Pirates jusqu’au bout

L’agence TASS a épluché le 21e paquet de sanctions (c’est pas moins de 10 documents…) et y a trouvé ceci (c’est le 10e paragraphe) :

Il convient d’introduire deux dérogations pour permettre aux autorités nationales compétentes de disposer en toute sécurité des cargaisons de pétrole russe qu’elles saisissent et confisquent. À cette fin, deux dérogations sont introduites pour permettre les opérations concernées, telles que l’importation, le transfert, le stockage, la gestion et la vente.

Bref, les Etats de l’UE peuvent non seulement arrêter manu militari et détourner les pétroliers russes, mais ils peuvent désormais aussi faire ce qu’ils veulent du pétrole, y compris le vendre…

Il n’y a pas de raison de ne pas être pirate jusqu’au bout, comme dit le nouvel Etat de droit…

Ukraine : une armée LGBTQI+

La plateforme gouvernementale ukrainienne Diia Education a publié une série vidéo en 11 brefs épisodes intitulée « Soldats LGBTQI+ dans les forces armées de l’Ukraine ».

La série éducative destinée à la plateforme Diia.Education ainsi que l’étude associée ont été réalisées par l’ONG « Militaires et vétérans LGBT+ ukrainiens pour l’égalité des droits » dans le cadre d’un projet mis en œuvre en partenariat avec l’ONG Fulcrum UA et avec le soutien expert de l’ONG « Institut des programmes de genre », grâce au soutien financier de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas en Ukraine.

La série (en réalité une suite de monologues) vise bien sûr à « déconstruire les stéréotypes » qui affectent la confiance et la sécurité dans les unités militaires, et à montrer que l’accueil des minorités sexuelles est un avantage pour l’armée, alors que la discrimination est un handicap pour l’efficacité au combat.

Le premier épisode dénonce les « mythes à propos de la communauté LGBTIQ+ ». Le deuxième épisode énonce les « concepts de base » : « l’orientation sexuelle et l’identité de genre ». Le troisième épisode dénonce la responsabilité de la religion chrétienne dans la formation de l’homophobie…

Après les 11 épisodes est proposé un « test » pour vérifier que vous avez bien tout assimilé et que vous êtes devenu un bon militant LGBTQI+ pour l’armée ukrainienne.

L’Ukraine mobilise les « prêtres moscovites »

Tous les jours les réseaux sociaux publient des vidéos de la mobilisation forcée en Ukraine : un groupe de militaires kidnappe un homme dans la rue et le jettent dans un fourgon, direction le front. C’est généralement très violent, l’homme qui résiste étant roué de coups, y compris dans la tête, parfois il y a une résistance collective quand il y a des témoins, et le 8 juillet il y a même une véritable émeute à Lvov.

On sait que la mobilisation forcée touche aussi les prêtres. Elle est alors doublement illégale. D’abord parce que l’armée n’a pas le droit de kidnapper les gens dans la rue, ensuite parce que les prêtres n’ont pas le droit de porter des armes et ne sont donc pas mobilisables.

Il n’y avait pas de preuve de cette mobilisation jusqu’ici, systématiquement niée par le pouvoir (comme l’était l’autre encore récemment). Mais hier il y a eu une vidéo du kidnapping du recteur de l’église Saint-Jean-l’Aumônier de Loutsk, pris par les mains et les pieds et balancé dans le fourgon comme un sac de pommes de terre.

L’avocat de l’Eglise orthodoxe ukrainienne s’est saisi de l’affaire et va poursuivre l’armée devant la justice.

Le diocèse de Volodymyr-Volynskyï a déclaré que 18 de ses clercs avaient été enrôlés. Les autres diocèses n’ont pas donné de chiffre. Mais si la situation est globalement la même partout, on arrive à près de 700 prêtres et diacres envoyés à l’abattoir.

Naturellement, il s’agit exclusivement de clercs de l’Eglise orthodoxe ukrainienne.  Ceux de l’Eglise du pouvoir et ceux de l’Eglise grecque-catholique ne sont pas concernés. Car c’est aussi une façon de combattre les « prêtres moscovites ».

Puisque c’est artistique…

Lors des son concert aux Fêtes de Gand, la chanteuse néerlandaise Sophie Straat a lancé :

« Tous les hommes blancs à l’arrière ! C’est l’heure des filles, des queers, des personnes de couleur ! »

Puis elle a ajouté :

« Plus de temps pour la nuance : il est déjà trop tard, bien trop tard pour la nuance. Tous les hommes blancs au fond ! »

L’office anti-discrimination Unia a reçu près de 200 signalements. Mais l’Unia a rejeté l’accusation de discrimination. Au motif que c’était une « expression symbolique et artistique », protégée par la liberté d’expression.

Sur sa « robe » (?) : Pop stars against nazi’s… Le nazi c’est l’homme blanc.

De la férie

On fait mémoire de sainte Christine martyre, qui sont deux pour le prix d’une.

Voici le doxastikon des apostiches des vêpres de sainte Christine de Tyr.

Τῇ χριστωνύμῳ σου κλήσει, τὴν πρᾶξιν κατάλληλον ἔδειξας ὡς ἀληθής, τῇ παρθενικῇ σου καθαρότητι, νυμφευθεῖσα τῷ Χριστῷ, εὐδοκίᾳ τοῦ Πατρός, καὶ συνεργείᾳ τοῦ Πνεύματος, μαρτυρίου δὲ παλαίσμασι στερροῖς, ὑπερήστραψας λαμπρότερον τῶν ἡλιακῶν ἀκτίνων. Διὸ ὡς θυσία καθαρὰ καὶ ἄμωμος, τῇ οὐρανίῳ προσηνέχθης τραπέζῃ, τῶν Παρθένων καὶ Μαρτύρων ταῖς χορείαις εἰς αἰῶνας συνηδομένη, μεθ’ ὧν αἴτησαι Χριστῖνα φερώνυμε, δωρηθῆναι τοῖς τιμῶσί σε, εἰρήνην καὶ τὸ μέγα ἔλεος.

Au nom du Christ que tu portais tu conformas vraiment ton action : devenue son épouse en ta pureté virginale, par bienveillance du Père et avec l’aide de l’Esprit, en tes fermes luttes de martyre tu brillas plus clairement que les rayons du soleil. C’est pourquoi tu fus offerte à la table des cieux comme victime pure, immaculée, exultant pour les siècles dans le chœur des vierges et des martyrs ; avec eux supplie le Seigneur, Christine, toi qui portes son nom, d’accorder à qui te vénère la paix et la grande miséricorde.

Fresque du monastère du Pantocrator, Athos, XVIIe siècle.