Estonie : les aléas de la russophobie

Les Estoniens, prenant modèle sur les Ukrainiens, ont modifié la loi sur la langue le 10 juin dernier, de façon à bannir des institutions la langue russe… qui est la langue de près d’un tiers des Estoniens.

Désormais l’obligation d’utiliser la seule langue estonienne s’applique non seulement aux documents officiels mais à toutes les réunions et communications des institutions publiques y compris locales (même là où tout le monde parle russe). En outre, il est interdit de traduire les œuvres audiovisuelles en langue étrangère dans une autre « langue étrangère », c’est-à-dire en russe. Seul le sous-titrage en estonien est permis.

Résultat : la chaîne publique russophone a perdu 50% d’audience sur ses programmes étrangers. Les autres chaînes ne sont pas épargnées. Les principaux médias audiovisuels demandent donc de pouvoir rétablir au moins les sous-titrages russes, faisant valoir que la loi sur la langue nuit à l’économie et en outre « menace la sécurité » car la population se tourne vers d’autres sources et des « contenus non réglementés »…

Lavrov

Steve Rosenberg, de la BBC, à Sergueï Lavrov :

— Est-ce que vous reconnaissez que la Russie mène une guerre hybride secrète contre les pays européens ?

Lavrov :

— Est-ce que vous voulez parler de quand nous détruisons les drones et les missiles que la Grande-Bretagne et l’Europe continentale fournissent à l’Ukraine et que celle-ci lance ensuite contre nous ? Appelez cela comme vous voudrez. Mais je ne doute pas qu’il s’agit d’une guerre que l’Europe mène contre nous.

La persécution roumaine

Călin Georgescu a de nouveau été arrêté hier à son domicile, et placé en détention provisoire pour 30 jours. Sa maison a été placé sous séquestre.

Ce matin, le parlement roumain était réuni en séance plénière des deux chambres, pour voter pour ou contre le nouveau gouvernement. George Simion, président de l’Alliance pour l’unité des Roumains et lieutenant de Georgescu, a déclaré :

« Je suis venu aujourd’hui à ce pupitre pour donner notre réponse. Et la réponse est non. Nous ne sommes pas des traîtres, nous ne sommes pas à vendre, nous restons loyaux envers le peuple roumain qui nous a envoyés ici au Parlement pour le représenter avec honneur et dignité. Malgré toutes les menaces, nous ne voterons pas pour ce gouvernement marionnette. Vous avez arrêté Călin Georgescu, vous m’avez menacé en me disant que j’étais le prochain… Pour que la voix des Roumains se fasse entendre haut et fort au Parlement de Roumanie, je veux vous dire que nous ne voterons pour aucune autre variante de gouvernement tant que vous n’aurez pas libéré Călin Georgescu et ne lui aurez pas rendu justice. »

Aliochki : l’ignoble accusation

Le 23 septembre, devant l’assemblée générale de l’ONU, le ministre ukrainien Andrey Sybiga dénonçait le sort tragique des derniers habitants d’Alyochki, dans la partie de la région de Kherson sous contrôle russe, qui sont laissés à l’abandon et sont en train de mourir sans nourriture, sans soins, sans électricité, sans eau, etc.

Depuis lors les gazettes se relaient pour condamner les Russes qui font mourir les habitants d’Alyochki de façon horrible.

Quand on voit la situation des villes du Donbass, qui est bien meilleure que ce qu’elle était sous la domination ukrainienne, on se dit qu’il y a quelque chose qui cloche.

En fait, la situation dramatique à Alyochki est de la seule responsabilité des Ukrainiens. Et cela était dénoncé dès le 21 septembre par Dmitri Peskov.

La ville (où il ne reste que 1.300 habitants sur 6.000), se trouve sur le bord du Dniepr, en face de Kherson, entre les marais du Dniepr et les « Sables d’Aliochki », dit « désert d’Ukraine ». Les Ukrainiens empêchent systématiquement, par des vols de drones, l’acheminement de secours.

Pour les Russes, le sort fait à Aliochki est la vengeance des Ukrainiens après le rapport divulgué par Lavrov sur le montage de Boutcha.