Saint François d’Assise

Cette peinture italienne du XIVe siècle est matériellement (tempera sur bois) et stylistiquement tributaire de l’art byzantin. Elle se trouve au musée du Trésor de la basilique d’Assise. Selon la tradition elle a été peinte sur la planche où fut lavé le corps de saint François après sa mort. D’où le choix des quatre scènes qui l’entourent : quatre miracles post-mortem (quatre guérisons dont un exorcisme). Au centre, saint François tient l’évangile, qui dit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres. »

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus

1. Ma vie n’est qu’un instant, une heure passagère
Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit
Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t’aimer sur la terre
Je n’ai rien qu’aujourd’hui !…

2. Oh ! je t’aime, Jésus ! vers toi mon âme aspire
Pour un jour seulement reste mon doux appui.
Viens régner dans mon cœur, donne-moi ton sourire
Rien que pour aujourd’hui !

3. Que m’importe, Seigneur, si l’avenir est sombre ?
Te prier pour demain, oh non, je ne le puis !…
Conserve mon cœur pur, couvre-moi de ton ombre
Rien que pour aujourd’hui.

4. Si je songe à demain, je crains mon inconstance
Je sens naître en mon cœur la tristesse et l’ennui.
Mais je veux bien, mon Dieu, l’épreuve, la souffrance
Rien que pour aujourd’hui.

5. Je dois te voir bientôt sur la rive éternelle
O Pilote Divin ! dont la main me conduit.
Sur les flots orageux guide en paix ma nacelle
Rien que pour aujourd’hui.

6. Ah ! laisse-moi, Seigneur, me cacher en ta Face.
Là je n’entendrai plus du monde le vain bruit
Donne-moi ton amour, conserve-moi ta grâce
Rien que pour aujourd’hui.

7. Près de ton Cœur divin, j’oublie tout ce qui passe
Je ne redoute plus les craintes de la nuit
Ah ! donne-moi, Jésus, dans ce Cœur une place
Rien que pour aujourd’hui

8. Pain Vivant, Pain du Ciel, divine Eucharistie
O Mystère sacré ! que l’Amour a produit….
Viens habiter mon cœur, Jésus, ma blanche Hostie
Rien que pour aujourd’hui.

9. Daigne m’unir à toi, Vigne Sainte et sacrée
Et mon faible rameau te donnera son fruit
Et je pourrai t’offrir une grappe dorée
Seigneur, dès aujourd’hui.

10. Cette grappe d’amour, dont les grains sont des âmes
Je n’ai pour la former que ce jour qui s’enfuit
Ah ! donne-moi, Jésus, d’un Apôtre les flammes
Rien que pour aujourd’hui.

11. O Vierge Immaculée ! C’est toi ma Douce Etoile
Qui me donnes Jésus et qui m’unis à Lui
O Mère ! laisse-moi reposer sous ton voile
Rien que pour aujourd’hui.

12. Mon Saint Ange gardien, couvre-moi de ton aile
Eclaire de tes feux la route que je suis
Viens diriger mes pas… aide-moi, je t’appelle
Rien que pour aujourd’hui.

13.Seigneur, je veux te voir, sans voile, sans nuage,
Mais encore exilée, loin de toi, je languis
Qu’il ne me soit caché, ton aimable visage
Rien que pour aujourd’hui.

14. Je volerai bientôt, pour dire tes louanges
Quand le jour sans couchant sur mon âme aura lui
Alors je chanterai sur la lyre des Anges
L’Eternel Aujourd’hui !…

(1er juin 1894.)

Les saints anges gardiens

Ceci est l’icône russe canonique de l’ange gardien. Il est vêtu de blanc, il a des ailes dorées, il tient à la main droite la croix, à savoir la foi catholique, et à la main gauche le glaive par lequel il nous garde du démon. Il apparaît assez souvent en compagnie d’un saint protecteur ou du saint patron de la personne qui a commandé l’icône. Il apparaît en marge de nombreuses icônes avec des saints dont les membres de la famille portent le nom.

Voici la neuvième des prières du matin, « au saint Ange gardien de notre vie », dans le Livre de prière des éditions Apostolia.

Saint Ange du Christ, je me prosterne devant toi et je te prie, mon saint gardien, toi qui m’as été donné au saint baptême afin de protéger mon âme et mon corps pécheur. Mais moi, par ma paresse et mes mauvaises habitudes, j’ai irrité ta très-sainte lumière et je t’ai chassé par toutes mes actions honteuses : les mensonges, les médisances, l’envie, la critique, l’orgueil, la désobéissance, le manque d’amour pour mes frères et la rancune, l’amour de l’argent, la luxure, la colère, l’avarice ; pour avoir mangé au-delà de ma faim ou avoir trop bu, pour avoir trop parlé, ressassé des pensées mauvaises et perfides ; par mes mauvaises habitudes et le penchant vers l’intempérance causé par ma disposition particulière à tous les plaisirs charnels. Ô ma volonté mauvaise, dont se gardent même les animaux sans parole ! Comment pourrais-tu me rechercher ou t’approcher de moi, le corrompu ? Et quel regard poseras-tu sur moi, Ange du Christ, sur moi qui me suis laissé embourber dans des œuvres souillées ? Et comment pourrais-je implorer le pardon de toutes les actions désolantes, méchantes et perfides auxquelles je m’abaisse chaque jour, chaque nuit et à toute heure ? C’est pourquoi je me prosterne devant toi, mon gardien très-saint, et je te prie : sois miséricordieux envers moi pécheur, sois mon aide et mon soutien contre le démon jaloux par tes saintes prières, et permets-moi d’avoir part au Royaume de Dieu avec tous les Saints, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Saint Remi

Daphné Du Barry, 1996.

Hymne des matines, avec sa traduction, dans divers bréviaires des XVIIIe et XIXe siècles, texte de Santolius Victorinus (Jean Santeul, 1689), quelque peu modifié (on verra le texte originel ici).

Divina, Præsul, prome volumina,
Æterna vitæ verba tenes, doce.
A Rege pendet, quem docebis,
Tota salus, pietasque Regni.

Grand prélat ! vous qui avez les paroles de la vie éternelle, faites connaître les divins oracles ; le salut de tout un royaume dépend de celui du roi que vous allez instruire.

Fractis, triumphans, dum redit hostibus,
Tuos docendus procidit ad pedes ;
Jam jamque voto christianus,
Depositis, Clodovæus, armis.

Clovis revient victorieux et triomphant de ses ennemis, et déjà chrétien par le désir de son cœur, il met bas les armes, et va se jeter à vos pieds pour recevoir vos instructions.

Ferox Sicamber, pone superbiam,
Submitte dulci colla Dei jugo ;
Et quæ cremasti nunc adora,
Quosque colis, pius, ure divos.

Quittez votre orgueil, fier Sicambre ; abaissez votre cou sous le doux joug de Jésus-Christ ; adorez ce que vous avez brûlé, et brûlez les dieux que vous avez adorés.

Ab ore pendens præsulis audiit
Intus loquentem jam docilis Deum.
Regale pectus tot sacrarum
Concutitur gravitate rerum.

Pendant que le roi écoute attentivement le sait prélat, il entend Dieu lui-même qui parle à son cœur, et qui le soumet, frappé d’une doctrine qui lui paraît toute sainte et toute céleste.

Tum Sceptra ponit, se quoque regiis
Christo induendus vestibus exuit.
Descendit in sanctos piandus,
Quos habitat Deus ipse fontes.

Aussitôt quittant son sceptre, il ôte son manteau royal pour se revêtir de Jésus-Christ, et se plonge dans les fonts sacrés, auxquels Dieu donne la vertu d’effacer les péchés.

Perfundit altum chrismate verticem,
Omnes in uno principe consecrat ;
Formare Christo mox futuros
Franciadas meditatur omnes.

Le pontife fait l’onction du saint chrême sur cette tête royale ; e sa personne il consacre tous ses successeurs, et il veut attacher à Jésus-Christ tous les Français présents et à venir.

Tu quas tot annos, alme senex, regis,
Adhuc benignus respice Gallias ;
Francique reges quos chresmati,
Mente pii tueantur aras.

Vénérable vieillard, qui avez été, pendant tant d’années, le pasteur des Gaules, regardez-les avec bonté, et obtenez de Dieu que nos rois, dont vous avez consacré le premier, se montrent toujours les défenseurs et le soutien de la religion.

Qui christiani nomine dicimur,
O Christe ! puris da quoque moribus,
Nos esse dici. Quid juvabit ?
Conveniant nisi facta dictis.

O Jésus ! faites qu’en portant le nom de chrétiens, nous en montrions la sainteté par la pureté de nos mœurs ; car à quoi nous servira ce nom, si nos actions n’y sont pas conformes ?

Laus summa Patri, summaque Filio,
Tibique compar gloria, Spiritus,
Tu qui potenti magna regum
Corda tenes, subigisque dextra. Amen.

Louange souveraine au Père et au Fils ; gloire égale à vous, Esprit Saint, qui tenez dans votre main puissante les cœurs des plus grands rois et les soumettez à votre volonté. Ainsi soit-il.

Le rite pagano-amazonien arrive

Lu sur Paix liturgique.

Oyez, oyez, mes chers Amis : le rite vénérable de l’Église romaine est interdit, mais en revanche le rite amazonien en cours de fabrication sera introduit avant la fin de l’année ! Il sera en « phase expérimentale » à la fin de 2024 pour trois ans, jusqu’en 2028, date à laquelle, avec sans doute quelques modifications et « enrichissements », il deviendra définitif. C’est ce qu’a annoncé le Conseil épiscopal latino-américain par la voix du P. Agenor Brighenti, coordinateur de l’équipe théologique du CELAM. Disons par parenthèse que ce Brighenti est favorable à l’ordination des femmes et à l’abolition du célibat sacerdotal.

Il faut savoir que la confection de ce rite de la forêt a demandé, depuis 2020, un travail considérable. Pas moins de 13 commissions ont œuvré d’arrache-pied pour sa composition. Mais on n’a pas de détails : ce sera une surprise.

Ce rite amazonien pourrait s’inspirer du rite maya en cours de fabrication au Mexique, notamment en ce qui concerne la relation à la « Terre Mère » : beaucoup d’encens tout au long de l’eucharistie répandu par des hommes et des femmes « encenseurs » ; prières dites par des laïcs dits « principaux », hommes ou femmes, qui se tiennent à côté du prêtre comme des quasi-concélébrants ; danses rituelles d’action de grâce ; usage de coquillages mayas, qui servaient jadis pour communiquer avec les ancêtres ; allumage de bougies mayas qui permettent d’entrer en contact avec d’autres personnes vivantes ou décédées et avec « notre sœur la Terre Mère » ; autel maya, dit « offrande maya », qui porte des produits de la terre et du travail des hommes, plantes, fleurs, fruits, graines, et encore des bougies de différentes couleurs pointant vers les quatre points cardinaux plus ou moins divins chez les mayas.

Lire la suite sur Paix liturgique, qui suggère que le culte de Pachamama, au Vatican, le 4 octobre 2019, pouvait être une première préparation du rite amazonien.