Les hymnes du carême byzantin

Par le chœur monastique de Sainte-Elisabeth de Minsk.

« Que ma prière s’élève. » Ce sont des versets du psaume 140, chantés au début de la deuxième partie de la divine liturgie des dons présanctifiés, après que les portes royales ont été ouvertes. Le peuple est à genoux, le prêtre est à genoux devant l’autel, le diacre encense les saints dons.

Verset 1 : Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi,
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

Refrain : Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi, 
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

Verset 2 : Seigneur je crie vers toi, exauce-moi ; 
entends la voix de ma supplication, lorsque je crie vers toi.

Refrain : Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi, 
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

Verset 3 : Place, Seigneur, une garde à ma bouche, 
et une porte fortifiée à mes lèvres.

Refrain : Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi, 
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

Verset 4 : N’incline pas mon cœur vers des paroles perverses,
pour chercher des excuses à mes péchés.

Refrain : Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi, 
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

Que ma prière s’élève comme l’encens devant toi, 
et l’élévation de mes mains comme le sacrifice vespéral.

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Le petit dictateur Pereira

Mgr Carlos Alberto Breis Pereira, archevêque de Maceió, au Brésil, rappelle qu’il y a dans son diocèse une seule et unique messe de saint Pie V autorisée, dans la chapelle de l’hôpital Santa Casa de misericordia, le dimanche à 10h, célébrée par le Père Cícero Lenisvaldo Miranda da Silva. « Cette liturgie n’est autorisée en aucun autre lieu, religieux ou non, ni au sein d’aucune association civile. » Ubu archevêque précise de façon totalement délirante : « Selon les canons 751 et 1364 § 1 du Code de droit canonique actuel, la célébration de la messe, selon l’ancien rite, dans un autre lieu, sera considérée comme un acte de schisme public, ce qui impliquera l’excommunication automatique. »

Paix Liturgique publie l’intégralité de l’oukase archiépiscopal, signalant que Mgr Pereira a été reçu par le pape le 12 janvier dernier :

Jeudi de la première semaine de carême

L’hymne des vêpres au temps de carême, par les moines de Ligugé.

Audi, benígne Cónditor,
Nostras preces cum flétibus,
In hoc sacro jejúnio
Fusas quadragenário.

Écoutez, Créateur bienveillant, nos prières accompagnées de larmes, répandues au milieu des jeûnes de cette sainte Quarantaine.

Scrutátor alme córdium,
Infírma tu scis vírium :
Ad te revérsis éxhibe
Remissiónis grátiam.

Vous qui scrutez le fond des cœurs, vous connaissez notre faiblesse : nous revenons à vous ; donnez-nous la grâce du pardon.

Multum quidem peccávimus,
Sed parce confiténtibus :
Ad laudem tui nóminis
Confer medélam lánguidis.

Nous avons beaucoup péché ; pardonnez-nous à cause de notre aveu : pour la gloire de votre Nom, apportez le remède à nos langueurs.

Sic corpus extra cónteri
Dona per abstinéntiam ;
Jejúnet ut mens sóbria
A labe prorsus críminum.

Faites que la résistance de notre corps soit abattue par l’abstinence, et que notre esprit sobre jeûne de la souillure des péchés.

Præsta, beáta Trínitas,
Concéde, simplex Unitas ;
Ut fructuósa sint tuis
Jejuniórum múnera.
Amen.

Exaucez-nous, Trinité bienheureuse, accordez-nous, Unité simple, que soit profitables à vos fidèles les bienfaits du jeûne. Amen.

*

Le répons de la Chananéenne.

La Chananéenne et les noces de Cana.

La secrète de la messe.

Mercredi des quatre temps de carême

« Les Ninivites s’élèveront au jour du jugement contre ce peuple, et le condamneront, parce qu’ils ont fait pénitence à la prédication de Jonas, et cependant celui qui est ici est plus grand que Jonas. » Jonas était le serviteur, et moi le Maître. Il est sorti d’une baleine, et je sortirai vivant du tombeau. Il a annoncé à un peuple la ruine de sa ville, et moi je vous annonce le royaume des cieux. Les Ninivites ont cru sans aucun miracle. Et moi j’en ai fait un très grand nombre. Ils n’avaient reçu aucune instruction avant la prédication de ce prophète, et moi je vous ai instruits de toutes choses, et je vous ai découvert les secrets de la plus haute sagesse. Jonas est venu aux Ninivites comme un serviteur qui leur parlait de la part de son maître, et moi je suis venu en Maître et en Dieu. Je n’ai point menacé comme lui, je ne suis point venu pour vous juger, mais pour vous offrir à tous le pardon de vos péchés.

De plus ces Ninivites étaient un peuple barbare, au lieu que les Juifs avaient toujours entendu les prédications des prophètes. Personne n’avait prédit aux Ninivites la naissance de Jonas, et les prophètes avaient prédit de Jésus-Christ une infinité de choses, et les événements répondaient ponctuellement aux prophéties. Jonas prit la fuite, et voulut se dispenser de sa prédication, de peur d’être raillé des Ninivites ; et moi qui savais devoir être attaché en croix et moqué, je suis néanmoins venu. Jonas ne put souffrir d’être méprisé de ceux qu’il devait convertir, et moi je souffre pour eux la mort, et une mort honteuse, et je leur envoie encore après moi mes apôtres pour achever mon ouvrage. Enfin Jonas était un étranger inconnu aux Ninivites ; et moi je suis de la même race que les Juifs, et j’ai selon la chair les mêmes aïeux qu’eux. On pourrait trouver ainsi d’autres avantages de la prédication de Jésus-Christ sur celle de Jonas, si on s’arrêtait à les bien, considérer. Mais Jésus-Christ ne se contente pas de cet exemple. Il en joint aussitôt un autre.

« La reine du midi s’élèvera au jour du jugement contre ce peuple, et le condamnera, parce qu’elle est venue des extrémités de la terre, pour entendre la sagesse de Salomon, et cependant celui qui est ici est plus grand que Salomon. » Cet exemple est encore plus puissant que le premier. Car Jonas au moins alla trouver les Ninivites, mais la reine du midi n’attendit pas que Salomon la vînt trouver. Elle le prévint et le visita dans son royaume. Elle ne considéra ni son sexe, ni sa qualité d’étrangère, ni l’éloignement des lieux. Elle se résolut à ce long voyage, non par la terreur des menaces, ni par la crainte de la mort, mais par le seul amour de la sagesse : « Et cependant celui qui est ici est plus grand que Salomon. »

Là c’est une femme qui va trouver un roi ; ici au contraire c’est un Dieu qui cherche des hommes. Elle vient trouver Salomon des extrémités de la terre ; et moi, descendu du haut du ciel, je viens vous chercher dans vos bourgs et dans vos villes. Salomon discourait sur les arbres et sur les plantes, ce qui ne pouvait pas être fort utile à celle qui le venait chercher ; et moi je vous annonce des choses également terribles et salutaires.

Saint Jean Chrysostome, 43e homélie sur l’évangile de saint Matthieu.

*

Moïse et Elie.

40 jours et 40 nuits.

Le signe de Jonas dans la liturgie byzantine.

Saint Matthias

Le tirage au sort entre Matthias et Joseph Barsabas.

Puisqu’on ne sait rien de saint Matthias en dehors de son élection au collège des apôtres après le suicide de Judas et qu’il était un disciple de la première heure, et que l’Eglise n’a validé aucune des « traditions » destinées à combler ce vide (voir toutefois ce que rapporte Clément d’Alexandrie), c’est l’occasion d’entendre l’hymne des vêpres des fêtes des apôtres. En voici la version ornée, du 1er mode, par les moniales d’Argentan en 1966. Traduction de Pierre Corneille.

Exsúltet cælum láudibus,
resúltet terra gáudiis:
Apostolórum glóriam
sacra canunt sollémnia.

Aux célestes concerts mêlons d’ici les nôtres,
Que la terre avec joie en puisse retentir :
L’Ange célèbre au ciel la gloire des apôtres,
C’est à nos voix d’y repartir.

Vos, sæcli justi júdices
et vera mundi lúmina,
votis precámur córdium,
audíte preces súpplicum.

Juges de l’univers, véritables lumières
Dont le monde éclairé bénit les sacrés feux,
C’est à vous que nos cœurs adressent leurs prières :
Recevez-en les humbles vœux.

Qui cælum verbo cláuditis
serásque eius sólvitis,
nos a peccátis ómnibus
sólvite jussu, quæsumus.

Les clefs du paradis sont en votre puissance,
Par vous sa porte s’ouvre, et se ferme par vous ;
D’un seul mot aux pécheurs vous rendez l’innocence :
Parlez, et nous sommes absous.

Quorum præcépto súbditur
salus et languor ómnium,
sanáte ægros móribus,
nos reddéntes virtútibus,

Sous quelque infirmité que les hommes languissent,
Votre ordre les guérit ou les laisse abattus :
Rendez aux bonnes mœurs, qui dans nous s’affaiblissent,
La sainte vigueur des vertus,

Ut, cum judex advénerit
Christus in fine sæculi,
nos sempitérni gáudii
fáciat esse cómpotes.

Afin que quand Dieu même en son lit de justice
Décidera du monde, et finira les temps,
Il prononce pour nous un arrêt si propice,
Qu’il nous laisse à jamais contents.

Deo Patri sit glória,
ejusque soli Fílio
cum Spíritu Paráclito
et nunc et in perpétuum. Amen.

Gloire au Père éternel ! Gloire au Fils ineffable !
Gloire toute pareille à l’Esprit tout divin,
Qui procédant des deux, et comme eux immuable,
Avec tous deux règne sans fin !