Wokisme sacrilège à Sienne

Tout le monde connaît le fameux « Palio » de Sienne, cette course de chevaux qui a lieu sur la célèbre place centrale de la ville médiévale. Mais le « palio », c’est la bannière de soie qui est accordée au quartier vainqueur. Une bannière représentant la Sainte Vierge, pour le Pallio dell’Assunta, le lendemain du 15 août.

Depuis le début de ce siècle la municipalité demande à un artiste de créer le palio. Cette année c’était la Roumaine Teodora Axente. « Voici la Madone dont je rêve ; voici ma vision de la Madone », affirme l’artiste, qui insiste sur le fait que tous les personnages de son palio sont ainsi : « Les personnages ne font pas référence au fait d’être une femme ou un homme ; ils sont androgynes, ce sont donc des personnages universels. » Sic.

Pour dire les choses plus crument, c’est faire de la Sainte Vierge une drag-queen, comme a commenté le blog Missainlatino.

Mais l’immonde image a été bénie par l’archevêque de Sienne en la vénérable cathédrale, devant les fidèles qui ont longuement applaudi…

Le P. Enrico Grassini, directeur du bureau de l’héritage culturel du diocèse, a osé défendre l’indéfendable en avançant que c’est à cause de la « tradition orthodoxe » que l’artiste s’écarte de la vision habituelle de la Vierge :

« L’artiste est issue d’une formation chrétienne enracinée dans la tradition orthodoxe, ce qui l’empêche d’embrasser pleinement les développements occidentaux de la spiritualité mariale au cours des cinq derniers siècles, dont s’inspire pourtant l’iconographie du Palio. »

Répugnant.

Pachamamesques honteux

Il y a eu les 13 et 14 août à Cuzco au Pérou une rencontre intitulée « Entrelacer les voix pour la dignité », dans le cadre des préparatifs de la prochaine visite de Léon XIV. Vatican News commençait ainsi son copieux compte rendu :

L’Église et des représentants d’organisations sociales, de peuples et de communautés, de collectifs et de défenseurs des droits de l’homme issus de neuf régions du sud du Pérou, se sont réunis à Cuzco pour partager leurs expériences, écouter les différentes réalités territoriales et élaborer des propositions communes en faveur de la dignité, de la justice, de la paix et du bien commun, dans le cadre de la Rencontre macro-régionale du Sud intitulée « Entrelacer les voix pour la dignité ».

Dans l’article il est longuement question de l’intervention de Mgr Lizardo Estrada, évêque auxiliaire de Cuzco et secrétaire général du CELAM (à gauche sur la tribune), et l’on signale brièvement celle de Mgr Miguel Ángel Cadenas, évêque d’Iquitos.

Curieusement, l’article n’évoque pas la présence de monsignor Jordi Bertomeu, official au Dicastère pour la doctrine de la foi, connu pour avoir été le commissaire pontifical chargé par François de liquider le mouvement péruvien Sodalitium Christianae Vitae.

Il était pourtant là, participant pleinement à la cérémonie inaugurale, une cérémonie entièrement païenne (dont Vatican News ne dit rien), où officiait une femme : « Ce mois d’août est très spécial pour nous, pour la cosmovision andine : c’est le mois de la mère terre, qui nous aime tant, qui est si affectueuse, qui est si bienveillante, qui nous donne des aliments. » Le mois où l’on « nourrit » la Pachamama par des offrandes et des « paiements à la terre ».

Des feuilles de coca sont distribuées aux participants et après des exercices de respiration (« Nous voyons comment est notre intérieur »), chacun dépose ses feuilles de coca dans des bols disposés au sol, à côté d’aliments offerts à la terre : « Nous remercions la terre en ce mois si important ; nous lui donnons trois souffles en les déposant. » Le geste de souffler trois fois sur les feuilles de coca avant de les offrir fait partie du rituel andin du « paiement » ou envoi à la Pachamama.

Une vidéo montre monsignor Jordi Bertomeu allant déposer ses feuilles de coca dans le bol, visiblement recueilli, après Mgr Estrada. Ensuite il prend la parole, mais la vidéo ne montre que l’assistance. A la fin, on le voit retourner le panneau portant son nom, et sortir du champ de la caméra…

Au centre, Jordi Bertomeu, du dicastère pour la doctrine de la foi (anciennement catholique), allant porter religieusement sa feuille de coca (dans sa main gauche, protégée par sa main droite) dans le bol sacré de Pachamama.

Ils appellent encore ça une « messe »…

Les assomptionnistes sont fiers de publier cette photo, et d’autres, sur Facebook.

Et c’est un cardinal qui montre comment on célèbre la « messe » dans la cuisine du train…

Je me demande ce que peut dire l’animatrice (une bonne sœur, sans doute) – concélébrante ? (il n’y a que des prêtres devant elle, et encore un derrière elle) – dans son micro au moment de l’élévation du « calice »…

Une juive à la tête d’une association catholique

La Catholic Biblical Association des Etats-Unis a élu à sa présidence, pour l’année 2026-2027, Amy-Jill Levine, juive pratiquante (synagogue Sherith Israel de Nashville), professeur émérite « de Nouveau Testament et d’études juives » à l’université Vanderbilt, aujourd’hui professeur de la même matière à l’université Hartford, chaire du Rabbi Stanley Kessler.

L’association souligne que Amy-Jill Levine a été la première universitaire israélite à enseigner le Nouveau Testament à l’Institut biblique pontifical de Rome en 2019 et que sa « reconnaissance par Rome est attestée notamment par le fait qu’elle a été reçue trois fois en audience par le pape François ».

Son champ de recherche inclut notamment le Jésus « historique » et ses paraboles, prenant soin d’éliminer les lectures antisémites, sexistes et homophobes des textes bibliques.

Son livre de 2006 intitulé : « Le Juif incompris : l’Eglise et le scandale du Jésus juif », fut distingué comme l’un des meilleurs livres de l’année par le magazine spécialisé Publishers weekly.

Le bateau-église missionnaire de l’Ob

Le 10 août, le bateau-église Saint-André est parti de Novossibirsk pour sa 30e tournée missionnaire. Pendant deux semaines il vogue sur l’Ob et s’arrête dans les villages. A bord, des prêtres, des médecins de diverses spécialités (avec des appareils d’échographie et d’électrographie), des travailleurs sociaux viennent en aide à ceux qui en ont besoin.

Depuis 30 ans, plus de 100.000 personnes ont reçu des soins médicaux, et environ 20.000 personnes ont été baptisées.

Le bateau et son équipage ont été bénis par le métropolite Bartholomée de Novossibirsk : « Aujourd’hui, nous prions pour que le Seigneur fortifie ceux qui se sont lancés dans cette aventure missionnaire. Ce merveilleux projet, unique en son genre dans toute la Russie, rassemble notre communauté et nous offre l’occasion de transmettre la parole de Dieu et d’apporter notre soutien à de nombreuses personnes. »