Poutine

Comme chaque année Vladimir Poutine s’est livré au jeu des questions et des réponses, d’abord avec des journalistes, puis avec les citoyens qui avaient envoyé… 2,2 millions de questions. L’échange a duré 4h27. Quelques perles.

A Keir Simmons, journaliste de NBC, qui évoquait « l’affaiblissement » de la Russie : « À ceux qui pensent que la Russie s’est affaiblie, puisque vous êtes américain, permettez-moi de citer un auteur bien connu, qui a dit un jour : La nouvelle de ma mort était exagérée. »

Et il a remarqué : « La Russie autorise la presse américaine à travailler à Moscou malgré la persécution de la presse russe en Amérique. »

A un autre moment il a précisé : « En deux ans, la Russie a enregistré une croissance de 8%, contre 5 ou 6% pour l’Amérique, et  en Allemagne zéro. Les institutions financières et économiques internationales ont classé la Russie au premier rang des pays européens en matière de croissance économique et au quatrième rang mondial, mais nous ne devons pas nous endormir sur cet indicateur. »

Sur le sort des Ukrainiens en Russie : « Des millions d’Ukrainiens vivent en Russie, pas moins qu’en Ukraine, et peut-être plus. Ils sont les bienvenus. »

Sur Zelensky s’il doit trouver une terre d’asile : « Zelensky sera soutenu par les gens dont il sert les intérêts. L’Occident prendra soin de lui. Mais s’il apparaît soudainement… La Russie ne rejette personne. »

Et parmi les questions qui défilaient sur un écran, il y avait d’autres messages…

Chronique des cinglé.e.s

La ville de Lyon a dépensé 3.000 € pour la formation d’agents et d’élus pour leur permettre de « prendre en compte les intérêts des vivants non humains, d’orienter les décisions politiques autour d’un enjeu d’aménagement local à partir d’une assemblée temporaire de parties prenantes humaines et non humaines ».

La formation était assurée par l’association Le Lichen.

Les membres du Lichen, à parts égales humain.e.s et autres qu’humain.e.s, sont réuni.e.s au sein d’une membrane d’une vingtaine de membres. Au sein de cette membrane, il est possible de faire partie de cercles dédiés à des fonctions spécifiques (ex: organiser l’Assemblée de la Forêt, gérer les finances, faire évoluer la gouvernance, etc…) et d’y prendre des rôles (ex: accueillir les nouveaux, administrer la plateforme informatique de partage d’infos, le site Web, etc…). Il est également possible d’évoluer, d’entrer / sortir d’un rôle, d’un cercle, ou même de la membrane, via des processus explicites, partagés, évolutifs et transparents.

L’association a des membres humains et des membres non-humains. Voici les deux premiers membres non-humains.

Les membres non-humains du Lichen (dont nous expérimentons la prise en compte de leur perspective dans notre organisation) :

>> Bouleau pleureur : né dans un jardin du centre de Lyon, entouré de maisons et d’immeubles, élagué à plusieurs reprises, ce bouleau fait la joie de nombreuses créatures du quartier : les voisins dont la fenêtre donnent sur lui, des chats, des pies, des tourterelles, des abeilles… Son dernier élagage fut brutal et depuis, Bouleau est encore plus pleureur. Il compte sur le Lichen pour faire passer des messages de paix aux humains.

>> Coquelicot : fleur sauvage rouge qui illumine par sa couleur vive de vastes étendues cultivées ou sauvages, dans des jardins ou en bord de chemin. Considérée comme très résistante, elle est pourtant fragilisée par l’usage important d’herbicides qui ont fait réduire sa population. Elle se transforme constamment pour s’adapter et continuer à vivre dans un environnement de moins en moins accueillant pour elle.

Extraits de la présentation :

Comment interpréter et traduire dans un monde humain les souffrances, les désirs, les rêves qui émergent de la biosphère ? Comment, à partir de cette écoute et de sa possible traduction, renouveler nos constructions collectives, politiques, juridiques ?

Le Lichen est un collectif qui vise à explorer des méthodes d’organisation des espaces de vie intégrant les perspectives des vivants autres qu’humains. Considérant les multiples interdépendances qui structurent la géo-biosphère et l’entrelacement des formes du vivant, il nous semble important d’explorer collectivement des manières sensibles et pratiques pour résister et nousorganiser (structurer nos collectifs, ménager nos milieux, prendre soin de nos territoires, etc) en intégrant, autant que possible, les perceptions et les perspectives de toutes les entités vivantes.

Parmi les ateliers proposés :

4 jours en forêt « pour explorer ensemble comment faire société en prenant en compte les avis des habitants autres qu’humains vivants sur les lieux ? »

« Atelier au bord de la rivière : être la rivière et reconnaître les droits des non-humains. »

Les deux dernières « Méthodes » :

Vis ma vie de non humain

Se relier à un autre qu’humain, à partir de ce que nous percevons de son comportement (éthologie) et de ses caractéristiques. Appréhender, par le vécu dans nos corps, ce que cela peut être de vivre pour les individus de cette espèce.

Constellation de Tous les Etres

Combinaison de l’approche des constellations systémiques et du Conseil de Tous les Etres (développé par Joanna Macy et John Seed) dans le cadre de la naissance de l’écopsychologie. Attention : cette méthode nécessite d’être formé.e aux Constellations systémiques.

(Puisque ces cinglé.e.s sont incapables de respecter les règles de la soi-disant écriture inclusive qu’ils ont inventées, à savoir l’utilisation du point médian, je me plie à leur incompétence.)

La « formation » des cinglé.e.s à 3.000 euros est vigoureusement soutenue par l’adjointe chargée de la Démocratie locale, et par l’adjoint chargé de la Biodiversité. « Il s’agit d’une dépense mesurée pour former des agents à des techniques innovantes », a déclaré ce dernier.

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C’est la même municipalité de Lyon qui avait versé l’an dernier une subvention de 1.500 € aux « artistes » « écosexuels » de l’association Lundy Grandpré pour une « performance » où des femmes et des hommes nus se tortillent dans des légumes. Devant des enfants, bien sûr. Explication : « Cette performance révèle la nudité de corps se mouvant sur des giclées de tourbe, de terreau fertile, la condition organique de corps de danseurs noués, enroulés, révélés par un drap qui les réduit à l’état d’animal rampant. »

Produit de luxe

Dans un supermarché de la chaîne Maxima (premier employeur des pays Baltes) en Lettonie : la plaquette de beurre de 125 grammes est munie d’un dispositif antivol (comme le café, le saumon, ou les… aliments pour bébés…).

Le prix du beurre a augmenté de 23% en un an.

Un commentaire sur Facebook :

« Il y a quelque temps, nous disions en riant que les Russes n’auraient plus de fromage ni de beurre après les sanctions. Nous avons frappé si fort avec les sanctions que nous nous sommes frappés nous-mêmes dans la figure. Et maintenant, le beurre devient un produit de luxe. »

Mais la majorité des commentaires est pour dire que c’est normal…

Les nouveaux vitraux de Notre-Dame

Dix jours après les cérémonies laïco-googlo-lidliennes de réouverture de Notre-Dame de Paris, revoici l’affaire des vitraux. C’est officiel : la présidence de la République et l’archevêché, toujours aussi unis dans ce qui peut faire du tort à la foi, ont décidé que les six grandes baies des chapelles sud seront réalisées par Claire Tabouret, une Française qui vit à Los Angeles.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, Claire Tabouret, qui a fait ses dernières années la une de toute la presse branchée, y compris de Madame Figaro, est la « la nouvelle star de l’art contemporain », propulsée par François Pinault en 2013, soutenue par la Fondation Lambert, etc. Elle exposait au pavillon du Saint-Siège lors de la dernière biennale de Venise, en compagnie de Maurizio Cattelan, le célèbre créateur de la vraie banane scotchée au mur. A cette exposition, qui se tenait dans la prison pour femmes de Venise, Claire Tabouret présentait des sortes de pastels flous d’après des photos de famille de détenues :

Sinon, elle est plus connue pour ses auto-portraits, comme ici sur l’affiche de la biennale de Venise de 2022 :

Elle a peint ainsi de nombreux portraits où les personnages sont barbouillés de sang. En 2020 elle a décoré le sac Lady Dior, disant que c’était « une femme vampire du XVIIIe siècle dans un club de bondage ». Edition limitée à 100 exemplaires :

Sinon elle fait ça aussi :

Naturellement elle n’a jamais peint de vitraux. S’attendre au pire est une litote.