Hier, XA, le patron du Forum catholique, a publié une note manifestant qu’il était excédé par les bébés qui braillent à la messe. Je ne suis donc pas tout seul.
Depuis que la nouvelle messe m’a chassé du sanctuaire où je croyais pouvoir vivre dans un paradis liturgique jusqu’au départ vers le vrai paradis, je me suis trouvé plongé, à Lorient, dans un capharnaüm de bébés qui jouent, crient et pleurent en permanence pendant toute la messe. Je n’avais jamais vu cela auparavant, mais je suis allé une fois à Vannes, où est célébrée l’autre messe traditionnelle du diocèse, et c’était exactement pareil. Je découvre donc que c’est aussi le cas à Lyon…
Il n’est pas en soi extravagant que les tradis soient soumis à l’air du temps, donc de l’individualisme qui fait que chacun vit dans sa bulle sans se préoccuper le moins du monde du voisin, mais on pourrait penser qu’il y ait chez eux tout de même un minimum de respect du prêtre. Or il arrive que les cris des bébés masquent la parole du prêtre pendant le sermon, alors même que sa voix est amplifiée, et aussi que le prêtre soit obligé de prononcer quasiment à haute voix les paroles de la consécration pour entendre ce qu’il fait…
Il y a des moments où les cris vrillent le cerveau, d’autres moments où les bébés se répondent et où on a l’impression que les parents se livrent à un concours : « Et toc ! Le mien crie plus fort que le tien ! ».
Et cela est aggravé, premièrement par l’acoustique de l’église en béton (conçue pour la nouvelle messe…), et par le fait que ces familles se mettent dans une espèce de chapelle, au fond, qui ne les éloigne pas mais en réalité fait caisse de résonance…
Chaque dimanche c’est une épreuve. Si je me décide à devenir formellement orthodoxe, cela aura joué en partie. Ce bazar est totalement inimaginable dans une église orthodoxe, où chacun est vraiment conscient de ce qu’y s’y passe.
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Chez nous les enfants communient et dès le plus jeune âge. C’est d’ailleurs une scène toujours très émouvante.
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Evidemment, il y a des parents sans gêne. Mais je repense à ce qu’en disait l’abbé Houghton : à la messe, je ne tolère qu’un seul vernaculaire, celui des bébés.
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Mais le cher abbé Houghton n’a pas connu le foutoir actuel, et tel que je le connaissais il ne l’aurait certainement pas toléré. Et les parents d’alors non plus. Relisez donc le 3e chapitre du « Mariage de Judith »… L’abbé Houghton avait autant le sens du sacré qu’il avait le sens de l’humour.
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Venez à Sainte-Marie de la Garde, c’est le calme absolu et l’avant-goût du Paradis.
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Jésus l’a dit : c’est celui qui tiendra jusqu’au bout qui sera sauvé…
C’est quand on désespère qu’il faut espérer le plus…
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Yves,
Il se trouve que Saint Just est ma paroisse, si on peut dire.
Je suis d’accord quand certains parents laissent leurs enfant crier sans réagir, mais ce n’est pas la majorité loin de là et je préciserais qu’il y a beaucoup de passage et de familles nouvelles dont les enfants ne sont pas habitués au lieu. Et la génération de jeunes parents actuelle comporte aussi parfois des fragilités, surtout chez les jeunes parents.
Mais il y a quelques années, il me semble qu’il y avait une garderie qui n’a pas pu être maintenue faute de place ou autre chose. Et qu’actuellement, certains parents avec leurs petits vont dans la chapelle latérale dédiée à saint Just ou les petits sont encadrés ou laissés admirer au plus près le service de l’autel. C’est très calme comme ambiance parce qu’ils sont subjugués par la messe. D’autres vont dans l’autre chapelle latérale dédiée à la Sainte Vierge ou se trouve la chorale installée dans le choeur. Là aussi ils sont fascinés par le chant.
Quand à ceux qui sont dans le reste de l’église, beaucoup de parents de petits enfants passent leur messe à se déplacer pour calmer leur enfant s’il pleure ou autre, sortent de l’église ou s’installent au fond. Je n’oublie bien sûr pas les garçons qui servent la messe ou sont dans le choeur avec respect et silence. Ils sont parfois jusqu’à quarante. Certains d’entre eux auraient pu faire de l’agitation durant la messe sans cela.
N’oublions pas qu’un bébé n’est pas encore doté de raison et qu’il n’a qu’un moyen de s’exprimer, ce qui est difficile à gérer. L’abbé Meissonnier, l’ancien chapelain, avait plusieurs fois rappelé leurs devoirs aux parents et l’actuel pourrait le faire de temps en temps. Mais il y a régulièrement de nouvelles familles, beaucoup viennent de loin, et je pense honnêtement que la plupart font ce qu’ils peuvent sans se laisser déborder.
Il faut aussi rappeler que Saint Just est la paroisse lyonnaise ou il y a le plus d’enfants, je ne sais pas comment cela se passe à Saint Georges. Et que, avec une telle diversité de familles venant souvent de loin de Lyon, des assistances parfois blindées, je trouve que cela se tient plutôt bien.
Nous sommes âgés, peut-être moins enclin à excuser et comprendre ce qui déborde, mais la perfection n’est pas de ce monde. Le Barroux ou Triors ont installés des moyens d’éviter le dérangement enfantin, mais ce n’est pas possible partout. Et je me vois mal déplorer la présence d’enfants avec, je le redis, des efforts visibles de la plupart des parents qui, parfois, passent leur messe à gérer leurs petits.
Alors, je m’efforce de pratiquer la messe en semaine toujours silencieuse, et de fait les familles nombreuses éloignées ne peuvent s’y rendre. Sinon, je vais dans une église vide prier. Et je rends grâce à Dieu de ce pépiement difficilement évitable quand on est entouré de familles fécondes et nombreuses.
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