De préfète en préfète…

Le pape a nommé Sœur Alessandra Smerilli préfète du dicastère pour le développement humain intégral.

Pleinement dans la ligne jésuitique de François, il a aussi nommé propréfet dudit dicastère Son Eminence Révérendissime le Cardinal Fabio Baggio.

Ainsi en théorie la bonne sœur du wokisme féministe vaticanesque a autorité sur les prêtres et les évêques, mais en fait c’est Son Eminence Révérendissime qui s’y collera discrètement.

François avait nommé sœur Simona Brambilla préfète du dicastère pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, avec un « propréfet » (son pote le cardinal Ángel Fernández Artime).

Léon a déjà nommé une journaliste préfète du dicastère pour la communication, sans propréfet (puisque sa mission est ad extra, sans doute).

Quand tous les dicastères seront théoriquement dirigés par des femmes, il ne restera plus qu’à élire une papesse. Avec un propape.

Le précieux Sang

Giotto, vers 1300.

Per hæc divína mystéria, ad novi, quǽsumus, Testaménti mediatórem Jesum accedámus : et super altária tua, Dómine virtútum, aspersiónem sánguinis mélius loquéntem, quam Abel, innovémus. Per eúndem Dóminum.

Nous vous en supplions, Dieu des puissances, que par ces divins mystères, nous puissions avoir accès auprès de Jésus le médiateur de la nouvelle alliance, et que nous renouvelions sur vos autels l’aspersion de ce sang qui parle mieux que celui d’Abel.

Telle est la deuxième collecte, dite « secrète », de la messe de cette fête. Elle cite l’épître aux Hébreux (12,24) : (Vous vous êtes approchés) « de Jésus qui est le médiateur de la nouvelle alliance, et du sang de l’aspersion qui parle mieux que celui d’Abel ».

Saint Grégoire le Grand rappelle qu’à propos du sang d’Abel Dieu dit à Caïn : La voix du sang de ton frère crie vers moi depuis la terre. « Le sang de Jésus parle mieux que celui d’Abel, parce que le sang d’Abel réclamait la mort du frère fratricide, tandis que le sang du Seigneur obtient la vie pour les persécuteurs. » (Morales sur Job 13, 22.)

La vie, par la purification et le pardon, comme le souligne le chapitre 9 de l’épître aux Hébreux :

« En effet Moïse, après avoir proclamé devant tout le peuple tous les commandements de la loi, prit le sang des veaux et des boucs, avec de l’eau, de la laine écarlate et de l’hysope, et il en aspergea le livre même et tout le peuple, en disant : Ceci est le sang de l’alliance que Dieu vous a confiée. Il aspergea aussi de sang le tabernacle et tous les ustensiles du culte : et, selon la loi, presque tout est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. »

Ubukraine

Dimanche, « jour de la Constitution » en Ukraine, Zelensky a prononcé un discours dans la partie haute de la laure des Grottes de Kiev (celle qui a été volée aux moines).

Il y a dévoilé un buste de Mazepa, ce qui est une nouvelle provocation envers l’Eglise orthodoxe qui avait excommunié ce triste héros du nationalisme ukrainien. Et pour faire bonne mesure il a annoncé l’érection d’une statue de Mazepa au centre de Kiev, à l’entrée de l’avenue Chevtchenko (lequel n’avait que mépris pour le multi-traitre Mazepa).

Zelensky a également annoncé qu’il avait déposé au Parlement un projet de loi instituant un « Panthéon national ukrainien », pour honorer toutes les personnalités « qui ont apporté une contribution historique à l’obtention et au rétablissement de l’indépendance, à la construction et au développement de l’État, à la défense de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, à la formation de la nation ukrainienne, à l’armée, à la culture, à l’art, à la science et au sport, à l’établissement de la langue littéraire, ainsi qu’au développement de la société civile et de la religion ».

Le ministre polonais de la Défense, Władysław Kosiniak-Kamysz, qui a rang de vice-Premier ministre et qui est donc un membre éminent du gouvernement pourtant ultra-européiste et ukrainomaniaque de Donald Tusk, a commenté :

« La Pologne adoptera une position ferme et exigera que l’Ukraine renonce à glorifier les dirigeants du mouvement nationaliste ukrainien. Nous ne pouvons pas vénérer ceux qui sapent la coopération européenne. Personne ne nous dictera comment voter sur la question de l’adhésion d’un pays à l’UE. »

Car évidemment tous les dirigeants nazis ukrainiens, voire tous les combattants de la division SS Galicie, seront dans ce Panthéon. Avec d’autres ennemis historiques de la Pologne.

En ce qui concerne Mazepa, on peut rappeler qu’il n’était évidemment pas ukrainien, puisque ni le mot ni la chose n’existait, mais qu’en faire un précurseur ou un constructeur de la nation ukrainienne est en outre une ubuesque absurdité.

Ivan Mazepa (1639-1709) est né dans une famille noble de cosaques dans la République des deux nations (Pologne-Lituanie). Il s’est engagé au service de la Pologne contre la Russie. Puis il a trahi la Pologne et s’est engagé chez les cosaques de l’empire ottoman. Puis il a trahi l’empire ottoman pour se mettre au service de la Russie, et il est devenu le chef des cosaques de Russie après avoir trahi le chef qui l’avait fait monter dans la hiérarchie. Puis il a trahi la Russie pour se mettre au service de la Suède. Après la désastreuse bataille de Poltava (pour la Suède et Mazepa) il s’est réfugié dans l’empire ottoman, où il est mort dans la misère.

Voilà le grand héros « ukrainien » avant Bandera…

Et aujourd’hui le cabinet de Zelensky a demandé au Parlement de voter cette loi aussi tôt que possible, car elle est prioritaire.

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Je croyais que c’était une mauvaise blague russe, mais ce livre est bien réel. Il est intitulé « La langue proto-ukrainienne dans l’Egypte antique ». L’auteur, le linguiste Oleg Houdobyak, de Kalouch, dans le région d’Ivano-Frankivsk, affirme que les origines de la langue ukrainienne remontent à des civilisations anciennes, dont l’Égypte ancienne, et précèdent les langues indo-européennes. Dans un autre livre, « Evolution de la langue – le proto-ukrainien », il explique que l’ukrainien d’aujourd’hui utilise un vocabulaire venu des proverbes du paléolithique supérieur…

(La preuve que le livre existe – j’ai mis du temps à la trouver… – se trouve en page 52 de ce bulletin de la Bibliothèque nationale d’Ukraine.)

Commémoraison de saint Paul

La messe de ce jour est la même que celle de la fête de la conversion de saint Paul, le 25 janvier, en dehors des leçons, et de l’alléluia, que voici par les Rutgate Singers (la photo est la façade de la basilique Saint-Paul hors les murs à Rome) :

Allelúia, allelúia. Sancte Paule Apóstole, prædicátor veritátis et doctor géntium, intercéde pro nobis. Allelúia.

Alléluia, alléluia. Saint Paul, Apôtre, prédicateur de la vérité et docteur des nations, intercédez pour nous, alléluia.

(Les Rutgate Singers sont au départ un groupe d’amis qui s’étaient réunis ponctuellement pour une messe traditionnelle en 1996. Et voici que samedi dernier ils fêtaient leur 30e anniversaire, avec une messe pontificale à York, célébrée par Mgr Paul Mason, ordinaire du diocèse britannique aux armées.)