Ci-dessous une vidéo de l’introduction des matines et du premier nocturne un dimanche à la Grande Chartreuse. Il s’agit de l’enregistrement réalisé en 2006 par Philip Gröning et publié sous le titre « L’office de la nuit » chez Jade. Cette vidéo n’est pas française mais a le grand avantage de montrer les partitions pas à pas. Le pseudonyme de l’auteur de la chaîne YouTube, Sdn Mark, laisse penser qu’il peut s’agir de Mark Shlanta, PDG de SDN Communications (installateur de fibre optique dans le Dakota du Sud), mort en 2022 (elle ne comporte que quatre vidéos, toutes quatre carthusiennes, publiées il y a plus de dix ans.)
1’35 : cloches. 3’50 : début de l’office : « Seigneur ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange ». 4’44, psaume 3. 6’44 : invitatoire et psaume 94. 12’29 : hymne Æterne rerum Conditor. 15’51 : début du premier nocturne. Psaumes 20 à 25, avec antiennes. 38’30 : verset Exaltare Domine. 39’20 : début des 4 leçons (en français !!!! dans une traduction moderne !!!). 41’08 : répons Ræparate corda vestra. 44’27 : répons Planxit autem David. 47’37 : répons Montes Gelboe. 50’57 répons Domini et terra.
Une frappe israélienne sur un immeuble de Gaza a fait cinq morts samedi, dont quatre femmes, dont deux chrétiennes, Maïssa Abou Daoud et sa fille Marie. Deux dirigeantes du Hamas, assurément.
Le patriarche orthodoxe de Jérusalem les a déclarées martyres.
Depuis le début du « cessez-le-feu » il y a un an l’armée israélienne a tué plus de 1.400 Palestiniens. La bande de Gaza est détruite à 70%, qui sont sous contrôle israélien.
La lecture biblique d’octobre, ce sont les deux livres des Maccabées. Avec aux matines les répons qui en sont tirés. Voici le troisième des matines de ce jour, chanté par les moines d’En Calcat dans le 55e volume de la collection Monastères du Studio SM, grand prix du disque 1952 (76 78 tours).
℟. In hymnis et confessiónibus benedicébant Dóminum, * Qui magna fecit in Israël, et victóriam dedit illis Dóminus omnípotens. ℣. Ornavérunt fáciem templi corónis áureis, et dedicavérunt altáre Dómino. ℟. Qui magna fecit in Israël, et victóriam dedit illis Dóminus omnípotens.
℟. Par des hymnes et des acclamations ils bénissaient le Seigneur, * Qui a fait de grandes choses pour Israël, et il leur a donné la victoire, le Seigneur tout-puissant. ℣. Ils ornèrent la façade du temple de couronnes d’or, et dédièrent un autel au Seigneur. ℟. Qui a fait de grandes choses pour Israël, et il leur a donné la victoire, le Seigneur tout-puissant.
Le premier dimanche d’octobre, l’office divin se met en mode hivernal, ce qui se traduit notamment par l’abandon aux matines du dimanche de la brève hymne de trois strophes pour la beaucoup plus longue « Primo dierum omnium ». Chantée par les cisterciens de Poblet (Catalogne) : les quatre premières strophes et la doxologie imposée par la nouvelle liturgie.
Primo diérum ómnium, Quo mundus exstat cónditus Vel quo resúrgens Cónditor Nos morte victa líberat,
C’est le premier des jours, jour où la Trinité Dans sa béatitude a créé l’univers, Où le Créateur, en ressuscitant, A terrassé la mort et délivré le monde.
Pulsis procul torpóribus, Surgámus omnes ócius, Et nocte quærámus Pium Sicut prophétam nóvimus;
Bannissons loin de nous la tiédeur, Levons-nous tous, levons-nous sans retard, Du sein de la nuit, invoquons le Seigneur, C’est le Prophète-roi qui nous parle et nous presse.
Nostras preces ut áudiat, Suamque dextram pórrigat, Et expiátos sórdibus Reddat polórum sédibus ;
Dieu entendra notre prière, Il nous tendra une main secourable, Purifiera notre âme des souillures Et nous rendra nos droits au Paradis.
Ut quique sacratíssimo Hujus diéi témpore Horis quiétis psállimus, Donis beátis múneret.
Nous qui venons, En cette très sainte partie du jour, Chanter nos cantiques, durant les heures du repos, Nous aurons part aux récompenses éternelles.
Jam nunc, patérna cláritas, Te postulámus áffatim, Absit libído sórdidans, Et omnis actus nóxius.
Ô Jésus, splendeur du Père, Nous vous en supplions instamment, Éteignez en nous la flamme des passions, Et gardez-nous de toute action coupable
Ne fœda sit vel lúbrica Compágo nostri córporis, Per quam Avérni ígnibus Ipsi cremémur ácrius.
Gardez nos corps et nos âmes Du souffle impur de la concupiscence, C’est à cause de ses feux, Que les feux de l’enfer brûlent avec plus d’ardeur.
Ob hoc, Redémptor, quǽsumus Ut probra nostra díluas, Vitæ perénnis cómmoda Nobis benígne cónferas;
Ô Rédempteur du monde, nous vous en supplions Purifiez-nous, lavez-nous de nos crimes, Et dans votre miséricorde, Accordez-nous les biens de l’éternelle vie.
Præsta, Pater piíssime, Patríque compar únice, Cum Spíritu Paráclito Regnans per omne sǽculum. Amen.
Exaucez-nous, Père très miséricordieux, Fils unique égal au Père, Et vous, Esprit consolateur, Qui régnez dans tous les siècles. Ainsi soit-il.
Le 22 juillet 1897, deux mois avant sa mort, sainte Thérèse envoyait ce mot à sa sœur Céline, Sœur Geneviève de la Sainte Face. La première phrase entre guillemets est une curieuse citation modifiée du psaume 140.
Le psaume dit :
Corripiet me justus in misericordia, et increpabit me : oleum autem peccatoris non impinguet caput meum. Le juste me reprendra et me corrigera avec miséricorde ; mais l’huile du pécheur ne graissera pas ma tête.
Mais « in misericordia » peut en effet se traduire ici « par compassion », et l’huile « amollit » en effet la peau. Le début de la dernière phrase du commentaire est une citation (légèrement modifiée) d’une expression du Cantique des cantiques : « Oleum effusum nomen tuum. » (L’huile du psaume comme l’huile du Cantique sont un parfum.)
J.M.J.T. 22 Juillet 1897 – Fête de Ste Madeleine Jésus + «Que le juste me brise par compassion pour les pécheurs, que l’huile dont on parfume la tête n’amollisse pas la mienne.»
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Je ne puis être brisée, éprouvée que par des justes, puisque toutes mes sœurs sont agréables à Dieu. C’est moins amer d’être brisé par un pécheur que par un juste, mais par compassion pour les pécheurs, pour obtenir leur conversion, je vous demande ô mon Dieu ! d’être brisée pour eux par les âmes justes qui m’entourent. Je vous demande encore que l’huile des louanges si douce à la nature n’amollisse pas ma tête, c’est-à-dire mon esprit, en me faisant croire que je possède des vertus qu’à peine j’ai pratiquées plusieurs fois. O Jésus, votre nom est comme une huile répandue, c’est dans ce parfum divin que je veux me baigner tout entière, loin du regard des créatures…