
En Bretagne c’est saint Gwenaël. Voici ce qu’en dit Joseph Chardronnet, dans son Livre d’or des saints de Bretagne (c’est un résumé du texte d’Albert le Grand dans ses Vies des saints de la Bretagne-armorique.
On le dit né à Quimper, au début du VIe siècle, bien que la paroisse voisine d’Ergué-Gabéric le revendique. Intelligent et précoce, ses parents le mettent très tôt à l’école. Il y était à jouer avec ses camarades quand passe Gwennolé, l’abbé de Landévennec, venu faire des courses à Quimper avec quatre moines. On parle et l’enfant qui n’a que sept ans lui dit qu’il voudrait bien le suivre. Du coup, l’interrogatoire se fait plus serré ; l’enfant justifie son souhait par des citations de l’Evangile. Visite aux parents, qui acceptent le départ.
Gwenaël fut l’objet de toutes les attentions de Gwennolé, qui, ayant remarqué ses qualités extraordinaires, le choisit pour successeur : qualités intellectuelles, qualités morales, force de caractère, pour garder la blancheur de son nom et de son âme, et mater ses passions, aux jours les plus froids, cependant que les autres dormaient, il allait se plonger dans l’eau froide, toute la durée des sept psaumes de la pénitence.
A la mort de Gwennolé, les moines le prennent donc comme abbé. Mais, au bout de sept ans, il démissionne, part, avec onze autres moines, d’abord pour les îles de la Manche, puis pour l’île de Bretagne, passe de là en Irlande. Tout au long de ce périple, il travaillait à réveiller la ferveur monastique là où s’était introduit le relâchement ; et il fondait de nouveaux monastères : il en fonda deux ou trois grands et en réforma une cinquantaine moins importants. Ce n’est pas invraisemblable, quand on sait que cette tournée dura trente-quatre ans.
Il décide de revenir en Armorique, embarque, seul selon les uns, avec quelque cinquante compagnons qui ne voulaient pas le quitter, selon d’autres auteurs. Il débarque probablement en Cornouaille armoricaine, fonde trois monastères, songe à passer à Groix pour inspecter quelques petits établissements monastiques. Les cloches se mettent à sonner d’elles-mêmes pour annoncer sa visite. Il y reste quelques années, puis accoste enfin sur la rive droite du Blavet, là où est aujourd’hui la chapelle Saint-Guenaël, en Lanester.
Le rayonnement de sa sainteté séduisait même les animaux sauvages, les loups qui lui laissèrent la place pour établir son peniti, ce cerf qui, poursuivi, vint chercher refuge sous son manteau ; et les chasseurs, stupéfaits, d’aller le raconter à leur maître Waroch, comte de Vannes, qui vient lui faire visite, tente de le persuader de rester auprès de lui à la cour. Pas question : Gwenaël sait proche sa fin et veut s’y préparer dans la solitude. Il tint ainsi quatre ans et mourut en 585-590.
Peu avant sa mort, invité par ses moines à désigner son successeur, il avait, fidèle à la coutume scoto-bretonne, élu un disciple « qui lui était uni en droite ligne par le sang. » Au même moment aussi, dans la même fidélité aux traditions scoto-bretonnes, il avait prescrit qu’au jour anniversaire de sa mort on améliorât l’ordinaire, en servant « un festin à la communauté » : c’était la « consolatio cibi » (le réconfort par la nourriture).
Ses reliques furent transférées à la cathédrale de Vannes. Pour les sauver des Normands, elles furent transportées, à la fin du IXe siècle, à paris, puis à Corbeil, où elles furent brûlées au cours de la Révolution.
En savoir plus sur Le blog d'Yves Daoudal
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
« Du coup, l’interrogatoire se fait plus serré » : on est non seulement dans le résumé mais même l’interprétation libre de saint Albert le Grand… Avec un titre comme « Livre d’or », l’on aimerait un français un peu plus soutenu !
J’aimeJ’aime