquitate ? (4) Tota die injustitiam cogitavit lingua tua.
« Pourquoi te glorifies-tu dans le mal, toi qui es puissant en iniquité ? Tout le jour ta langue a médité l’injustice. »
Les manuscrits montrent que chaque tradition campe sur ses positions.
PSAUME 54
Verset 9
G : προσεδεχόμην τὸν Θεὸν.
« J’attendais Dieu. »
L : Exspectabam eum.
« Je l’attendais. »
Ni Rahlfs ni GI n’ont « Dieu ». Le psautier mozarabe a « Dominum ».
Verset 15
G : ὃς ἐπὶ τὸ αὐτό ἐγλύκανας μοι ἐδέσματα.
« Toi qui rendais doux les mets pour moi. »
L : qui simul mecum dulces capiebas cibos.
« Toi qui prenais avec moi de doux mets. »
Dans le même verset :
G : ἐπορεύθην.
« J’ai marché. »
L : ambulavimus.
« Nous avons marché. »
Rahlfs a le pluriel : ἐπορεύθημεν.
Verset 17
G : ἐγὼ πρὸς τὸν Θεὸν ἐκέκραξα.
L : Ego autem ad Deum clamavi.
« (Mais) moi j’ai crié vers Dieu. »
Rahlfs a δέ, mais le Vaticanus ne l’a pas. Certaines VL ne l’ont (donc) pas non plus, certaines ont « et ».
Dans le même verset :
G : ὁ Κύριος εἰσήκουσέν μου.
« Le Seigneur m’a exaucé. »
L : Dominus salvabit me.
« Le Seigneur me sauvera. »
Toutes les VL de Sabatier ont « exaudivit », donc comme le grec.
Certains manuscrits de la Vulgate ont « salvavit » : « m’a sauvé ».
PSAUME 55
Versets 3-4
G : ὅτι πολλοὶ οἱ πολεμοῦντές με ἀπὸ ὕψους. (4) ἡμέρας οὐ φοβηθήσομαι, ἐγὼ δὲ ἐπὶ σοὶ ἐλπιῶ.
« Car ils étaient nombreux à me combattre, depuis une hauteur.
Le jour, je ne serai pas dans la crainte. »
L : quoniam multi bellantes adversum me. (4) Ab altitudine diei timebo.
« Car ils étaient nombreux à me combattre.
Depuis la hauteur du jour je serai dans la crainte. »
On voit que les versets sont découpés différemment, comme on l’a déjà vu dans le psaume 51, et comme cela arrive assez souvent. Mais surtout que G (et GI) a une négation : je ne serai pas dans la crainte. Rahlfs ne connaît pas cette négation. On la trouve en latin dans le psautier de Milan. (Il y a par la suite deux fois la négation dans le psaume : « je ne craindrai pas ».)
Verset 10
L commence par « tunc » : « alors », absent des références grecques et des VL. Mais que l’on trouve dans les traductions de l’hébreu en grec (τότε) par Aquila, Symmaque, Théodotion, la Cinquième, et en latin par saint Jérôme (« tunc »).
Verset 12/13
G : εὐχαί, ἃς ἀποδώσω αἰνέσεώς σου.
« Les vœux que je rendrai, de ta louange. »
L : vota tua, quæ reddam, laudationes tibi.
« Tes vœux, que je rendrai, des louanges pour toi. »
Rahlfs a : αἱ εὐχαί, ἃς ἀποδώσω αἰνέσεώς σοι : Les vœux de louange que je te rendrai.
Les VL sont variées, mais beaucoup sont proches de Rahlfs : « vota quæ reddam, laudationis tibi ».
Verset 13/14
« Il a délivré mon âme de la mort, mes pieds de la chute. »
G ajoute, après « mon âme de la mort » : « mes yeux des larmes » : τοὺς ὀφθαλμούς μου ἀπὸ δακρύων. Ce qu’on trouve aussi dans plusieurs VL. IL s’agit d’une contamination par le dernier verset du psaume 114.
PSAUME 57
Verset 9
G : ἔπεσε πῦρ ἐπ᾿ αὐτούς,
L : supercecidit ignis,
« Le feu tombera » ; sur eux, ajoute G (et GI). Plusieurs VL ont également « super eos ».
PSAUME 58
Verset 8
G : ἰδοὺ αύτοὶ.
« Voici que ceux-là. »
L : Ecce.
« Voici ».
αύτοὶ ne se trouve ni dans GI ni dans Rahlfs, mais dans la plupart des VL (« ipsi »).
Verset 17
G : ἐγὼ δὲ ᾄσομαι τῇ δυνάμει σου. »
« Mais moi je chanterai à (en l’honneur de) ta force.
L : Ego autem cantabo fortitudinem tuam.
« Mais moi je chanterai ta force. »
Certaines VL disent comme le grec (virtuti tuæ).
PSAUME 61
Verset 9
G : ὅτι ὁ Θεὸς βοηθὸς ἡμῶν.
« Car Dieu (est) notre aide. »
L : Deus adjutor noster in æternum.
« Dieu (est) notre aide à jamais. »
Rahlfs n’a pas ὅτι.
Tous les codex de la Vulgate de Stuttgart ont « in æternum », mais plusieurs VL ne l’ont pas (et ont éventuellement « quia » traduisant ὅτι).
PSAUME 62
Verset 7
G : ἐμελέτων.
« Je méditais. »
L : meditabor.
« Je méditerai. »
Un codex de la Vulgate de Stuttgart a l’imparfait. Certaines VL (dont saint Augustin), également.
PSAUME 63
Verset 4
G : οἵτινες ἠκόνησαν ὡς ρομφαίαν τὰς γλώσσας αὐτῶν.
« Lesquels ont aiguisé leurs langues comme une épée. »
L : Quia exacuerunt ut gladium linguas suas.
« Parce qu’ils ont aiguisé leurs langues comme une épée. »
Plusieurs VL ont « qui », ce qui correspond à G.
Verset 7
G : ἐξηρεύνησαν ἀνομίαν, ἐξέλιπον ἐξερευνῶντες ἐξερευνήσεις. προσελεύσεται ἄνθρωπος, καὶ καρδία βαθεῖα.
« Ils ont recherché l’iniquité, ils se sont épuisés en recherchant leurs recherches. L’homme s’avancera, et le cœur profond. »
L : Scrutati sunt iniquitates ; defecerunt scrutantes scrutinio. Accedet homo ad cor altum,
« Ils ont recherché les iniquités, ils se sont épuisés en recherchant leurs recherches. L’homme s’avancera au cœur profond (au fond du cœur). »
« Iniquité » est au singulier dans l’Alexandrinus, au pluriel dans le Vaticanus et le Sinaiticus.
Le « καὶ καρδία βαθεῖα » est étrange, car c’est au nominatif : « un homme s’avancera, et un cœur profond ». Les traducteurs s’écartent du texte grec… et traduisent le texte latin (ce n’est d’ailleurs pas la seule fois…). Giguet : « L’homme descendra dans les profondeurs de son cœur. » Deseille : « L’homme pénétrera au profond de son cœur. » La Fraternité orthodoxe en Europe occidentale : « Il viendra un homme au cœur profond. » Moniale Anastasia (sur le texte slavon) : « Il surviendra un homme au cœur profond. »
PSAUME 64
Verset 7
G : ἑτοιμάζων ὄρη ἐν τῇ ἰσχύι αὐτοῦ.
« Préparant les montagnes par sa force. »
L : Præparans montes in virtute tua.
« Préparant les montagnes par ta force. »
Les deux versions disent la même chose, mais L s’adresse à Dieu. Le Vaticanus dit comme L, mais saint Augustin a « sua » comme G.
Verset 8
G : ὁ συνταράσσων τὸ κῦτος τῆς θαλάσσης, ἤχους κυμάτων αὐτῆς τίς ύποστήσεται ;
« (Toi) qui troubles les profondeurs de la mer, le bruit de ses flots, qui restera debout ? »
L : qui conturbas profundum maris, sonum fluctuum ejus.
« (Toi) qui troubles les profondeurs de la mer, le bruit de ses flots. »
GI et L n’ont pas l’ajout de G : Qui restera debout, qui y résistera ? Mais plusieurs VL ont « quis sustinebit ? », et le psautier slavon l’a aussi.
Verset 10
G : ὅτι οὕτως ἡ ἑτοιμασία.
L : quoniam ita est præparatio ejus.
« Car ainsi est sa préparation. »
G et GI n’ont pas de possessif (qui est sous-entendu). Mais Rahlfs a « σου ».
Verset 13
G : πιανθήσονται τὰ ὄρη τῆς ἐρήμου.
« Les collines du désert s’engraisseront. »
L : Pinguescent speciosa deserti.
« Les beautés du désert s’engraisseront. »
Rahlfs a « τὰ ὡραῖα », qui correspond à « speciosa », mais note que le Vaticanus et le Sinaiticus ont « τὰ ὄρη », les collines.
PSAUME 65
Verset 3
G : Ὡς φοβερὰ τὰ ἔργα σου.
L : Quam terribilia sunt opera tua, Domine.
« Comme tes œuvres sont terribles. »
L ajoute « Seigneur », mais pas la plupart des VL.
Verset 4
G : πᾶσα ἡ γῆ (…) ψαλάτωσαν δὴ τῷ ὀνόματί σου, ὕψιστε.
L : Omnis terra (…) psalmum dicat nomini tuo.
« Que toute la terre (…) dise un psaume à ton nom. »
G ajoute ὕψιστε : « Très-Haut ». La plupart des VL ont « Altissime ». (Pour δὴ, voir l’introduction.)
Verset 5
G ajoute ὡς (« comme ») au début du deuxième stique.
Verset 15
G : διηγήσομαι ὑμῖν.
L : narrabo.
« Je (vous) raconterai. »
G ajoute le pronom, ainsi font la majorité des VL.
PSAUME 67
Verset 13
L : dilecti dilecti.
« Du bien aimé, du bien aimé. »
G n’a pas la répétition, mais le Vaticanus l’a. Les VL ne l’ont pas.
Versets 19-20
G : Κύριος ὁ θεὸς εὐλογητός, (20) εὐλογητὸς Κύριος ἡμέραν καθ ἡμέραν.
« Béni soit le Seigneur Dieu, (20) béni soit le Seigneur chaque jour. »
L : … Dominum Deum. (20) Benedictus Dominus die quotidie.
« … le Seigneur Dieu. (20) Béni soit le Seigneur chaque jour. »
Les VL suivent généralement G, qui est aussi le texte de Rahlfs. L a respecté la coupure entre les deux versets : « Dominum Deum » termine une phrase, et n’a donc pas le premier « Béni ».
Verset 33
L a « psallite Deo » après « psallite Domino », comme GI, Rahlfs, et la plupart des VL. G, qui n’a pas ψάλατε τῷ κυρίῳ après ψάλατε τῷ Θεῷ, est en accord avec saint Jérôme retraduisant depuis l’hébreu…
PSAUME 68
Verset 14
G : ἐγὼ δὲ τῇ προσευχῇ μου πρὸς σέ, Κύριε·
« Mais moi dans ma prière à toi, Seigneur, (je disais) : »
L : Ego vero orationem meam ad te, Domine
« Mais moi je vous (adresse), Seigneur, ma prière. »
Le mot « prière » est au datif en grec, à l’accusatif en latin.
Verset 15
G : ῥυσθείην.
« Puissé-je être délivré. »
L : libera me.
« Délivre-moi. »
Le latin est à l’impératif, le grec à l’aoriste optatif.
Verset 30
G : ἡ σωτηρία σου, ὁ Θεός, ἀντιλάβοιτό μου.
« Que ton salut, ô Dieu, me soutienne. »
L : salus tua, Deus, suscepit me.
« Ton salut, ô Dieu, m’a soutenu. »
G est à l’optatif, Rahlfs a ἀντελάβετό, ce qui correspond à L.
PSAUME 70
Verset 12
G : ὁ Θεός μου… ὁ Θεός μου.
L : Deus… Deus meus.
G a deux fois « mon Dieu ». Rahlfs et L sont d’accord. Les VL sont variées. Saint Augustin a non seulement deux fois « Deus meus », mais « Domine » devant le premier.
Verset 17
G : ὁ Θεός μου, ἃ ἐδίδαξάς με ἐκ νεότητός μου.
« Mon Dieu, ce que tu m’as enseigné dès ma jeunesse. »
L : Deus, docuisti me a juventute mea.
« O Dieu, tu m’as enseigné dès ma jeunesse. »
Le « ἃ » de G (et GI) n’est pas clair. On ne le trouve ni dans Rahlfs, ni dans les VL.
Verset 19
G : καὶ τὴν δικαιοσύνην σου ὁ θεός, ἕως ὑψίστων ἃ ἐποίησας μοι μεγαλεῖα. ὁ θεός, τίς ὅμοιός σοι ;
« Et ta justice, ô Dieu, jusqu’au plus haut des cieux, les grandes choses que tu as faites pour moi. O Dieu, qui donc est semblable à toi ? »
L : et justitiam tuam, Deus, usque in altissima ; quæ fecisti magnalia Deus quis similis tibi ?
« Et ta justice, ô Dieu, (atteint) jusqu’au plus haut des cieux ; dans les grandes choses que tu as faites, ô Dieu, qui est semblable à toi ? »
En dehors de la différence de ponctuation, on note que G a « pour moi » (μοι), qui ne se trouve ni dans GI, ni chez Rahlfs, ni dans L, ni dans les VL.
Verset 20
G : καὶ ἐκ τῶν ἀβύσσων τῆς γῆς ἀνήγαγές με.
« Et des abîmes de la terre tu m’as ramené. »
L : et de abyssis terræ iterum reduxisti me.
« Et des abîmes de la terre tu m’as de nouveau ramené. »
« De nouveau », πάλιν, se trouve dans GI, Rahlfs, les VL.
Verset 21
G : ἐπλεόνασας ἐπ᾿ ἐμὲ τὴν μεγαλοσύνην σου.
« Tu as multiplié sur moi ta magnificence. »
L : Multiplicasti magnificentiam tuam.
« Tu as multiplié ta magnificence. »
« Sur moi » se trouve dans GI et certaines VL, mais pas dans Rahlfs.
PSAUME 71
Verset 14
G : ἔντιμον τὸ ὄνομα αὐτοῦ ἐνώπιον αὐτῶν.
« Son nom (est) honorable devant eux. »
L : honorabile nomen eorum coram illo.
« Leur nom (est) honorable devant lui. »
Rahlfs dit comme L. G a le texte du Sinaiticus. Certaines VL disent comme G. Saint Augustin connaît les deux.
PSAUME 72
Verset 6
G : διὰ τοῦτο ἐκράτησεν αὐτοὺς ἡ ὑπερηφανία αὐτῶν εἰς τέλος.
« Pour cela leur orgueil les a saisis jusqu’à la fin. »
L : Ideo tenuit eos superbia.
« Pour cela l’orgueil les a saisis. »
Plusieurs VL ont « superbia eorum » comme G, mais « jusqu’à la fin » ne se trouve dans aucune de mes références.
Verset 15
G : καὶ ἔλεγον.
« Et je disais. »
L : Si dicebam.
« Si je disais. »
GI et Rahlfs ont « εἰ », si, comme L et les VL.
Verset 18
G : πλὴν διὰ τὰς δολιότητας αὐτῶν ἔθου αὐτοῖς κακά.
L : Verumtamen propter dolos posuisti eis.
« En vérité à cause de (leurs) tromperies tu leur a placé (des maux). »
G (ainsi que GI), suivi par la plupart des VL (« mala ») a explicité ce qui dans Rahlfs et L reste sous-entendu.
Verset 28
G : τίθεσθαι ἐν τῷ κυρίῳ.
L : ponere in Domino Deo.
« Mettre dans le Seigneur (Dieu). »
Les VL ont plutôt « in Deo »…
PSAUME 73
Verset 2
G : ὄρος Σιων τοῦτο.
L : mons Sion.
« (Cette) montagne de Sion. »
Le démonstratif est général en grec. Dans les VL de Sabatier on ne voit que saint Augustin : « montem Sion istum ».
Verset 3
G : ὅσα ἐπονηρεύσατο ὁ ἐχθρὸς ἐν τοῖς ἁγίοις σου !
« Quel mal a fait l’ennemi dans tes lieux saints ! »
L : quanta malignatus est inimicus in sancto !
« Quel mal a fait l’ennemi dans le lieu saint ! »
Les VL suivent généralement le grec : « in sanctis tuis ».
Verset 8
G : δεῦτε καὶ καταπαύσωμεν πάσας τὰς ἑορτὰς τοῦ Θεοῦ ἀπὸ τῆς γῆς.
« Venez, faisons cesser toutes les fêtes de Dieu sur la terre. »
L : Quiescere faciamus omnes dies festos Dei a terra.
« Faisons cesser toutes les fêtes de Dieu sur la terre. »
Les VL disent comme le grec : « Venite ».
Verset 9
G : τὰ σημεῖα αὐτῶν οὐκ εἴδομεν.
« Nous ne voyons pas leurs signes. »
L : Signa nostra non vidimus.
« Nous ne voyons pas nos signes. »
Rahlfs dit comme le latin : « ἡμῶν ».
Verset 13
Le latin n’a pas σὺ (« tu ») au début du deuxième stique.
Verset 23
G : μὴ ἐπιλάθῃ τῆς φωνῆς τῶν ἱκετῶν σου.
« N’oublie pas la voix de ceux qui te supplient. »
L : Ne obliviscaris voces inimicorum tuorum.
« N’oublie pas les voix de tes ennemis. »
Aquila retraduisant de l’hébreu disait « tes ennemis », Symmaque « ceux qui te font la guerre ». Certaines VL ont « deprecantium » comme le grec. Les autres ont « quaerentium », jouant sur l’ambiguïté bien présente dans les psaumes sur ceux qui « cherchent » pour nuire ou pour aimer.
PSAUME 74
Verset 2
G : Ἐξομολογησόμεθά σοι, ὁ θεός, ἐξομολογησόμεθα σοι.
« Nous te confesserons, ô Dieu, nous te confesserons. »
L : Confitebimur tibi, Deus, confitebimur.
« Nous te confesserons, ô Dieu, nous confesserons. »
La répétition du pronom se trouve dans le Sinaiticus, et dans la plupart des VL.
G : διηγήσομαι πάντα τὰ θαυμάσιά σου.
« Nous raconterons toutes tes merveilles. »
L : narrabimus mirabilia tua.
« Nous raconterons tes merveilles. »
« πάντα » ne se trouve pas dans le Sinaiticus, mais les VL ont « omnia ».
PSAUME 77
Verset 13
G : παρέστησεν ὕδατα ὡσεὶ ἀσκὸν.
« Il a établi les eaux comme une outre. »
L : statuit aquas quasi in utre.
« Il a établi les eaux comme dans une outre. »
L traduit le Sinaiticus qui au lieu de « ὡσεὶ », a « ὡς εἰς » : comme dans une outre. Mais plusieurs manuscrits de la Vulgate ont « quasi utrem » comme G.
Verset 17
G : παρεπίκραναν τὸν ὕψιστον ἐν ἀνύδρῳ.
« Ils exaspérèrent le Très-Haut dans le lieu sans eau. »
L : in iram excitaverunt Excelsum in inaquoso.
« Ils excitèrent la colère du Très-Haut dans le lieu sans eau. »
Le sens est évidemment le même, mais le verbe grec est celui qui au verset 8 était traduit par « exasperans ».
Verset 30
G : ἔτι τῆς βρώσεως οὔσης ἐν τῷ στόματι αὐτῶν.
« La nourriture était encore dans leur bouche. »
L : Adhuc escæ eorum erant in ore ipsorum.
« Leur nourriture était encore dans leur bouche. »
Rahlfs a αὐτῶν après βρώσεως, ce que traduit L.
Verset 31
G : καὶ ἀπέκτεινεν ἐν τοῖς πλείοσιν αὐτῶν.
« Et il fit mourir beaucoup d’entre eux. »
L : et occidit pingues eorum.
« Et il fit mourir leurs riches (littéralement « gras »). »
Rahlfs dit comme L, d’après Origène (πίοσιν), mais le Vaticanus et le Sinaiticus disent comme G. (Oralement, les mots πλείοσιν et πίοσιν ne se distinguent que par le « l ».)
Verset 34
G : ὅταν ἀπέκτεννεν αὐτούς, τότε ἐξεζήτουν αὐτὸν.
L : Cum occideret eos, quærebant eum
« Lorsqu’il les faisait mourir, (alors) ils le cherchaient. »
G et GI ont τότε, « alors », qui se trouve dans le Sinaiticus, et que suivent aussi généralement les VL.
Verset 38
G : καὶ οὐ διαφθερεῖ.
L : et non disperdet eos.
« Et il ne (les) détruira pas. »
Le grec sous-entend le pronom personnel.
PSAUME 79
Verset 8
G : Κύριε ὁ θεὸς τῶν δυνάμεων.
L : Deus virtutum.
« (Seigneur) Dieu des puissances. »
Le grec a « Seigneur », les VL aussi.
PSAUME 80
Verset 9
G : ἄκουσον, λαός μου, καὶ λαλήσω σοι, καὶ διαμαρτύρομαί σοι· Ισραηλ.
« Ecoute, mon peuple ; et je te parlerai, et je te prendrai à témoin, Israël. »
L : Audi, populus meus, et contestabor te. Israël.
« Ecoute, mon peuple, et je te prendrai à témoin. Israël. »
G a καὶ λαλήσω σοι, « et je te parlerai », comme dans le Vaticanus et le Sinaiticus, par contamination du psaume 49,7, et que l’on retrouve dans les VL.
PSAUME 82
Verset 13
G : οἵτινες εἶπαν Κληρονομήσωμεν ἑαυτοῖς τὸ ἁγιαστήριον τοῦ θεοῦ.
L : qui dixerunt Hæreditate possideamus sanctuarium Dei.
« Eux qui ont dit : Possédons en héritage le sanctuaire de Dieu. »
Le grec a ἑαυτοῖς, littéralement « à eux » (selon la façon grecque d’accorder), en fait « à nous », et des VL ont « nobis ». Saint Jérôme disait à juste titre qu’il n’y a pas besoin de traduire ce ἑαυτοῖς.
PSAUME 83
Verset 5
G : μακάριοι οἱ κατοικοῦντες ἐν τῷ οἴκῳ σου.
L : Beati qui habitant in domo tua, Domine.
« Heureux ceux qui demeurent en ta maison. »
L ajoute : « Seigneur », qui se trouvait dans plusieurs VL.
Verset 12
G : ὅτι ἔλεον καὶ ἀλήθειαν ἀγαπᾷ Κύριος ὁ θεός.
L : Quia misericordiam et veritatem diligit Deus.
« Car (le Seigneur) Dieu aime la miséricorde et la vérité. »
Le grec a Κύριος, Seigneur. Les VL ont soit les deux « Dominus Deus » comme G, soit seulement « Dominus ».
Verset 13
G : Κύριε ὁ θεός τῶν δυνάμεων.
L : Domine virtutum.
« Seigneur (Dieu) des puissances. »
ὁ θεός ne se trouve pas dans Rahlfs, mais on trouve « Deus » dans les VL et certains manuscrits de la Vulgate.
PSAUME 84
Verset 9
G : καὶ ἐπὶ τοὺς ἐπιστρέφοντας καρδίαν ἐπ᾿ αὐτόν.
« et à ceux qui tournent le cœur vers lui. »
L : et in eos qui convertuntur ad cor.
« et pour ceux qui (se) tournent vers (leur) cœur. »
Les VL suivent généralement le texte grec, parfois sans le mot « cœur » (« qui convertuntur ad ipsum »), mot qui est en dernière position dans le texte de Rahlfs : καὶ ἐπὶ τοὺς ἐπιστρέφοντας πρὸς αὐτὸν καρδίαν.
PSAUME 85
Verset 4
G : εὔφρανον τὴν ψυχὴν τοῦ δούλου σου, ὅτι πρὸς σέ, ἦρα τὴν ψυχήν μου.
L : lætifica animam servi tui, quoniam ad te, Domine, animam meam levavi.
« Réjouis l’âme de ton serviteur, car j’ai élevé mon âme vers toi, Seigneur. »
G et GI n’ont pas Κύριε, mais il est dans Rahlfs.
Verset 17
G : ποίησον μετ ἐμοῦ σημεῖον εἰς ἀγαθόν, καὶ ἰδέτωσαν οἱ μισοῦντές με καὶ αἰσχυνθήτωσαν.
« Fais sur moi un signe favorable, et que ceux qui me haïssent le voient et soient confondus. »
L : Fac mecum signum in bonum, ut videant qui oderunt me, et confundantur.
« Fais sur moi un signe favorable, afin que ceux qui me haïssent le voient et soient confondus. »
Certaines VL et certains manuscrits de la Vulgate ont « et » comme le grec. (La différence est très mince…)
PSAUME 86
Verset 5
G : μήτηρ Σιων, ἐρεῖ ἄνθρωπος, καὶ ἄνθρωπος ἐγενήθη ἐν αὐτῇ.
« Un homme dira : Ma mère est Sion ; et un homme y est né. »
L : Numquid Sion dicet : Homo et homo natus est in ea ?
« Ne dira-t-on pas à Sion : Un homme et un homme est né en elle ? »
L traduit « μή τι », qui est oralement très proche de « μήτηρ » (miti, mitir). Il y avait « μή τι » dans les octaples d’Origène. Les VL ont « mater » comme le grec.
PSAUME 87
Verset 15
G : ἵνα τί, Κύριε, ἀπωθεῖς τὴν ψυχήν μου ;
« Pourquoi, Seigneur, repousses-tu mon âme ? »
L : Ut quid, Domine, repellis orationem meam ?
« Pourquoi, Seigneur, repousses-tu ma prière ? »
La « prière » de L se trouve dans le Vaticanus : προσευχή. Certaines VL ont « âme » (« animam ») comme G.
PSAUME 88
Verset 3
G : εἰς τὸν αἰῶνα ἔλεος οἰκοδομηθήσεται· ἐν τοῖς οὐρανοῖς ἑτοιμασθήσεται ἡ ἀλήθειά σου.
« La miséricorde sera édifiée pour tous les siècles ; ta vérité sera préparée dans les cieux. »
L : In æternum misericordia ædificabitur in cælis ; præparabitur veritas tua in eis.
« La miséricorde sera édifiée pour l’éternité dans les cieux ; ta vérité sera préparée en eux. »
Le verset est découpé différemment : le grec n’a pas besoin de l’équivalent de « in eis ». Saint Jérôme avait découpé comme le grec et mis « in eis » entre parenthèses (astérisque et métobèle). Et les VL de Sabatier, qui coupent le verset comme le grec, n’ont pas « in eis ».
Verset 6
G : καὶ τὴν ἀλήθειάν σου ἐν ἐκκλησίᾳ ἁγίων.
« Et ta vérité dans l’assemblée des saints. »
L : etenim veritatem tuam in ecclesia sanctorum.
« Et vraiment ta vérité dans l’assemblée des saints. »
L traduit l’Alexandrinus qui a καὶ γὰρ. Les VL ont seulement « et ».
Verset 19
G : ὅτι τοῦ κυρίου ἡ ἀντίλημψις καὶ τοῦ ἁγίου Ισραηλ βασιλέως ἡμῶν.
L : Quia Domini est assumptio nostra.
« Car c’est le Seigneur qui (nous) soutient. »
Saint Jérôme avait mis « nostra » entre astérisque et métobèle. Le mot ne se trouve pas dans les VL de Sabatier.
Verset 20
G : τότε ἐλάλησας ἐν ὁράσει τοῖς υἱοῖς σου.
« Alors tu as parlé à tes fils en une vision. »
L : Tunc locutus es in visione sanctis tuis.
« Alors tu as parlé à tes saints en une vision. »
Les VL traduisent le grec : « tes fils ». Mais saint Jérôme voyait « tes saints » dans l’hébreu et a corrigé. Du coup Rahlfs a mis « ὁσίοις » (saints) avec pour seule référence… le psautier gallican.
Verset 30
G : καὶ τὸν θρόνον αὐτοῦ εἰς τὰς ἡμέρας τοῦ οὐρανοῦ.
« Et son trône (sera) dans les jours du ciel. »
L : et thronum ejus sicut dies cæli.
« Et son trône (sera) comme les jours du ciel. »
R et GI ont ὡς (comme), comme L et les VL.
Verset 50
ποῦ εἰσιν τὰ ἐλέη σου τὰ ἀρχαῖα, Κύριε, ἃ ὤμοσας τῷ Δαυιδ ἐν τῇ ἀληθείᾳ σου ;
« Où sont, Seigneur, tes antiques miséricordes que tu avais promises à David, en ta vérité ? »
Ubi sunt misericordiæ tuæ antiquæ, Domine, sicut jurasti David in veritate tua ?
« Où sont, Seigneur, tes antiques miséricordes, comme tu avais promis à David, en ta vérité ? »
Certaines VL (dont saint Augustin) ont « quas », traduisant ἃ.
PSAUME 89
Verset 10
G : ὅτι ἐπῆλθεν πραύτης ἐφ ἡμᾶς, καὶ παιδευθησόμεθα.
« Parce que la douceur vient sur nous et nous placera sous sa discpline. »
L : quoniam supervenit mansuetudo, et corripiemur.
« Parce que la douceur vient et nous serons malmenés. »
Le grec a « sur nous », plusieurs VL aussi.
(Les mots utilisés tant en latin qu’en grec sont curieux, car le sens évident d’après le contexte est que dans la vieillesse survient une faiblesse qui nous handicape.)
Verset 12
G : τὴν δεξιάν σου οὕτως γνώρισον μοι.
« Fais-moi connaître ainsi ta droite. »
L : Dexteram tuam sic notam fac.
« Fais connaître ainsi ta droite. »
G et GI ajoutent « μοι », « à moi », qui se trouve dans l’Alexandrinus. Certaines VL ont « mihi », mais d’autres plus nombreuses ont, curieusement, « nobis ».
PSAUME 90
Verset 3
G : ὅτι αὐτὸς ῥύσεταί σε ἐκ παγίδος θηρευτῶν.
« Parce que lui-même t’a délivré du piège des chasseurs. »
L : Quoniam ipse liberavit me de laqueo venantium.
« Parce que lui-même m’a délivré du piège des chasseurs. »
R a « με », comme le latin. G anticipe la construction des versets suivants : il te couvrira, sa vérité t’environnera…
Verset 15
G : ἐπικαλέσεταί με, καὶ εἰσακούσομαι αὐτοῦ.
« Il m’invoquera, et je l’exaucerai. »
L : Clamabit ad me, et ego exaudiam eum.
« Il m’invoquera, et moi je l’exaucerai. »
Le latin ajoute « ego ».
PSAUME 91
Verset 8
G : ἐν τῷ ἀνατεῖλαι τοὺς ἁμαρτωλοὺς ὡς χόρτον καὶ διέκυψαν πάντες οἱ ἐργαζόμενοι τὴν ἀνομίαν.
« Quand auront poussé les pécheurs comme du foin, et que tous ceux qui commettent l’iniquité reagarderont. »
L : Cum exorti fuerint peccatores sicut fœnum, et apparuerint omnes qui operantur iniquitatem
« Quand auront poussé les pécheurs comme du foin, et que tous ceux qui commettent l’iniquité se seront manifestés. »
Plusieurs VL, dont saint Augustin, ont « prospexerint » qui traduit le grec διέκυψαν.
Verset 11
G : τὸ γῆράς μου ἐν ἐλαίῳ πίονι,
« Ma vieillesse dans une huile abondante. »
L : senectus mea in misericordia uberi.
« Ma vieillesse dans une miséricorde abondante. »
En grec, au datif, ἐλαίῳ, l’huile, et ἐλέῳ, la miséricorde, se prononcent quasiment de la même façon… Rahlfs s’en tient à l’huile… qui est à prendre dans un sens figuré : prospérité.
Verset 12
G : ἀκούσατε τὸ οὖς μου.
« Ecoutez mon oreille. »
L : audiet auris mea.
« Mon oreille entendra. »
Rahlfs n’a pas ce curieux impératif, mais comme L le futur : ἀκούσεται.
PSAUME 93
Verset 23
G : καὶ ἀποδώσει αὐτοῖς Κύριος τὴν ἀνομίαν αὐτῶν, καὶ κατὰ τὴν πονηρίαν αὐτῶν ἀφανιεῖ αὐτοὺς Κύριος ὁ θεὸς ἡμῶν.
« Et le Seigneur rétribuera leur injustice et selon leur méchanceté le Seigneur notre Dieu les fera disparaître. »
L : Et reddet illis iniquitatem ipsorum, et in malitia eorum disperdet eos : disperdet illos Dominus Deus noster.
« Et il rétribuera leur iniquité, et dans leur méchanceté il les anéantira ; il les anéantira le Seigneur notre Dieu. »
Le premier Κύριος se trouve dans l’Alexandrinus. Le grec n’a pas la répétition de « disperdet », les VL non plus.
PSAUME 94
Le psaume 94 est particulier. C’’est le psaume invitatoire quotidien des matines, et la liturgie latine a conservé la version du psautier romain (la VL qui avait cours à Rome) alors que tous les autres sont du « psautier gallican », celui qui avait été revu par saint Jérôme sur le texte grec. La comparaison va donc être exceptionnellement entre le psautier romain (PR) et le psautier grec (G), mais comme on ne peut pas passer sous silence le « psautier gallican » (L) la comparaison va être entre les trois psautiers.
Verset 3
G : Βασιλεὺς μέγας ἐπὶ πᾶσαν τὴν γῆν.
« Un grand roi sur toute la terre. »
PR et L : rex magnus super omnes deos.
« Un grand roi au-dessus de tous les dieux. »
La version de G est celle de l’Alexandrinus.
PR dit ensuite :
Quoniam non repellet Dominus plebem suam.
« Car le Seigneur ne repousse pas son peuple. »
Ce membre de phrase se trouve dans le Vaticanus : ὅτι οὐκ ἀπώσεται Κύριος τὸν λαὸν αὐτοῦ. C’est une réminiscence du psaume précédent, 93,14. Elle se retrouve dans les autres VL.
Verset 4
G : ἐν τῇ χειρὶ αὐτοῦ τὰ πέρατα τῆς γῆς.
PR et L : in manu ejus sunt omnes fines terræ.
« Dans ses mains sont tous les confins de la terre. »
« Tous » ne se trouve pas en grec ni dans plusieurs VL.
PR dit ensuite :
altitudines montium ipse conspicit.
« Lui-même regarde les hauteurs des monts. »
G : τὰ ὕψη τῶν ὀρέων αὐτοῦ εἰσιν.
« Les hauteurs des monts sont à lui. »
L : altitudines montium ipsius sunt.
« Les hauteurs des monts sont à lui-même. »
Verset 6
G : δεῦτε προσκυνήσωμεν καὶ προσπέσωμεν αὐτῷ καὶ κλαύσωμεν ἐναντίον κυρίου τοῦ ποιήσαντος ἡμᾶς.
« Venez, adorons et prosternons-nous devant lui et pleurons devant le Seigneur qui nous a faits. »
PR : Venite adoremus et procidamus ante Deum, ploremus coram Domino qui fecit nos.
« Venez, adorons et prosternons-nous devant Dieu, pleurons devant le Seigneur qui nous a faits. »
L : Venite, adoremus et procidamus, et ploremus ante Dominum qui fecit nos
« Venez, adorons et prosternons-nous, et pleurons devant le Seigneur qui nous a faits. »
Verset 7
G : ὅτι αὐτός ἐστιν ὁ θεὸς ἡμῶν, καὶ ἡμεῖς λαὸς νομῆς αὐτοῦ καὶ πρόβατα χειρὸς αὐτοῦ.
« Car lui est notre Dieu, et nous le peuple de son pâturage et les brebis de sa main. »
PR : quia ipse est Dominus Deus noster, nos autem populus ejus et oves pascuae ejus.
« Car lui est le Seigneur notre Dieu, mais nous nous sommes son peuple et les brebis de son pâturage. »
L : quia ipse est Dominus Deus noster, et nos populus pascuæ ejus, et oves manus ejus.
« Car lui est le Seigneur notre Dieu, et nous le peuple de son pâturage et les brebis de sa main. »
Verset 10
G : τεσσαράκοντα ἔτη προσώχθισα τῇ γενεᾷ ἐκείνῃ.
« Quarante années je fus irrité contre cette génération. »
PR : Quadraginta annis proximus fui generationi huic.
« Quarante années je fus proche de cette génération. »
L : Quadraginta annis offensus fui generationi illi.
« Quarante années je fus irrité contre cette génération. »
Verset 11
G : ὡς ὤμοσα ἐν τῇ ὀργῇ μου.
« De sorte que j’ai juré dans ma colère. »
PR : quibus juravi in ira mea.
« Au sujet desquels j’ai juré dans ma colère. »
L : ut juravi in ira mea.
« De sorte que j’ai juré dans ma colère. »
PSAUME 96
Verset 5
G : τὰ ὄρη ὡσεὶ κηρὸς ἐτάκησαν ἀπὸ προσώπου κυρίου, ἀπὸ προσώπου Κυρίου πάσης τῆς γῆς.
« Les montagnes comme la cire ont fondu devant la face du Seigneur, devant la face du Seigneur de toute la terre. »
L : Montes sicut cera fluxerunt a facie Domini, a facie Domini omnis terra.
« Les montagnes comme la cire ont fondu devant la face du Seigneur, devant la face du Seigneur toute la terre. »
(Le mot « terre » est au génitif en grec, au nominatif dans L, mais plusieurs VL et plusieurs manuscrits de la Vulgate ont également le génitif.)
PSAUME 97
Verset 1
G : ὅτι θαυμαστὰ ἐποίησεν Κύριος.
« Car le Seigneur a fait des merveilles. »
L : quia mirabilia fecit.
« Car il a fait des merveilles. »
Les VL suivent le grec.
Verset 3
G : ἐμνήσθη τοῦ ἐλέους αὐτοῦ τῷ Ιακωβ καὶ τῆς ἀληθείας αὐτοῦ τῷ οἴκῳ Ισραηλ.
« Il s’est souvenu de sa miséricorde envers Jacob, et de sa vérité envers la maison d’Israël. »
L : Recordatus est misericordiæ suæ, et veritatis suæ domui Israël.
« Il s’est souvenu de sa miséricorde, et de sa vérité envers la maison d’Israël. »
Jacob figure dans l’Alexandrinus. Il se retrouve dans les VL, mais saint Jérôme n’était pas d’accord : dans son texte hébreu il avait Jacob à la place d’Israël.
Verset 9
G : ἀπὸ προσώπου κυρίου ὅτι ἔρχεται, ὅτι ἥκει κρῖναι τὴν γῆν
« Devant la face du Seigneur, car il arrive, car il vient juger la terre. »
L : quoniam venit judicare terram.
« Car il vient juger la terre. »
ἀπὸ προσώπου κυρίου ὅτι ἔρχεται se trouve dans l’Alexandrinus, a été traduit dans les VL et dans les manuscrits référencés dans la Vulgate de Stuttgart, mais ne se trouve pas dans GI.
PSAUME 98
Verset 7
G introduit le second stique par ὅτι : « car ». Le mot se trouve dans l’Alexandrinus, et se retrouve dans certaines VL.
PSAUME 99
Verset 2/3
G : αὐτὸς ἐποίησεν ἡμᾶς καὶ οὐχ ἡμεῖς· ἡμεῖς δὲ λαὸς αὐτοῦ.
« C’est lui qui nous a faits, et non pas nous-mêmes : mais nous, nous sommes son peuple. »
L : ipse fecit nos, et non ipsi nos : populus ejus.
« C’est lui qui nous a faits, et non pas nous-mêmes : nous sommes son peuple. »
La répétition de ἡμεῖς suivi de δὲ se trouve dans l’Alexandrinus, et dans plusieurs VL (« nos autem »).
PSAUME 101
Verset 27
G : ὡσεὶ περιβόλαιον ἑλίξεις αὐτοὺς καὶ ἀλλαγήσονται·
ὡσεὶ περιβόλαιον ἀλλάξεις αὐτούς, καὶ ἀλλαγήσονται.
« Tu les rouleras comme un manteau, et ils seront changés. »
L : sicut opertorium mutabis eos, et mutabuntur.
« Tu les changeras comme un manteau, et ils seront changés. »
G dit comme le Vaticanus et l’Alexandrinus, qui ont d’abord ἑλίξεις : tu rouleras. Rahlfs a ἀλλάξεις, qui se traduit en latin par « tu changeras ». On voit encore que les deux mots sont proches par leur prononciation. Les VL disent comme L (« mutabis »).
PSAUME 102
Verset 19
G : ἡ βασιλεία αὐτοῦ πάντων δεσπόζει.
« Son règne domine tout. »
L : regnum ipsius omnibus dominabitur.
« Son règne dominera tout. »
Chez Sabatier, seul le manuscrit de Saint-Germain a le présent comme G et Rahlfs.
PSAUME 103
Versets 3-4
G : ὁ τιθεὶς νέφη τὴν ἐπίβασιν αὐτοῦ… ὁ ποιῶν τοὺς ἀγγέλους αὐτοῦ πνεύματα καὶ τοὺς λειτουργοὺς αὐτοῦ πῦρ φλέγον.
« qui a posé les nuées pour sa montée… qui fait des esprits ses anges, et de ses serviteurs un feu ardent. »
L : qui ponis nubem ascensum tuum… qui facis angelos tuos spiritus, et ministros tuos ignem urentem.
« qui as posé les nuées pour ta montée… qui fais des esprits tes anges, et de tes serviteurs un feu ardent. »
Les VL suivent le grec, mettant la phrase à la troisième personne : « qui ponit », « ascensum suum », « facit angelos suos », « ministros suos ». Mais il s’agit toujours de Dieu, à qui l’on parle, ou dont on parle.
Verset 18
G : πέτρα καταφυγὴ τοῖς λαγωοῖς.
« La pierre refuge des lièvres. »
L : petra refugium herinaciis.
« La pierre refuge des hérissons. »
Les lièvres sont une spécialité de l’Alexandrinus. Rahlfs dit χοιρογρυλλίοις : « les porcs-épics ».
On trouve les lièvres dans certaines VL, et saint Augustin met les deux : « ericiis et leporibus ». Saint Jérôme affirme que dans l’hébreu il y a un mot qui se traduit par « hérissons » ou « porcs-épics » mais que dans (son exemplaire de) la Septante il y a « lièvres ».
Verset 25
G : αὕτη ἡ θάλασσα ἡ μεγάλη καὶ εὐρύχωρος.
« Voici la mer, grande et spacieuse. »
L : Hoc mare magnum et spatiosum manibus
« Voici la mer, grande et aux mains spacieuses. »
Sabatier n’a trouvé « manibus » que chez Cassiodore. Saint Jérôme dit que le mot se trouve dans l’hébreu et que Théodotion l’a ajouté sous astérisque dans la Septante. C’est ce que fait aussi la Vulgate de Stuttgart.
PSAUME 104
Verset 20
G : ἄρχων λαοῦ.
« Prince du peuple. »
L : princeps populorum.
« Prince des peuples. »
Rahlfs a le pluriel (ἄρχων λαῶν), sans indication de variante. Les VL ont également le pluriel.
Verset 26
G : ἐξαπέστειλεν Μωυσῆν τὸν δοῦλον αὐτοῦ, Ααρων, ὃν ἐξελέξατο ἑαυτῷ.
« Il envoya Moïse son serviteur, Aaron qu’il avait choisi pour lui-même. »
L : Misit Moysen servum suum ; Aaron quem elegit ipsum.
« Il envoya Moïse son serviteur, Aaron lui-même qu’il avait choisi. »
Rahlfs a αὐτόν, accusatif, comme L. ἑαυτῷ vient de l’Alexandrinus. La plupart des VL ont « ipsum ». Le manuscrit de Saint-Germain met les deux : « ipsum sibi ».
Verset 28
G : ὅτι παρεπίκραναν τοὺς λόγους αὐτοῦ.
« Car ils s’irritèrent de ses paroles. »
L : et non exacerbavit sermones suos.
« Et il n’irrita pas ses paroles. »
Rahlfs a καὶ, comme L, mais n’a pas la négation. L’Alexandrinus a ὅτι, sans la négation. Le Sinaiticus a ὅτι et la négation et le verbe au singulier : L traduit donc le Sinaiticus. Les VL sont variées. Saint Augustin signale que les manuscrits sont divers…
PSAUME 105
Verset 7
G : ἀναβαίνοντες ἐν τῇ ἐρυθρᾷ θαλάσσῃ.
« Lorsqu’ils montèrent vers la mer Rouge. »
L : ascendentes in mare, mare Rubrum.
« Lorsqu’ils montèrent vers la mer, la mer Rouge. »
Plusieurs VL ont déjà la répétition de « mare ».
Verset 12
G : καὶ ἐπίστευσαν τῷ λόγῳ αὐτοῦ.
« Et ils crurent à sa parole. »
L : Et crediderunt verbis ejus.
« Et ils crurent à ses paroles. »
GI et Rahlfs ont le pluriel (τοῖς λόγοις).
Verset 41
G : παρέδωκεν αὐτοὺς εἰς χεῖρας ἐχθρῶν.
« Il les livra aux mains des ennemis. »
L : tradidit eos in manus gentium
« Il les livra aux mains des nations. »
Rahlfs dit comme L : nations (ἐθνῶν). Les ennemis de G viennent de l’Alexandrinus.
Verset 44
G : καὶ εἶδεν Κύριος ἐν τῷ θλίβεσθαι αὐτοὺς ἐν τῷ αὐτὸν εἰσακοῦσαι τῆς δεήσεως αὐτῶν.
« Et le Seigneur vit quand ils étaient dans la tribulation, quand il écouta leur prière. »
L : Et vidit cum tribularentur, et audivit orationem eorum.
« Et il vit quand ils étaient dans la tribulation, et il écouta leur prière. »
« Le Seigneur », dans G, vient de l’Alexandrinus.
PSAUME 106
Verset 22
G : καὶ θυσάτωσαν αὐτῷ θυσίαν αἰνέσεως.
« Et ils lui sacrifièrent un sacrifice de louange. »
L : Et sacrificent sacrificium laudis.
« Et ils sacrifièrent un sacrifice de louange. »
G a « αὐτῷ », qui vient de l’Alexandrinus.
Verset 40
G : ἐξεχύθη ἐξουδένωσις ἐπ ἄρχοντας αὐτῶν.
« Et le mépris s’est répandu sur leurs princes. »
L : Effusa est contemptio super principes.
« Et le mépris s’est répandu sur les princes. »
« Leurs » (αὐτῶν) de G vient de l’Alexandrinus.
PSAUME 107
Verset 8
G : Ὑψωθήσομαι.
« Je serai exalté. »
L : Exsultabo.
« J’exulterai. »
Certaines VL ont « exaltabor », comme G, ainsi qu’un manuscrit de référence de la Vulgate de Stuttgart. Mais le verset parallèle du psaume 59 a partout « je me réjouirai ».
Verset 10
G : μοὶ ἀλλόφυλοι ὑπετάγησαν.
« Des étrangers m’ont été soumis. »
L : mihi alienigenæ amici facti sunt.
« Des étrangers sont devenus des amis pour moi. »
Les VL disent comme G : « subditi sunt ». Mais saint Jérôme explique que « tous les traducteurs » de l’hébreu (Théodotion, Aquila, Symmaque) disent « sont devenus des amis ».
Verset 11
Entre les deux stiques G a ἢ (« ou ») qui vient de l’Alexandrinus.
PSAUME 109
Verset 2
G : ῥάβδον δυνάμεώς ἐξαποστελεῖ σοι Κύριος ἐκ Σιων.
« Le Seigneur t’enverra de Sion le sceptre de la puissance. »
L : Virgam virtutis tuæ emittet Dominus ex Sion.
« Le Seigneur enverra de Sion le sceptre de ta puissance. »
Rahlfs a « σου », comme le latin. La version de G et GI paraît isolée, mais le Sinaiticus et l’Alexandrinus n’ont ni « σου », ni « σοι ».
Verset 3
G : μετὰ σοῦ ἡ ἀρχὴ ἐν ἡμέρᾳ τῆς δυνάμεώς σου ἐν ταῖς λαμπρότησιν τῶν ἁγίων σου.
« La souveraineté est avec toi au jour de ta puissance, parmi les splendeurs de tes saints. »
L : Tecum principium in die virtutis tuæ in splendoribus sanctorum.
« La souveraineté est avec toi au jour de ta puissance, parmi les splendeurs des saints. »
Le possessif « σου » vient de l’Alexandrinus.
PSAUME 111
Verset 10
G : ἐπιθυμία ἁμαρτωλοῦ ἀπολεῖται.
« Le désir du pécheur périra. »
L : desiderium peccatorum peribit.
« Le désir des pécheurs périra. »
Rahlfs a « pécheur » au pluriel (ἁμαρτωλῶν) comme le latin, sans indiquer de variante.
PSAUME 112
Verset 9
G : ὁ κατοικίζων στεῖραν ἐν οἴκῳ μητέρα ἐπὶ τέκνων εὐφραινομένην.
« Il fait habiter dans la maison la femme qui était stérile, mère joyeuse au milieu d’enfants. »
L : Qui habitare facit sterilem in domo, matrem filiorum lætantem.
« Il fait habiter dans la maison la femme qui était stérile, mère joyeuse d’enfants. »
La préposition « ἐπὶ » vient de l’Alexandrinus.
PSAUME 113
Verset 11
G : ὁ δὲ θεὸς ἡμῶν ἐν τῷ οὐρανῷ καὶ ἐν τῇ γῇ.
« Mais notre Dieu est dans le ciel et sur la terre. »
L : Deus autem noster in cælo.
« Mais notre Dieu est dans le ciel. »
Rahlfs : ὁ δὲ θεὸς ἡμῶν ἐν τῷ οὐρανῷ ἄνω· ἐν τοῖς οὐρανοῖς καὶ ἐν τῇ γῇ.
« Mais notre Dieu est dans le ciel en haut, dans le ciel et sur la terre. »
L’Alexandrinus dit comme L. Les VL traduisent le texte donné par Rahlfs. Les correspondants de saint Jérôme ont le même texte que G. Saint Jérôme leur répond que « et sur la terre » est en trop.
Verset 17
G : βοηθὸς καὶ ὑπερασπιστὴς αὐτῶν ἐστιν.
« Il est leur aide et protecteur. »
L : adjutor eorum et protector eorum est.
« Il est leur aide et leur protecteur. »
Rahlfs a deux fois « leur » comme le latin. L’absence du premier dans G vient de l’Alexandrinus.
Il en est de même dans les deux versets suivants, qui répètent la même expression.
Verset 21
G : εὐλόγησεν τοὺς φοβουμένους τὸν κύριον.
« Il a béni ceux qui craignent le Seigneur. »
L : Benedixit omnibus qui timent Dominum.
« Il a béni tous ceux qui craignent le Seigneur. »
Les VL avaient déjà « omnibus » (ou « omnes »). Rahlfs dit comme G et ne donne pas de variante.
Verset 26
G : εὐλογήσομεν τὸν κύριον.
« Nous bénirons le Seigneur. »
L : benedicimus Domino.
« Nous bénissons le Seigneur. »
Les VL ont aussi le présent. Le manuscrit de Saint-Germain a l’impératif : « Benedicamus ».
PSAUME 114
Verset 9
G : εὐαρεστήσω ἐνώπιον κυρίου ἐν χώρᾳ ζώντων.
« Je me complairai en présence du Seigneur dans la région des vivants. »
L : Placebo Domino in regione vivorum.
« Je plairai au Seigneur dans la région des vivants. »
ἐνώπιον vient de l’Alexandrinus. Rahlfs a ἐναντίον, qui est un synonyme. Plusieurs VL ont « in conspectu ». Pour saint Jérôme cette expression est de trop.
PSAUME 115
Verset 2
G : ἐγὼ δὲ εἶπα ἐν τῇ ἐκστάσει μου.
« Or j’ai dit en étant hors de moi. »
L : Ego dixi in excessu meo.
« J’ai dit en étant hors de moi. »
Rahlfs n’a pas δὲ. Saint Augustin a « autem », mais la plupart des VL ne l’ont pas.
PSAUME 117
Versets 3 et 4
L ne répète pas le « quoniam bonus » des deux premiers versets dans ceux-ci. G répète ὅτι ἀγαθός, « car il est bon », comme dans les deux premiers versets. Rahlfs également. Le quatrième ὅτι ἀγαθός manque dans l’Alexandrinus. Les VL ont généralement les quatre « quoniam bonus ». Saint Augustin n’a que les trois premiers.
Versets 10 à 12
G : καὶ τῷ ὀνόματι κυρίου ἠμυνάμην αὐτούς.
« Et au nom du Seigneur j’ai été vengé d’elles. »
L : et in nomine Domini, quia ultus sum in eos
« Et (c’est) au nom du Seigneur que j’ai été vengé d’elles. »
L a « quia » avant « ultus sum » dans les trois versets. Les VL ne l’ont pas. La Vulgate de Stuttgart met « quia » entre astérisque et métobèle.
PSAUME 118
Verset 9
G : Ἐν τίνι κατορθώσει ὁ νεώτερος τὴν ὁδὸν αὐτοῦ ;
« Comment le jeune homme maintiendra-t-il droite sa voie ? »
L : In quo corrigit adolescentior viam suam ?
« Comment le jeune homme maintient-il droite sa voie ? »
Parmi les VL de Sabatier, seul le manuscrit de Saint-Germain a le futur comme le grec : « corriget ». Certains manuscrits de la Vulgate l’ont aussi.
Verset 47
G : καὶ ἐμελέτων ἐν ταῖς ἐντολαῖς σου, αἷς ἠγάπησα σφόδρα.
« Et je méditais tes commandements, que j’ai tant aimés. »
L : Et meditabar in mandatis tuis, quæ dilexi.
« Et je méditais tes commandements, que j’ai aimés. »
Les VL ont une traduction de σφόδρα : « vehementer » ou « nimis ». Pour saint Jérôme le mot est de trop.
Verset 81
G : Ἐκλείπει εἰς τὸ σωτήριόν σου ἡ ψυχή μου.
« Mon âme défaille dans (l’attente de) ton salut. »
L : Defecit in salutare tuum anima mea.
« Mon âme a défailli dans (l’attente de) ton salut. »
Verset 85
En grec le verset se termine par Κύριε, « Seigneur ». Les VL ont également « Domine ».
Verset 105
G : Λύχνος τοῖς ποσίν μου ὁ νόμος σου.
« Ta loi est une lampe pour mes pieds. »
L : Lucerna pedibus meis verbum tuum
« Ta parole est une lampe pour mes pieds. »
νόμος, « loi », est dans l’Alexandrinus et le Sinaiticus.
Verset 109
G : ἡ ψυχή μου ἐν ταῖς χερσίν σου διὰ παντός.
« Mon âme est toujours dans tes mains. »
L : Anima mea in manibus meis semper,
« Mon âme est toujours dans mes mains. »
Rahlfs a « χερσίν μου », dans mes mains, comme L. Mais les VL ont « in manibus tuis » : en tes mains, comme la Septante…
Verset 116
G : καὶ ζῆσόν με.
« Et vivifie-moi. »
L : et vivam.
« Et je vivrai. »
Rahlfs a « ζήσομαι », je vivrai. ζῆσόν se trouve dans l’Alexandrinus et le Sinaiticus.
Verset 125
G : καὶ (et)
L : ut (afin que)
La majorité des manuscrits de la Vulgate de Stuttgart a « et », et non « ut ». Les VL sont partagées.
Verset 126
G : καιρὸς τοῦ ποιῆσαι τῷ κυρίῳ.
« Le temps d’agir est venu pour le Seigneur. »
L : Tempus faciendi, Domine ;
« Il est temps d’agir, Seigneur. »
Plusieurs VL et manuscrits de référence de la Vulgate de Stuttgart ont « Domino », comme le grec.
Verset 136
G : ἐπεὶ οὐκ ἐφύλαξα τὸν νόμον σου.
« parce que je n’ai pas gardé ta loi. »
L : quia non custodierunt legem tuam
« parce qu’ils n’ont pas gardé ta loi. »
La première personne du singulier ἐφύλαξα se trouve dans l’Alexandrinus. Les VL ont généralement le pluriel, mais saint Augustin signale que dans certains codex le verbe est à la première personne.
Verset 137
G : Δίκαιος εἶ, Κύριε, καὶ εὐθὴς ἡ κρίσις σου.
« Tu es juste, Seigneur, et tes jugements sont droits. »
L : Justus es Domine et rectum judicium tuum.
« Tu es juste, Seigneur, et ton jugement est droit. »
Le pluriel se trouve dans l’Alexandrinus.
Verset 146
G : καὶ φυλάξω τὰ μαρτύριά σου.
« Et je garderai tes témoignages. »
L : ut custodiam mandata tua.
« Afin que je garde des commandements. »
Plusieurs VL ont « et custodiam testimonia tua », comme le grec. La Vulgate de Stuttgart a « et », mais « mandata ».
Verset 147
G : προέφθασα ἐν ἀωρίᾳ καὶ ἐκέκραξα.
L : Præveni in maturitate, et clamavi.
« Præveni » traduit exactement Προέφθασα : prévenir, devancer. Le sens du verset est : « J’ai devancé le jour et j’ai crié. » Le grec ἐν ἀωρίᾳ veut dire littéralement, en langage familier : « à pas d’heure ». Je me suis levé à une heure indue.
Mais le latin « in maturitate » dit le contraire : à une heure opportune.
Rahlfs ne donne pas de variante, donc a priori c’est le grec qui a raison, d’autant que le verset suivant dit que « mes yeux ont devancé avant l’aurore ». Mais la plupart des VL ont bien « in maturitate ».
Saint Ambroise note que le grec dit pourtant ἐν ἀωρίᾳ, qu’il traduit par « ante horam, ante tempus », avant l’heure, avant le temps adéquat.
Saint Augustin avait dans son psautier « intempesta nocte », qui traduit bien le grec : au non-temps de la nuit, à un moment « intempestif » de la nuit. (On remarque que le mot « nuit » est ajouté pour une meilleure compréhension.) Saint Augustin précise que « intempesta » est synonyme de « immaturitate » qu’on trouve dans plusieurs manuscrits : « in immaturitate », qui traduit, dit-il explicitement, le grec ἐν ἀωρίᾳ. Et l’on retrouve ici le mot « maturitate », mais avec le préfixe négatif : non pas opportun, mais inopportun.
Verset 168
Dans G il se termine par Κύριε. (Le Sinaiticus ne l’a pas.)
PSAUME 120
Verset 7
G : Κύριος φυλάξει σε ἀπὸ παντὸς κακοῦ, φυλάξει τὴν ψυχήν σου.
« Le Seigneur te gardera de tout mal, il gardera ton âme. »
L : Dominus custodit te ab omni malo, custodiat animam tuam Dominus
« Le Seigneur te garde de tout mal, qu’il garde ton âme. »
Plusieurs VL ont le futur, « custodiet », la première fois. Le Sinaiticus a l’impératif pour le deuxième.
Verset 8
G : Κύριος φυλάξει τὴν εἴσοδόν σου καὶ τὴν ἔξοδόν σου
« Le Seigneur gardera ton entrée et ta sortie. »
L : Dominus custodiat introitum tuum et exitum tuum
« Que le Seigneur garde ton entrée et ta sortie. »
PSAUME 126
Verset 1
G : ἐὰν μὴ Κύριος φυλάξῃ πόλιν, εἰς μάτην ἠγρύπνησεν ὁ φυλάσσων.
L : Nisi Dominus custodierit civitatem, frustra vigilat qui custodit eam.
« Si le Seigneur ne garde pas la ville, en vain veillent ceux qui la gardent. »
Le grec n’a pas « la (gardent) » (qui est sous-entendu).
Verset 5
G : μακάριος ἄνθρωπος, ὃς πληρώσει τὴν ἐπιθυμίαν αὐτοῦ ἐξ αὐτῶν.
« Heureux celui qui, par eux, remplira son désir. »
L : Beatus vir qui implevit desiderium suum ex ipsis.
« Heureux l’homme qui, par eux, remplira son désir. »
G n’a pas « l’homme ». Mais Rahlfs a ἄνθρωπος, qui ne se trouve pas dans le Sinaiticus.
G : οὐ καταισχυνθήσονται, ὅταν λαλῶσι τοῖς ἐχθροῖς αὐτῶν ἐν πύλῃ.
« Ils ne seront pas confondus quand ils parleront à leurs ennemis aux portes de la ville. »
L : non confundetur cum loquetur inimicis suis in porta.
« Il ne sera pas confondu quand il parlera à ses ennemis aux portes de la ville. »
Le pluriel du grec est curieux, puisque a priori il s’agit de « l’homme » dont on vient de parler. Mais plusieurs VL suivent le grec, ainsi que saint Jérôme, et tous les manuscrits de référence de la Vulgate de Stuttgart.
PSAUME 129
Verset 4/5
G : εἰς τὸν λόγον σου.
« En ta parole. »
L : in verbo ejus.
« En sa parole. »
Le latin dit comme le Sinaiticus. Les VL sont partagées.
Verset 6
G : ἀπὸ φυλακῆς πρωίας μέχρι νυκτός· ἀπὸ φυλακῆς πρωίας ἐλπισάτω Ισραηλ ἐπὶ τὸν κύριον.
L : A custodia matutina usque ad noctem, speret Israël in Domino.c
« Depuis la veille du matin jusqu’à la nuit, (depuis la veille du matin) qu’Israël espère dans le Seigneur. »
Le grec répète « Depuis la veille du matin ». Plusieurs VL font de même.
PSAUME 131
Verset 15
G : τὴν θύραν αὐτῆς εὐλογῶν εὐλογήσω.
« Sa porte, bénissant, je bénirai. »
L : Viduam ejus benedicens benedicam.
« Sa veuve, bénissant, je bénirai. »
Rahlfs a θήραν, « sa chasse ». Θύραν et θήραν se prononcent de la même manière. Le Sinaiticus et l’Alexandrinus ont χήραν : « sa veuve ». Il est curieux que G n’ait pas suivi ces deux codex, car le verset établit un parallèle entre « sa veuve » que Dieu bénit et « son pauvre » que Dieu rassasie (et c’est suivi de « ses prêtres » et « ses saints »). Toutes les VL de Sabatier ont « veuve ». Mais selon saint Hilaire certains ont traduit « captionem » (donc la chasse). D’autres auteurs, dont saint Jérôme, signalent cette diversité. Retraduisant d’après l’hébreu, saint Jérôme dira « venationem » : précisément la chasse.
PSAUME 134
Verset 5
G : ὁ Κύριος ἡμῶν παρὰ πάντας τοὺς θεούς.
« Notre Seigneur au-dessus de tous les dieux. »
L : Deus noster præ omnibus diis.
« Notre Dieu au-dessus de tous les dieux. »
Verset 13
L a « Domine », Seigneur, au début du second stique. Les VL aussi. Rahlfs également (Κύριε).
PSAUME 135
Verset 20
G : καὶ τὸν ῍Ωγ βασιλέα γῆς Βασάν.
« Et Og, roi de la terre de Basan. »
L : et Og, regem Basan.
« Et Og roi de Basan. »
Toutes les autres versions grecques ont τῆς (l’article défini) au lieu de γῆς, et l’on ne trouve pas non plus la terre en latin.
Verset 23
G : ὅτι ἐν τῇ ταπεινώσει ἡμῶν ἐμνήσθη ἡμῶν ὁ Κύριος.
« Parce qu’il s’est souvenu de nous dans notre humiliation, le Seigneur. »
L : Quia in humilitate nostra memor fuit nostri.
« Parce qu’il s’est souvenu de nous dans notre humiliation. »
Le grec est unanime, en dehors des deux manuscrits qui n’ont pas ce verset. Certaines VL (dont le psautier romain) ont « Dominus ».
Verset 26 et dernier
G et GI, ainsi que le Sinaiticus et l’Alexandrinus, n’ont pas la dernière phrase, qui est une reprise du troisième verset : « Confitemini Domino dominorum, quoniam in æternum misericordia ejus. » Rahlfs se réfère au psautier latin pour l’ajouter. Saint Jérôme ne la trouve pas dans son psautier hébreu.
PSAUME 137
Verset 1
G : Ἐξομολογήσομαί σοι, Κύριε, ἐν ὅλῃ καρδίᾳ μου, καὶ ἐναντίον ἀγγέλων ψαλῶ σοι, ὅτι ἤκουσας τὰ ῥήματα τοῦ στόματός μου.
« Je te confesserai, Seigneur, de tout mon cœur, en présence des anges je te chanterai des psaumes, parce que tu as écouté les paroles de ma bouche. »
L : Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo, quoniam audisti verba oris mei, in conspectu angelorum psallam tibi.
« Je te confesserai, Seigneur, de tout mon cœur, parce que tu as écouté les paroles de ma bouche, en présence des anges je te chanterai des psaumes. »
Rahlfs a le même ordre des propositions que L. Les VL également, sauf les rares qui n’ont pas « quoniam audisti verba oris mei », absent de l’hébreu selon saint Jérôme, et entre obèles chez Origène.
Verset 3
G : ταχὺ ἐπάκουσόν μου.
L : exaudi me.
« (Vite) exauce-moi. »
ταχὺ se trouve dans tous les textes grecs. Plusieurs VL ont « cito » (ou « velociter »).
G : πολυωρήσεις με ἐν ψυχῇ μου δυνάμει σου.
« Tu multiplieras ta force dans mon âme. »
L : multiplicabis in anima mea virtutem.
« Tu multiplieras la force dans mon âme. »
Rahlfs n’a pas « σου ». Plusieurs VL ont « virtutem tuam ».
Verset 5
G : καὶ ᾀσάτωσαν ἐν ταῖς ᾠδαῖς κυρίου.
« Et qu’ils chantent les odes du Seigneur. »
L : Et cantent in viis Domini.
« Et qu’ils chantent sur les voies du Seigneur. »
Rahlfs a « ὁδοῖς », les voies, comme L, et ne signale pas de variante. Mais plusieurs VL (dont le psautier romain) ont « in canticis ».
PSAUME 138
Verset 4
G : οὐκ ἔστι δόλος ἐν γλώσσῃ μου
« Il n’y a pas de ruse sur ma langue. »
L : Non est sermo in lingua mea
« Il n’y a pas de parole sur ma langue. »
Rahlfs a « λόγος », comme L, et signale la variante. Les VL ont « dolus », comme G. Saint Jérôme affirme qu’en hébreu c’est « parole ».
Verset 13
G a « Κύριε », Seigneur, entre les deux stiques. Rahlfs aussi. Les VL également (« Domine »).
PSAUME 139
Verset 6
G : καὶ σχοινία διέτειναν, παγίδας τοῖς ποσίν μου.
« Et ils ont tendu des cordes, en pièges pour mes pieds. »
L : Et funes extenderunt in laqueum.
« Et ils ont tendu des cordes, en pièges. »
L n’a pas « pour mes pieds ». Les VL ont « pedibus meis ». Pour saint Jérôme ces mots sont de trop.
PSAUME 140
Verset 7
G : διεσκορπίσθη τὰ ὀστᾶ αὐτῶν.
« Leurs os ont été dispersés. »
L : dissipata sunt ossa nostra.
« Nos os ont été dispersés. »
Rahlfs dit comme L : τὰ ὀστᾶ ἡμῶν. Les VL de Sabatier sont en accord avec L. Saint Jérôme connaît la variante de G et la rejette.
PSAUME 142
Verset 8
G : γνώρισόν μοι, Κύριε, ὁδὸν ἐν ᾗ πορεύσομαι.
« Fais-moi connaître, Seigneur, le chemin sur lequel je marcherai. »
L : Notam fac mihi viam in qua ambulem.
« Fais-moi connaître le chemin sur lequel je dois marcher. »
Certaines VL ont « Domine ».
« Je marcherai » : le grec a le futur, le latin le subjonctif. Saint Augustin a « ingrediar » : forme qui est à la fois le futur et le subjonctif du verbe ingredior (ici de même sens).
PSAUME 143
Verset 12
G : ὧν οἱ υἱοὶ ὡς νεόφυτα ἡδρυμένα ἐν τῇ νεότητι αὐτῶν.
« Leurs fils sont comme de nouvelles plantes vigoureuses en leur jeunesse. »
L : Quorum filii sicut novellæ plantationes in juventute sua.
« Leurs fils sont comme de nouvelles plantes en leur jeunesse. »
Les VL avaient le plus souvent « novella plantationis stabilita » (le psautier romain au pluriel : « novellae plantationis stabilitae », saint Augustin « novellae constabilitae ».
PSAUME 144
Verset 1
G : Ὑψώσω σε, ὁ θεός μου ὁ βασιλεύς μου.
« Je t’exalterai, mon Dieu, mon roi. »
L : Exaltabo te, Deus meus rex.
« Je t’exalterai, Dieu mon roi. »
Plusieurs VL ont deux fois « meus », comme G et Rahlfs (éventuellement « Deus meus et rex meus »). Mais l’Alexandrinus ne l’a qu’une fois.
Verset 15
L a « Domine » entre les deux stiques. Certaines VL l’avaient aussi. Le grec ne l’a pas.
PSAUME 145
Verset 8
G : Κύριος σοφοῖ τυφλούς.
« Le Seigneur rend sages les aveugles. »
L : Dominus illuminat cæcos.
« Le Seigneur illumine les aveugles. »
Dans certaines VL on lit comme dans le grec : « Dominus sapientes facit cæcos. » Notamment saint Augustin, et saint Jérôme qui remarque que dans des codex latins il y a « illuminat » – et quand il a retraduit de l’hébreu il a mis « illuminat ». On s’attendrait à lire dans les manuscrits grecs « φωτίζει » (fotizi, au lieu de sofi) : il semble donc que des traducteurs aient mal entendu… En outre, que le Seigneur rende la lumière aux aveugles, c’est plus conforme à ce qui précède et à ce qui suit… et à l’évangile. Pourquoi rendre sages les aveugles ?
PSAUME 146
Verset 1
G : τῷ θεῷ ἡμῶν ἡδυνθείη αἴνεσις.
« Puissent nos louanges être agréables à notre Dieu ! »
L : Deo nostro sit jucunda, decoraque laudatio
« Que la louange soit agréable et séante à notre Dieu. »
Les traducteurs paraissent avoir détaillé le verbe grec ἡδύνω, par deux adjectifs ici quasi synonymes. Les VL n’ont le plus souvent que « jucunda », et un manuscrit de la Vulgate également. Mais la Vulgate de Stuttgart note qu’on trouve les deux adjectifs dans la version syro-hexaplaire, c’est-à-dire la traduction syriaque de la Septante, cinquième colonne des Hexaples d’Origène.
Verset 11
G : εὐδοκεῖ Κύριος ἐν τοῖς φοβουμένοις αὐτὸν καὶ ἐν πᾶσι τοῖς ἐλπίζουσιν ἐπὶ τὸ ἔλεος αὐτοῦ.
L : Beneplacitum est Domino super timentes eum, et in eis qui sperant super misericordia ejus.
« Le Seigneur se complaît en ceux qui le craignent, et en (tous) ceux qui espèrent en sa miséricorde. »
« Tous » se trouve dans les trois grands codex de Rahlfs (Sinaiticus, Alexandrinus, Vaticanus) mais il ne retient pas le mot parce que de nombreux autres manuscrits ne l’ont pas. Les VL généralement non plus.
PSAUME 147
Verset 4
Dans les psautiers grecs, le second stique commence par ἕως, théoriquement « jusqu’à », ici incongru, et qui n’est pas traduit dans les psautiers français d’après la Septante, ni dans les psautiers latins, sauf celui de saint Augustin : « Usque in velocitatem currit verbum eius. » Et il explique : le psaume ne dit pas « sa parole est rapide », mais « sa parole court jusqu’à être rapide ».
Le Sinaiticus et un autre manuscrit ont ὡς, immédiatemnt compréhensible, soulignant le parallélisme entre les deux stiques : « de même que », mais manifestement à la faveur de « l’oubli » d’une lettre…
PSAUME 148
Verset 4
G : τὸ ὕδωρ τὸ ὑπεράνω τῶν οὐρανῶν.
« L’eau qui est au-dessus des cieux. »
L : aquæ omnes quæ super cælos sunt.
« Toutes les eaux qui sont au-dessus des cieux. »
Les manuscrits de référence de la Vulgate de Stuttgart ont « aquæ » au pluriel mais n’ont pas « omnes ». Les VL non plus.
PSAUME 149
Verset 9
G : δόξα αὕτη ἔσται πᾶσι τοῖς ὁσίοις αὐτοῦ.
« Telle sera la gloire de tous ses saints. »
L : gloria hæc est omnibus sanctis ejus.
« Telle est la gloire de tous ses saints. »
Rahlfs a le présent (ἐστὶν) comme L. On ne voit le futur que dans G et GI.
5 gloriabuntur
31 gloriamini
48 gloriantur
51 gloriaris
73 gloriati sunt
88 gloria
93 gloriabuntur
96 gloriantur
105 gloriemur
En savoir plus sur Le blog d'Yves Daoudal
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.